PARIS, Exposition. Musée d’Orsay, DEGAS à l’Opéra : 24 sept 2019-19 janv 2020

the-orchestra-at-the-operaPARIS, Musée d’Orsay, DEGAS à l’Opéra : 24 sept 2019-19 janv 2020. Quand il peint les danseuses, Edgar Degas aime les plans originaux, décalés, hors scène frontale, dans les coulisses et en dehors de la représentation elle-même ; c’est pourquoi, ses vues dévoilent ce qui n’est pas connu ni officialisé : l’arrière de la scène, le foyer, les répétitions,… tout un monde non convenu, jamais attendu dont la liberté se lit dans les poses inédites. Il peint des corps désarticulés, et comme mécanisés, c’est à dire déshumanisés, mais dont la ligne est saisissante. A l’Opéra, aux côtés des danseuses et de leur travail fastidieux au Foyer, en répétition, Degas, le peintre solitaire qui a un œil comme personne, analyse aussi l’orchestre dans la fosse du Palais Garnier : il focuse sur le bassoniste, pénètre dans l’orchestre par les bois et l’harmonie. Les cadrages sont toujours aussi captivants car originaux et jamais vus avant lui : l’influence de la photographie est évidente. L’oeil moderne et analyste de Degas observe avec une acuité saisissante le milieu instrumental de l’Opéra de Paris…

Présentation de l’exposition par le Musée d’Orsay :
« Sur toute sa carrière, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’Ă  ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scène, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

Aucune exposition jusqu’ici n’a envisagĂ© l’OpĂ©ra globalement, Ă©tudiant tout Ă  la fois le lien passionnĂ© que Degas avait avec cette maison, ses goĂ»ts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse “boĂ®te Ă  outils”. Ă€ travers l’œuvre/ l’œil du peintre Degas, l’exposition prĂ©sentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2019 au MusĂ©e d’Orsay, offre un superbe portrait de l’OpĂ©ra de Paris au XIXe siècle.

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PARIS, exposition «  DEGAS Ă  l’OpĂ©ra », musĂ©e d’Orsay : 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020

 

 


DEGAS orchestre de l opéra palais garnier degas a l opéra

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Commissaire général
Henri Loyrette

Commissaires
LeĂŻla Jarbouai, conservatrice arts graphiques au musĂ©e d’Orsay, Marine Kisiel, conservatrice peintures au musĂ©e d’Orsay et Kimberly Jones, conservateur des peintures françaises du XIXe siècle Ă  la National Gallery of Art de Washington

Exposition organisĂ©e par les musĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington oĂą elle est programmĂ©e du 1er mars au 5 juillet 2020, et donc Ă  Paris, Ă  l’occasion du trois cent cinquantième anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris.

https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/degas-a-lopera-47631.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=14b265340f

 

 

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AGENDA CONCERT
Concert de l’Orchestre national de l’Opéra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan
Paris, MusĂ©e d’Orsay / Grand Nef du musĂ©e – 9 dĂ©c. 2019 Ă  20h

 

 

 

 

 

 

 

CLÉS DE COMPRÉHENSION :
DEGAS à l’opéra : l’œil explore et invente du neuf…

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autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxPendant toute la carrière, des annĂ©es 1860 jusqu’au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui ». Un laboratoire oĂą il puise autant de motifs linĂ©aires, des profils, des silhouettes, des formes Ă  fixer ; que des sensations au carrefour des disciplines. L’opĂ©ra, théâtre total, Ă  l’époque de Wagner, Verdi, Gounod, Massenet, compose un rĂ©servoir pour celui qui a rĂ©volutionnĂ© la peinture en la menant vers le cinĂ©ma et la photo. Degas y expĂ©rimente la multiplicitĂ© des points de vue, des cadrages audacieux (perspectives contournĂ©es, vues plongeantes : di sotto insu), le contraste des Ă©clairages, les effets inĂ©dits de la couleur et du trait, l’étude Ă  la fois analytique et synthĂ©tique du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste. C’est aussi Ă  travers la ligne et la trace du pinceau, des crayons, l’acuitĂ© d’un regard qui pense : l’opĂ©ra est un lieu de spectacle et comme chez Balzac, l’endroit des situations et des relations humaines, inouĂŻes, Ă  la fois scandaleuses et fascinantes.

Psychologique, psychiatre même, Degas décrypte les apparences en une vision balzacienne : il réalise entre 1876 et 1877, la série sur le thème du Maître de ballet, puis son premier monotype, La petite Danseuse de 14 ans, de 1881, qui deviendra une statue, aussi réaliste que scandaleuse.

Ballet et Grand opéra français contre le wagnérisme

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Alors en Louisiane, Degas se plaint de ne pas aller à l’opéra dont le manque le fait souffrir. Depuis la rétrospective de 1988, voici une rétrospective attendue qui précise le regard du plasticien sur l’opéra et le milieu lyrique, mais aussi ses goûts : admiration du grand opéra français, et détestation de Wagner. Degas côtoie les directeurs successifs de la Maison parisienne; il se lit avec les compositeurs Auber, Reyer, Chaussson, le corps de ballet (Mesdemoiselles Salle, Sanlaville, Van Goethem, Chabot, Biot, Mauri…), les chanteurs Jean-Baptiste Faure, Rosa Caron…, les abonnés du cercle Halévy.

Le thème des groupes qui s’affrontent, image du ballet naît dès Petites filles spartiates provoquant les garçons à la lutte (1860, Londres Nal Gallery) ; puis c’est le portrait déjà exposé en 1988 à Paris, Eugénie Fiocre dans le Ballet de la Source (1868, Brooklyn Museum, NY) ; enfin, comme une apothéose de milliers d’heures d’observation, L’orchestre de l’Opéra de Paris (Musée d’Orsay, Paris, vers 1870)… qui est aussi la revendication du génie musical français contre le germanisme envahissant.

Salle et scène, loges, foyer, salle de danse, danseuses (les fameuses « belles grappes de bras et de jambes »), chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses peuplent des scènes peintes ou façonnĂ©es au pastel. Au moment du 350è anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, voici le portrait et la visite de l’institution par un guide original et passionnant dont le goĂ»t musical se prĂ©cise Ă  mesure : Edgar Degas.

 

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 Portrait d’Eugènie Fiocre / Ballet La Source (© DR NY Brooklyn Museum)

 

 

 

CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017).

liss dmitri zuidnederland tchaikovsky 1 critique review cd classiquenewsCD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017). Le couplage Wagner / Tchaikovsky ici rĂ©alisĂ© ne manque pas de nous sĂ©duire. Chef principal et directeur artistique de l’Orchestre Philharmonique de l’Oural, Dmitri Liss retrouve dans ce programme biface, le South Netherlands Philharmonic / Philharmonie Zuidnederland, dont il est le chef principal depuis 2016. De toute Ă©vidence, sous sa direction, l’orchestre nĂ©erlandais redouble de nerf et de caractĂ©risation, en particulier dans la 4è de Tchaikovski dont il rĂ©alise une version passionnante (n’écoutez que le relief et la vitalitĂ© schizophrĂ©nique du Scherzo).
Le Wagner cultive une opulence sonore, un hédonisme qui nous semble propre aux orchestre nordiques, comme s’il étaient définitivement marqués chez Wagner par la suspension de la « brume » orchestrale. Peu de détails instrumentaux (comme ce chant de la clarinette du Liebestod… que savait articuler comme personne un Karajan subjugué). Liss, sans vouloir faire de jeu de mots, préfère quant à lui « lisser » la texture wagnérienne, sans cependant rien lui ôter de sa brillance et de son mystère. Le mystère achève dans un murmure suspendu le Vorspiel ; quand au Liebestod, il est tout entier aspiré par l’appel des cîmes, par la sublimation d’une conscience autre que celle du réel. Si Wagner cible la transcendance et la métamorphosen Tchaikovski lui dans la 1ère Symphonie ne parvient pas à se défaire d’une destinée contraire, comme maudite, empêtrée dans un nœud de conflits qui le laisse impuissant, démuni, solitaire.

 
 
 

Wagner lissé
Tchaikovsky schizophrénique

 
 
 
liss dmitri maestro chef annonce concert critique cdDmitri Liss se montre moins vaporeux et plus tranchant, dramatique ici ; tout pĂ©nĂ©trĂ© par la tragĂ©die intime d’un Tchaikovsky dĂ©passĂ© par sa propre condition, le chef montre une rĂ©elle appĂ©tence pour l’orchestre tchaikovskien dont il sait dĂ©tailler les milles facettes du dĂ©sespoir. Ainsi l’appel des fanfares du premier mouvement, parfaitement Ă©quilibrĂ© et rĂ©sonnant comme une symphonie de Bruckner mais avec ce sens dĂ©jĂ  du fatum, d’un théâtre tragique, marque le caractère surtout grave et dĂ©finitif de l’ample portique de plus de 18 mn (Andante sostenuto): l’orchestre s’implique dans ce grand dessein du dĂ©sarroi avec un nerf et une belle clartĂ© des pupitres. La lisibilitĂ© polyphonique convainc. Mais Liss articule les Ă©pisodes plus chantants, eux aussi Ă©perdus, auxquels il sait apporter une pudeur investie rĂ©ellement prenante : les forces de l’esprit et de la transcendance contre la tension du Fatum. Sa direction hĂ©doniste ne manque pas de force ni de profondeur. Il y a de la grandeur, un sens rĂ©el de la sonoritĂ© ; une articulation qui donne de la sincĂ©ritĂ© Ă  la direction, une vision très Ă©laborĂ© sur le plan du continuum et de l’architecture. Un esthète au cĹ“ur de la tempĂŞte Tchaikovsky, en somme Liss sait ciseler cet Ă©clat spĂ©cifique de la dĂ©pression (la marche Ă©chevelĂ©e, ivre, entre cordes chauffĂ©es Ă  blanc et cuivres somptueusement lugubres… qui clĂ´t le sublime Andante initial / comme la souple ondulation intĂ©rieure du mouvement sui suit, le second Andantino in modo di canzona, c’est Ă  dire Ă©noncĂ©e comme une chanson italienne mais frappĂ©e du sceau d’une langueur maudite). Les Pizz du Scherzo sonnent comme la rĂ©sonance Ă©purĂ©e de la dĂ©pression qui s’est dĂ©ployĂ©e dans les mouvements prĂ©cĂ©dents : la tension lĂ  encore est magistralement mesurĂ©e, avec une Ă©chelle de nuances serties dans l’écoute intĂ©rieure ; les respirations de l’harmonie qui suit font Ă©couter cette mĂŞme comprĂ©hension intime de la partition, … schizophrĂ©nique dans la succession des climats mentaux enchaĂ®nĂ©s (l’une des plus autobiographiques de Piotr Illiytch ?) Liss est une baguette noble, articulĂ©e et souple douĂ©e d’une concentration profonde : intĂ©rieure, grave sans pathos. Bel Ă©quilibre. CLIC de CLASSIQUENEWS, en particulier pour le Tchaikovsky : on rĂŞve de disposer demain d’une intĂ©grale ciselĂ©e par Liss. 
 
 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017) – Enregistrements rĂ©alisĂ©s en mars et dĂ©cembre 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2019.
 
 
 

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Livres, compte rendu critique. Changer des vies par la pratique de l’orchestre, Gustavo Dudamel et l’histoire d’El Sistema par Tricia Tunstall. Traduction : Cécile Roure (Éditions Symétrie)

symetrie sistema gustavo dudamel abreu venezuela enfants orchestres livre critique compte rendu classiquenews isbn_978-2-36485-036-1Livres, compte rendu critique. Changer des vies par la pratique de l’orchestre, Gustavo Dudamel et l’histoire d’El Sistema par Tricia Tunstall. Traduction de CĂ©cile Roure (Éditions SymĂ©trie). SymĂ©trie Ă©dite la traduction française du texte amĂ©ricain « Changing lives » de Tricia Tunstall (publiĂ© en 2012 par W. W. Norton, New York). A l’automne 2015, CĂ©cile Roure en assure non seulement une traduction engagĂ©e et personnellement investie, mais aussi toutes les notes de bas de page, un texte d’introduction relevant d’un tĂ©moignage admiratif et sincère (PrĂ©lude : Gustavo et moi) et aussi surtout, lumineuse dĂ©monstration d’un modèle musical et social qui s’exporte jusque dans l’ancien monde, une Postface (“des orchestre de jeunes en France”), qui dessine de formidables perspectives prĂ©cisant la fonction salvatrice de la musique classique sur la scène sociĂ©tale europĂ©enne. Ce dernier texte, totalement rĂ©digĂ© par la traductrice, s’avère en fait, aussi intĂ©ressant que le texte initial amĂ©ricain Ă©crit en 2012 car il dresse en 2015, un premier bilan des initiatives en France, associant pratique de la musique orchestrale et Ă©ducation des jeunes en difficultĂ©. Il revient aux particuliers ou musiciens de la sociĂ©tĂ© civile de relever le dĂ©fi d’un vivre ensemble dĂ©sormais possible grâce Ă  la pratique d’un instrument au sein d’un orchestre : expĂ©rience salutaire dans bien des cas, qui refonde l’estime de soi et la confiance des jeunes, leur apprend l’exercice concret du vivre ensemble, impliquĂ©s dans un projet collectif oĂą chacun ayant sa place, participe concrètement Ă  la sociĂ©tĂ© humaine ainsi organisĂ©e.

El Sistema… A quoi tient l’intĂ©rĂŞt de ce programme nĂ© au Venezuela ? Surtout, d’oĂą vient que la musique classique pratiquĂ©e en orchestre amĂ©liore considĂ©rablement les chances du vivre ensemble quand elle est ainsi vĂ©cue, dĂ©fendue (“jouer, lutter”) par les jeunes “nĂ©cessiteux”, ceux que la misère, l’exclusion mettent Ă  l’Ă©cart de l’opulence sociale et civile ?

A ces questions fondamentales pour l’avenir de nos sociĂ©tĂ©s, actuellement rongĂ©es et dĂ©vorĂ©es de l’intĂ©rieur par l’affrontement des nationalismes, par l’essor du communautarisme, voici des rĂ©ponses inouĂŻes oĂą le lecteur puisera un vivier de solutions prĂ©cises, concrètes, Ă©loquentes.

L’expĂ©rience orchestrale, une partition pour la paix sociale

Jamais la culture et en particulier la pratique des instruments, et l’expĂ©rience de l’orchestre n’auront paru plus indiquĂ©s pour Ă©radiquer l’intolĂ©rance, la haine collective, la peur de l’autre, l’irrespect gĂ©nĂ©ral… qui se manifestent par la dĂ©linquance et l’insĂ©curitĂ©, les gangs, le vol, le racket, la corruption organisĂ©s ou mĂŞme les innombrables signes d’incivilitĂ© qui se multiplient ici et lĂ  jusque dans les lieux ordinaires de la vie quotidienne. Respecter l’autre, reconnaĂ®tre ce qu’il peut nous apporter, cultiver un regard fraternel… sont des valeurs fondatrices de notre dĂ©mocratie rĂ©publicaine. FondĂ© sur la cohĂ©sion et l’intĂ©gration de chacun de ses membres, l’orchestre n’est plus cette partition offerte Ă  chacun instrumentiste pour rĂ©ussir l’idĂ©e d’un accomplissement collectif dans le seul cadre du concert payant : appliquĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© du terrain social, urbain,  le cadre et le dispositif ont dĂ©montrĂ© d’indiscutables vertus, comme celles de la solidaritĂ©, l’entre aide, le tout collectif : on ne rĂ©ussit rien seul ; on gagne ou perd tous ensemble. Il ne s’agit pas de constater la rĂ©ussite indiscutable d’un projet politique et social. Le texte ainsi traduit appelle Ă  prendre les mesures concrètes qui s’imposent puisque tout y est magistralement expliquĂ©. Le livre devrait donc ĂŞtre lu par tous les responsables politiques, les Ă©lus et les dĂ©cisionnaires de la sociĂ©tĂ© civile, futurs porteurs enfin d’un projet pratique aux bĂ©nĂ©fices avĂ©rĂ©s. A tant de promesses dĂ©clarĂ©es au moment des temps Ă©lectoraux, et souvent oubliĂ©es après l’Ă©lection, voici un programme de solutions rĂ©elles, Ă  l’efficacitĂ© prouvĂ©e.

CLIC_macaron_2014Cest un texte Ă©blouissant qui parlant d’humanitĂ© et de fraternitĂ©, offre tous les Ă©lĂ©ments pour rĂ©soudre le problème de la violence et de la haine dans notre sociĂ©tĂ©. Le prĂ©sident François Hollande avait inscrit comme prioritĂ© de son programme de candidat Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle, les jeunes et l’Ă©ducation : voilĂ  un texte et une expĂ©rience dĂ©crite qui rĂ©pondent totalement Ă  sa prĂ©occupation. Force est de constater le silence tenace de la part des politiques car comme partout en Europe, la mise en pratique du Sistema venezuelien, adaptĂ© Ă  l’Europe, reste le fruit des initiatives privĂ©es, au prix d’un dĂ©vouement et d’un engagement qui relèvent du parcours du combattant. Les rĂ©alisations pionnières en France dont tĂ©moigne dans sa postface CĂ©cile Roure, sont Ă©loquentes : il faut du courage et une audace hors du commun pour faire bouger la sociĂ©tĂ©. Et nous payons très cher Ă  l’Ă©chelle collective, ce dĂ©calage archaĂŻque.

La valeur du texte originel de Tricia Tunstall montre prĂ©cisĂ©ment et très concrètement grâce Ă  une immersion dans les nucleos vĂ©nĂ©zuĂ©liens (centres Ă©ducatifs installĂ©s dans les quartiers des jeunes qui participent au Sistema), l’organisation, le fonctionnement, le profil des participants, jeunes dĂ©linquants ou dĂ©favorisĂ©s marquĂ©s par la fatalitĂ© de l’Ă©chec…, formateurs et enseignants, crĂ©ation des orchestres de jeunes, formation, perfectionnement, jeu et pratique collective… Le but n’Ă©tant pas de transformer les jeunes en instrumentistes virtuoses mais de vivre la musique ensemble, rĂ©gulièrement, passionnĂ©ment pour retrouver une estime de soi, partager, fraterniser, accomplir, (se)rĂ©aliser… Plus qu’un programme musical et Ă©ducatif, l’exemple du Sistema est une leçon de vie pratique qui permet de retrouver des valeurs humanistes pour les partager concrètement. Or il apparaĂ®t que seule la musique et la pratique d’un instrument dans un orchestre permet de rĂ©aliser ce cheminement exemplaire et salvateur pour chacun.

Au dĂ©part, le Sistema (programme d’Ă©ducation musicale pour les jeunes des quartiers dĂ©favorisĂ©s du Venezuela) a Ă©tĂ© fondĂ© en 1975 par le musicien et Ă©conomiste visionnaire JosĂ© Antonio Abreu.

dudamel gustavo40 ans plus tard, le million de jeunes instrumentistes formĂ©s par le Sistema a Ă©tĂ© atteint, leur apportant une estime de soi et une identitĂ© renforcĂ©e, particulièrement positive qui les tiennent Ă©loignĂ©s de la fatalitĂ© de la dĂ©linquance et de l’Ă©chec. L’un des disciples d’Abreu les plus cĂ©lèbres, demeure le jeune maestro Gustavo Dudamel, actuel directeur musical du Los Angeles Philharmonic, soutenu dès ses dĂ©buts par Simon Rattle ou Claudio Abbado. Dudamel a lui-mĂŞme dĂ©veloppĂ© un programme encourageant les jeunes chefs comme lui : aujourd’hui Diego Matheuz ou Christian Vasquez, laurĂ©at de ce dispositif particulier, se sont affirmĂ© avec la sĂ©duction que l’on sait : le premier est directeur musical de La Fenice de Venise….

Le Sistema a prouvĂ© que la culture et la musique en particulier pouvait concrètement amĂ©liorer la paix sociale offrant aux jeunes tentĂ©s par la dĂ©linquance, un avenir, une vision, une identitĂ© positive et des valeurs humaines, exemplaires. On ne peut que souscrire Ă  un tel programme qui ne cesse de dĂ©montrer ses vertus et l’on s’Ă©tonne que les systèmes Ă©ducatifs de la vieille Europe ne s’en inspirent pas sans dĂ©lai. En France, l’Education nationale peine toujours Ă  trouver son modèle, et l’essor de la dĂ©linquance urbaine comme l’abandon par les politiques des banlieues font craindre le pire dans les annĂ©es Ă  venir. Le texte que publie en octobre l’Ă©diteur lyonnais SymĂ©trie se rĂ©vèle donc plus qu’opportun, nĂ©cessaire. D’autant qu’ici la culture que tout un chacun continue de considĂ©rer comme un divertissement accessoire, fait valoir des vertus concrètes, philosophiques, spirituelles, humanistes… que nous ne pouvons plus ignorer. A lire sans tarder. Lecture rĂ©vĂ©lation, donc CLIC de classiquenews de novembre 2015.

Sommaire

Prélude. Gustavo et moi

Chapitre 1. Bienvenido Gustavo ! L’étrange nouvelle star d’Hollywood

Chapitre 2. Mambo !, un premier aperçu du Sistema

Chapitre 3. Jouer et lutter : l’évolution du Sistema

Chapitre 4. Danse de violoncelles : l’orchestre de jeunes Simón Bolívar du Venezuela

Chapitre 5. Une idée pour changer le monde

Chapitre 6. Etre ou ne pas ĂŞtre. Le Sistema en action

Chapitre 7. Vues du Sistema U.S.A.

Chapitre 8. Merci Gustavo. Guérir les communautés à Los Angeles

Coda. Chérir les enfants nécessiteux

Remerciements

Postface. Des orchestres de jeunes en France

Livres, compte rendu critique. Changer des vies par la pratique de l’orchestre, Gustavo Dudamel et l’histoire d’El Sistema par Tricia Tunstall. Traduction de Cécile Roure (Éditions Symétrie). ISBN 978-2-36485-036-1, 304 pages. Parution ; octobre 2015. Prix indicatif : 19 €. CLIC de classiquenews de novembre 2015.

 

Tournée. OSE, le nouvel orchestre de Daniel Kawka, les 7 et 8 février 2014

Kawka_daniel_OSE_orchestreOrchestre OSE. Daniel Kawka. Concert Gustav Mahler: Mort Ă  Venise. Les 7 et 8 fĂ©vrier 2014. A Privas 07) puis Saint-Priest (69), le chef Daniel Kawka offre un sublime programme Gustav Mahler avec son nouvel orchestre OSE et la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier…  Ose est le nouvel orchestre fondĂ© par le chef Daniel Kawka. Fonctionnement coopĂ©ratif, dialogue et Ă©galitĂ© parmi les musiciens forment un nouveau type de collectif dont les valeurs partagĂ©es assurent  une nouvelle qualitĂ© d’interprĂ©tation. Pour sa première tournĂ©e (en RhĂ´ne-Alpes, puis Ă  Aix en Provence au Grand Théâtre en septembre 2014), chef et instrumentistes abordent l’amour et la mort du chant mahlĂ©rien (avec la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier)… Le Chant MahlĂ©rien : mort Ă  Venise met en lumière la flamme crĂ©pusculaire d’un Mahler Ă©prouvĂ©, accablĂ© et finalement, subtilement transfigurĂ© … alchimie des timbres, Ă©quilibre des pupitres, dynamiques et balances rĂ©investies, souci du phrasĂ© spĂ©cifique, le travail des musiciens d’Ose dĂ©fendent avec passion et transparence l’un des programmes mahlĂ©riens les mieux conçus Ă  ce jour. En lire +

OSE_daniel_575

programme

1ère partie

Kindertoten Lieder / Chants pour voix et orchestre
(20 min environ)

Symphonie n°10, Adagio / Pour orchestre seul
(25 min environ)

Entracte

2ème partie
Ruckert Lieder / Chants pour voix et orchestre
(25 min environ)

Symphonie n°5, Adagietto « Mort à Venise »
Pour orchestre seul (10 min environ)

 

 

MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigAgenda 2014 :
TournĂ©e Gustav Mahler par l’Orchestre Ose
Vincent Le Texier, baryton
Daniel Kawka, direction
5 dates en janvier et février 2014
pour vivre le grand frisson wagnérien

Aprofondir:

Lire notre dossier spécial Rückert lieder (1901-1902)
Lire notre dossier spécial Kindertotenlieder (1901-1904)

2 dates événements :

 

OSE_logo_NOIR7 février 2014 : Théâtre de Privas, Privas (07), 20h30

OSE_logo_NOIR8 février : Théâtre Théo Argence, Saint Priest (69), 17h

Durée totale du concert: 1h40, avec entracte
Effectif: 80 musiciens
Chaque œuvre est précédée d’une lecture de lettres d’amour écrites de Gustav Mahler et adressées à Alma Mahler

Informations, rĂ©servations sur le site de l’Orchestre Ose

boutonreservation

Autre dates de l’Orchestre OSE en 2014 :
Programme Stravinsky, TchaĂŻkovski, Bizet
les 10, 11 et 12 juillet 2014

Festival Berlioz le 21 août 2014

Le programme Gustav Mahler : Mort Ă  Venise est repris le 30 septembre 2014 Ă  Aix :

30 septembre 2014 : Grand Théâtre de Provence (13)