CD baroque Ă©vĂ©nement, annonce. LULLY : ISIS, 1677 – les talens lyriques, Ch Rousset (2 cd ApartĂ©)

LULLY isis ROUSSET critique cd opera classiquenewsCD baroque Ă©vĂ©nement, annonce. ISIS, 1677 / les talons lyriques / Ch Rousset (2 cd ApartĂ©). 5Ăš tragĂ©die en musique conçue par Lully et Quinault, ISIS tĂ©moigne Ă©videmment des faits marquants du royaume de Louis XIV : le prologue et son contenu encomiastique fait rĂ©fĂ©rence Ă  la guerre de Hollande, aux victoires de la marine royale (Neptune paraĂźt) ; c’est somme toute un prĂ©alable « ordinaire » et habituel pour une tragĂ©die en musique, comme bientĂŽt Ă  Versailles, la vaste Galerie des glaces a son plafond peint de toutes les batailles du roi guerrier. Sur le plan esthĂ©tique et lyrique, Isis qui n’a rien d’égyptien (sauf Ă  l’Ă©noncĂ© final de l’avatar de Io en … Isis, nouvelle dĂ©esse honorĂ©e sur les rives du Nil) , marque un tournant tout en prolongeant les opus prĂ©cĂ©dents (Cadmus et Hermione, 1673, ; Alceste, 1674 ; ThĂ©sĂ©e, 1675 et Atys, 1676). CrĂ©Ă© devant le Roi Ă  St-Germain en Laye, le 5 janvier 1677, Isis est l’une des premiĂšres tragĂ©dies lyriques nĂ©cessitant les machineries (comme plus tard et dans des proportions plus amples et spectaculaires : PersĂ©e)
 L’acte IV regroupe les Ă©pisodes les plus spectaculaires : ceux des supplices inventĂ©s par la jalouse et sadique Junon contre Io : frimas glaçants, forges brĂ»lantes, puis arrĂȘt des Parques, elles aussi inflexibles quant Ă  la souffrance de la pauvre et si dĂ©munie nymphe aimĂ©e de Jupiter… La salle d’opĂ©ra de St-Germain, dessinĂ©e par Carlo Vigarini (qui en l’occurrence dessine machineries et dĂ©cors), permet les changements Ă  vue, les vols divins et son parterre peut contenir jusqu’à 650 spectateurs.

 

 

 

ISIS, 1677 :
JUNON ATHENAIS FURIEUSE
PROVOQUE L’EXIL DE QUINAULT

 

 

Le site est alors puisque Versailles n’existe pas encore, le lieu des reprĂ©sentation royales par excellence. ThĂ©sĂ©e et Atys y ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© crĂ©Ă©s. Ayant abandonnĂ© la pratique de la danse, le Roi Ă  37 ans, se passionne surtout dĂšs 1675 pour l’opĂ©ra. Chaque ouvrage est prĂ©sentĂ© devant le souverain trĂšs interventioniste (participant au choix des sujets voire aux situations dramatiques), pendant le Carnaval puis repris Ă  Paris. AprĂšs Isis, paraĂźtront encore Proserpine (1680), Le Triomphe de l’Amour (1681), PhaĂ©ton (1683) et Roland (1684).
Lully rĂ©serve le rĂŽle titre Ă  Marie Aubry, dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbre car elle fut Sangaride dans Atys l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. A Mlle de Saint-Christophle, ailleurs dĂ©esse ou sorciĂšre colĂ©rique – elle fut CybĂšle dans Atys, revient le personnage rival d’Isis, la fiĂšre et haineuse voire barbare Junon.
Comme tous les opĂ©ras prĂ©sentĂ©s devant Louis XIV, chaque discipline n’a qu’un but : incarner le prestige et la grandeur de la Cour de France, celle du Roi-Soleil ; l’orchestre d’Isis est important, rien Ă  voir avec les petits ensembles baroqueux dont le public contemporain est familier. Il regroupe jusqu’à 100 instrumentistes, dont les trompettes de la Grande Écurie (qui accompagnent la RenommĂ©e et sa suite dans le prologue) et les membres du clan Hotteterre (Louis, Jean, Nicolas, Jeannot) cĂ©lĂšbres flĂ»tistes particuliĂšrement exposĂ©s dans le divertissement de l’acte III qui Ă©voque la nymphe Syrinx. A la puissance dĂ©clamatoire de l’orchestre rĂ©pond le luxe et le raffinement des costumes dessinĂ©s par Jean BĂ©rain.

En rĂ©pĂ©titions, Ă  Saint-Germain dĂšs le moins de novembre 1676, soit 2 mois avant la crĂ©ation, Isis est au cours de sa genĂšse et des sĂ©ances prĂ©paratoires, promis Ă  un grand succĂšs : en dĂ©cembre, Quinault lit en avant-premiĂšre son texte d’aprĂšs Ovide (livre I) ; le poĂšte baroque français Ă©carte l’épisode oĂč Jupiter amoureux change Io en gĂ©nisse ; il prĂ©fĂšre plutĂŽt traiter l’épisode oĂč le dieu de l’Olympe cache sa maitresse Io, dans une nuĂ©e, afin de la protĂ©ger des foudres de son Ă©pouse, l’irascible et jalouse Junon. Les auditeurs sont enthousiastes. Rien ne laissait prĂ©sager l’accueil final de l’opĂ©ra dĂ©clamĂ©, en dĂ©finitive plutĂŽt rĂ©ticent, ni l’exil dont allait ĂȘtre victime Quinault. La Montespan se reconnaissant dans le figure de Junon, et ici Io / Isis incarnant la derniĂšre proie du roi Ă©grillard, Isabelle de Ludres, dans les faits historiques, vraie rivale de la maĂźtresse en titre, obtint du Roi la disgrĂące du poĂšte. On ne se moque pas de la Favorite officiel du Soleil : AthĂ©naĂŻs rĂšgne sur le cƓur de Louis. Isis fut un opĂ©ra rapidement remisĂ© dans les placards du scandale et de la honte.

 

 

 

 

  

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. Lully: Isis, LWV 54 – Hubeaux, Tauran
 Les Talens lyriques / C Rousset (2 CD ApartĂ©) – prochaine critique complĂšte d’ISIS de Lully par les talens lyriques dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

 

 

 

CD, compte rendu critique. Salieri : Les DanaĂŻdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013)

salieri danaides rousset christoyannis van wanroij critique compte rendu classiquenews CLIC de juin 2015CD, compte rendu critique. Salieri : Les DanaĂŻdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013). Cela cravache sec et tendu dĂšs l’ouverture oĂč le chef C. Rousset plus incisif que jamais emporte tout abandon galant, tout italianisme sensuel, au profit d’un expressionnisme tendu et Ă©lectrique, soulignant combien ce Salieri de 1784 doit au style franc et frĂ©nĂ©tique de Gluck, rĂ©pond aussi au goĂ»t pour la grandeur tendue, la froideur terrifiante et spectaculaire des passions … raciniennes. L’Ă©poque est Ă  l’Ă©clectisme europĂ©en, le goĂ»t savant des LumiĂšres qui aprĂšs le dĂ©part du Chevalier Gluck (1779), grand rĂ©formateur de l’opĂ©ra français dans les annĂ©es 1770, entend renouveler son apport. Dans le sillon du nĂ©oclassicisme gluckiste, les Ă©trangers Ă  Paris, germaniques (Jean ChrĂ©tien Bach, Vogel…), italiens surtout (Piccinni et Sacchini), nordiques (GrĂ©try,Gossec), avant Cherubini et Spontini, rĂ©gĂ©nĂšrent ainsi d’un sang neuf, entre suavitĂ© et ardeur martiale (dĂ©jĂ  prĂ©rĂ©volutionnaire) la langue lyrique parisienne, en particulier dans le genre de la tragĂ©die lyrique. Salieri participe Ă  la fertilisation du terreau français des LumiĂšres Ă  quelques annĂ©es de la RĂ©volution : son style est lui aussi europĂ©en, constamment Ă©lĂ©gant, poli, d’un raffinement alliant la rythmique bondissante des symphonistes germaniques, la dĂ©licatesse et le raffinement français, la virtuositĂ© italienne. Salieri d’un souci mozartien sait servir chacune des sensiblitĂ©s avec un art consumĂ© de l’Ă©quilibre esthĂ©tique. Avec d’autant plus de mesure et de raffinement que son sujet est sanglant et particuliĂšrement effrayant, renouvelant la lyre tragique sacrificielle, atroce, sanguinaire, terrifiante, celle des meurtres en nombre dans le sillon de ce fantastique conçu par les Antiques, Euripide, Eschylle, Sophocle et dont Racine avait sur la scĂšne du thĂ©Ăątre classique (parlĂ©) prĂ©servĂ© la tension sublime. De toute Ă©vidence, le public des LumiĂšres aimait se faire peur Ă  l’opĂ©ra. Et la partition des DanaĂŻdes satisfait idĂ©alement ce dĂ©sir et cette attente.

Familiers de la collection discographique (OpĂ©ra Français / French Opera), dĂ©diĂ©e Ă  l’opĂ©ra français des LumiĂšres,  les chanteurs ici rĂ©unis composent un collectif particuliĂšrement scrupuleux de la langue et de cette expressivitĂ© Ă©motionnelle. L’articulation et l’intelligibilitĂ© sont leurs qualitĂ©s communes, exceptionnellement dĂ©lectables, apport mĂ©ritant de cette production, partagĂ©es aussi par un choeur riche en finesse et subtilitĂ© (les excellents Chantres du CMBV Centre de musique baroque de Versailles qui avaient dĂ©jĂ  participĂ© avec la mĂȘme qualitĂ©, Ă  l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, immĂ©diatement antĂ©rieur en 1783 des DanaĂŻdes de Salieri).

 

 

 

AprĂšs Renaud de Sacchini de 1783, voici en 1784, la suite plus frĂ©nĂ©tique encore de l’opĂ©ra des LumiĂšres, parfaitement gluckiste…

Salieri frénétique et sanguinaire

 

 

Le DanaĂŒs du baryton Tassis Christoyannis est d’une impeccable prĂ©cision, naturelle et timbrĂ©e, subtile et mĂȘme crĂ©dible : il excelle Ă  exprimer l’autoritĂ© du pĂšre, faussement bon et pacificateur au dĂ©but, puis vĂ©ritable instigateur de l’horreur croissante qui s’empare de la scĂšne. Judith van Wanroij et Philippe Talbot incarnent la lyre amoureuse, plus tendre qui contraste avec la terreur environnante. Ils accordent leurs timbres complĂ©mentaires, clairs et cristallins, en un duo constamment enivrĂ©, Ă©lĂ©gant, Ă©perdu (I, IV). Et comme nous l’avons dit avant, fort d’une intelligibilitĂ© qui sert l’impact du texte.

salieri-portrait-classiquenews-les-danaides-1784-antonio-salieriEn architecte affĂ»tĂ©, Antonio Salieri compose un opĂ©ra dont le rythme reste trĂ©pidant : oĂč a t on vu des actes aussi courts, comme expĂ©ditifs ? Les divertissements et ballets de l’Ă©poque de Rameau, alanguissements hors de l’action proprement dite sont Ă©cartĂ©s. Pourtant tout s’il n’Ă©tait le sujet, tend Ă  s’alanguir ici vers l’Ă©lĂ©giaque et le dĂ©licat mais acclimatĂ© au cadre europĂ©en des biensĂ©ances : Salieri semble inflĂ©chir sa nature, et faire la synthĂšse d’un Gluck enclin pourtant Ă  la sensualitĂ© (le rĂŽle d’Hypermnestre, dĂ©loyale aux ordres de son pĂšre, y pourvoit). Le compositeur se montre aussi voisin aussi des compositeurs tendus et frĂ©nĂ©tiques du Sturm und Drang.
TrĂšs vite, le lugubre sanguinaire du II -quand DanaĂŒs relativise le climat pacificateur des mariages en nombre, et vise la duplicitĂ© de son frĂšre Egyptus, fait sombrer l’opĂ©ra dans l’horreur et la transe sanguinaire collective partagĂ©e par toutes ses filles bien conditionnĂ©es : une prĂ©figuration des dĂ©bordements de la RĂ©volution et de la terreur (!). Tant d’atrocitĂ©s, de panique cannibale ont marquĂ© voire scandalisĂ© l’audience quoique saisit les plus rĂ©servĂ©s.

Une seule ose dĂ©fier l’ordre du pĂšre et son appel au massacre, Hypermnestre inspirĂ©e par l’amour (pour LyncĂ©e), elle prĂ©fĂšre fuir le lieu du futur massacre des Ă©poux (festin fatal de la fin du IV oĂč percent les cris d’agonie des jeunes hommes massacrĂ©s par leurs promises) quitte Ă  troubler son fiancĂ© (III). Et au soir de la mise Ă  mort par les DanaĂŻdes de leurs Ă©poux, elle s’Ă©vanouit de douleur coupable (IV).  Tout le V trempe et plonge dans le frĂ©nĂ©tique le plus terrifiant : tableau infernal des supplices des DanaĂŻdes et de leur pĂšre Danaus Ă  l’agonie – attachĂ© Ă  son rocher oĂč un vautour lui dĂ©vore les viscĂšres(!), expiant leurs terribles forfaits. Salieri ne nous Ă©pargne rien : musicalement, chaque tableau exprime la vive horreur du sujet.
Branchu-Vestale-caroline-branchu-soprano-hypermnestre-des-danaides-de-salieri-en-1784-classiquenewsLe rĂŽle d’Hypermnestre offre un superbe rĂŽle Ă  la soprano requise, exigeant des qualitĂ©s tragiques amples, entre hĂ©roĂŻque digne et pathĂ©tique tendre. L’individualitĂ© d’Hypermnestre jaillit dĂšs le III.  Les airs s’enchaĂźnent de scĂšne en scĂšne : Le Barbare ! il me fuit ! au III : marque la rĂ©sistance de la fille face Ă  la cruautĂ© et la folie de son pĂšre qui a motivĂ© Ă  la haine toutes ses autres filles. Puis c’est son errance horrifiĂ©e “OĂč suis-je” qui ouvre le IV… Elle est tiraillĂ©e entre l’horreur que lui inspire son pĂšre et sa tendresse pour LyncĂ©e. C’est bien le rĂŽle le plus passionnant avec l’Armide de Sacchini l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et bientĂŽt, MĂ©dĂ©e de Cherubini (ou celle prĂ©cĂ©dente de Vogel dans La Toison d’or). Sur une articulation affĂ»tĂ©e, s’exhale l’humeur vaine des passions exacerbĂ©e dont les accents ont la grandeur et le mordant des bas reliefs antiques : l’Ă©poque est bien Ă  ce nĂ©o classicisme oĂč la droiture de certaines hĂ©roĂŻnes, leur tendresse naturelle (voyez Alceste et IphigĂ©nie chez Gluck) se dressent contre le folie collective. Judith Van Wanroij reste ferme et prĂ©cise dans airs et rĂ©citatifs (III, IV), digne et ardente sur les traces des grandes cantatrices (dessus) de l’Ă©poque, d’abord Sainte-Huberty puis Caroline Branchu (qui impressionne tant Berlioz dans les annĂ©es 1820). De notre point de vue, ce sont essentiellement les deux rĂŽles antagonistes du pĂšre (Danaus) et de la fille qui sont les plus saisissants : le DanaĂŒs de Tassis Christoyannis apporte un relief saisissant dans leur duo, vrai moteur du drame.

La mĂ©canique presque trop sĂšche de l’orchestre tire la performance vers une agitation dĂ©sincarnĂ©e et rien que frĂ©nĂ©tique qui Ă©videmment Ă©lectrise constamment la grandeur terrifiante des tableaux, surtout dans l’enchaĂźnement des deux derniers actes : IV (le festin massacre) et le V (la victoire de LyncĂ©e / Pelagus et la chute des DanaĂŻdes, promis aux flammes de l’enfer : comme Don Giovanni de Mozart). Le spectaculaire des “dĂ©corations” (selon la terminologie de l’Ă©poque) jointe Ă  l’exacerbation des passions font un spectacle total qui on le comprend allait marquer le jeune Berlioz, futur auteur des Troyens : de Salieri Ă  Berlioz, la lyre de Gluck avait trouvĂ© ses plus ardents disciples dans l’admiration des grands mythes antiques.
Le nerf, la hargne dĂ©fendus par Les Talens Lyriques sont d’une indĂ©niables efficacitĂ©, servie de surcroĂźt par deux interprĂštes convaincants (LyncĂ©e ou Plancipe sont des ajouts sans plus de profondeur). Salieri, pilotĂ© depuis Vienne par Gluck lui-mĂȘme, avait tout pour rĂ©ussir son coup : ses DanaĂŻdes semblent assurer Ă  la fois la suprĂ©matie expressive comme la revanche du Chevalier Ă©vincĂ© voire humiliĂ© par un dĂ©part prĂ©cipitĂ© de France en 1779. Les coupes des actes de plus en plus courts, le principe mĂȘme d’une surenchĂšre dramatique subtilement canalisĂ©e illustrent mieux que les deux IphigĂ©nies, la maĂźtrise nĂ©oantique de Gluck, tout en Ă©tant fidĂšle Ă  l’esthĂ©tique de son thĂ©Ăątre.

CLIC D'OR macaron 200C’est donc un CLIC de classiquenews, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation par le disque de ce sommet lyrique des LumiĂšres. Pour autant, le geste du chef pour affĂ»tĂ© qu’il soit, rĂ©duit d’autant l’idĂ©e et les effets globaux que l’ouvrage pourrait aussi produire avec plus de rondeur comme de profondeur. La pointe sĂšche et tranchante de la lame (qui s’expose en couverture et que brandissent toutes les jeunes Ă©pouses prĂȘtes Ă  massacrer leurs maris) supplante tout autre registre expressif. Une autre direction toute aussi tendue sans pourtant ĂȘtre aussi carnassiĂšre et parfois hystĂ©rique pourrait y rĂ©ussir tout autant. Mais alors il faudrait compter sur un talent aussi fin et troublant que celui de l’excellent Tassis Christoyannis, DanaĂŒs, plein de fougue et de profondeur. Ne serait-il pas le vĂ©ritable hĂ©ros de cette production ? De toute Ă©vidence, nous avons une relation pĂšre / fille aussi passionnante que plus tard celle exprimĂ©e par Verdi (Boccanegra/Amalia, Gilda/Rigoletto…) ou Wagner (Wotan / Brunnhilde). Le germe romantique couve chez ce Salieri fortement gluckiste.

 

 

 

CD. Compte rendu critique. Antonio Salieri (1750-1825) : Les DanaĂŻdes, 1784. TragĂ©die lyrique en cinq actes, livret de François Bailli du Roullet et Louis-ThĂ©odore de Tschudi. CrĂ©Ă©e Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique, le 26 avril 1784. Hypermnestre : Judith van Wanroij, LyncĂ©e : Philippe Talbot, DanaĂŒs : Tassis Christoyannis, Plancippe : Katia Velletaz, PĂ©lagus / Officier : Thomas DoliĂ©. Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Les Talens Lyriques. Christophe Rousset, direction.  EnregistrĂ© Ă  l’Arsenal de Metz, les 29 et 30 novembre 2013. 2 CD Palazzeto Bru Zane ES1019 – DurĂ©e : cd1, 72’28 + CD2, 35’58.

 

 

 

LIRE, APPROFONDIR : Renaud de Sacchini par Les Talens Lyriques : critique du cd et reportage rĂ©pĂ©titions vidĂ©o ; reportage vidĂ©o de l’opĂ©ra RENAUD de Sacchini (grand reportage de 12 mn © CLASSIQUENEWS.TV : entretien avec BenoĂźt Dratwicki, directeur artistique du Centre de musique de Versailles, la place des Italiens en France, le bel canto dans Renaud, l’hĂ©ritage de Gluck dans Renaud…)... L’opĂ©ra français Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, Ă©volution de la tragĂ©die lyrique sous l’influence de Gluck…

 

 

Illustrations : Antonio Salieri, Caroline Branchu dans le rĂŽle de La Vestale de Spontini (DR)

 

Reportage vidéo. Rameau : Zaïs (1748), recréation par le CMBV (novembre 2014)

rameau 2014 logo 2014VIDEO. RecrĂ©ation : ZaĂŻs (1748) de Rameau Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles. Temps fort de l’annĂ©e Rameau 2014, le 18 novembre 2014, Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, le CMBV prĂ©sente la recrĂ©ation de la Pastorale hĂ©roĂŻque ZAĂŻS, ouvrage merveilleux inspirĂ© par les idĂ©es des LumiĂšres. C’est en vĂ©ritĂ© la tĂ©nacitĂ© de ZĂ©lidie, trĂšs Ă©prouvĂ©e par son amant ZaĂŻs soupçonneux, qui triomphe ici malgrĂ© les Ă©preuves et les tromperies qu’elle doit subir. Pour la soprano Marie Fel et la haute contre JĂ©lyotte, – deux chanteurs d’exception, Rameau Ă©crit deux rĂŽles d’une grĂące et d’un charme irrĂ©sistibles. RecrĂ©ation Ă©vĂ©nement. Reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.TV 2015