Anne Sinclair reçoit Ruggero Raimondi

france3 logo 2014CE SOIR. France 3, vendredi 11 dĂ©cembre 2015. Fauteuils d’orchestre: Ruggero Raimondi. La musique classique, le parcours d’une vie. France 3 en prime time propose un nouveau rendez vous classique qui met en scĂšne la biographie d’un grand interprĂšte d’opĂ©ra, en structurant le plateau entre talk et live ; entre les deux espaces qui alternent et se complĂštent, un immense Ă©cran diffuse les images oĂč l’invitĂ© rĂ©alise ses prises de rĂŽles mĂ©morables… Anne Sinclair en mĂ©lomane curieuse et critique voudrait-elle reprendre le flambeau laissĂ© vacant par Jacques Chancel quand il Ă©merveillait la France entiĂšre et Ă  l’heure de grande Ă©coute, au temps du Grand Echiquier ? C’est certain il manque actuellement une grande Ă©mission de direct dĂ©diĂ© au classique, mais non pas conçu selon l’actualitĂ© du moment mais autour de fortes personnalitĂ©s, tempĂ©raments artistes et interprĂštes d’exception Ă  la fois profond, authentique, accessible, un mix subtil entre Ă©lĂ©gance, Ă©rudition et culture, accessibilitĂ©, charisme, sensibilitĂ©.

 

Ruggero Raimondi en grand format sur France 3

raimondi ruggero barytonLa mission de France 3 dĂ©jĂ  trĂšs prescriptrice de spectacles vivants au long de l’annĂ©e (Musiques en fĂȘtes, ChorĂ©gies d’Orange, Victoires de la musique classique, propose un nouveau format, plateau d’artiste et magazine, prĂ©sentĂ© par Anne Sinclair, mĂ©lomane grĂące au goĂ»t de son pĂšre et amatrice d’opĂ©ra grĂące Ă  sa grand -mĂšre maternelle : en somme le classique est une histoire de famille. Celle qui fredonnait jeune encore, “Anges purs, anges radieux” extraits du Faust de Gounod, qui voue une passion pour Mozart et Verdi (Le TrouvĂšre et les vertiges sensuels Ă©perdus de Leonora…) choisit comme grand ivitĂ© de son premier numĂ©ro de “Fauteils d’Orchestre”, le baryton italien Ruggero Raimondi, inteprĂšte mĂ©diatisĂ© de Don Giovanni de Mozart, dans le film mythique de Joseph Losey (1979). Un rĂŽle que le chanteur habite avec un rĂ©alisme lascif, cynique, arrogant, d’une sincĂ©ritĂ© manifeste : un Ă©rotomane certes, lĂ©ger, irresponsable, faussement dĂ©sinvolte qui cache surtout une profonde angoisse de vivre, dĂ©jĂ  habitĂ© par la mort et la sensation du vide mĂ©taphysique… Le rĂŽle cinĂ©matographique lui valut de devenir cĂ©lĂšbre sur le plan planĂ©taire immĂ©diatement : Ă  lui les plus grands rĂŽles, dont Ă©videmment, le baron Scarpia dans Tosca de Puccini, un personnage taillĂ© pour son immense talent d’acteur : Raimondi renouvelle alors une performance irrĂ©sistible dans un rĂŽle cruel et sadique -, celui du prĂ©fet de la police de Rome, Ă  l’Ă©poque oĂč Bonaparte se lance Ă  la conquĂȘte de l’Europe.

En invitant Ruggero Raimondi Ă  une heure de grande Ă©coute sur France 3, Anne Sinclair fait le pari de l’opĂ©ra offert Ă  tous, tout en prĂ©cisant aussi, surtout, grĂące Ă  la personnalitĂ© double de son invitĂ© que l’opĂ©ra c’est autant du thĂ©Ăątre que de la musique.

sinclair fauteuils d orchestre france 3 opera televisionVĂ©nĂ©rable et prĂ©cautionneux, le baryton chante sur le plateau, l’air de Philippe II extrait de Don Carlo de verdi : un air bouleversant oĂč le politique omnipotent chante sa solitude et aussi son amertume impuissante car celle qu’il a choisi d’Ă©pouser (et qui Ă©tait pourtant amoureuse et fiancĂ©e Ă  son propre fils Charles), ne l’aime pas : blessure intĂ©rieure du souverain qui est cependant le roi le plus puissant de la terre. Pour Anne Sinclair, Rugeero Raimondi chante plusieurs airs sur le plateau de Fauteuils d’orchestre… avec une intensitĂ© et une justesse artistique intactes, mĂȘme si la voix a mĂ»ri ; c’est en somme l’exemple d’une longĂ©vitĂ© Ă  l’exemple de celle de Placido DOmingo, devenu depuis … baryton.  Les deux solistes partagent un sens irrĂ©sistible de l’intonation, du style, de la vĂ©ritĂ©. Rendre accessible la musique classique, Ă©changer, partager, Ă©couter, ressentir… les clĂ©s d’entrĂ©e sont multiples. Anne Sinclair entend faire vivre l’expĂ©rience de l’opĂ©ra au plus grand nombre grĂące Ă  une sĂ©rie d’entretiens et de rencontres qui montrent que la musique classique rime avec humain et sensibilitĂ©. Pour autant le public sera-t-il au rendez-vous? RĂ©ponse le 11 dĂ©cembre 2015 sur France 3 Ă  20h.

Autour du baryton italien, Anne Sinclair invite de jeunes chanteurs et artistes de renom, chacun ayant acceptĂ© d’interprĂ©ter l’un de ses rĂŽles fĂ©tiches:

Florian Sempey, baryton (TannhaĂŒser)

Patricia Ciofi, soprano (La Traviata)

Edgar Moreau, violoncelle (PriĂšre de MoĂŻse de Rossini sur une seule corde)

Albane CarrĂšre, soprano, mezzo soprano

Mais aussi Patrick Bruel qui parle opéra avec Ruggero

Julia Migenes, soprano

Fauteuils d’orchestre : Ruggero Raimondi. PrĂ©sentĂ© par Anne Sinclair.france3 logo 2014
France 3, vendredi 11 décembre à partir de 20h45. Durée : 2h30mn.
Avec Ruggero Raimondi
Airs d’opĂ©ras :
Verdi, Don Carlo : Air de Philippe II
Puccini, Tosca : Air de Scarpia
Rossini, Le Barbier de SĂ©ville : air de la Calomnie
Chanson de Barbara
Orchestre de Paris

Anne Sinclair reçoit Ruggero Raimondi

France 3, vendredi 11 dĂ©cembre 2015. Fauteuils d’orchestre: Ruggero Raimondi. La musique classique, le parcours d’une vie. France 3 en prime time propose un nouveau rendez vous classique qui met en scĂšne la biographie d’un grand interprĂšte d’opĂ©ra, en structurant le plateau entre talk et live ; entre les deux espaces qui alternent et se complĂštent, un immense Ă©cran diffuse les images oĂč l’invitĂ© rĂ©alise ses prises de rĂŽles mĂ©morables… Anne Sinclair en mĂ©lomane curieuse et critique voudrait-elle reprendre le flambeau laissĂ© vacant par Jacques Chancel quand il Ă©merveillait la France entiĂšre et Ă  l’heure de grande Ă©coute, au temps du Grand Echiquier ? C’est certain il manque actuellement une grande Ă©mission de direct dĂ©diĂ© au classique, mais non pas conçu selon l’actualitĂ© du moment mais autour de fortes personnalitĂ©s, tempĂ©raments artistes et interprĂštes d’exception Ă  la fois profond, authentique, accessible, un mix subtil entre Ă©lĂ©gance, Ă©rudition et culture, accessibilitĂ©, charisme, sensibilitĂ©.

 

Ruggero Raimondi en grand format sur France 3

raimondi ruggero barytonLa mission de France 3 dĂ©jĂ  trĂšs prescriptrice de spectacles vivants au long de l’annĂ©e (Musiques en fĂȘtes, ChorĂ©gies d’Orange, Victoires de la musique classique, propose un nouveau format, plateau d’artiste et magazine, prĂ©sentĂ© par Anne Sinclair, mĂ©lomane grĂące au goĂ»t de son pĂšre et amatrice d’opĂ©ra grĂące Ă  sa grand -mĂšre maternelle : en somme le classique est une histoire de famille. Celle qui fredonnait jeune encore, “Anges purs, anges radieux” extraits du Faust de Gounod, qui voue une passion pour Mozart et Verdi (Le TrouvĂšre et les vertiges sensuels Ă©perdus de Leonora…) choisit comme grand ivitĂ© de son premier numĂ©ro de “Fauteils d’Orchestre”, le baryton italien Ruggero Raimondi, inteprĂšte mĂ©diatisĂ© de Don Giovanni de Mozart, dans le film mythique de Joseph Losey (1979). Un rĂŽle que le chanteur habite avec un rĂ©alisme lascif, cynique, arrogant, d’une sincĂ©ritĂ© manifeste : un Ă©rotomane certes, lĂ©ger, irresponsable, faussement dĂ©sinvolte qui cache surtout une profonde angoisse de vivre, dĂ©jĂ  habitĂ© par la mort et la sensation du vide mĂ©taphysique… Le rĂŽle cinĂ©matographique lui valut de devenir cĂ©lĂšbre sur le plan planĂ©taire immĂ©diatement : Ă  lui les plus grands rĂŽles, dont Ă©videmment, le baron Scarpia dans Tosca de Puccini, un personnage taillĂ© pour son immense talent d’acteur : Raimondi renouvelle alors une performance irrĂ©sistible dans un rĂŽle cruel et sadique -, celui du prĂ©fet de la police de Rome, Ă  l’Ă©poque oĂč Bonaparte se lance Ă  la conquĂȘte de l’Europe.

En invitant Ruggero Raimondi Ă  une heure de grande Ă©coute sur France 3, Anne Sinclair fait le pari de l’opĂ©ra offert Ă  tous, tout en prĂ©cisant aussi, surtout, grĂące Ă  la personnalitĂ© double de son invitĂ© que l’opĂ©ra c’est autant du thĂ©Ăątre que de la musique.

sinclair fauteuils d orchestre france 3 opera televisionVĂ©nĂ©rable et prĂ©cautionneux, le baryton chante sur le plateau, l’air de Philippe II extrait de Don Carlo de verdi : un air bouleversant oĂč le politique omnipotent chante sa solitude et aussi son amertume impuissante car celle qu’il a choisi d’Ă©pouser (et qui Ă©tait pourtant amoureuse et fiancĂ©e Ă  son propre fils Charles), ne l’aime pas : blessure intĂ©rieure du souverain qui est cependant le roi le plus puissant de la terre. Pour Anne Sinclair, Rugeero Raimondi chante plusieurs airs sur le plateau de Fauteuils d’orchestre… avec une intensitĂ© et une justesse artistique intactes, mĂȘme si la voix a mĂ»ri ; c’est en somme l’exemple d’une longĂ©vitĂ© Ă  l’exemple de celle de Placido DOmingo, devenu depuis … baryton.  Les deux solistes partagent un sens irrĂ©sistible de l’intonation, du style, de la vĂ©ritĂ©. Rendre accessible la musique classique, Ă©changer, partager, Ă©couter, ressentir… les clĂ©s d’entrĂ©e sont multiples. Anne Sinclair entend faire vivre l’expĂ©rience de l’opĂ©ra au plus grand nombre grĂące Ă  une sĂ©rie d’entretiens et de rencontres qui montrent que la musique classique rime avec humain et sensibilitĂ©. Pour autant le public sera-t-il au rendez-vous? RĂ©ponse le 11 dĂ©cembre 2015 sur France 3 Ă  20h.

Autour du baryton italien, Anne Sinclair invite de jeunes chanteurs et artistes de renom, chacun ayant acceptĂ© d’interprĂ©ter l’un de ses rĂŽles fĂ©tiches:

Florian Sempey, baryton (TannhaĂŒser)

Patricia Ciofi, soprano (La Traviata)

Edgar Moreau, violoncelle (PriĂšre de MoĂŻse de Rossini sur une seule corde)

Albane CarrĂšre, soprano, mezzo soprano

Mais aussi Patrick Bruel qui parle opéra avec Ruggero

Julia Migenes, soprano

Fauteuils d’orchestre : Ruggero Raimondi. PrĂ©sentĂ© par Anne Sinclair.france3 logo 2014
France 3, vendredi 11 décembre à partir de 20h45. Durée : 2h30mn.
Avec Ruggero Raimondi
Airs d’opĂ©ras :
Verdi, Don Carlo : Air de Philippe II
Puccini, Tosca : Air de Scarpia
Rossini, Le Barbier de SĂ©ville : air de la Calomnie
Chanson de Barbara
Orchestre de Paris

Compte rendu, opéra. LiÚge. Opéra Royal de Wallonie, le 30 décembre 2014. Giacomo Puccini : Tosca. Barbara Haveman, Marc Laho, Ruggero Raimondi. Paolo Arrivabeni, direction musicale. Claire Servais, mise en scÚne.

raimondi scarpia tosca opera royal de wallonie liege decembre 2014Pour clore en beautĂ© l’annĂ©e 2014, l’OpĂ©ra Royal de Wallonie a offert aux liĂ©geois un cadeau sans prix : les derniers feux du Scarpia de Ruggero Raimondi. Et en ce soir de derniĂšre pour le lĂ©gendaire baryton-basse italien, l’émotion Ă©tait palpable devant ce qui Ă©tait vraisemblablement son l’ultime incarnation du Baron. Le chanteur jette ainsi toutes ses forces dans la bataille, et on frĂ©mit de plaisir Ă  son apparition, inquiĂ©tante et fantomatique, hantant littĂ©ralement le plateau. Avouons-le, nous venions avant tout voir le comĂ©dien se glisser une fois encore dans un rĂŽle qu’il fait sien depuis bien longtemps, c’est le chanteur qui nous a pris par surprise, faisant tonner sa voix dĂšs les premiĂšres notes, avec une puissance et un Ă©clat que nous ne soupçonnions pas. Le temps a naturellement Ă©moussĂ© l’émail de l’instrument, le recouvrant d’un voile dans le mĂ©dium, mais cette brume ne fait que rendre plus percutant encore l’aigu, vĂ©ritable lame qui traverse la salle dĂšs que la colĂšre et l’autoritĂ© sont de mise. 

 

 

 

Raimondi souverain : celui devant qui tout Rome tremblait

 

En outre, on ne perd pas un mot des terribles paroles prononcĂ©es par le chef de la police, l’interprĂšte prenant un plaisir gourmand Ă  en distiller chaque syllabe, en grand diseur. Le personnage, arpentant lentement la scĂšne en tournant autour de sa proie, se dresse ainsi dans toute sa noire grandeur, ce qui nous vaut un deuxiĂšme acte anthologique de dĂ©sir Ă  peine contenu et de cruautĂ© amoureusement savourĂ©e. Un rare moment d’opĂ©ra, de ceux qui ne s’oublient pas, et qu’on est heureux d’avoir pu partager ce soir. Face Ă  ce monstre sacrĂ©, les chanteurs paraissent galvanisĂ©s par l’aura d’un tel partenaire.

Tosca altiĂšre, noble et fiĂšre, Barbara Haveman, aprĂšs un premier acte au vibrato incertain, offre le meilleur d’elle-mĂȘme dans le deuxiĂšme, dardant des aigus puissants et un grave poitrinĂ© avec une rageuse ardeur, notamment lors du meurtre de Scarpia. Dans « Vissi d’arte », elle trouve de superbes piani, parenthĂšse d’une Ă©mouvante pudeur au milieu du drame qui se joue.

Pour son premier – et inattendu – Cavaradossi, Marc Laho surprend, se tirant avec les honneurs d’une Ă©criture excĂ©dant pourtant ses moyens naturels. Le mĂ©dium sonne ferme, l’aigu se dĂ©ploie sans effort – malgrĂ© un manque de vaillance parfois –, et la diction demeure remarquable de limpiditĂ©. On attend maintenant avec impatience le tĂ©nor belge dans Nadir des PĂȘcheurs de perles, un rĂŽle qui lui ira parfaitement.

Excellents Ă©galement, les seconds rĂŽles, de l’Angelotti franc et sonore de Roger Joakim au Sacristain impeccable de Laurent Kubla, sans oublier le Spoletta insidieux et percutant de Giovanni Iovino. Tout ce petit monde Ă©volue avec Ă©vidence dans la mise en scĂšne imaginĂ©e par Claire Servais, d’une simplicitĂ© toujours respectueuse du livret.

L’église, oĂč la colombe du Saint-Esprit demeure comme un point de fuite, et le bureau de Scarpia, que domine un Christ en croix encadrĂ© par les lavis de Goya et leurs images de torture, illustrent parfaitement l’intrigue, laissant libre cours Ă  l’expression des chanteurs. Seul le ChĂąteau Saint-Ange déçoit par manque d’imagination, malgrĂ© un ciel rougeoyant du plus bel effet.

A la tĂȘte des forces de la maison wallonne, Paolo Arrivabeni tire, comme Ă  son habitude, le meilleur du chƓur et des musiciens, trouvant les tempi justes et ciselant en orfĂšvre l’harmonie tissĂ©e par Puccini, tout en sachant faire gronder son orchestre sans couvrir les voix. Une belle soirĂ©e, saluĂ©e par un public debout, Ă  l’issue de laquelle on salue une fois encore la performance inoubliable de Ruggero Raimondi.

LiĂšge. OpĂ©ra Royal de Wallonie, 30 dĂ©cembre 2014. Giacomo Puccini : Tosca. Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’aprĂšs Victorien Sardou. Avec Floria Tosca : Barbara Haveman ; Mario Cavaradossi : Marc Laho ; Baron Scarpia : Ruggero Raimondi ; Cesare Angelotti : Roger Joakim ; Le Sacristain : Laurent Kubla ; Spoletta : Giovanni Iovino ; Sciarrone : Marc Tisson ; Le GeĂŽlier : Pierre Gathier. ChƓurs et MaĂźtrise de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie ; Chef de chƓur : Marcel Seminara. Orchestre de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie. Direction musicale : Paolo Arrivabeni. Mise en scĂšne : Claire Servais ; DĂ©cors : Carlo Centolavigna ; Costumes : Michel Fresnay ; LumiĂšres : Olivier WĂ©ry ; Assistant Ă  la mise en scĂšne : Rodrigue AndrĂ©