STREAMING, opéra, critique. GenÚve, le 19 fév 2021. MOZART : La Clémence de Titus. Rau, Emelyanychev.

titus rau emelyanychev titus opera mozart critique classiquenewsSTREAMING, opĂ©ra, critique. GenĂšve, le 19 fĂ©v 2021. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. Rau, Emelyanychev. L’OpĂ©ra de GenĂšve prĂ©sentait en live streaming une lecture contemporaine du dernier seria mozartien, n’hĂ©sitant pas sous le regard militant et trĂšs politique de Milo Rau (directeur du NTGent / ThĂ©Ăątre de Gand) Ă  dĂ©naturer la tension et la continuitĂ© de la partition par des inserts parlĂ©s, des sĂ©quences purement thĂ©Ăątrales, des effets vidĂ©o, car comme c’est la rĂšgle Ă  prĂ©sent, ce qui se passe sur scĂšne ne suffit plus mais doit ĂȘtre nĂ©cessairement rĂ©alisĂ© en fonction de ce que donne sa projection en grand Ă©cran au dessus : triste rĂ©alitĂ© des mises en scĂšne actuelles. Ici Titus est un souverain solitaire, malmenĂ© par la pression de la rue (et des migrants), conscient ou non des revendications de la classe laborieuse dĂ©possĂ©dĂ©e ; comme il est indiquĂ© dĂšs la sĂ©quences du dĂ©but (chorale), « l’insurrection vient » (qui est en rĂ©alitĂ© la fin de l’opĂ©ra quand Titus sait pardonner Ă  ceux qui l’ont trahi, d’oĂč le titre).

TITUS, les migrants et la RĂ©volution

La confusion qui rĂšgne sur scĂšne est contredite par l’excellence des musiciens et du chef, le trĂ©pidant maestro Maxim Emelyanychev, toujours prĂȘt Ă  nuancer dans l’urgence et l’extrĂȘme tendresse la partition de Mozart. Rau amoncĂšle des idĂ©es, gadgets, situations humaines misĂ©rabilistes, dĂ©jĂ  vus ; rien de neuf sinon la dĂ©nonciation des laissers pour compte et des misĂ©reux (claire rĂ©fĂ©rence Ă  la jungle de Calais ou les camps de Lesbos) que l’élite bourgeoise et monarchique spolie toujours un peu plus. Ainsi la scĂšne trash voire gore de ce genevois, employĂ© par l’OpĂ©ra de GenĂšve qui se dĂ©nude sur scĂšne et est assassinĂ© sur les planches, son cƓur extirpĂ© palpitant comme un trophĂ©e dĂ©sormais emblĂ©matique de l’exploitation des classes prĂ©cĂ©demment dĂ©noncĂ©. Si l’art est pouvoir, pourquoi user d’aussi grosses ficelles, entre laideur et gros sabots ? Milo Rau suivrait les pas de Mozart qui tout en servant la forme dĂ©sormais archaĂŻque de l’opĂ©ra seria (certes de mise pour le couronnement de Leopold II) sait aussi la rĂ©former, voire la faire imploser. Mais ici l’humanisme et l’idĂ©al maçonnique de Wolfgang, clairement perceptible dans la scĂšne finale de la clĂ©mence du roi sont totalement voilĂ©s, trahis par la foire et le dĂ©ballage scĂ©nique.

Dans cette relecture thĂ©Ăątreuse, le metteur en scĂšne s’en donne Ă  cƓur joie quitte Ă  rajouter au livret (de MĂ©tastase repris par Mazzola) ainsi dĂ©cousu, dĂ©formĂ© : chaque chanteurs existaient avant d’ĂȘtre ici sur scĂšne, riche d’une vie personnelle souvent dense voire tragique, et qui explique ce qu’il chante dĂ©sormais ; Anna Goryachova (Sesto), Serena Farnocchia (Vitellia), Marie Lys (Servilia), Cecilia Molinari (Annio) ; dans cette arĂ©opage aux destins « foudroyĂ©s » et aux Ă©tats d’ñme Ă  l’avenant, Bernard Richter (Titus) a Ă©tĂ© tĂ©moin de la mort de son pĂšre lors d’un match de foot et la figure du sage, vĂ©ritable double de Titus, Publio, cultive une distanciation presque ennuyĂ©e et dĂ©tachĂ©e de facto : Justin Hopkins (Publio) pose la question du sens mĂȘme de l’Ɠuvre artistique : pourquoi jouer devant un parterre de rois et de notables sans appartenir Ă  leur classe ? Jouer c’est servir. S’avilir ? Rien de plus.
On imagine illico un lien avec le destin mĂȘme de Mozart, sa rĂ©bellion visionnaire contre son employeur, l’infect Colloredo. Une suite bouleversante d’interventions de migrants opprimĂ©s transforme l’opĂ©ra de Mozart en scĂšne humanitaire, dĂ©nonçant les oppressions, les crimes et les tortures infects perpĂ©trĂ©s partout sur la planĂšte
 pour autant est ce vraiment la vocation d’un opĂ©ra que d’ĂȘtre l’étendard de cet engagement certes louable ?
On en oublierait presque ce que l’on Ă©coute avec intĂ©rĂȘt. Car ici triomphe en un renversement bĂ©nĂ©fique in fine, l’art musical de Mozart, sa somptueuse connaissance des cƓurs. L’éclat sombre et articulĂ©, trĂšs juste de Serena Farnocchia fait une Vitellia, humaine, attachante alors qu’elle est la « mĂ©chante », manipulant Sesto pour tuer l’empereur Titus. Anna Goryachova, rossinienne avĂ©rĂ©e, incarne justement bien un Sesto sacrifiĂ© (Vitellia le malmĂšne sans scrupule) ; il ne peut tuer Titus car ce dernier a clairement dĂ©clarer vouloir Ă©pouser la sƓur de Sesto, Servilia (qui aime l’ami de Sesto, Annio). La tendresse des duos brille par sa vĂ©ritĂ© et sa chaleur Ă©motionnelle (Annio / Servillia, servi par Cecilia Molinari et Marie Lys, d’une constante finesse, entre sincĂ©ritĂ© et fragilitĂ©).
L’incendie du Capitole oĂč alors qu’ailleurs, le doute persiste quant Ă  l’assassinat de Titus, est magistralement exprimĂ©, plein de souffle et de d’éclairs
 Le chef Ă©claire ce Mozart de la fin, dĂ©jĂ  romantique par ses contrastes saisissants et un orchestre foudroyant (qui pourrait ĂȘtre en rĂ©alitĂ© le vĂ©ritable protagoniste du drame)
 VOIR l’opĂ©ra ici : https://www.gtg.ch/en/digital/

Direction musicale : Maxim Emelyanychev
Mise en scĂšne : Milo Rau

Tito, Bernard Richter
Vitellia, Serena Farnocchia
Sesto, Anna Goryachova
Servilia, Marie Lys
Annio, Cecilia Molinari
Publio, Justin Hopkins

ChƓur du Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve
Orchestre de la Suisse Romande

STREAMING OPERA (chez soi) du 19 février 2021

EN DIRECT : La Clémence de Titus à GenÚve

MOZART-1790-le-derneir-mozart-photo-de-pedro-par-CLASSIQUENEWS-dossier-special-dernier-Mozart-et-exposition-Mozart-a-parisSTREAMING, opĂ©ra. MOZART : ClĂ©mence de Titus, en direct, le 19 fĂ©v 2021, 20h. Le GTG Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve diffuse en direct sa nouvelle production mozartienne, La ClĂ©mence de Titus, mise en scĂšne par le suisse Milo Rau. La direction de l’impĂ©tueux maestro russe Maxim Emelyanychev devrait faire fouetter les cordes et s’alanguir les hĂ©roĂŻnes de ce drame politique et amoureux, en particulier les personnages opposĂ©s : Vitelia, l’intriguante haineuse prĂȘte Ă  tuer l’empereur en manipulant Sesto / Sestus ; surtout l’angĂ©lique et tendre Servilia grĂące Ă  laquelle le miracle de la mĂ©tamorphose s’accomplit ; ainsi la terrible et machiavĂ©lique Servilia renonce et pardonne ; Titus diffuse sa clĂ©mence
 l’humanitĂ© dont rĂȘve Mozart se rĂ©alise et s’affirme dans l’amour fraternel. Une prĂ©figuration de la fraternitĂ© beethovĂ©nienne Ă  venir (Fidelio et finale de la Symphonie n°9 avec son ode Ă  la joie de Schiller). Reste le personnage de Publius, sage dans l’ombre de Titus, qui lui souffle et lui inspire sa grandeur d’ñme, la distance du souverain philosophe.
Que vaudra cette nouvelle production du dernier seria de Mozart, Ă©crit l’annĂ©e de sa mort, 1791, quand il achĂšve simultanĂ©ment son autre chef d’Ɠuvre, La FlĂ»te enchantĂ©e ?
Ainsi La ClĂ©mence de Titus au verbe ciselĂ© (sobriĂ©tĂ© expressive des recitatifs dont la coupe et la vĂ©ritĂ© valent Racine), portĂ© par un orchestre incandescent (l’incendie du Capitole) est une partition bouleversante. L’empereur Titus fait l’expĂ©rience amĂšre de la trahison et de la solitude, mais sait pardonner Ă  tous ceux qui l’ont trahi ; sa clĂ©mence devient l’emblĂšme du politique vertueux. Le cƓur de Vitelia incarne la haine changĂ©e en amour.. un miracle Ă©motionnel dont seul l’opĂ©ra sait nous exprimer la sincĂ©ritĂ©.

Opéra diffusé en direct
Vendredi 19 février 2021, 20h
sur le site de RTS Play et GTG Digital.
https://www.gtg.ch/en/digital/

LA CLÉMENCE DE TITUS – W.A. Mozart
Nouvelle production du Grand Théùtre de GenÚve
Mise en scĂšne : Milo Rau
Direction musicale : Maxim Emelyanychev

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Le metteur en scĂšne suisse Milo Rau fait ses dĂ©buts dans le monde lyrique avec cette production Ă  l’invitation d’Aviel Cahn, directeur du Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve.
Dans La ClĂ©mence de Titus, il fait le procĂšs des Ă©lites politiques et culturelles du XVIIIĂš siĂšcle soi-disant tolĂ©rantes qui trouvent dans l’art un moyen de sublimer la violence symbolique exercĂ©e et de se pardonner leurs dĂ©rives.
La scĂ©nographie d’Anton Lukas fait alterner les lieux opulents du pouvoir (palais et galerie d’art) et un monde post-apocalyptique (favelas et camp de rĂ©fugiĂ©s) en prĂ©sence de camĂ©ras et de projecteurs sur scĂšne dans un concept vidĂ©o signĂ© Moritz von Dungern qui attise le regard critique.
Le jeune chef russe spĂ©cialiste du baroque, Maxim Emelyanychev, dirige depuis le pianoforte pour la premiĂšre fois l’Orchestre de la Suisse Romande et le trio vocal formĂ© par le tĂ©nor suisse Bernard Richter (Tito), la mezzo russe Anna Goryachova (Sesto) et la soprano italienne Serana Farnoccchia (Vitellia).

CD, Ă©vĂ©nement, annonce. HANDEL : Joyce DiDonato chante Agrippina de Handel (3 cd ERATO – mai 2019)

didonato-joyce-agrippina-fagioli-pisaroni-orlinski-vistoli-lemieux-maxim-EMELYANYCHEV-il-pomo-doro-cd-opera-cd-review-opera-concert-orchestre-classiquenews-gd-formatCD, Ă©vĂ©nement, annonce. HANDEL : Joyce DiDonato chante Agrippina de Handel (3 cd ERATO – mai 2019). EnregistrĂ©e en mai 2019, cette nouvelle lecture du premier chef d’Ɠuvre absolu du jeune Haendel, alors finissant son tour d’Italie et Ă©tabli Ă  Venise (l’opĂ©ra Agrippina est crĂ©Ă© au San Giovanni Grisostomo le 26 dĂ©c 1709), renouvelle notre connaissance de l’Ɠuvre, un accomplissement pour le Saxon qui s’y montre fin connaisseur de l’opĂ©ra seria auquel il apporte sa science des mĂ©lodies suaves, de l’élĂ©gance et aussi de l’expressivitĂ© tragique et impĂ©rieuse (s’agissant du rĂŽle d’Agrippine, la mĂšre autoritaire du jeune NĂ©ron). Pour l’une et l’autre, la version Ă©ditĂ©e par Erato rĂ©unit un superbe couple, caractĂ©risĂ©, fin, impliquĂ©, au verbe rageur : Joyce DiDonato en impĂ©riale dominatrice ; Franco Fagioli en Nerone, un rĂŽle que le contre-tĂ©nor argentin incarne Ă  merveille tant depuis son Eliogabalo de Cavalli (Palais Garnier, sep 2016 : lire notre compte rendu critique : http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene-2/ ), son timbre acide et veloutĂ© Ă  la fois excelle Ă  exprimer l’essence des princes effĂ©minĂ©s, dĂ©cadents
 soumis Ă  l’empire des sens, portraiturĂ©s avant Haendel par 
 Monteverdi (l’Incoronazione di Poppea).
En « fosse », Fagioli retrouve d’ailleurs, le pĂ©taradant et trĂšs articulĂ© Maxim Emelyanychev et son ensemble sur instruments d’époque, Il Pomo d’Oro : une phalange prĂȘte Ă  en dĂ©coudre pour exprimer tous les vertiges de la passion haendĂ©lienne
 Contre-tĂ©nor, chef et instrumentistes avaient prĂ©cĂ©demment convaincu dans un Serse (1738), enregistrĂ© en 2017 pour DG : Lire ici notre critique du cd Serse par Franco Fagioli ( CLIC de CLASSIQUENEWS d’oct 2018 : http://www.classiquenews.com/cd-critique-handel-haendel-serse-1738-fagioli-genaux-emelyanychev-2017-3cd-deutsche-grammophon/ ).
Autour de ce couple promis Ă  devenir lĂ©gendaire, Erato regroupe un parterre idĂ©al qui joue lui aussi sur la finesse des caractĂ©risations de chaque profil : Elsa Benoit (suave et sobre Poppea), l’impeccable Narciso de Carlo Vistoli, comme l’Ottone de Jakub Jozef Orlinski, lequel ajoute son timbre acide et musical lui aussi pour cette prise en studio proche de l’idĂ©al. AprĂšs Monteverdi au siĂšcle prĂ©cĂ©dent, et lui aussi phare de l’opĂ©ra vĂ©nitien, Haendel se hisse Ă  la plus haute marche de l’inspiration d’aprĂšs l’AntiquitĂ© romaine : le cynisme et la passion embrasent tout ; rien n’arrĂȘte l’ivresse des hauteurs et du pouvoir ; s’il deviennent fous et inhumains, tous les candidats tentĂ©s par la toute puissance s’emballent au delĂ  de toute mesure ; chaque politique ici libĂ©rĂ©, peut exprimer sa soif de puissance, de gloire, de sĂ©duction. Et au sommet de la partition s’inscrit en lettres d’or et chant souverain, l’air accompagnato, trĂšs dĂ©veloppĂ©, incisif, hallucinĂ© de la prima donna barocca, Joyce DiDonato, au I : “ Pensieri, voi mi tormentate (de plus de 6 mn : un air essentiel dans la partition), dans laquelle la mĂšre qui manipule, est hantĂ©e par ses propres craintes que tous ses stratagĂšmes n’Ă©chouent Ă  faire de son fils Nerone, l’empereur, successeur de Claude
 TraversĂ©e par les spasmes et les visions d’une fragilitĂ© inconnue jusque lĂ , l’ambitieuse semble mesurer tout ce qu’elle peut perdre et tout ce qu’elle engage dans cette course au pouvoir. La vipĂšre en chef voudrait nous faire croire qu’elle est pauvre victime. GĂ©nial Haendel ! Par sa cohĂ©rence et le relief ciselĂ© de chaque protagoniste de ce huis clos bien romain, s’impose dans la discographie. Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

Compte-rendu, concert. TOULOUSE, le 17 nov 2018. Beethoven. Orch National Capitole de Toulouse / Emelyanychev.

Emelyanychev maestro classiquenews Maxim EmelyanychevCompte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 17 novembre 2018. Beethoven. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Emelyanychev. Le concept mĂȘme du concert d’une heure Ă  17h le samedi est excellent car il rĂ©unit familles, public nouveau et habituĂ©s. Ce soir les deux symphonies proposĂ©es ont Ă©tĂ© choisies avec art. « La Poule » de Haydn est agrĂ©able, facile d’écoute; elle permet Ă  l’orchestre de s’installer dans un beau son, trĂšs tranquillement. La direction Ă©nergique et mĂȘme enthousiaste de Maxim Emelyanychev donne beaucoup de vie Ă  cette partition parangon du classicisme. Issu du monde baroque, ce chef qui joue toutes les musiques se donne entiĂšrement dans sa direction. C’est peut ĂȘtre un peu beaucoup pour cette partition qui n’en demande pas tant mais c’est trĂšs sympathique.

 
 
 

Happy Hour :  Oh yes very, very  happy !

 
 
 

Avec la Symphonie HĂ©roĂŻque de Beethoven, l’orchestre s’étoffe et le ton change. Toujours aussi mouvementĂ©e, la direction de Maxim Emelyanychev se fait plus incisive et plus tranchĂ©e. Le premier mouvement en sort un peu raidi, quoique avec beaucoup d’allure. C’est dans la marche funĂšbre que le gĂ©nie de Maxim Emelyanychev apparaĂźt. L’inventivitĂ© dont il fait preuve dans ses phrasĂ©s et ses nuances subtiles, provoque une nouvelle Ă©coute de cette magnifique page. Les deux mouvements suivants vont gagner en puissance avec un final quasi dĂ©miurgique. Le thĂšme Ă©voquant la figure tutĂ©laire de PromĂ©thĂ©e Ă©tant particuliĂšrement mis en valeur par le chef qui sait doser d’admirables crescendos. Le final est enthousiasmant.
Les instrumentistes sont tous magnifiques, surtout le bois et les cuivres qui dans leurs interventions solistes sont remarquables. Mais la précision des cordes est tout autant admirable.
VoilĂ  un bien agrĂ©able moment, vivifiĂ© par la direction enthousiaste du chef russe Maxim Emelyanychev, inclassable et engagĂ©, sans retenue aucune, dans chaque Ɠuvre dirigĂ©e, ce soir du classique  au romantisme. L’orchestre a su suivre avec panache une direction qu’il semble tout particuliĂšrement apprĂ©cier. Le public ravi a applaudi aprĂšs chaque mouvement ce qui a semblĂ© stimuler l’orchestre que l’indisposer. Belle interactivitĂ©.

 
 
 

 
 
 

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Compte rendu concert. Toulouse.  Halle-aux-Grains, le 17 novembre 2018. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie, N°83, La Poule, en sol mineur ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Symphonie N°3, Héroïque, en mi bémol majeur, op.55 ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Maxim Emelyanychev, direction.

 
 
 

 
 
 

CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017) – 3cd Deutsche Grammophon

Handel fagioli serse haendel cd review critique cd par classiquenews opera baroque par classiquenews genaux aspromonte Serse-CoffretCD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017 – 3 cd DG Deutsche Grammophon, 2017). VoilĂ  une production prĂ©sentĂ©e en concert (Versailles, novembre 2017) et conçue pour la vocalitĂ  de Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre (il rempile sur les traces du crĂ©ateur du rĂŽle (Ă  Londres en 1738, Caffarelli, le castrat fĂ©tiche de Haendel) ; le contre-tĂ©nor argentin est portĂ©, dĂšs son air « « Ombra mai fu » », voire stimulĂ© par un orchestre Ă©lectrique et Ă©nergique, portĂ© par un chef prĂȘt Ă  en dĂ©coudre et qui de son clavecin, se lĂšve pour mieux magnĂ©tiser les instrumentistes de l’ensemble sur instruments anciens, Il Pomo d’Oro : Maxim Emelyanychev. La fiĂšvre instillĂ©e, canalisĂ©e par le chef Ă©tait en soi, pendant les concerts, un spectacle total. Physiquement, en effets de mains et de pieds, accents de la tĂȘte et regards hallucinĂ©s, le maestro ne s’économise en rien.
L’enregistrement prolonge la vitalitĂ© du concert et rend compte d’un esprit de troupe, sachant pour chaque chanteur caractĂ©riser idĂ©alement chaque personnage.
En Serse / Xerxes 1er, Franco Fagioli dĂ©montre une maĂźtrise parfaite des mĂ©lismes et acrobaties vocales Ă©crites par Haendel. Fagioli vocalise sans peine, dans les aigus comme dans les graves, sur l’étendue de sa tessiture, indiquant combien les ornements sont porteurs de sens, signifient idĂ©alement la volontĂ© du Roi Perse, dans le grave engorgĂ©, en un chant qui dans un seul souffle sait distiller piani et forte sans cĂ©sure (cf l’ambitus ahurissant de l’air « « Crude furie » », de l’extrĂȘme aigu aux graves souterrains). Le caprice, le dĂ©sir, le plaisir du prince (amoureux volatile) s’exprime et prend forme avec un naturel 
 dĂ©sarmant.
Autour du Divo, comme on disait des castrats idolĂątrĂ©s au XVIIIĂš, Fagioli, ses partenaires dĂ©fendent avec beaucoup de classe et d’intensitĂ©, le relief Ă©motionnel de leur personnage : Inga Kalna incarne une Romilda, solide, parfois instable, mais toujours trĂšs volontaire et expressive (en rien cette fĂ©minitĂ© fragile et fĂ©brile, ailleurs portĂ©e par des sopranos pointues). Il est vrai que la soprano chante Ă  prĂ©sent Rodelinda avec une vĂ©ritĂ© irrĂ©sistible.
En Arsamene, la mezzo coloratoure canadienne (originaire de Fairbanks), Vivica Genaux (enfin voilĂ  dans le rĂŽle du frĂšre de Serse une voix fĂ©minine de poids, plutĂŽt qu’un contre-tĂ©nor trop lisse et pas assez typĂ©) qui confirme son immense facilitĂ© vocale et dramatique, un tempĂ©rament exceptionnellement ciselĂ© et percutant qui fait d’elle la mezzo baroque de l’heure (avec Ann Hallenberg). Amastre gagne une Ă©paisseur rĂ©elle grĂące Ă  la tessiture Ă©largie, soutenue aux extrĂ©mitĂ©s, de l’alto Delphine Galou, voix sĂ»re, droite, profonde.
Jeune diva Ă  suivre dĂ©sormais, Francesca Aspromonte offre une remarquable couleur, entre brio et tendresse au personnage d’Atalanta, moins piquante intrigante que vrai tempĂ©rament amoureux, elle aussi prĂȘte Ă  en dĂ©coudre.
CLIC_macaron_2014Acteur en diable, se jouant des travestissements (en jardinier, en marchande de fleurs, voix de tĂȘte drĂŽlissime Ă  l’envi), le baryton Biagio Pizzuti Ă©claire la figure d’Elviro, d’une vĂ©ritĂ© humaine, comique certes, mais trĂšs proche du spectateur / auditeur.
Un pilier efficace dans la trame dramatique qui contraste parfaitement avec la noblesse plus digne de ses partenaires.
Autant le profil de l’empereur Serse est lumineux, autant celui de Ariodate (Andrea Mastroni) est lugubre et sombre, qui ferait rĂ©sonner jusqu’aux cintres. Et l’auditeur.

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738). Dramma per musica en 3 actes, livret d’aprĂšs NicolĂČ Minato et Silvio Stampiglia / CrĂ©Ă© Ă  Londres en avril 1738

Serse : Franco Fagioli
Arsamene, son frĂšre : Vivica Genaux
Romilda : Inga Kalna
Atalanta : Francesca Aspromonte
Ariodate : Andrea Mastroni
Amastre : Delphine Galou
Elviro : Biagio Pizzuti

Il Pomo d’Oro / Maxim Emelyanychev, direction.

 

 

 

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LIRE nos autres critiques des cd et concerts par Franco Fagioli

CD, compte rendu critique. Gluck: Orfeo ed Euridice, 1762 (Franco Fagioli, Laurence Equilbey, 3 cd Archiv, avril 2015)
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-gluck-orfeo-ed-euridice-1762-franco-fagioli-laurence-equilbey-3-cd-archiv-avril-2015/

CD événement, annonce. FRANCO FAGIOLI : ROSSINI (1 cd Deutsche Grammophon, à venir le 30 septembre 2016).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-franco-fagioli-rossini-1-cd-deutsche-grammophon-a-venir-le-30-septembre-2016/

Compte rendu, opéra. Paris, Palais Garnier, le 16 septembre 2016. Cavalli : Eliogabalo (1667), recréation. Franco Fagioli
 Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene/

Compte-rendu critique, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 7 mai 2017. Gioachino Rossini : Semiramide. Salome Jicia, Franco Fagioli, Nahuel Di Pierro, Matthews Grills. Domingo Hindoyan, direction musicale. Nicola Raab, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nancy-opera-le-7-mai-2017-rossini-semiramide-jicia-fagioli-hindoyan-raab/

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-franco-fagioli-contre-tenor-handel-arias-1-cd-deutsche-grammophon/