CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. David Kadouch, piano. Les musiques d’Emma Bovary (1 cd Mirare juil 2021)

mirare david kadouch musiques emma bovary farrenc viardot fanny clara critique cd classiquenews CLIC de classiquenews critique cd reviewCRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. David Kadouch, piano. Les musiques d’Emma Bovary (1 cd Mirare juil 2021) – Comme dans son prĂ©cĂ©dent album, RĂ©volution, critiquĂ© et distinguĂ© par CLASSIQUENEWS (CLIC de CLASSIQUENEWS, Ă©tĂ© 2019), le pianiste David Kadouch, parmi les plus convaincants de sa gĂ©nĂ©ration (nĂ© en 1985) interroge ici le romantisme sacrifiĂ© d’une hĂ©roĂŻne de la littĂ©rature française du XIXĂš: Emma Bovary. Le pianiste dĂ©fricheur suit les pas de l’auteur Flaubert et semble analyser les ferments d’une Ăąme passionnĂ©e, trĂšs vite rattrapĂ©e par le sentiment de frustration, de dĂ©pression suicidaire. Le parallĂšle avec les saisons de Fanny Mendelssohn (de l’angĂ©lisme de la jeune mariĂ©e, aux premiers assauts d’une mĂ©lancolie croissante, dĂšs “juin”, son Ă©lan amer, puis « septembre », ses accents paniquĂ©s
), l’hispanisme mĂ©lancolique de Pauline Viardot, les errements illusoires des Nocturnes de Chopin, l’emblĂšme sentimental qu’incarne alors la Valse de Coppelia, transcrite par Dohnanyi d’aprĂšs Delibes, concentrĂ© romantique par excellence
 disent assez la complexitĂ© psychologique dont il est question.

 

 

 

David Kadouch joue Fanny, Clara, Pauline, Louise

rĂ©vĂ©lant le fabuleux piano d’Emma Bovary

 

 

 

Le jeu tout en nuances et subtilitĂ© du pianiste sublime le propos et rend mĂȘme concrĂštement palpitant les rĂȘves et vertiges d’Emma l’insatisfaite.
« A quoi-tu rĂȘves, Emma  », aime entendre David Kadouch. Face Ă  tant de miroitements et scintillements sonores, l’ñme s’abandonne aux parfums d’une musique qui dĂ©voile les profondes aspirations du sentiment. L’épouse Emma ne peut contraindre et contrĂŽler les rĂȘveries d’Emma amoureuse. Comme un frĂšre inattendu, Liszt semble se rapprocher au plus prĂšs du cƓur d’Emma : RĂ©miniscence de Lucia di Lammermoor, l’opĂ©ra qui marqua tant Emma Ă  Rouen, rĂ©sonne comme une alarme secrĂšte, tel le signal avant la tempĂȘte intĂ©rieure. Le Romantique Hongrois en synthĂ©tise les Ă©lans admirables comme les dangers illusoires. En un fabuleux parcours, jalonnĂ© de piĂšces de compositrices affĂ»tĂ©es, rĂȘveuses, et mĂȘme Ă©perdues, (Variations de Clara Wieck, future Ă©pouse Schumann / sublime Notturno en si mineur de Fanny Mendelssohn ; sans omettre l’ivresse nostalgique de l’air russe de Louise Farrenc), David Kadouch nous fait partager les aspirations d’Emma : il en produit l’indicible texture sonore, entre dĂ©sir et regret, songe et dĂ©pression. Formidable hommage cĂ©lĂ©brant l’hĂ©roĂŻne de Flaubert. Passionnant et convaincant.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. David Kadouch, piano. Les musiques d’Emma Bovary (1 cd Mirare – enregistrĂ© en juil 2021 au TAP Poitiers) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2022.

 

 

 

 

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AUTRE CD de David Kadouch, critiqué sur CLASSIQUENEWS :

kadouch-david-revolution-cd-mirare-critique-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews-cd-critique-piano-opera-critiqueCD, Ă©vĂ©nement, annonce. RÉVOLUTION, DAVID KADOUCH, piano (1 cd Mirare, 2018). NĂ© en 1985, le pianiste français DAVID KADOUCH fait partie des rares interprĂštes au toucher savoureux, capable d’une articulation nuancĂ©e, sachant murmurer ou rugir quand il le faut ; toujours au service de l’intĂ©rioritĂ© des oeuvres. A ces qualitĂ©s, il ajoute dans ce nouvel album, une qualitĂ© complĂ©mentaire, celle de l’intelligence conceptrice. Le programme, enjeu de bien des rĂ©flexions pas toujours heureuses chez certain(e)s, s’avĂšre dans son cas d’une intelligence sensible raccordant le chant du piano
 Ă  la mĂ©moire, un temps passĂ©, retrouvĂ© sous le filtre recrĂ©ateur du tĂ©moignage et de la rĂ©itĂ©ration incarnĂ©e. Qu’on aime cet enchaĂźenment de piĂšces millimĂ©trĂ©es oĂč n’ont pas leur place la performance ni l’hystĂ©rie martelĂ©e / marketĂ©e (familiĂšres chez tant de ses confrĂšres/sƓurs). CLIC de CLASSIQUENEWS : en lire PLUS

CD, critique. PAULINE VIARDOT, mĂ©lodies. StĂ©phanie d’Oustrac, mezzo-soprano / Françoise Tillard, piano (1 cd Le chant de Linos, 2021)

pauline-viardot-melodies-stephanie-doustrac-critique-cd-opera-classiquenews-dossier-noel-2021CD, critique. PAULINE VIARDOT, mĂ©lodies. StĂ©phanie d’Oustrac, mezzo-soprano / Françoise Tillard, piano (1 cd Le chant de Linos, 2021) – Fabuleuse contralto Pauline Garcia-Viardot (1821-1910) aujourd’hui fĂȘtĂ©e ; cette annĂ©e anniversaire (bicentenaire de sa naissance) met ainsi l’accent sur l’interprĂšte comme la compositrice.
A la fin des annĂ©es 1830, aprĂšs la mort tragique de sa sƓur ainĂ©e, diva lĂ©gendaire (Maria Malibran), Pauline s’affirme sur la scĂšne lyrique parisienne (ThĂ©Ăątre-Italien). La cantatrice inspire les compositeurs (Berlioz), mais aussi les Ă©crivains comme Sand qui Ă©crit de sportraits dĂ©guisĂ©s de son amie dans Consuelo (1843), La Comtesse de Rudolstadt (1844).
Superbe rĂ©vĂ©lation, ce programme qui souligne le gĂ©nie de la compositrice, mĂ©lodiste et diseuse de premier plan. A l’appui de la journĂ©e Pauline Viardot Ă  l’OpĂ©ra Comique (6 oct 2021), l’inspiration de Pauline Viardot est enfin rĂ©estimĂ©e Ă  travers ces 18 mĂ©lodies qui s’étendant de 1843 Ă  1904, imposent un tempĂ©rament mĂ©lodique et linguistique indiscutable en français, italien, espagnol, russe
 L’élĂšve de Reicha et de Liszt se montre digne de ses mentors. La diversitĂ© des Ă©critures poĂ©tiques (Racine, La Fontaine, Victor Hugo / Pouchkine / Moericke dĂ©termine Ă  chaque sĂ©quence un caractĂšre vocal spĂ©cifique
 que le mezzo chaud et articulĂ© de StĂ©phanie d’Oustrac aime colorer, nuancer, polir avec un goĂ»t trĂšs sĂ»r.
La babylone mĂ©lodique qui surgit dans cette pluralitĂ© des esthĂ©tiques et des cultures ressuscite Ă©videment la Viardot polyglotte, animant Ă  Paris, un salon fameux et raffinĂ© qui concentre les pointures artistiques de l’heure (Sand, Chopin, Liszt, Berlioz, Gounod, Lehman et Delacroix
)

CLIC D'OR macaron 200Racinienne et donc tragĂ©dienne, D’Oustrac / Viardot Ă©blouissent par leur verve dramatique (ScĂšne d’Hermione, 1887), leur puissance ciselĂ©e qui Ă©voquent l’intensitĂ© de l’opĂ©ra et le talent de l’actrice romantique ayant chantĂ© pour Berlioz, sa propre version de l’OrphĂ©e de Gluck ; Sapho de Gounod, DesdĂ©mone de l’Otello de Rossini, sans omettre FidĂšs dans Le ProphĂšte de Meyerbeer
 Son Andromaque a la dignitĂ© d’une souveraine antique (sans le glacial tendu du marbre) ; mĂȘme rĂ©ussite pour la scĂšne de PhĂšdre (1887), Ăąme tragique, fiĂšre et rongĂ©e par l’amour coupable (incestueux) qui la dĂ©vore de l’intĂ©rieur.
Berlioz la destinait au chƓur, Viardot la sculpte pour la voix seule et le piano : ainsi les langueurs (orientales, Ă  la maniĂšre de Delacroix et de ChassĂ©riau : « si j’étais sultane  ») de Sara la baigneuse (les Orientales de V. Hugo) ; plus caractĂ©risĂ©es encore les mĂ©lodies russes (1866) composent tout un pan inĂ©dit particuliĂšrement sĂ©duisant sur les textes de Koltsov, Tourgueniev, Pouchkine ; mĂȘme enthousiasme pour les mĂ©lodies ibĂ©riques qui se colorent d’un tempĂ©rament renouvelĂ©, direct, proche du texte. Joueuse, D’Oustrac se dĂ©lecte Ă  varier la couleur de son timbre selon le personnage de La Fontaine (Le Savetier et le financier) ; tandis que le lied « Nixe Binsenfuss » (Moerike) affirme l’intelligence de l’interprĂšte capable d’une vie intĂ©rieure marquĂ©e par l’urgence et l’humour insolent. La collection d’airs ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s appelle d’autres rĂ©vĂ©lations souhaitons-le, tels les piĂšces comiques sur des livrets de Tourgueniev dont la prĂ©sence a tant comptĂ© pour la diva-compositrice. N’omettons pas de souligner la sensibilitĂ© du piano de Viardot, contre champs / chant d’une fabuleuse activitĂ© (et qui rappelle que la cantatrice fut l’élĂšve au piano de Liszt et de Chopin). L’enregistrement exploite excellemment l’exceptionnel piano de Stephan Paulello : aux harmonies riches, Ă  la longueur de son
 orchestrale.

CD, critique. PAULINE VIARDOT, mĂ©lodies. StĂ©phanie d’Oustrac, mezzo-soprano / Françoise Tillard, piano (1 cd Le chant de Linos, 2021)

JOURNÉE HOMMAGE Ă  PAULINE VIARDOT (OpĂ©ra-Comique, le 6 oct 2021)

PARIS, OpĂ©ra-Comique. Mer 6 oct 2021 : PAULINE VIARDOT, journĂ©e hommage Ă  l’OpĂ©ra-Comique pour le bicentenaire de sa naissance, le 18 juillet 1821. Au programme, colloque (10h-13h), master classe (15h-18h, avec Felicity Lott) et concert Ă  20h : mĂ©lodies de Pauline Viardot (entre autres). Avec, entre autres, Dame Felicity Lott, Michel Dalberto, NathanaĂ«l Gouin, l’orchestre des jeunes de l’Union europĂ©enne
.

Viardot NYPL - Version 2Pauline Viardot est nĂ©e dans une famille de musiciens et de chanteurs. Son pĂšre le barytĂ©nor andalou Manuel Garcia enseigna Ă  ses enfants : Maria, la lĂ©gendaire diva morte en 1836 en pleine gloire ; Pauline qui deviendra mezzo comme sa sƓur ainĂ©e; enfin Manuel, qui sera baryton
 Pauline commence sa carriĂšre dĂšs 1838 dans le sillon de sa dĂ©funte sƓur : Ă  la technique vocale, elle ajoute surtout le souci de rĂ©alisme, grĂące Ă  un jeu d’actrice qui bĂ©nĂ©ficie de ses lectures et recherches sur chaque rĂŽle abordĂ©; Berlioz, Meyerbeer, Saint-SaĂ«ns,  Gounod composent pour elle, reconnaissant le gĂ©nie de l’interprĂšte. En  1849,  elle  incarne  FidĂšs,  mĂšre courageuse et  femme  du  peuple,  à  la  crĂ©ation du ProphĂšte de Meyerbeer, et aussi Sapho, premier opĂ©ra d’un Gounod ainsi rĂ©vĂ©lĂ©. En 1859, Berlioz rĂ©Ă©crit le rĂŽle d’OrphĂ©e pour elle, dans OrphĂ©e et Eurydice de Gluck. Pauline dĂ©fend aussi les auteurs anciens, Haendel, et surtout Mozart dont elle achĂšte en 1855, en vendant ses bijoux, le manuscrit du Don Giovanni : relique dĂ©sormais vĂ©nĂ©rĂ©e par tous ses invitĂ©s (dont Tchaikovski) venus rencontrer et retrouver la cantatrice collectionneuse chez elle.
En 1873, la mezzo devenue lĂ©gende vivante se retire des planches pour se consacrer Ă  la pĂ©dagogie et Ă  la transmission. Prolongeant ses opĂ©ras, certains comme Dernier Sorcier sur un livret de Tourgueniev (1869), Pauline approfondit ses talents de compositrice comme en tĂ©moignent ses nombreuses mĂ©lodies (souvent inspirĂ©es par l’Espagne, le pays de son pĂšre) ; Ă  partir de 1874 (et jusqu’en 1883), la diva compositrice s’installe dans sa villa de Bougival. Elle y reçoit de nombreux Ă©crivains, piliers du romantisme français et europĂ©en : Chopin, Liszt, Verdi, Brahms, Lamartine, Dickens, Flaubert, Zola,  Hugo, les  Dumas,  Maupassant, les  Goncourt, Delacroix, les Schumann, Wagner, Tourgueniev. George Sand s’inspire de sa vie dans son roman Consuelo, dont l’action Ă©voque l’ascension d’une chanteuse. Pauline s’engage aussi pour les compositeurs français : Gounod, FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns
 Elle s’éteint Ă  Paris, le 18 mai 1910.
Le pavillon de Bougival, ancienne demeure de Pauline Viardot, est aujourd’hui l’objet d’une restauration ambitieuse et devrait abriter Ă  partir de 2024, le CEM, Centre EuropĂ©en de Musique.

INFOS et RÉSERVATIONS
sur le site de l’OpĂ©ra Comique
https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/pauline-viardot-1821-2021

pauline-viardot-opera-comique-bicentenaire-classiquenews-colloque-concert-masterclass

DON GIOVANNI : histoire de la partition, de Constanze Ă  Pauline…

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsARTE. Dimanche 12 sept 2021, 11h : Don Giovanni : la partition. Quand le directeur du ThĂ©Ăątre des Etats de Prague passe commande d’un OpĂ©ra en janvier 1787, il accorde au compositeur huit mois avant la premiĂšre reprĂ©sentation. Selon Constance son Ă©pouse, dĂ©vouĂ©e et aprĂšs sa mort, architecte de sa lĂ©gende en dĂ©fendant son Ɠuvre, lorsque Mozart rejoint Prague en septembre pour rĂ©gler la mise en scĂšne, l’écriture du Don Giovanni est encore inachevĂ©e: l’Ouverture est Ă©crite sur place, peu avant le lever de rideau… Le 28 octobre 1787, la premiĂšre du Don Giovanni est dirigĂ©e par Mozart lui-mĂȘme. Peu aprĂšs la mort du musicien en 1791, Constance vend le manuscrit Ă  un Ă©diteur allemand. Il rĂ©apparait sur le marchĂ© Ă  Londres en 1855, au moment mĂȘme oĂč la cantatrice française, Pauline Viardot, triomphe Ă  l’opĂ©ra et dĂ©cide de vendre ses bijoux pour acquitter les 150 livres sterling demandĂ©es pour l’acquisition du manuscrit sacrĂ©. Elle crĂ©e un vĂ©ritable culte autour des prĂ©cieux feuillets prĂ©sentĂ©s dans un coffret de bois sculptĂ© sur mesure. En 1902, la diva fait don du coffret au Conservatoire National de Paris, dont les Ă©crits rejoindront plus tard les collections de la BibliothĂšque nationale – Docu rĂ©alisĂ© par Anne-Sophie Martin

 

 

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Partition de l’opĂ©ra des opĂ©ras, Don Giovanni (1787) de W A MOZART (aujourd’hui conservĂ©e Ă  la BNF PARIS)

 

 

 

 

 

 

Le Carnaval des animaux de SAINT-SAËNS (France 5)

Centenaire Camille Saint-SaĂ«ns 2021FRANCE 5, ven 19 fĂ©v 2021,20h50. SAINT-SAËNS, PROKOFIEV. Superbe programme sur France 5 comprenant deux partitions d’éducation musicale autant que d’ivresse instrumentale, destinĂ© moins aux enfants qu’à toute la famille ; Prokofiev et Saint-SaĂ«ns signent lĂ  deux ouvrages qui tout en mettant en avant les timbres de chaque famille instrumentale, narrent chacun chacun une histoire Ă©difiante ; les exploits d’une jeune hĂ©ros, Pierre chez Prokofiev ; les enchantements du bestiaire extraordinaire exploitant la riche palette expressive de l’orchestre chez Saint-SaĂ«ns. Programmes incontournables dĂ©jĂ  diffusĂ©s en 2010 et 2014, mais d’autant plus opportuns pour l’annĂ©e du centenaire Saint-SaĂ«ns 2021


Le Carnaval des animaux
Camille-Saint-Saens DRComposĂ©e pour le mardi gras 1886 chez le violoncelliste Charles Lebouc, puis repris pour fĂȘter la mi-CarĂȘme chez la cantatrice cĂ©lĂ©brissime Pauline Viardot en avril 1886 (en prĂ©sence de Liszt, grand ami de Saint-SaĂ«ns), le Carnaval des animaux fut aussitĂŽt ses crĂ©ations parisiennes rĂ©alisĂ©es, interdit par l’auteur lui-mĂȘme, soucieux de faire taire les mauvaises langues qui lui reprochaient aussitĂŽt d’avoir commis une « puĂ©rilité » dommageable indigne de son art (soit disant) « si sĂ©rieux ». C’est omettre une qualitĂ© essentielle, partagĂ©e avec Haydn, au sein de l’écriture de Saint-SaĂ«ns, son raffinement certes mais aussi son humour et sa facĂ©tie joyeuse (comme Rossini d’ailleurs). Seule exception Ă©cartĂ©e de cette interdiction, le Cygne, bientĂŽt devenu par sa noblesse tendre, page d’anthologie pour tous les violoncellistes. En rĂ©alitĂ©, en dĂ©pit des incertitudes du compositeur, Le Carnaval des animaux est une fantaisie zoologique qui est trait de gĂ©nie : Saint-SaĂ«ns manie l’orchestration comme un orfĂšvre prĂ©ravĂ©lien, tout en jouant des citations multiples de ses prĂ©dĂ©cesseurs (Rameau, Offenbach, Berlioz, Rossini, Mendelssohn
), avec un goĂ»t inouĂŻ pour l’autodĂ©rision.

 

 

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Programme du Carnaval

Introduction et marche royal du lion
Poules et coq
Hémiones (les animaux véloces)
Tortues
L’élĂ©phant
Kangourous
Aquarium
Personnages Ă  longues oreilles
Le coucou au fond des bois
VoliĂšre
Fossiles (dinosaures et autres trésors)
Le Cygne
FINAL (fraternitĂ© : le loup danse avec l’agneau, le renard avec le corbeau
)

 

 

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VENDREDI 19 FEVRIER, 20h50 -
France 5 Ă  20h50
En replay ensuite sur le site CULTUREBOX
https://www.france.tv/france-5/

Par l’Orchestre National de France
et l’Orchestre Philharmonique de Radio France

 

 

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PROKOFIEV : Pierre et le loup
François Morel, narrateur / Orchestre National de France / Daniele Gatti, direction
DurĂ©e : 30 min – Gordon, Pierre-Emmanuel Lyet & Corentin Leconte, rĂ©alisation (2014)

Le Carnaval des animaux
Camille Saint-Saëns / Le Carnaval des animaux, sur un livret de Smaïn
Smaïn et Rayane Fairouze, récitants / Orchestre Philharmonique de Radio France
Myung-Whun Chung direction

DurĂ©e : 26 minutes – Emmanuelle Tchoukriel, Illustrations
Andy Sommer et Gordon, réalisation / 2010

 

 

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LIRE AUSSI notre DOSSIER spĂ©cial CENTENAIRE DE SAINT-SAËNS 2021

SAINT-SAENS-camille-portrait-centenaire-mort-de-camille-saint-saens2021 marque le centenaire de la mort de Camille Saint-SaĂ«ns : esprit libre, Ă©lectron gĂ©nial, dĂ©fenseur de la musique française (contre l’hĂ©gĂ©monie des Allemands et de Wagner). Le musicien fut pianiste et compositeur, d’une rare culture, voyageur rĂ©gulier, solitaire polĂ©miste dont l’acuitĂ© de l’esprit inspire toujours. Ayant connu Berlioz, tĂ©moin des Ɠuvres de Debussy et Ravel, Saint-SaĂ«ns traverse le XIXĂš avec Ă©clat par ses audaces formelles, son goĂ»t du thĂ©Ăątre oĂč se dĂ©ploie la passion des anciens. C’est un Baroqueux avant l’heure : passionnĂ© par Lully et Marc Antoine Charpentier, Rameau et Gluck (comme Berlioz)
 Voici quelques thĂ©matiques clĂ©s pour mieux approcher la diversitĂ© d’un gĂ©nie romantique difficile Ă  classer.