Série. Mozart in the Jungle, saison 2

ocs city logo mozart in the jungle saison 2 classiquenews review presentation critiqueSérie. Mozart in the jungle, la saison 2 inédite  sur OCS City, dès le 4 janvier 2016, à 20h55. Au diapason des réussites particulièrement remarquées, telles les saisissantes et récentes séries Penny Dreadfull (fresque épique et fantastique irrésistible), flesh and bones (avatar du film Black swan, dédié aux coulisses d’une compagnie de ballet new yorkaise où la jeune danseuse Claire , égérie surdouée, apprend la rouerie et la manipulation…), la série sur les coulisses et la vie d’un grand orchestre philharmonique (celui de New York allusivement), soit Mozart in the jungle poursuit sa carrière en 2016 avec la seconde saison. Diffusée sur OCS City en exclusivité, la série télé déjantée perce à vif l’égo démesuré des chefs d’orchestre et autour d’eux, la danse de leur staff marketing, sponsoring, sans omettre les rapports entre jalousie et compétition des instrumentistes entre eux. Tout cela à travers les yeux et l’expérience de Hailey, jeune hautboiste encore pleine d’illusions et de candeur quant à l’espèce humaine et ses véritables intentions (comme le précise un vieil adage frappé du bon sens… l’enfer est l’aboutissement d’un chemin pavé de bonnes intentions). C’est d’ailleurs qui tout juste recruté lors d’une audition improbable vit une idylle avec le jeune et impétueux maestro.

Hailey et la jungle philharmonique

mozart-jungle saisn 2 classiquenewsEgo, sexe et intrigues au sein du Philhar... Les déjà familiers (de la saison 1 de Mozart in the jungle) retrouvent donc le jeune maestro latino récemment recruté pour dynamiser l’image et l’activité de l’orchestre …  Lorsque le jeune Rodrigo (Gael Garcia Bernal) est nommé remplaçant de Thomas Pembridge (Malcolm McDowell)  à la tête de l’Orchestre Philarmonique de New-York, un vent de renouveau souffle sur  les musiciens qui le compose.  Impulsif et dynamique, c’est un véritable artiste au caractère  fantasque ! Mais cette facette pourrait s’avérer dangereuse à l’aube d’une tournée en Amérique Latine et des renégociations du contrat liant la jeune personnalité et l’orchestre Philharmonique… Afin de respecter le calendrier annuel des représentations et préserver la cohésion de son orchestre, le Maestro doit faire preuve d’inspiration pour transcender ses musiciens !

Un orchestre en péril où romance rime avec souffrance… A la fin de la saison 1, Rodrigo échangeait un long baiser avec Hailey (Lola kirke), sa brillante hautboïste   finalement devenu assistante ! Cette relation est-elle bienvenue alors que l’Orchestre pourrait  être en danger ? De son côté, Hailey doit également faire sa place au sein de l’orchestre en tant que musicienne et femme indépendante, afin de ne pas vivre  dans l’ombre de Rodrigo… Dans la saison 2, de nouveaux acteurs viennent enrichir la distribution de cette deuxième saison. Gretchen Mol, vu dans Boardwalk Empire (diffusée sur OCS), est Nina, l’avocate « badass » engagée par Rodrigo pour préserver les intérêts de l’Orchestre. Esai Morales, aperçu dans The Brink (diffusée sur OCS) est Juan Luis Delgado, richissime homme d’affaires mexicain qui croise la route de l’Orchestre lors de sa venue en Amérique latine !

ocs city logo mozart in the jungle saison 2 classiquenews review presentation critiqueSérie. Mozart in the jungle, la saison 2 inédite  sur OCS City, dès le 4 janvier 2016, à 20h55. Mozart in the Jungle. Saison 2 (10 épisodes x 60 mn) – Diffusion du 4 janvier au 1er Février 2016 – 2 épisodes par soir – Inédit – 2015 – Etats-Unis – Créée par : Roman Coppola, Jason Schwartzman, Alex Timbers (d’après le livre « Mozart in the Jungle : Sex, Drugs and Classical Music » de Blair Tindall) – Avec : Rodrigo DeSousa (Gael Garcia Bernal), Thomas Pembridge (Malcolm McDowell), Hailey Rutledge (Lola Kirke), Gloria Windsor (Bernadette Peters), Cynthia Taylor (Saffron Burr), Nina (Gretchen Mol), Andrew Walsh (Dermot Mulroney), Juan Luis Delgado (Esai Morales), Erik Winklestrauss (Aaron Moten).

LIRE AUSSI notre présentation critique de la première saison de la série télé Mozart in the jungle

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014)

verdi macbeth anna netrebko rene pape fabio luisi metropolitan opera deutsche grammophon review critique dvd CLASSIQUENEWS presentation and account of review dvd classiquenewsDVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth très convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon édité en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtrières (Lady Mabeth) des héroïnes qu’elle allait ensuite incarner sur scène. Programme prémonitoire en réalité, le cd événement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice.  De fait elle a chanté dans la foulée de cet album important Leonora du Trouvère (à Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captée en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands événements lyriques de la planète savent faire un tapage médiatique d’autant plus légitime quand il s’agit de prises de rôle attendues et réussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une débâcle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevé ; les attentes, couronnées de délices.

Signée par le britannique Adrian Noble, grand connaisseur du théâtre élisabethain,  la mise en scène permet surtout de découvrir Anna Netrebko en icône blonde décorée par l’ambition fut-elle  sanguinaire rappellant… en plus calculatrice et plus prédatrice, Marylin Monroe. Verdi souhaitait une cantatrice expressive capable avec le baryton chantant son époux, de réussir et l’amplitude vocale et le sentiment de la ligne sans oublier l’esprit londonien qui inscrit le drame dans un fantastique médiéval, psychologique et halluciné, des plus noirs. Le vrai sujet de Macbeth reste la descente aux enfers d’un couple d’ambitieux, prêts à tout y compris au crime en série pour assoir son pouvoir. On retrouve aux côtés de la soprano vedette, le ténor maltais Joseph Calleja (Macduff), la basse René Pape (Banco), et le baryton Zeljko Lucie, qui fait un Macbeth transformé peu à peu en criminel fou, sous l’emprise du pouvoir. L’ambition irrationnelle rend fou et criminel.

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofDès les premières représentations (mi ocotobre 2014) et malgré les mises engarde de ses proches, Anna Netrebko s’empare du rôle dont elle exprime toutes les facettes avec cette intelligence émotionnelle qui a fait la réussite de ses rôles antérieurs : Leonora chez Verdi  (princesse amoureuse enivrée éperdue et finalement sacrifiée) ou tout autant aboutie avec le diamant complémentaire de sa langue natale (Iolantha de Tchaikovski : ardente énergie tournée vers le miracle d’une résurrection individuelle ; inspiré par le Moyen âge français, le dernier ouvrage du Russe, trouve en Anna Netrebko une icône troublante qui rend palpitant les modalités de l’émancipation d’une jeune fille hors du joug paternel): aucun doute outre la beauté d’une voix corsée et suprêmement sensuelle, la chanteuse sait aussi construire un personnage sur la durée, révélant dans leur finesse singulière, chaque portrait de femme, dévoilant une intelligence psychologique qui se révèle passionnante au disque comme sur scène. Avec des moyens vocaux moins impressionnants que certaines autres cantatrice familières du personnage verdien, Netrebko éclaire  la noirceur de Lady Macbeth avec une épaisseur rare, finement caractérisée. Sa plasticité naturelle tend à basculer la réalisation new yorkaise vers le cinéma ; mais un format que la réalisation en dvd ne renforce pas hélas. Pourtant sous l’oeil des caméras, la formidable photogénie de l’actrice chanteuse perce l’écran.

En fosse, Fabio Luisi défend avec clarté l’avancée du drame : un drame qui s’affirme à grands coups de tableaux visuellement mémorables mais qui sacrifient parfois la précision et le détail des profils et des mouvements (McVicar en cela est plus perfectionniste).

Tout autant convaincants sont ses partenaires hommes, surtour René Pape en Banquo et Joseph Calleja en Macduff. Le Macbeth de Zeljko Lucic aux moyens certes évidents, mais il n’a pas le charme de sa consÅ“ur ni son intelligence ni sa fragilité émotionnelles dans la caractérisation progressive du caractère ; comme Netrebko, on aurait souhaité plus d’ambivalence,  plus de trouble plutôt que ce chant uniteinte et monocorde, dépourvu de toutes les nuances requises. Verdi en shakespearien inspiré a pourtant écrit deux portraits de criminels particulièrement profonds et captivants, les rendant même d’une certaine façon sympathiques et touchants par leurs tiraillements incessants, leur sincérité noire, leur faiblesse barbare. La production compte dans la carrière de la diva planétaire : la voix féminine de l’heure comme est incontournable aujourd’hui, le ténor irrésistible Jonas Kaufmann (hélas passé de Decca chez Sony).

Prochains grands rôles pour Anna Netrebko : Manon Lescaut de Puccini (Munich, novembre 2015) puis  surtout Elsa, dans Lohengrin de Wagner à Bayreuth (juillet 2016 : mais alors qui sera son chevalier : Klaus Florian Voigt ou justement Jonas Kaufmann, les deux champions actuels de ce rôle idéal ?…

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth.  Anna Netrebko · Zeljko Lucic. René Pape · Joseph Calleja. The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus and Ballet. Fabio Luisi, direction. Adrian Noble, mise en scène.

VOIR. Bande annonce video Lady Macbeth par Anna Netrebko

 

 

Une Saison à la Juilliard School de New York

juilliard school New YorkarteArte. Docus. Une saison à la Juilliard School, les 27 avril, 4 mai 2014. Devenir interprète : cultiver son âme. Tel pourrait être l’enseignement fondamental de la Juilliard school. Y ont été reçus auparavant (7% des candidats à l’entrée sont finalement retenus): Yoyo Ma, Renée Fleming, Kevin Spicy, Jessica Chastaigne, Robin Williams, Pina Baush… Le Conservatoire New Yorkais est unique au monde par la diversité des disciplines qui y sont enseignées autour de ses trois départements (divisions) : art dramatique, musique (classique et jazz), danse… de l’une à l’autre, les élèves circulent, apprennent que l’art n’est pas qu’une question de technique mais surtout un parcours humain qui nourrit l’âme. Le cycle de courts docus (6 x 26 mn) suit sur une écriture classique, le parcours de quelques apprentis artistes : Raymond le danseur (21 ans) qui y termine pour cette rentrée sa formation de jeune danseur (3ème année); Mathis le français de 17 ans, futur stars du piano jazz qui y réalise sa première année…, Mariella, élève violoniste de l’immense Izaak Perlmann. La caméra va d’une classe à l’autre, insistant sur les mots des professeurs et le retour des élèves : l’exigence critique des uns, l’appétit, l’énergie, l’enthousiasme de leurs cadets. C’est plus une école de vie qu’une académie artistique. Le « serious fun », voilà la clé: plaisir et discipline, une combinaison gagnante pour toutes ces jeunes pousses qui bientôt quitteront le cocon de la Jiulliard pour conquérir l’extérieur et le monde qui ne demande qu’à les applaudir. Série de 6 épisodes, très captivante.

Arte. Diffusion les 27 avril à 16h45 (épisodes 1,2,3), et 4 mai 2014 (4,5,6).