COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 7 avril 2019. DUKAS :  Ariane et Barbe Bleue. Koch, Le Texier / ROPHE.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole, le 7 avril 2019. P. DUKAS.  Ariane et Barbe Bleue. S. PODA . S. Koch. V. Le Texier. J. Baechle. Orchestre et ChĹ“ur du Théâtre du Capitole. P. ROPHE, direction. Une très impressionnante production du seul opĂ©ra de Paul Dukas au Capitole : Une parfaite rĂ©ussite. Pour son entrĂ©e au rĂ©pertoire, la production de Stefano Poda qui gère tout le visuel, mise en scène, dĂ©cors, costumes et lumières est admirable d’intelligence. A nouveau le directeur de la maison, Christophe Ghristi, semble avoir su trouver cette parfaite alchimie entre scène et voix qui magnifie l’opĂ©ra. La scĂ©nographie est riche et complexe Ă  la hauteur de la partition de Dukas. Tout est blanc sur scène dans une harmonie pleine de sous entendus, symboles de la recherche d’ absolu d’Ariane.

 
 
 

Labyrinthe saisissant…
PARFAITE ARIANE AU CAPITOLE

 
 
 

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Les lumières dessinent donc le noir et le gris. Une certaine lassitude est Ă©vitĂ©e de justesse car la richesse du symbole est constamment renouvelĂ©e. Les costumes sont superbes et les dĂ©cors enthousiasmants : un immense mur de corps entassĂ©s au fond et un grand labyrinthe qui descend des cintres, crĂ©ent un huis clos Ă©prouvant. Et des jeux entre les femmes de Barbe Bleu très intĂ©ressants, reprennent le fameux labyrinthe d’Ariane, symbole si riche. L’impossibilitĂ© pour Ariane de libĂ©rer ses “sĹ“urs” dĂ©montre que la libertĂ© ne peut jamais s’offrir mais uniquement se mĂ©riter par le courage de sa volontĂ©.  Ainsi les cinq femmes de Barbe Bleue se rĂ©signent au malheur connu y trouvant des facilitĂ©s (les pierres prĂ©cieuses) n’osant pas suivre Ariane sur le chemin de la libertĂ© avec ce que cela comporte d’imprĂ©vus, prĂ©fĂ©rant faire confiance Ă  l’hypothĂ©tique repentir de Barbe Bleue.
Le jeux est très convainquant avec des danseuses ne faisant pas redondance, mais développant corporellement chaque personnage avec talent. C’est évidemment le jeu subtil de l’actrice Dominique Sanda en Alladine  (rôle muet) qui est le plus éloquent mais chaque cantatrice est convaincante.

Ce sont la beauté des voix et la splendeur de l’orchestre  qui magnifient parfaitement  la somptueuse partition de Paul Dukas. Sophie Koch conserve sa splendeur de timbre sur toute la tessiture, sa projection est impressionnante et sa diction la plus compréhensible qui soit. Son incarnation d’une Ariane volontaire et inflexible, mais avec amour, restera inoubliable. Le Barbe Bleue de Vincent Le Texier est sobre et efficace. Un rôle important est dévolu à la nourrice et Janina Baechle sait avec une grande intelligence se servir de sa large voix pour donner beaucoup d’humanité à celle qui accompagne Ariane dans sa quête jusqu’au bout de sa propre peur. La proximité des deux voix en terme de couleurs profondes permet un jeu de miroir très réussi.
Les cinq premières femmes de Barbe Bleue apportent plus de lumières dans les timbres. Ainsi particulièrement Andrea Soare en Mélisande et Marie-Laure Garnier en Ygraine. Mais il faut toutes les citer tant l’accord des voix est réussi :  Eva Zaïcik en  Sélysette  et Erminie Blondel en Bellangère.

 
 
 

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L’Orchestre du Capitole est sensationnel, tous les musiciens sont virtuoses et intensément engagés dans un jeu parfait.  La direction de Pascal Rophé est limpide et sûre ce qui est bienvenu dans une partition aussi complexe. Paul Dukas y fait une extraordinaire recherche de lumière pour accompagner  son héroïne, partant  d’une texture parfois complexe et épaisse.  Voici donc une très belle version du seul opéra, véritable chef d’oeuvre inclassable, de Paul Dukas.  Elle  a été offerte au public du Capitole par une équipe de haut vol.  France Musique a posé ses micros et Culture Box ses caméras pour immortaliser cet opéra si rare qui sera diffusé les 14 avril et 5 mai 2019.

 
 
   
 
 

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Compte-rendu Opéra. Toulouse. Théâtre du Capitole. Le 7 avril 2019. Paul Dukas (1865-1935) : Ariane et Barbe Bleue, Opéra en trois actes. Livret de Maurice Maeterlinck. Création le 10 mai 1907 à l’Opéra-Comique.  Nouvelle production. Stefano Poda, mise en scène, décors, costumes et lumières. Sophie Koch : Ariane. Vincent Le Texier : Barbe-Bleue. Janina Baechle : La Nourrice. Eva Zaïcik  : Sélysette. Marie-Laure Garnier : Ygraine. Andreea Soare : Mélisande. Erminie Blondel : Bellangère.  Dominique Sanda : Alladine. Orchestre national du Capitole et Chœur du Capitole, Alfonso Caiani : chef de chœur. Pascal Rophé : direction musicale. Illustrations : © Cosimo Mirco Magliocca / Capitole de Toulouse 2019.

 
 
   
 
 

Publications. OPERA Magazine janvier 2016 (n°113). Sophie Koch : …” J”adore faire le clown!”.

01-couv_opera_113_version 1_oksf_BAT.inddPublications. OPERA Magazine janvier 2016 (n°113). Sophie Koch : …” J”adore faire le clown!“. A la Une, grand entretien avec la mezzo française Sophie Koch.  Ă€ peine sortie de la nouvelle production de La Damnation de Faust Ă  l’OpĂ©ra National de Paris (dĂ©cembre 2015), la mezzo-soprano va poursuivre son tour des plus grandes scènes internationales dans les mois qui viennent : Lyric Opera de Chicago, Staatsoper de Vienne, Covent Garden de Londres, Scala de Milan… Rencontre avec une artiste abonnĂ©e aux rĂ´les « sĂ©rieux », mais qui ne rĂŞve que d’une chose : s’encanailler dans l’opĂ©rette !
Rencontres : Éric Blanc de la Naulte : Ces sept dernières annĂ©es, l’OpĂ©ra de Saint-Étienne a connu une existence pour le moins perturbĂ©e, entre dĂ©missions, nominations avortĂ©es, et mĂŞme licenciement pour faute. Son nouveau directeur, confirmĂ© Ă  son poste en janvier 2015, explique comment il a entrepris de relancer la machine.Serge Baudo : À partir du 26 janvier, Ă  l’OpĂ©ra de Toulon, l’un des plus grands chefs français de ces cinquante dernières annĂ©es, rĂ©gulièrement applaudi aux quatre coins du monde, retrouve PellĂ©as et MĂ©lisande, qu’il a dirigĂ© pour la première fois Ă  la Scala de Milan, en 1962.Amaury du Closel : Fondateur de la compagnie OpĂ©ra Nomade, le chef français dirige et coproduit, avec le Centre Lyrique Clermont-Auvergne, une nouvelle production d’Il barbiere di Siviglia. Lever de rideau Ă  Clermont-Ferrand, les 15 et 16 janvier, avant Saint-Quentin, Abbeville, Neuilly-sur-Seine… Dans le rĂ´le de Rosina, la jeune mezzo française Elsa Dresig, rĂ©cente laurĂ©ate du Concours de chant de Clermont Ferrand 2015, distinguĂ©e pour dĂ©fendre cette prise de rĂ´le attendue.

Dieter Kaegi : À partir du 29 janvier 2016, l’actuel directeur général du Theater Orchester Biel Solothurn, qui vient d’y programmer une nouvelle production très remarquée d’Owen Wingrave de Britten ; il met aussi en scène, à l’Opéra-Théâtre de Metz, Capriccio de Richard Strauss, avec Benjamin Pionnier à la baguette.

Jeune talent : Oleksiy Palchykov, ténor. À partir du 31 janvier, le jeune ténor ukrainien, formé à l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris, incarnera Ruiz dans la nouvelle production d’Il trovatore à la Bastille, aux côtés de Ludovic Tézier, Anna Netrebko, Ekaterina Semenchuk et Marcelo Alvarez.

In memoriam : Luc Bondy : 67 ans : c’est bien tôt pour un adieu. C’est l’âge qu’avait le metteur en scène suisse, que l’on savait malade depuis longtemps et qui s’en est allé le 28 novembre 2015 dernier. Un homme discret, un homme de théâtre qui aura marqué son époque.

Comptes rendus : Les scènes, concerts, récitals et concours et master class.

Guide pratique : La sélection CD, DVD, livres et l’agenda international des spectacles.

Publications. OPERA Magazine janvier 2016 (n°113). Sophie Koch : …” J”adore faire le clown!”. Parution : le 4 janvier 2016.