COMPTE-RENDU, danse. PARIS, Opéra Bastille, le 4 juillet 2019. McGREGOR : Tree of codes. REPRISE euphorisante.

Mcgregor-wayne-tree-of-codes-ballet-critique-danse-critique-classiquenews-compte-rendu-danse-ballet-sur-classiquenewsCOMPTE-RENDU, danse. PARIS, OpĂ©ra Bastille, le 4 juillet 2019. McGREGOR : Tree of codes. REPRISE euphorisante. CrĂ©Ă© en juillet 2015, le ballet « L’arbre Ă  codes / Tree of codes », du chorĂ©graphe britannique Wayne McGregor (nĂ© en 1970) dĂ©ploie sa ramure polyvalente au carrefour des disciplines visuelles ; c’est une danse Ă©clectique, heureuse, plurielle, « techno-pop » (bande musicale du britannique Jamie xx), qui tourne autour du corps dansant (d’oĂč les miroirs dĂ©composant et multipliant les mouvements), un exercice collectif surtout oĂč Wayne McGregor travaille avec le plasticien, orfĂšvres des lumiĂšres, Olafur Eliasson (qui signe la scĂ©nographie) pour un spectacle qui devient mosaĂŻque suractive et kalĂ©idoscope colorĂ©. Le rĂ©sultat relĂšve de la danse classique, du cinĂ©ma (McGregor a « chorĂ©graphieé» Harry Potter 4), voire du clip avec musique rythmĂ©s (un monde qu’il connaĂźt pour avoir rĂ©alisĂ© ceux des Chemical Brothers entre autres). Sur la scĂšne de Bastille, les danseurs de la Compagnie McGregor se joignent au corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris en une fantaisie contemporaine souvent Ă©lectrisante. Le ballet est inspirĂ© du livre Ă©ponyme de Jonathan Safran Foer, Tree of Codes, mais s’en Ă©loigne beaucoup vers une abstraction libre, allusive, qui cĂ©lĂšbre la plasticitĂ© des corps en quĂȘte et au travail. Mcgregor, crĂ©ateur charismatique au crĂąne chauve, y accomplit cette danse mue par un esprit collectif, cette « pensĂ©e physique » qui lui permet d’inscrire sa recherche corporelle dans l’espace du monde rĂ©el et contemporain. Le geste inspire une expĂ©rimentation athlĂ©tique en devenir qui ne manque ni de rythme ni de prĂ©cision. Le fourmillement du groupe envisage une infinitĂ© de possibles, de croisements, d’hybridations, de dĂ©multiplications Ă  l’infini, en cellules dynamiques, en structures et agencements incarnĂ©s par les danseurs particules. C’est beau, magnĂ©tique, d’une Ă©nergie mobile et astucieuse, Ă  la fois nerveuse et spontanĂ©e : un vortex chorĂ©graphique enthousiasmant qui excite l’esprit et l’invite Ă  la pĂ©tillance. RĂ©jouissante (re)dĂ©couverte Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille. Jusqu’au 13 juillet 2019.
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/ballet/tree-of-codes?gclid=CjwKCAjw6vvoBRBtEiwAZq-T1R3k2bmD4sW0LWZTka0yE8Mukdw9Vif9_wi7c_tmFuNUwKf5p9P-dxoCvXAQAvD_BwE

 

 

 

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Approfondir

VOIR démonstration, explication par Wayne McGregor de son concept de danse collective à partir de la pensée physique (performance avec deux des danseurs de sa propre compagnie McGregor) : McGregor mentlaise et incarne le T de TED, transmet ses infos aux deux danseurs puis dirige leur duo improvisé devant les spectateurs
 (2012)
https://www.ted.com/talks/wayne_mcgregor_a_choreographer_s_creative_process_in_real_time/up-next?language=fr

 

 

VOIR TRAILER Tree of codes, 2015

 
VOIR TRAILER / Portrait Wayne McGREGOR / Bayerische Staatsoper mai 2018 5Kairos, Sunytata, Borderlands
) :

 

 

COMPTE RENDU, critique, ballet. PARIS, Opéra National de Paris, le 26 juin 2019. Tree of codes. Wayne McGregor / Olafur Eliasson / Jamie xx.

COMPTE-RENDU, ballet. Paris. OpĂ©ra Bastille, le 26 juin 2019. Tree of codes. Wayne McGregor, mise en scĂšne et chorĂ©graphie. Olafur Eliasson, conception viseulle. Jamie xx, musique. Ballet de l’opĂ©ra & Company Wayne McGregor. Fabuleuse reprise du Tree of Codes de Wayne McGregor, chorĂ©graphe rĂ©sident du Royal Ballet Ă  Londres. Un spectacle protĂ©iforme qui continue d’impressionner par le mariage des talents concertĂ©s du chorĂ©graphe, de l’artiste visuel Oliafur Eliasson et du musicien Jamie xx. Un ballet pleinement ancrĂ© dans le 21e siĂšcle, dĂ©licieusement interprĂ©tĂ© par les danseurs de la Compay Wayne McGregor et les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra National de Paris !

 
 
 

Intellectuel ma non troppo,
Contemporain ma non tanto

   
 
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Le ballet de McGregor est une vĂ©ritable collaboration, une crĂ©ation en Ă©quipe, et la fine Ă©quipe est composĂ©e d’individus talentueux qui semblent avoir des nombreuses affinitĂ©s. Le tout est basĂ© sur un livre qui se veut objet d’art (Tree of Codes de Jonathan Safran Foer), et qui est lui-mĂȘme une sorte de transfiguration « hipsterienne » d’un recueil de nouvelles des annĂ©es 30 au siĂšcle passĂ© (The street of crocodiles de Bruno Schulz). La musique de Jamie xx, de l’électro-pop pure et dure, paraĂźtrait avoir tout une histoire originelle de conception, oĂč des passages du texte passent par un algorithme qui fait des mĂ©lodies
 On peut se demander s’il s’agĂźt des textes de Safran Foer ou de Schulz… et de l’intĂ©rĂȘt artistique du procĂ©dĂ©. La musique enregistrĂ© de Jamie xx fonctionne parfaitement, elle est trĂšs souvent entraĂźnante et percussive, avec quelques moments contemplatifs.

Dans une salle comme l’OpĂ©ra Bastille, la vue est un sens qui a une grande importance. En l’occurrence, la vue est sollicitĂ©e en permanence, surtout par les dĂ©cors et la scĂ©nographie imposante et haute en couleurs de l’artiste Olafur Eliasson. Chromatismes, transparence, illusions optiques, phares-poursuites qui illuminent les spectateurs, pour Ă©blouir davantage
 ou pas. La recherche artistique de cette trinitĂ© so 21th century est l’aspect le plus intĂ©ressant de la production. Si nous sommes en effet immergĂ©s dans le jeux permanent des miroirs et des lumiĂšres, nous arrivons malgrĂ© tout Ă  apprĂ©cier Ă©galement la danse et les mouvements des danseurs.

Le ballet commence dans l’obscuritĂ© totale avec des danseurs habillĂ©s des lumiĂšres ponctuelles qui dĂ©jĂ  troublent la perception sensorielle des spectateurs, pourtant la musique met rapidement en transe et l’on peut questionner d’oĂč viennent ces mouvements fabuleux que seul quelques LEDs dĂ©voilent. Ces lucioles ne reviendront plus aprĂšs cette sorte d’ouverture dans l’obscuritĂ©. Nous aurions droit par la suite Ă  l’arc-en-ciel, Ă  tout un camaĂŻeu de couleurs sur le plateau. Y compris dans les vĂȘtements,
 peut-ĂȘtre l’aspect le moins allĂ©chant.

En ce qui concerne l’aspect chorĂ©graphique
 c’est du McGregor : mouvements hyper rapides, portĂ©s insolents, extensions vertigineuses, un cĂŽtĂ© acrobatique et gymnastique pleinement assumĂ©, couplages non-conventionnels
 on adore. C’est contemporain, parce que, mais tout particuliĂšrement nĂ©oclassique. Il y a mĂȘme des pointes sur scĂšne Ă  un moment !
Pour la premiĂšre, se sont distinguĂ©s les danseurs de la compagnie invitĂ©e, qu’on a rarement l’occasion de voir, ainsi que six danseurs solistes du Ballet de l’OpĂ©ra. Pour les derniers, l’Etoile Valentine Colasante a Ă©tĂ© de grand impact par la force expressive de ses mouvements et une tonicitĂ© stimulante. Le Corps de Ballet, souvent sollicitĂ©, est super tonique ; rayonnant mĂȘme dans ce ballet. Les danseurs ont vraiment l’air de s’y plaire, et nous pouvons voir de temps en temps par ci par lĂ  des lueurs de personnalitĂ©, y compris chez de jeunes danseurs, comme Nine Seropian ou Francesco Mura. RĂ©jouissante participation des deux groupes associĂ©s.

 

 

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C’est donc un spectacle recommandable pour le (trĂšs) large public, oĂč nous avons l’illusion d’un Ă©quilibre entre trois arts diffĂ©rents qui dĂ©coiffe et qui plaĂźt, mais d’oĂč nous sortons surtout avec la sensation d’avoir vĂ©cu une expĂ©rience artistique sĂ©duisante et contemporaine Ă  souhait. La performance des danseurs de deux compagnies est tout simplement formidable. A consommer sans modĂ©ration ! Encore Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille les 1er, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13 et 14 juillet 2019.
Illustrations : ©J Chester Fildes, Manchester Festival 2015