CD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017)

MILLER-luisa-marina-rebeka-opera-review-critique-classiquenews-luisa-millerCD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017) – Luisa Miller, opĂ©ra noir, opĂ©ra nocturne emporte les Ăąmes les plus pures dans la soie de la mort dont le tragique les sublime, tels RomĂ©o et Juliette. Pourtant l’ouvrage crĂ©Ă© Ă  Naples en dĂ©c 1849, n’a pas Ă©tĂ© inspirĂ© par Shakespeare mais par le tĂ©nĂ©breux Schiller (et son drame Ă  l’encre noir « Kabale und Liebe », de 1784) : Salvatore Cammarano dĂ©jĂ  employĂ© pour Alzira et La Bataille de Legnano, adapte pour Verdi, la tragĂ©die de Schiller. Rodolfo et Luisa incarnent deux ĂȘtres de lumiĂšre dans la fosse noire des manipulations et calculs les plus ineptes, ceux des 3 voix viriles : Miller, Walter, Wurm). DĂ©jĂ  dans le caractĂšre pur, angĂ©lique mais ardent presque incandescent de Luisa, brillent ce que seront aprĂšs elle les Leonora du TrouvĂšre, Gilda de Rigoletto et surtout Violetta de La Traviata : le superbe duo pĂšre / fille, Miller / Luisa de l’acte III (« Pallida, mesta sei! ») annonce ce que seront bientĂŽt les sublimes confrontations / effusions du pĂšre pour sa fille


MalgrĂ© des tempi par toujours trĂšs heureux, souvent trop ralentis, le chef caractĂ©rise la partition orchestrale des couleurs, bois et vents, d’une ivresse suave rĂ©jouissante (le MĂŒnchner Rundfunkorchester est un bon orchestre en fosse). Dans le cast, brille le tempĂ©rament Ă©perdu, lumineux de la Luisa de Marina Rebeka, gemme rayonnant, Ă  la fois intense et d’une finesse d’intonation trĂšs touchante : son medium corsĂ© donne une chair vĂ©ritablement tragique au personnage que ses consoeurs fragilisent sans nuances : on comprend bien que cette apparente « dureté » de la voix agaceront les plus pointilleux ; mais cette Luisa ne manque ni de fiĂšvre ni de passion. Ses partenaires n’ont guĂšre de dĂ©fauts, Ă  commencer par le pĂšre George Petean (baryton verdien proche de l’idĂ©al : tendre, sobre, phrasĂ©), et dans une moindre mesure l’amant fidĂšle Ivan MagrĂ­ (Rodolfo, Ă  la ligne souvent instable et parfois forcĂ©e), tandis que Ante Jerkunica trouve la couleur diabolique de l’infect Wurm. Voici qui confirme la justesse dramatique de la diva Marina Rebeka, voix puissante et ciselĂ©e, vrai tempĂ©rament expressif et tragique, d’une idĂ©ale vibration dans les opĂ©ras verdiens.

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CD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017)   –   Marina Rebeka (Luisa), Georg Petean (Miller), Corinna Scheurle (Laura), Judit Kutasi (Federica), Ivan Magri (Rodolfo), Bernhardt Schneider (Un paysan), Marko Mimica (Walter), Ante Jerkunica (Wurm), MĂŒnchner Rundfunkorchester, ChƓur de la Radio bavaroise / Ivan Repusic, direction (live, 2017).CD BR Klassic 900323.

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TOURCOING, Symphonies n°8 et 9 de BEETHOVEN sur instruments d’Ă©poque (1820)

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les SiĂšcles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250Ăš anniversaire de la naissance, en dĂ©c 1770 Ă  Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les SiĂšcles « cĂ©lĂšbre la joie et la fraternitĂ© des peuples » Ă  travers les 2 derniĂšres symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste Ă  la fraternitĂ© concrĂšte et sincĂšre qui s’exprime Ă©videmment dans l’élan exaltĂ©, conquĂ©rant de son Ă©criture, en particulier dans la derniĂšre, avec chƓur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra symphonique. Pour les SiĂšcles Ă  venir, en fils de la RĂ©volution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’ĂȘtres » ; ce goĂ»t du partage et d’un destin commun oĂč chaque homme est frĂšre, illumine et inspire le flux irrĂ©pressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9Ăš.

 

 

Nouveau directeur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
François-Xavier Roth dirige Les Siùcles pour les 250 ans de Ludvig


BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne Ă  la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracĂ© dĂšs ses vingt-deux ans : c’est une priĂšre ardente adressĂ©e Ă  tous les ĂȘtre humains, en les exhortant Ă  la joie, l’amitiĂ©, la fraternitĂ©. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idĂ©aux, sa psychologie tourmentĂ©e, sa volontĂ© de fer et sa gĂ©nĂ©rosité en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chƓur chante l’avĂšnement d’un monde nouveau, d’une sociĂ©tĂ© enfin rĂ©conciliĂ©e et pacifiĂ©e
 Une vision toujours actuelle et jamais rĂ©alisĂ©e. L’intĂ©rĂȘt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthĂ©tique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la crĂ©ation des deux massifs symphoniques ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  Tourcoing, soit des annĂ©es 1820. Concert Ă©vĂ©nement.

 

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TOURCOING, Théùtre Municipal R. Devosboutonreservation
BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 Ă  20h

INFOS, RESERVATIONS
achetez directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chƓur : Mathieu Romano)
ChƓur RĂ©gional Hauts-de-France
(Chef de chƓur : Éric Deltour)

Les SiĂšcles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

I

BEETHOVEN 2020, feuilleton 4 : de Fidelio Ă  la 9Ăš symphonie

Dossier Beethoven 2020
 Suite et fin de notre grand dossier BEETHOVEN 2020
250 ans de la naissance de Ludwig Van Beethoven

 

Ludwig Van
 La crise des annĂ©es 1813 – 1815
Du CongrĂšs de Vienne Ă  Fidelio

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beethoven-ludwig-concertos-piano-symphonies-dossier-beethoven-2020-classiquenewsL’homme est dĂ©truit : sourd et malaimĂ©, ou sentimentalement trop exigeant. Amoureusement insatisfait. Mais la carrure de l’artiste, sa dĂ©mesure gĂ©niale et visionnaire lui redonnent goĂ»t Ă  la vie. Pendant le CongrĂšs de Vienne (sept 1814 – juin 1815), la victoire des alliĂ©s contre NapolĂ©on le consacre musicien de l’avenir et mĂȘme compositeur officiel : le politique utilise le prestige beethovĂ©nien pour assoir sa propre capacitĂ© Ă  gĂ©rer la crise europĂ©ene aprĂšs la chute de l’Empire napolĂ©onien. Beethoven Ă©crit alors la bataille de Vittoria / ou de Wellington, une faiblesse circonstancielle qu’il reniera ensuite. De plus en plus populaire, Ludwig peut prĂ©senter enfin en mai 1814, sa nouvelle version, dĂ©finitive cette fois, de son opĂ©ra Fidelio avec une ouverture affinĂ©e dite Fidelio, et non plus Leonore comme auparavant. Ludwig y cĂ©lĂšbre la force et la libertĂ©, la fidĂ©litĂ© et l’amour, incarnĂ©s par l’hĂ©roĂŻne, Leonore qui sous le travestissement de Fidelio s’est introduite dans la prison oĂč Ă©tait sĂ©questrĂ© son mari, Florestan
 PortĂ© et inspirĂ© par l’idĂ©al rĂ©volutionnaire français, Beethoven y concentre et renforce l’action de l’amour fidĂšle, indĂ©fectible, de la fraternitĂ© libre et conquĂ©rante contre toute forme de despotisme ou pouvoir arbitraire. Pourtant, l’ordre moral qu’impose Metternich alors inscrit un retour politique rĂ©trograde ; Beethoven n’aura de cesse de s’opposer Ă  cette nouvelle tyrannie qui veut museler les hommes.

En 1815, il trouve rĂ©confort et Ă©coute auprĂšs de la comtesse Marie Erdödy Ă  laquelle il dĂ©die les deux Sonates pour violoncelle et piano opus 102. En dĂ©cembre meurt son frĂšre Karl qui le dĂ©signe tuteur de son neveu Ă©galement nommĂ© Karl (ĂągĂ© de 8 ans) : Ludwig se prend d’affection pour l’enfant dont il dispute la garde exclusive avec sa mĂšre, Johanna, femme de petite vertu, dĂ©jĂ  condamnĂ©e pour adultĂšre, mais qui s’obstine Ă  vouloir garder son fils. Il s’en suit des annĂ©es de conflits, difficiles Ă  vivre pour les 3 ĂȘtres concernĂ©s. NommĂ© finalement tuteur exclusif du petit Karl, Beethoven pourtant trĂšs attachĂ©, n’aura que dĂ©boires et dĂ©ceptions envers un garçon dissimulateur et dĂ©loyal, qui pourtant a bien compris l’ampleur du gĂ©nie de son oncle compositeur. Une nouvelle Ă©pine dans la quotidien de l’aigle foudroyĂ© sur la terre.

 
 

1816 – 1817 : annĂ©es de crise
L’Immmortelle bien-aimĂ©e


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brentano-antonia-immortelle-bien-aimee-beethoven-dossier-beethoven-2020-classiquenewsL’annĂ©e 1816 est celle de l’Immortelle bien aimĂ©e, femme idĂ©ale autant que rĂ©elle, Ă  laquelle il dĂ©die une sĂ©rie de lettres et de partitions dont les 6 lieder « A la Bien-AimĂ©e lointaine » / An die ferne geliebte (dĂ©but 1816), Sonate pour piano opus 106 dite « Hammerklavier », achevĂ© en 1818
). Toute partition qui honore et cĂ©lĂšbre la divine « T », dont l’identitĂ© demeure apparemment Ă  jamais perdue mais que Beethoven adore plus que tout
 hĂ©las, l’aimĂ©e avec laquelle l’entente est idĂ©ale, n’est pas libre : Ludwig Ă©perdu souffre en solitaire. Ce pourrait ĂȘtre Antonia Brentano (dite « Tony ») qui mariĂ©e, a aimĂ© Ludwig mais ne put jamais divorcer pour lui
 Beethoven a rencontrĂ© Antonio alors qu’il frĂ©quente sa belle sƓur Bettina, muse, Ă©pouse de Arnim Brentano, qui se rĂ©vĂ©lera ĂȘtre une auteure renommĂ©e. C’est Bettina qui tente vainement un rapprochement entre Goethe et Beethoven
Autant d’insatisfaction et de frustration s’intensifient en 1816, dans une nouvelle crise existentielle avec tentations suicidaires. Le lion se rebiffe enfin, car son art et la musique lui permettent de tenir toujours. Mais s’il doute de son existence, s’il est pourtant un vrai pĂšre pour son neveu lui assurant les moyens de son Ă©ducation, Beethoven demeure un auteur cĂ©lĂ©brĂ© et estimĂ© : quand meurt son protecteur le prince Lobkowitz (15 dĂ©c 1816), ses hĂ©ritiers s’engagent Ă  verser la rente dĂ©volue au gĂ©nie du siĂšcle.
Beethoven garde des relations privilĂ©giĂ©es avec ses Ă©lĂšves, dont des femmes brillantes, pianistes chevronnĂ©es qui comprennent l’esprit de ses Ɠuvres : Marie Pachler qui sera aussi l’amie de Schubert, ou la baronne von Ertmann.

L’annĂ©e 1817 est difficile et au printemps 1818, Beethoven se remet comme aprĂšs un choc traumatique. C’est le moment oĂč il commande au facteur Streicher un nouveau piano, plus puissant, mieux adaptĂ© Ă  sa surditĂ© que ne l’était son Erard de 1804. Broadwood lui adresse de son cĂŽtĂ© son grand piano 6 octaves. La sociĂ©tĂ© Philharmonique de Londres propose une tournĂ©e de concerts et deux nouvelles symphonies. Mais Beethoven est encore trop faible pour voyager.

En 1818, Kloeber le portraiture et fixe les traits d’un sanguin, rĂȘveur, totalement habitĂ© par l’idĂ©al artistique, dont la conscience aiguĂ« relĂšve d’Ossian et du diable. Un pur esprit supĂ©rieur capable alors d’improviser au piano avec la fougue et l’imagination d’un alchimiste. Un dĂ©miurge sans pareil, comme Ă©lectriser par une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure, poĂ©tique et impĂ©rieuse. Dans son monde et coupĂ© du quotidien (il n’entend plus dĂ©sormais les vibrations du piano !), Beethoven adopte les fameux carnets de conversation qui nous apprennent beaucoup sur sa vie et ses relations avec les autres.
Plus que jamais inspirĂ©, Beethoven reprend le manuscrit de sa Missa Solemnis et ne cesse d’en affiner la parure et le sens musical jusqu’en 1822. L’Ɠuvre par ses dimensions, redĂ©finit depuis JS Bach et sa Messe en si, ou Haydn et sa CrĂ©ation, l’équilibre orchestre, choeur et solistes ; elle prĂ©pare la 9Ăš symphonie Ă  venir, mais cette fois, avec la profondeur et les aspirations d’un acte de foi. Plus libre que jamais, l’art beethovĂ©nien semble anticiper et deviner les frĂ©missements de l’avenir. Fin 1822, Ludwig intĂšgre dans son plan orchestral l’Ode Ă  la joie de Schiller (connue dĂšs 1792 Ă  Bonn), selon un nouveau plan symphonique qui sera achevĂ© au printemps 1824. L’ode est un hymne franc-maçon, car comme Haydn et Mozart, Beethoven adhĂšre aux idĂ©es maçonniques : le terme Freude, voulant dire LibertĂ© (Freiheit).

 

 

 

 

 

1819 – 1827 : Beethoven PromĂ©thĂ©e
LibĂ©rer les vivants jusqu’à la mort

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La Sonate opus 106 « Hammerklavier », – vĂ©ritable symphonie pour piano seul, crĂ©Ă©e dĂ©but 1819, marque cette renaissance. Plus lent dĂ©sormais, Ludwig rĂ©flĂ©chit avant chaque nouvelle piĂšce. Il n’écrit plus pour ses contemporains mais pour l’humanitĂ© Ă  venir.
Le clavier devient le miroir d’une mĂ©ditation personnelle ; et le piano, le terreau d’une conscience affinĂ©e, Ă©tendue, visionnaire.
Ainsi sont conçues comme des testaments les 3 derniĂšres Sonates, opus 109, 110 et 111 (1820 / 1822). Comme les Variations Diabelli (1819 / 1823) oĂč un air banal engendre des perspectives inĂ©dites. MĂȘme conception prophĂ©tique pour les 6 Bagatelles opus 126 (1824) au souffle impĂ©rieux lĂ  encore. AprĂšs des Ă©pisodes malheureux et assez humiliants pour Beethoven, le jugement dĂ©finitif est enfin rendu le 8 avril 1820 : Ludwig est reconnu tuteur de Karl. Johanna est dĂ©boutĂ©e.

En 1821, il est trĂšs malade, comme en 1825. Seules les 11 Bagatelles opus 119 attestent de son inspiration intacte.

Le 24 mai 1824, Beethoven propose un grand concert à Vienne comprenant des extraits de la Missa Solemnis et aussi la 9Ú et son Ode à la joie / à la liberté : la premiÚre est un triomphe ; quasi effacé lors de la reprise le lendemain, devant une salle à peine remplie.

Les derniers sursauts d’énergie permettent la rĂ©alisation de nouveaux chefs d’Ɠuvres que sont les quatuors travaillĂ©s Ă  partir de l’étĂ© 1824 et jusqu’en 1826 : les 12Ăš opus 127, 13Ăš opus130 (avec sa fugue finale, qui devient autonome, la Grande Fugue), surtout le 14Ăš opud 131 en ut diĂšse mineur qui pose la question existentielle (Muss es sein ? Le faut-il ?) et qui rĂ©pond sans rĂ©serve ni hĂ©sitation, au nom de la nĂ©cessitĂ© artistique et fraternelle : « il le faut ! / Es muss sein ! ».
Beethoven amorce le chantier de plusieurs nouvelles partitions : un oratorio sur les ElĂ©ments ; une 10Ăš symphonie
 surtout un opĂ©ra d’aprĂšs Faust de Goethe. AprĂšs deux mois d’une retraite Ă  la campagne, Beethoven rentre Ă  Vienne en dĂ©cembre 1826 : il prend froid et meurt Ă  56 ans, d’une cirrhose tuberculeuse : son dernier plaisir fut de reconnaĂźtre Ă  Vienne un autre gĂ©nie contemporain du sien, celui de
 Schubert.

Aucun autre compositeur n’a Ă  ce point exprimĂ© l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© de l’Art qui fait de l’artiste compositeur, un dĂ©miurge et un prophĂšte, annonçant l’avenir radieux, dont la musique fait entrevoir et entendre l’harmonie fraternelle Ă  venir. Beethoven est ce PromĂ©thĂ©e grĂące Ă  qui inventer et bĂątir le futur sont possibles. Ludwig avait raison : les nouvelles gĂ©nĂ©rations (et l’Europe des XXĂš et XXIĂš) lui ont donnĂ© crĂ©dit et rendu hommage. Pas un compositeur de la « grande musique » qui n’est Ă  ce point un tel succĂšs populaire, immĂ©diat, consensuel ; d’autant que sa vie est plus qu’aucun autre compositeur, parfaitement documentĂ©e. MĂȘme si des doutes persistent toujours sur l’identitĂ© de l’immortelle bien aimĂ©e. Mais c’est mieux ainsi, Ludwig ayant comme Berlioz, sacralisĂ© l’amour et l’ĂȘtre idĂ©al qui devait l’incarner.
Sur le plan artistique, Beethoven libĂšre la musique d’elle mĂȘme, comme son Ɠuvre fait Ă©couter Ă  l’homme libre, l’amour, l’harmonie fraternelle, la libertĂ© qu’il doit dĂ©fendre, pour lui-mĂȘme et pour tous les vivants.

 

 

 

 

 

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DOSSIER BEETHOVEN 2020, un portrait, clés de compréhension, discographie


 

DOSSIER
Ludwig-Van-BeethovenDOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart :
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

 
FEUILLETONS 1 et 2
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

1
JEUNESSE à BONN : 1770 – 1792
Les 12 premiÚres années de la vie de Ludwig

2
Premiers accomplissement viennois (1793 – 1802)
Les méditations de Ludwig

 

 

FEUILLETON 3
beethoven-vieux-amer-dossier-beethoven-portrait-2020-annonce-concert-opera-festival-beethoven-2020-classiquenewsBEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique (1802 – 1812) – HEILINGENSTATD, 1802 : une nouvelle naissance. FinancĂ© par l’aristocratie viennoise, Beethoven croit un moment qu’il peut prĂ©tendre rejoindre la classe supĂ©rieure ; nenni, musicien, il reste un ĂȘtre infĂ©rieur car il n’est pas noble. BientĂŽt en 1806, le prince Lichnowski qui le dotait d’une rente confortable lui enjoint de jouer pour ses invitĂ©s selon son plaisir : Beethoven se rebiffe ; il n’est pas un serviteur : fiĂšrement, aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© congĂ©diĂ© par son protecteur, le compositeur Ă©crit : « des nobles il y aura toujours ; mais il n’y aura jamais qu’un seul Beethoven ». Le voilĂ  comme Mozart quittant Salzbourg, en artiste crĂ©ateur misĂ©rable mais libre.
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SĂ©lection cd, dvd, livres
BEETHOVEN 2020
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