COMPTE RENDU, critique, concert. PARIS, Auditorium du Louvre, le 15 nov 2019. MUSIQUE SECRETE DE LEONARD, Doulce MĂ©moire. D RAISIN-DADRE. Nouvelle production.

COMPTE RENDU, critique, concert. PARIS, Auditorium du Louvre, le 15 nov 2019. MUSIQUE SECRETE DE LEONARD, Doulce MĂ©moire. D RAISIN-DADRE. Nouvelle production. Difficile de concilier dans la rĂ©alisation d’un seul spectacle, onirisme des peintures, surtout celles de Leonardo, et vitalitĂ© expressive de morceaux musicaux, choisis par affinitĂ©s et par correspondance chronologique. Pourtant le gĂ©nie de Vinci fut assez Ă©tendu pour embrasser les deux disciplines,- entre autres, dons exceptionnels qui justifient absolument un dialogue de ce type : Leonardo fut organisateur de fĂȘtes somptueuses pour les princes qu’il servit ; il fut tout autant un instrumentiste virtuose, capable d’improviser comme personne, Ă  la lira da braccio, instrument prĂ©sent ce soir et remarquablement chantant sous les doigts de Baptiste Romain.

Au demeurant, le spectateur – auditeur, est charmĂ© d’un bout Ă  l’autre du programme par la complicitĂ© toute en nuances et prĂ©cision expressive des instrumentistes et des deux chanteurs trĂšs sollicitĂ©s (Clara Coutouly, soprano / Matthieu Le Levreur, baryton) dont l’éloquence des accents comme des gestes servent le souci d’évocation du spectacle. Voix maternelle, de sĂ©duction, de drĂŽlerie piquante pour elle ; prĂ©sence noble et virile pour lui. Dans la tendresse Ă©merveillĂ©e, mariale ; dans la douleur languissante, digne et contenue (Mille regretz de Josquin) ; dans l’ivresse amoureuse ; dans enfin, un pittoresque comique plus dramatique (« tante volte si si si / Tant de fois oui, oui, oui » de Marchetto Cara)
 sans omettre la sĂ©duction rythmique d’airs et de mĂ©lodies au caractĂšre manifestement dansant et chorĂ©graphique : savant et inventif, Leonardo fut un exceptionnel ordonnateur de fĂȘtes, selon les tĂ©moignages de l’époque.

Doulce MĂ©moire explore les musiques de Leonardo da Vinci

 
 

Syncrétisme artistique
LEONARDO musicien et poĂšte

 

 

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Le choix visuel retenu privilĂ©gie le dĂ©tail pour mieux s’immerger dans l’univers pictural du peintre – musicien. Ainsi l’Annonciation ou Ginevra Benci ne se rĂ©vĂšlent ici qu’à travers le dĂ©tail (Ă©poustouflant) de leur paysage respectif : frondaisons rendues vibrantes par la magie de l’image retraitĂ©e / animĂ©e ; bleus lointains et clochers d’église, esquissĂ©s en un geste fulgurant et prĂ©cis. De mĂȘme, La Vierge aux rochers se distingue non par la minĂ©ralitĂ© omniprĂ©sente de sa masse rocheuse qui lui sert d’écrin, mais bien par ce dĂ©tail, jusque lĂ  ignorĂ©, Ă  torts, la plante perchĂ©e qui peut-ĂȘtre un jasmin et qui forme tonnelle pour la divine Marie en famille. Puis, le portrait d’un musicien portant comme un emblĂšme et un rĂ©bus Ă  dĂ©chiffrer la partition qui submerge la scĂšne au dessus des instrumentistes, se rĂ©vĂšle Ă©galement tout autrement, Ă  travers la mise en regard de deux airs d’une amoureuse nostalgie (« Mille regretz » de Josquin, puis « Les Miens aussi » de Tilman Susato, Ă©galement en vieux français, qui sonne ici comme l’écho du premier, sans perdre l’intensitĂ© Ă©motionnelle et pudique de son « modĂšle »)


C’est un bain de pure poĂ©sie auquel les piĂšces musicales rĂ©pondent dans la finesse et un climat de suggestivitĂ© heureuse. Se distingue aussi dans les passages purement instrumentaux, la flĂ»te souveraine et facĂ©tieuse (ou plus exactement les flĂ»tes) jouĂ©es par Denis Raisin Dadre, concepteur musical dont la digitalitĂ© et le souffle restituent Ă  l’instrument, sa flexibilitĂ© lumineuse, prĂȘte Ă  captiver, saisir, enivrer
 y compris dans une joute de plus en plus rapide avec la lira.

DĂšs lors des images marquantes s’impriment dĂ©finitivement, comme dĂ©bordant du cadre de projection oĂč l’on pouvait en mesurer la magie : visage de Mona Lisa au veloutĂ© vaporeux des ombres sur le visage Ă©nigmatique ; matiĂšre soyeuse de la chevelure idĂ©alement peignĂ©e de la Belle FerronniĂšre Ă  laquelle Denis RD associe la plainte d’une jeune beautĂ© que l’on force Ă  la 
patience comme un PĂ©nĂ©lope obligĂ©e et contrainte (superbe texte d’un anonyme : « Patienza ognum mi dice ». / Tout le monde me dit « patience »)


Aux couleurs maĂźtrisĂ©es de Leonardo, rĂ©pondent les nuances et les accents des musiciens qu’une pĂ©nombre propice caresse, dessinant sur leur vĂȘtement tout de blanc, la matiĂšre mĂȘme de ce sfumato dont Leonardo a dĂ©sormais le secret. Le spectacle onirique inscrit la musique dans un Ă©loge de l’ombre et du mystĂšre ; mais un mystĂšre qui s’incarne dans une tendresse complice et une certaine sensualitĂ©, Ă  la fois savante et imaginative comme l’atteste le splendide texte de Bartolomeo Trombocino sur le thĂšme aquatique et qui accompagne la contemplation du dessin perforĂ© pour le portrait d’Isabelle d’Este (« Non va l’acqua al mio gran fuoco » / L’eau ne sert Ă  rien pour mon grand feu) ; le dispositif scĂ©nique renouvelle et questionne aussi l’incroyable diversitĂ© expressive des musiques ainsi sĂ©lectionnĂ©es, leur facultĂ© Ă  danser, parler, Ă©blouir aussi car la Renaissance est une pĂ©riode de grand raffinement comme d’innovation organologique que l’ensemble crĂ©Ă© il y a 30 ans par Denis Raisin Dadre, ne cesse toujours et encore d’explorer.

leonardo-da-vinci-musique-secrete-livre-cd-alpha-critique-annonce-cd-par-clasiquenews-compte-rendu-critique-cd-livre-classiquenews-musique-classiqueComplĂ©ment magistral Ă  l’actuelle rĂ©trospective LEONARDO au Louvre, la proposition de Doulce MĂ©moire enchante littĂ©ralement par sa finesse et son onirisme, la justesse des correspondances. L’auditeur peut retrouver chaque tableau et les piĂšces musicales choisies pour lui correspondre dans l’excellent livre cd paru chez Alpha : LEONARDO DA VINCI : La Musique secrĂšte dont la couverture reproduit l’autre fleuron des collections nationales, aux cĂŽtĂ©s de la Joconde, la sublime Sainte-Anne, l’Enfant et la Vierge
 La nouvelle production marque aussi les 30 ans de Doulce MĂ©moire en 2019.
http://www.classiquenews.com/doulce-memoire-musique-secrete-de-leonardo-da-vinci-2/

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LIRE aussi notre présentation annonce du programme Musique secrÚte de Leonardo par Doulce Mémoire :
http://www.classiquenews.com/louvre-doulce-memoire-musique-secrete-de-leonard-de-vinci/

Illustrations : © studio classiquenews 2019

Paris, Louvre. DOULCE MÉMOIRE dĂ©voile les musiques secrĂštes de LEONARD DE VINCI

leonardo-da-vinci-musique-secrete-livre-cd-alpha-critique-annonce-cd-par-clasiquenews-compte-rendu-critique-cd-livre-classiquenews-musique-classiqueLOUVRE. LEONARDO, DOULCE MÉMOIRE : ce soir 15 nov 2019, 20h. Doulce MĂ©moire et son fondateur Denis Raisin Dadre prĂ©sentent leur nouveau programme, fruit d’une rĂ©flexion spĂ©cifique sur le gĂ©nie du plus grand artiste de la Renaissance, Leonardo da Vinci (mort en France en 1619). A l’occasion de l’exposition Ă©vĂ©nement du Louvre, le chef et flĂ»tiste, accompagnĂ© par sa fidĂšle troupe, chanteurs et instrumentistes de DOULCE MEMOIRE (qui soufflent en 2019 leur 30 ans) rĂ©tablissent la connivence et les correspondances magicienne entre peinture et musique qui sont au cƓur de la pratique picturale de Leoanrdo. Denis Raisin Dadre a choisi 10 Ɠuvres emblĂ©matiques de Leonardo conservĂ©es au Louvre ; il en dĂ©duit plusieurs partitions des XVĂš et XVIĂš dont les harmonies et la mĂ©lodie permettent d’entrer en rĂ©sonance avec les chef d’Ɠuvres de Leonardo.

Vibrations fraternelles, couleurs de l’une Ă  l’autre Ă©tablissent des correspondances entre musique et peinture. Denis Raisin Dadre a rappelĂ© Ă  juste titre que la musique Ă©tait au cƓur du processus pictural de Leonardo ; lui-mĂȘme musicien virtuose au luth et Ă  la lira da braccio, grand concepteur de festivitĂ©s, ne peignant qu’accompagnĂ© de musiciens et de chanteurs. Le fameux mystĂšre du sourire de la Joconde qui suppose une dĂ©tente absolue et une riche vie intĂ©rieure ne pourrait s’expliquer que de cette façon
 modĂšle et peintre bercĂ©s par la musique Ă©prouvent une sĂ©rĂ©nitĂ© propice Ă  l’échange et au sublime. Pourquoi pas ?

vinci-leonardo-exposition-musique-lira-da-braccio-concert-leonardo-da-vinci-portrait-classiquenewsDenis Raisin Dadre explique comment vibrations et couleurs partagent une communautĂ© d’évĂ©nements ; un phĂ©nomĂšne qui en rĂ©tablissant donc la musique au cƓur de la musique de Leonardo, expliquerait le miracle du sourire de la Joconde 
 : « Les ondes se propagent. Certaines s’établissent. D’autres interfĂšrent. Lumineuses, elles s’attachent Ă  la vue. MĂ©caniques, elles pĂ©nĂštrent l’ouĂŻe. Les vibrations qui en sont Ă  l’origine ou qui en rĂ©sultent lient nos sens. Peinture et musique se partagent bien ces derniers. Les couleurs, propres Ă  chacun de ces arts, peuvent en jouer. D’aucuns parleraient de diffĂ©rentes longueurs d’onde. La verticalitĂ© des notes et des lignes, le rythme des blanches et des noires, des clairs et des obscurs, le jeu en somme des frĂ©quences audibles et visibles est complexe. Les cordes vocales, celles d’un instrument, vibrent et rĂ©sonnent. Elles convoquent une foule qui remplit l’espace d’harmoniques reconnaissables et, pourtant, insaisissables. 

 

 

Doulce MĂ©moire fĂȘte ses 30 ans et les 500 ans de Leonardo da Vinci
La peinture naĂźt de la musique…
Au cƓur du secret de Leonardo

 

 

 

VINCI leonardo doulce memoire concert ob_661b0d_leonard-de-vinci-dessin-femmeQue ce soit dans la profondeur de la toile ou Ă  sa surface, le pinceau n’établit pas autrement la couleur dans l’espace. Les harmoniques qu’il convoque sont bien spatiales, certes rarement discernables mais toujours mesurables. LĂ©onard de Vinci y aurait dĂ©veloppĂ© le mystĂšre du sourire de la Joconde et inscrit la force vive de sa peinture. La musique qui l’entourait, dans l’atelier, dans la citĂ©, cette musique dĂ©sormais secrĂšte, pourrait ĂȘtre Ă  l’origine de sa recherche picturale. LĂ©onard de Vinci aurait pu chercher une transposition des ondes d’un domaine, audible, Ă  l’autre, visible, une retranscription de la dynamique volatile mais vitale de l’interprĂ©tation de la musique Ă  la statique pĂ©renne de la peinture achevĂ©e sur la toile. »

Dans son nouveau programme prĂ©sentĂ© en novembre, Le fondateur de Doulce mĂ©moire dĂ©montre ainsi que la peinture naĂźt de la musique. Ainsi le sourire de Monna Lisa est musical. Comme une vaste toile blanche, la scĂšne met en mouvement comme une constellation d’élĂ©ments complĂ©mentaires, le miracle des ondes, vibrations et couleurs.

 

JOCONDE-mona-lisa-classiquenews-exposition-500-ans-2019-LOUVRE-leonardo-da-vinci-leonard-de-vinci-gallimard-decouvertes-critique-annonce-classiquenews-concerts-louvre-exposition-500-ans-de-Leonardo« Il ne s’agit pas de dĂ©voiler l’Ɠuvre, qu’elle soit musicale ou picturale, mais bien plutĂŽt de prĂ©senter entier aux spectateurs le mystĂšre, la complexitĂ© et la recherche que portent les travaux de LĂ©onard de Vinci. À travers la musique jouĂ©e et la peinture projetĂ©e, il s’agit de favoriser autant que faire se peut la sĂ©rendipitĂ© afin que les spectateurs puissent explorer et revisiter par eux-mĂȘmes la peinture de LĂ©onard de Vinci et la musique secrĂšte qui lui est associĂ©e », ajoute Denis Raisin Dadre.

A chaque peinture ou dessin conçu par Leonardo, son double musical, selon le choix de Denis Raisin Dadre. En interprĂšte subtil et enchanteur, Denis Raisin Dadre et Doulce MĂ©moire savent prĂ©server l’essence mĂȘme de l’art leonardesque : l’apologie de l’ombre, l’éloquence du mystĂšre. Entre peinture et musique, ce nouveau programme est l’évĂ©nement musical de l’annĂ©e Leonard da Vinci 2019.

 

 

 

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Paris, Auditorium du LOUVREboutonreservation
Vend 15 novembre 2019, 20h
Musiques secrĂštes de Leonardo da Vinci
nouveau programme, spécial 500 ans de Leonardo da Vinci

DOULCE MÉMOIRE / Denis Raisin Dadre, direction artistique & musicale :

Ikse Maßtre, création visuelle
Sami Korhonen, création costumes
Guillaume Junot, création lumiÚres

Avec
Clara Coutouly, soprano
Matthieu Le Levreur, baryton
Pascale Boquet, luth
Nicolas Sansarlat, lira da braccio
BĂ©rengĂšre Sardin, harpe renaissance
Denis Raisin Dadre, flûtes

 

 

 

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Programme
autour des 10 Ɠuvres originales de Leonardo
conservées au Musée du Louvre
fleurons de l’exposition LEONARDO DA VINCI

 

 

DOULCE MÉMOIRE : Musiques secrùtes de LEONARDO

Saine-Anne et la Vierge avec l’Enfant (DR)

 

 

 

L’ANNONCIATION
Ave Maria gratia plena : Frater Petrus
Ave Maria gratia plena : Marchetto Cara
Vergine Immaculata, instrumental : Anonyme
Ave Maria gratia plena : Marchetto Cara

LE BAPTEME DU CHRIST
La Danse de ClĂšves : Anonyme
Basse danse, Mit Ganzem : Conrad Paumann

 

 

LA VIERGE AUX ROCHERS
Ballo Bel fiore : Domenico da Piacenza
Recercare : Francesco Spinacino
Poi che t’hebbi nel core, laude : Anonyme
Fortuna desperata, instrumental : Anonyme
Poi che t’hebbi nel core : Johannes de Pinarol
Fortuna despera ta / Sancte petre : Henrich Isaac

 

 

PORTAIT DE MUSICIEN
Mille regretz : Josquin Desprez
Les miens aussi, responce Ă  Mille regretz : Tilman Susato

 

 

PORTRAIT D’ISABELLE D’ESTE
Non val l’acqua : Bartolomeo Tromboncino
L’acque vale al mio gran foco : Michael Pesenti
Gli pur giunto el giorno : Marchetto Cara

 

 

LA VIERGE A L’ENFANT AVEC SAINTE ANNE
Ave Mater Matris Dei : Jean l’HĂ©ritier

 

 

PORTRAIT DE GINEVRA BENCI
De tous bien playne : Hayne Van Ghizeghem

 

 

SAINT JEAN BAPTISTE
Spagna, instrumental : Francesco da Milano

 

 

LA JOCONDE
Rime, sonetto XVIII – PĂ©trarque : Anonyme
Récité sur Per Sonetti
Lucrecia pulchra (Mona Lisa pulchra) : Anonyme

 

 

LA BELLE FERRONNIERE
Basse danse, Venus (luth) : Gugliemo Ebreo
Patien za ognum mi dice : Anonyme
Basse danse, Venus (viĂšle) : Gugliemo Ebreo
O mischini : Anonyme
Ballo, Petit rien : Anonyme
Donne, venete al ball : Francesco Patavino
Noi siamo galeotti : Ansano Senese
Tante volte si si si : Marchetto Cara

 

 

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Le sourire énigmatique et le visage angélique de Saint-Jean Baptiste (DR)

DEGAS Ă  l’opĂ©ra… prĂ©sentation de l’exposition Ă  Orsay

autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra
 Au thĂ©Ăątre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂȘtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc
), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂȘme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprĂšte du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier
 Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe
, port de tĂȘte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes
 et des ĂȘtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques.

degas-a-l-opera-exposition-paris-musee-orsay-annonce-critique-classiquenewsIl en dĂ©coulera la statue en cire perdue, scandaleuse tant elle est rĂ©aliste, de La Petite danseuse de 14 ans
 GrĂące Ă  son ami le librettiste et compositeur Ludovic HalĂ©vy, Degas peut atteindre les coulisses et assister aux cours et rĂ©pĂ©titions ses spectacles. Aucun doute, mĂȘme si aprĂšs l’incendie de l’OpĂ©ra Le Peletier et au moment de l’édification du futur opĂ©ra Garnier, Degas dĂ©sormais rĂ©invente ce qu’il a vu et observĂ©, dans son atelier, le temple lyrique et chorĂ©graphique demeure son laboratoire : une source essentielle pour sa crĂ©ativitĂ© d’une exceptionnelle modernitĂ©. Mais au gĂ©nie des formes nouvelles et des dispositions novatrices, Degas, mĂȘme s’il se refuse Ă  ĂȘtre dĂ©nonciateur, peint aussi la rĂ©alitĂ© sociale du mĂ©tier de danseuse : l’exposition au dĂ©sir et Ă  la convoitise des abonnĂ©s mĂąles, qui, dans la coulisse, contrastant avec le raffinement et la magie de la scĂšne, cherchent Ă  sĂ©duire et payer les jeunes crĂ©atures pour quelques heures de plaisir. De l’art Ă  la prostitution, il n’y a que quelques pas de danse, menus, menus.  Documentaire inĂ©dit, 2019. RĂ©alisation : Blandine Armand, Vincent Trisolini – 52 mn.

 

 

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra
 17h35. Documentaire en liaison avec l’exposition Ă©vĂ©nement rĂ©prĂ©sentĂ©e par le MusĂ©e d’Orsay jusqu’au 19 janvier 2020 : http://www.classiquenews.com/paris-exposition-musee-dorsay-degas-a-lopera-24-sept-2019-19-janv-2020/

 

 

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PARIS, Exposition. MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020

the-orchestra-at-the-operaPARIS, MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020. Quand il peint les danseuses, Edgar Degas invente un nouveau langage pictural et dĂ©nonce la prĂ©dation sexuelle en coulisses dont sont victimes les jeunes danseuses si mal payĂ©es et “chapotĂ©es” par leurs mĂšres maquerelles… RĂ©formateur plasticien et sociologue affĂ»tĂ©, DEGAS peint et analyse.  Degas  aime les plans originaux, dĂ©calĂ©s, hors scĂšne frontale, dans les coulisses et en dehors de la reprĂ©sentation elle-mĂȘme ; c’est pourquoi, ses vues dĂ©voilent ce qui n’est pas connu ni officialisĂ© : l’arriĂšre de la scĂšne, le foyer, les rĂ©pĂ©titions,
 tout un monde non convenu, jamais attendu dont la libertĂ© se lit dans les poses inĂ©dites. Il peint des corps dĂ©sarticulĂ©s, et comme mĂ©canisĂ©s, c’est Ă  dire dĂ©shumanisĂ©s, mais dont la ligne est saisissante. A l’OpĂ©ra, aux cĂŽtĂ©s des danseuses et de leur travail fastidieux au Foyer, en rĂ©pĂ©tition, Degas, le peintre solitaire qui a un Ɠil comme personne, analyse aussi l’orchestre dans la fosse du Palais Garnier : il focuse sur le bassoniste, pĂ©nĂštre dans l’orchestre par les bois et l’harmonie. Les cadrages sont toujours aussi captivants car originaux et jamais vus avant lui : l’influence de la photographie est Ă©vidente. L’oeil moderne et analyste de Degas observe avec une acuitĂ© saisissante le milieu instrumental de l’OpĂ©ra de Paris


PrĂ©sentation de l’exposition par le MusĂ©e d’Orsay :
« Sur toute sa carriĂšre, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’Ă  ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scĂšne, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

Aucune exposition jusqu’ici n’a envisagĂ© l’OpĂ©ra globalement, Ă©tudiant tout Ă  la fois le lien passionnĂ© que Degas avait avec cette maison, ses goĂ»ts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse “boĂźte Ă  outils”. À travers l’Ɠuvre/ l’Ɠil du peintre Degas, l’exposition prĂ©sentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2019 au MusĂ©e d’Orsay, offre un superbe portrait de l’OpĂ©ra de Paris au XIXe siĂšcle. 

 

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PARIS, exposition «  DEGAS Ă  l’OpĂ©ra », musĂ©e d’Orsay : 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020

 
 

 
 


DEGAS orchestre de l opéra palais garnier degas a l opéra

 

 

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Commissaire général
Henri Loyrette

Commissaires
LeĂŻla Jarbouai, conservatrice arts graphiques au musĂ©e d’Orsay, Marine Kisiel, conservatrice peintures au musĂ©e d’Orsay et Kimberly Jones, conservateur des peintures françaises du XIXe siĂšcle Ă  la National Gallery of Art de Washington

Exposition organisĂ©e par les musĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington oĂč elle est programmĂ©e du 1er mars au 5 juillet 2020, et donc Ă  Paris, Ă  l’occasion du trois cent cinquantiĂšme anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris.

https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/degas-a-lopera-47631.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=14b265340f

  

 

 

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AGENDA CONCERT
Concert de l’Orchestre national de l’OpĂ©ra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan
Paris, MusĂ©e d’Orsay / Grand Nef du musĂ©e – 9 dĂ©c. 2019 Ă  20h

 

 

 

 

 

 

 

CLÉS DE COMPRÉHENSION :
DEGAS Ă  l’opĂ©ra : l’Ɠil explore et invente du neuf


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autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxPendant toute la carriĂšre, des annĂ©es 1860 jusqu’au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui ». Un laboratoire oĂč il puise autant de motifs linĂ©aires, des profils, des silhouettes, des formes Ă  fixer ; que des sensations au carrefour des disciplines. L’opĂ©ra, thĂ©Ăątre total, Ă  l’époque de Wagner, Verdi, Gounod, Massenet, compose un rĂ©servoir pour celui qui a rĂ©volutionnĂ© la peinture en la menant vers le cinĂ©ma et la photo. Degas y expĂ©rimente la multiplicitĂ© des points de vue, des cadrages audacieux (perspectives contournĂ©es, vues plongeantes : di sotto insu), le contraste des Ă©clairages, les effets inĂ©dits de la couleur et du trait, l’étude Ă  la fois analytique et synthĂ©tique du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste. C’est aussi Ă  travers la ligne et la trace du pinceau, des crayons, l’acuitĂ© d’un regard qui pense : l’opĂ©ra est un lieu de spectacle et comme chez Balzac, l’endroit des situations et des relations humaines, inouĂŻes, Ă  la fois scandaleuses et fascinantes.

Psychologique, psychiatre mĂȘme, Degas dĂ©crypte les apparences en une vision balzacienne : il rĂ©alise entre 1876 et 1877, la sĂ©rie sur le thĂšme du MaĂźtre de ballet, puis son premier monotype, La petite Danseuse de 14 ans, de 1881, qui deviendra une statue, aussi rĂ©aliste que scandaleuse.

Ballet et Grand opéra français contre le wagnérisme

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Alors en Louisiane, Degas se plaint de ne pas aller Ă  l’opĂ©ra dont le manque le fait souffrir. Depuis la rĂ©trospective de 1988, voici une rĂ©trospective attendue qui prĂ©cise le regard du plasticien sur l’opĂ©ra et le milieu lyrique, mais aussi ses goĂ»ts : admiration du grand opĂ©ra français, et dĂ©testation de Wagner. Degas cĂŽtoie les directeurs successifs de la Maison parisienne; il se lit avec les compositeurs Auber, Reyer, Chaussson, le corps de ballet (Mesdemoiselles Salle, Sanlaville, Van Goethem, Chabot, Biot, Mauri
), les chanteurs Jean-Baptiste Faure, Rosa Caron
, les abonnĂ©s du cercle HalĂ©vy.

Le thĂšme des groupes qui s’affrontent, image du ballet naĂźt dĂšs Petites filles spartiates provoquant les garçons Ă  la lutte (1860, Londres Nal Gallery) ; puis c’est le portrait dĂ©jĂ  exposĂ© en 1988 Ă  Paris, EugĂ©nie Fiocre dans le Ballet de la Source (1868, Brooklyn Museum, NY) ; enfin, comme une apothĂ©ose de milliers d’heures d’observation, L’orchestre de l’OpĂ©ra de Paris (MusĂ©e d’Orsay, Paris, vers 1870)
 qui est aussi la revendication du gĂ©nie musical français contre le germanisme envahissant.

Salle et scĂšne, loges, foyer, salle de danse, danseuses (les fameuses « belles grappes de bras et de jambes »), chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses peuplent des scĂšnes peintes ou façonnĂ©es au pastel. Au moment du 350Ăš anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, voici le portrait et la visite de l’institution par un guide original et passionnant dont le goĂ»t musical se prĂ©cise Ă  mesure : Edgar Degas.

 

 
 

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 Portrait d’EugĂšnie Fiocre / Ballet La Source (© DR NY Brooklyn Museum)