jeudi, décembre 8, 2022

Verdi: Simon Boccanegra. Jean-Yves OssonceTours, Opéra. Les 13, 15 et 17 mai 2011

A ne pas rater
Giuseppe Verdi,
Simon Boccanegra

Tours, Opéra

Les 13, 15 et 17 mai 2011


Jean-Yves Ossonce, direction
Gilles Bouillon, mise en scène

Créé dans sa première version à Venise, le 12
mars 1857, Simon Boccanegra connaît une révision par le compositeur et
son librettiste d’alors, Boito ; cette seconde version est créée à
Milan le 24 février 1881.
Le travail de Verdi a produit un ouvrage
violent et sombre, d’une profondeur sincère que l’on redécouvre aujourd’hui, sur le pouvoir et l’amour. Dans l’opéra, le
compositeur n’hésite pas à traverser les générations et les temps d’un
destin héroïco-tragique, celui du capitaine devenu doge, Simon Boccanegra… pas moins de 25
ans séparent en effet le Prologue du début du I.
En Simon Boccanegra, il
faut voir la figure tutélaire du politique vertueux, pacifiste et bon
père. Comme dans Luisa Miller, Rigoletto ou Aïda, la relation fille-père
est une donnée psychologique importante dans l’approfondissement
poétique de l’ ouvrage. C’est évidemment un thème très cher au
compositeur. Mais ici, la filiation résonne d’une vérité singulière:
l’accomplissement du destin de Boccanegra se réalise par l’assentiment
de la fille Amelia/Maria, enfin démasquée… Voici une autre fille restée cachée à l’abri des intrigues et des convoitises (comme Gilda dans Rigoletto)…
Nommé doge de Gênes grâce à l’appui d’un complice peu scrupuleux
qui se révélera être ensuite son assassin, Simon Boccanegra donne
prétexte au compositeur-dramaturge pour illustrer les conflits qui
naissent quand il faut concilier la défense du bien et l’exercice du
pouvoir. Point culminant de l’œuvre, la scène du Grand Conseil où la
stature du politicien démêle les intrigues, faisant entendre sa voix,
indiscutable. Or marin par son origine, celui qui a été nommé au poste
suprême, sent qu’il doit, tôt ou tard, payer sa réussite. Cette
acceptation philosophe, fatalisme et stoïcisme, donne une profondeur troublante au personnage,
l’un des rôles les plus attachants du théâtre verdien: homme d’action, de décision, puis politique habité par le renoncement et l’accomplissement. Un rôle écrasant
et stimulant pour tous les barytons: humain, héroïque, comme peut
l’être celui tout autant sublime et shakespearien de Rodrigue, comte de
Posa dans Don Carlos…

Approfondir

Lire aussi la critique des DVD Simon Boccanegra avec dans le rôle-titre Thomas Hampson (TDK) et Placido Domingo, qui à presque 70 ans, renouvelle l’interprétation du rôle clé conçu par Verdi et Boïto (EMI) et (Sony classical).

Giuseppe Verdi
Simon Boccanegra

Mélodrame en un prologue et trois actes, livret de Francesco Maria Piave et Arrigo Boito
d’après la pièce d’Antonio Garcia Guttierrez

Maria Boccanegra, Amelia Grimaldi: Lianna Haroutounian
Simon Boccanegra: Roberto Servile
Jacopo Fiesco: Petar Naydenov
Gabriele Adorno: Luca Lombardo
Paolo Albiani: Igor Gnidii
Pietro: Alain Herriau
Orchestre Symphonique Région Centre Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours
Jean-Yves Ossonce, direction
Gilles Bouillon, mise en scène
Toutes les infos et la billetterie en ligne en cliquant sur ce bouton:

Illustration
: doge vénitien par Titien (Coll Thyssen Bornemiza, Madrid)

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