GSTAAD Menuhin Festival : KF VOGT chante Wagner, 1er sept 2019

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD Menuhin Festival : KF VOGT chante Wagner, 1er sept 2019. GSTAAD MENUHIN Festival 2019, les 1er et 6 sept 2019. Le GSTAAD Menuhin Festival EN SEPTEMBRE 2019, jusqu’au 6 sept 2019. La derniĂšre moisson de concerts et Ă©vĂ©nements dans le Saanenland propose 2 temps forts, sous la tente majestueuse de GSTAAD, Ă©crin dĂ©sormais emblĂ©matique des grandes soirĂ©es du Festival suisse (Ă  la fois symphonique, concertante et lyrique)
 le 1er sept avec le rĂ©cital lyrique du tĂ©nor wagnĂ©rien Klaus Florian Vogt (et la crĂ©ation d’une nouvelle oeuvre commandĂ©e par le Festival au compositeur français Tristan Murail) ; enfin le concert de clĂŽture (6 sept 2019) avec la pianiste trĂ©pidante Ă©lectrique, Yuja Wang dans le Concerto n°3 de Rachmaninov
 deux Ă©vĂ©nements majeurs qui placent le MENUHIN Festival parmi les plus importants des cycles de musique estivaux en Europe
 Une opportunitĂ© idĂ©ale pour organiser un sĂ©jour culturel et vert en Suisse au mois d’aoĂ»t


 

 

 

Dim 1er sept 2019
KLAUS FLORIAN VOGT chante WAGNER

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vogt-klaus-florian-opera-critique-concert-classiquenews-opera-festival-crtiique-annonce-classiquenews-gstaad-menuhin-festival-classiquenews

Dimanche 1er septembre 2019, rĂ©cital lyrique avec le tĂ©nor Klaus Florian Vogt (Wagner). Familier de Bayreuth (oĂč il chante Lohengrin ou Parsifal, quand Jonas Kaufmann ne peut pas), KF Vogt tient la vedette dans le dernier cd DG Deutsche Grammophon dĂ©diĂ© au cycle des opĂ©ras de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin : KF Vogt y chante avec un style et une candeur expressive, le rĂŽle clĂ© de Tamino dans La FlĂ»te enchantĂ©e).
Lohengrin au Met en 2006, Parsifal au Liceu en 2011, 
 le tĂ©nor allemand Klaus Florian Vogt est l’autre grand chanteur, – aprĂšs Jonas Kaufmann, capable d’exprimer au plus juste le chant wagnĂ©rien, plus intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Ce sens des nuances et un timbre clair (aussi brillant que Kaufmann est sombre et rauque) assure Ă  KF Vogt sa stature actuelle de heldentenor. Mais le chanteur sait aussi chanter comme peu (tel Juan Diego Florez, mozartien rĂ©cent et superlatif), Mozart auquel il restitue une candeur hĂ©roĂŻque captivante (son rĂ©cent Tamino Ă  Baden Baden sous la direction de Y NĂ©zet-SĂ©guin en 2018, dont le cd est publiĂ© cet Ă©tĂ© 2019). Et justement Vogt, aprĂšs le rĂ©cital Wagner par Jonas Kaufmann sous la tente de Gstaad l’étĂ© dernier, prĂ©sente sa propre lecture des grands rĂŽles wagnĂ©riens pour tĂ©nor. Au service du symphonisme brĂ»lant, embrasĂ© de Wagner, dont l’écriture instrumentale creuse les vertiges psychologiques des protagonistes, KF VOGT offre la puretĂ© d’une voix souple et articulĂ©e, miroir de la psychĂ©, qu’il s’agisse de Lohengrin, l’élu descendu sur terre pour sauver une humanitĂ© qui reste sourde et aveugle Ă  sa hauteur morale ; ou Siegmund, premier hĂ©ros embrasĂ© du Ring (La Walkyrie), pĂšre de Siegfried le hĂ©ros Ă  venir et qui partage avec sa sƓur Sieglinde, une passion incestueuse dont la sincĂ©ritĂ© bouleverse

La tendresse du timbre de KF Vogt s’inscrit tel un gemme prĂ©cieux dans le Gesamtkunstwerk (art total) oĂč l’opĂ©ra devient chez Wagner, forge orchestrale, chant passionnĂ©, drame thĂ©Ăątral. Une totalitĂ© qui rĂ©volutionne l’art lyrique depuis les annĂ©es 1840, et se rĂ©alise Ă  Bayreuth, dans le thĂ©Ăątre des reprĂ©sentations financĂ© par Louis II de BaviĂšre, conceptualisĂ©e par Wagner dans sa maison de Winifred.

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GSTAAD, tente
Dim 1er sept 2019

KLAUS FLORIAN VOGT, ténor
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
GERGELY MADARAS, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-01-09-19
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Programme :

Richard Wagner (1813–1883)‹ : OuvertĂŒre zur Oper «TannhĂ€user» 15’

«Amfortas! Die Wunde»,
Arie aus der Oper «Parsifal» 10’

«WinterstĂŒrme wichen dem Wonnemond»,
Arie aus der Oper «Die WalkĂŒre» 4’

Tristan Murail (1947)‹ : «Les Neiges d’antan» fĂŒr grosses Orchester 10’ (UrauffĂŒhrung – Kompositionsauftrag‹Gstaad Menuhin Festival, finanziert durch die Ernst von Siemens Musikstiftung)

Richard Wagner (1813–1883)
«Höchstes Vertraun»,
Arie aus der Oper «Lohengrin» 3’

GralsrezĂ€hlung («In fernem Land …»),
Arie aus der Oper «Lohengrin» 6’

George Gershwin (1898–1937)‹ : «An American in Paris» fĂŒr Orchester 20’

Maurice Ravel (1875–1937)‹ : «BolĂ©ro», Ballettmusik C-Dur

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PrĂ©sentation des Ɠuvres symphoniques

Le concert du 1er sept sous la tente de Gstaad rĂ©alise aussi la crĂ©ation de la nouvelle partition de Tristan Murail « Les Neiges d’antan », commande du Gstaad Menuhin Festival 2019. Disciple de Messiaen, Murail a la rĂ©vĂ©lation de son Ă©criture spĂ©cifique depuis sa rencontre avec Giacinto Scelsi – qui le sensibilise sur le timbre. Fondateur de l’esthĂ©tique SPECTRALE, Murail fonde en 1973 avec Roger Tessier l’Ensemble ItinĂ©raire, laboratoire musical qui utilise pour la premiĂšre fois l’électronique et l’informatique musicale.
C’est donc la crĂ©ation du quatriĂšme volet de son cycle symphonique Reflections / Reflets, initiĂ© en 2013. La source en est la vision des massifs alpins enneigĂ©s, lors d’un vol Paris-Nice (Ă  8000 mn d’altitude) : s’inscrit dans l’imaginaire du compositeur, la ligne fine et rĂ©guliĂšre de l’avion et la crĂȘte dĂ©chiquetĂ©e des montagnes Ă©blouissantes ; en dĂ©coule le cycle intitulĂ© « Altitude 8000 », amorcĂ© au temps de l’étudiant encore perfectible. En 2019, Murail revient sur cette musique Ă  la fois grandiose et infime dont la vibration Ă©voque les glaciers et les neiges « éternelles ». TrĂšs soucieux des Ă©vĂ©nements climatiques, Mureail constate la fonte spectaculaire de certains dont celui de Meije qu’a connu et aimĂ© Messiaen. Exaltation et dĂ©sarroi se lisent dans cette piĂšce, qui concentre selon les mots du compositeur « grands espaces, brillance des altitudes, mais, en contraste, dĂ©gels et effondrement…»

Le concert du 1er sept comprend aussi deux Ɠuvres clĂ©s du rĂ©pertoire du XXĂš, Un AmĂ©ricain Ă  Paris de George Gershwin (Carnegie Hall, 1928 – adaptĂ© au cinĂ©ma par Vincente Minelli en 1951, avec Gene Kelly oscarisĂ©), hymne lyrique aux lumiĂšres de la ville, PARIS, fĂȘtĂ©e cette annĂ©e Ă  GSTAAD. MĂȘme annĂ©e pour la crĂ©ation du BolĂ©ro de Maurice Ravel (OpĂ©ra de Paris, le 22 nov 1928) : la partition est depuis lors la plus jouĂ©e au monde, captivante jusqu’à la transe, soit un crescendo orchestral, affirmant les profondes racines ibĂ©riques (basques) de l’auteur, sa fascination pour les timbres et la couleur, douĂ© aussi d’un gĂ©nie mĂ©lodique hors normes
 Au dĂ©part, c’est la danseuse Ida Rubinstein, qui commande Ă  Ravel la parure musicale de son prochain ballet, Ă  partir d’un choix de piĂšces d’AlbĂ©niz. Ravel dĂ©cide cependant d’écrire une Ɠuvre nouvelle: ainsi naĂźt sa propre version du bolĂ©ro, codifiĂ© fin XVIIIĂšme siĂšcle. De l’art de sublimer et transcender des formes anciennes dans le style moderne
 Un pur joyau symphonique Ă©tait nĂ©.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 6 septembre 2019
YUJA WANG joue le Concerto n°3 de Rachmaninov

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paris-yuja-wang-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

Enfin, ultime Ă©vĂ©nement le 6 septembre 2019, Ă©galement sous la tente de GSTAAD, le concert de la pianiste chinoise, Lang Lang en version fĂ©minine, Yuja WANG, interprĂšte Ă©lectrique de Rachmaninov (19h30 sous la tente de GSTAAD). Le plus adulĂ© mais redoutable des Concertos pour piano est le 3Ăš de Rachmaninov, intitulĂ© « RACH3 » tel la cime d’une montagne inatteignable et respectĂ©e. Dans la rĂ©sidence d’étĂ© de la famille Rachmaninov (Ivankova), la partition est achevĂ©e en sept 1909, puis crĂ©Ă©e lors de la premiĂšre tournĂ©e aux USA (New York, 20 nov 1909) : c’est un immense succĂšs, repris in loco par le chef Gustav Mahler. Grand mĂ©lodiste, Rachmaninov dĂ©ploie le somptueux thĂšme initial tel un chant populaire ou religieux en provenance des trĂ©fonds de l’ñme russe
 pourtant enfant de sa seule imagination. Ce dĂ©but envoĂ»tant sort de l’ombre, semblant surgir d’une mĂ©moire ancestrale
 enveloppant et carressant le thĂšme revient Ă  plusieurs au cours du Concerto (aux clarinettes, de façon subliminale mais prĂ©sente dans l’Intermezzo ou mouvement II). Quel contrastes avec le Finale, festival rythmique et trĂ©pidant qui sollicite continĂ»ment le soliste. Rachmaninov fut lui-mĂȘme un pianiste virtuose, qui cependant pour cette oeuvre bĂ©nĂ©ficie d’un interprĂšte de premier plan, le jeune Vladimir Horowitz, rencontrĂ© et admirĂ© dĂšs leur rencontre Ă  New York en janvier 1928. Les deux artistes se lient d’amitiĂ© et Horowitz recueillant les commentaires et indication de Rachma lui-mĂȘme, en particulier dans la genĂšse et la crĂ©ation de la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, s’avĂšre ĂȘtre le meilleur connaisseur et interprĂšte de son maĂźtre Rachmaninov. En 1996 le film Shine de Scott Hicks, inspirĂ© de la vie du pianiste David Helfgott met Ă  l’honneur la partition adulĂ©e.

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GSTAAD, tente
Ven 6 sept 2019, 19:30

YUJA WANG, Klavier / clavier  /  ‹STAATSKAPELLE DRESDEN
MYUNG-WHUN CHUNG, Leitung / direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-06-09-19
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Programme

Sergei Rachmaninow (1873–1943)
Klavierkonzert Nr. 3 d-Moll op. 30
Allegro ma non troppo, Intermezzo. Adagio Finale. Alla breve : 45’

Johannes Brahms (1833–1897)‹Sinfonie Nr. 2 D-Dur op. : 73 45’
Allegro non troppo‹Adagio non troppo‹Allegretto grazioso (quasi andantino) Allegro con spirito

SYMPH N°3 de BRAHMS
BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Alors qu’il avait accouchĂ© de sa PremiĂšre symphonie au terme de 20 annĂ©es, Brahms compose sa Symphonie n°2 en
 4 mois, Ă  l’étĂ© 1877, Ă  Pörtschach, au bord du Wörthersee, en Carinthie. Le compositeur, schumanien militant, affirme une virtuositĂ© nĂ©oclassique : en rĂ© majeur (comme le Concerto pour violon contemporain), la n°2 Ă©tonne les critiques par ses emprunts directs, forme et structure, Ă  Mozart et Schubert. Le contrepoint dans l’esprit de JS Bach n’empĂȘche ni un lumineux enthousiasme cependant rentrĂ© et pudique (comme toujours chez Johannes) ni une mĂ©lancolie irrĂ©sistible que d’ailleurs Brahms lui-mĂȘme, a fortement mise en lumiĂšre dans ses commentaires (Ă  l’éditeur Simrock). L’art de Brahms est d’une Ă©toffe raffinĂ©e et classique, et d’une trame intensĂ©ment nostalgique. Qu’importe, le critique conservateur Hanslick, qui dĂ©testait Mahler, applaudit au miracle, heureux de saluer Ă  Vienne, son nouveau champion, lors de la crĂ©ation le 30 dĂ©c 1877.

 

 

 

 

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Les plus à GSTAAD durant votre séjour :

 

 

Exposition des 80 ans de BARTOK Ă  SAANEN
bartokbela bartok USA classiquenewsParce que BĂ©la BartĂłk a sĂ©journĂ© Ă  Saanen en aoĂ»t 1939 et y a composĂ© en un temps trĂšs court son Divertimento pour orchestre Ă  cordes, – 3Ăšme commande de Paul Sacher, le GSTAAD MENUHIN Festival dĂ©die une exposition sur cet Ă©pisode majeur de la vie de Bartok Ă  Saanen : l’église fut dĂšs 1957 repĂ©rĂ©e par Yehudi Menuhin pour y implanter un nouveau festival de musique classique.
 avec le succĂšs que l’on sait dĂ©soramis. Paul Sacher, chef et mĂ©cĂšne bĂąlois, met Ă  sa disposition le Chalet Aellen, oĂč le compositeur compose en 2 semaines seulement, le Divertimento. Bartok fut ensuite obligĂ© de quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition retrace ce sĂ©jour Ă  Saanen et l’amitiĂ© entre BartĂłk et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

EXPOSITION SOUS LA TENTE DU FESTIVAL‹DE GSTAAD‹ / Jusqu’au 6 septembre 2019‹  -  DĂšs le 16 aoĂ»t, l’exposition accessible sous la tente du Festival de Gstaad : elle est visible les soirs de concert.
Toutes les infos sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/concerts-precedents/concerts-2019/gala-concert-orchestral-11-08-19?highlight=exposition
 

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL, 2 concerts événement : VOGT, WANG

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN Festival 2019, les 1er et 6 sept 2019. Le GSTAAD Menuhin Festival EN SEPTEMBRE 2019, jusqu’au 6 sept 2019. La derniĂšre moisson de concerts et Ă©vĂ©nements dans le Saanenland propose 2 temps forts, sous la tente majestueuse de GSTAAD, Ă©crin dĂ©sormais emblĂ©matique des grandes soirĂ©es du Festival suisse (Ă  la fois symphonique, concertante et lyrique)
 le 1er sept avec le rĂ©cital lyrique du tĂ©nor wagnĂ©rien Klaus Florian Vogt (et la crĂ©ation d’une nouvelle oeuvre commandĂ©e par le Festival au compositeur français Tristan Murail) ; enfin le concert de clĂŽture (6 sept 2019) avec la pianiste trĂ©pidante Ă©lectrique, Yuja Wang dans le Concerto n°3 de Rachmaninov
 deux Ă©vĂ©nements majeurs qui placent le MENUHIN Festival parmi les plus importants des cycles de musique estivaux en Europe
 Une opportunitĂ© idĂ©ale pour organiser un sĂ©jour culturel et vert en Suisse au mois d’aoĂ»t


 

 

 

Dim 1er sept 2019
KLAUS FLORIAN VOGT chante WAGNER

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Dimanche 1er septembre 2019, rĂ©cital lyrique avec le tĂ©nor Klaus Florian Vogt (Wagner). Familier de Bayreuth (oĂč il chante Lohengrin ou Parsifal, quand Jonas Kaufmann ne peut pas), KF Vogt tient la vedette dans le dernier cd DG Deutsche Grammophon dĂ©diĂ© au cycle des opĂ©ras de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin : KF Vogt y chante avec un style et une candeur expressive, le rĂŽle clĂ© de Tamino dans La FlĂ»te enchantĂ©e).
Lohengrin au Met en 2006, Parsifal au Liceu en 2011, 
 le tĂ©nor allemand Klaus Florian Vogt est l’autre grand chanteur, – aprĂšs Jonas Kaufmann, capable d’exprimer au plus juste le chant wagnĂ©rien, plus intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Ce sens des nuances et un timbre clair (aussi brillant que Kaufmann est sombre et rauque) assure Ă  KF Vogt sa stature actuelle de heldentenor. Mais le chanteur sait aussi chanter comme peu (tel Juan Diego Florez, mozartien rĂ©cent et superlatif), Mozart auquel il restitue une candeur hĂ©roĂŻque captivante (son rĂ©cent Tamino Ă  Baden Baden sous la direction de Y NĂ©zet-SĂ©guin en 2018, dont le cd est publiĂ© cet Ă©tĂ© 2019). Et justement Vogt, aprĂšs le rĂ©cital Wagner par Jonas Kaufmann sous la tente de Gstaad l’étĂ© dernier, prĂ©sente sa propre lecture des grands rĂŽles wagnĂ©riens pour tĂ©nor. Au service du symphonisme brĂ»lant, embrasĂ© de Wagner, dont l’écriture instrumentale creuse les vertiges psychologiques des protagonistes, KF VOGT offre la puretĂ© d’une voix souple et articulĂ©e, miroir de la psychĂ©, qu’il s’agisse de Lohengrin, l’élu descendu sur terre pour sauver une humanitĂ© qui reste sourde et aveugle Ă  sa hauteur morale ; ou Siegmund, premier hĂ©ros embrasĂ© du Ring (La Walkyrie), pĂšre de Siegfried le hĂ©ros Ă  venir et qui partage avec sa sƓur Sieglinde, une passion incestueuse dont la sincĂ©ritĂ© bouleverse

La tendresse du timbre de KF Vogt s’inscrit tel un gemme prĂ©cieux dans le Gesamtkunstwerk (art total) oĂč l’opĂ©ra devient chez Wagner, forge orchestrale, chant passionnĂ©, drame thĂ©Ăątral. Une totalitĂ© qui rĂ©volutionne l’art lyrique depuis les annĂ©es 1840, et se rĂ©alise Ă  Bayreuth, dans le thĂ©Ăątre des reprĂ©sentations financĂ© par Louis II de BaviĂšre, conceptualisĂ©e par Wagner dans sa maison de Winifred.

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GSTAAD, tente
Dim 1er sept 2019

KLAUS FLORIAN VOGT, ténor
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
GERGELY MADARAS, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-01-09-19
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Programme :

Richard Wagner (1813–1883)‹ : OuvertĂŒre zur Oper «TannhĂ€user» 15’

«Amfortas! Die Wunde»,
Arie aus der Oper «Parsifal» 10’

«WinterstĂŒrme wichen dem Wonnemond»,
Arie aus der Oper «Die WalkĂŒre» 4’

Tristan Murail (1947)‹ : «Les Neiges d’antan» fĂŒr grosses Orchester 10’ (UrauffĂŒhrung – Kompositionsauftrag‹Gstaad Menuhin Festival, finanziert durch die Ernst von Siemens Musikstiftung)

Richard Wagner (1813–1883)
«Höchstes Vertraun»,
Arie aus der Oper «Lohengrin» 3’

GralsrezĂ€hlung («In fernem Land …»),
Arie aus der Oper «Lohengrin» 6’

George Gershwin (1898–1937)‹ : «An American in Paris» fĂŒr Orchester 20’

Maurice Ravel (1875–1937)‹ : «BolĂ©ro», Ballettmusik C-Dur

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PrĂ©sentation des Ɠuvres symphoniques

Le concert du 1er sept sous la tente de Gstaad rĂ©alise aussi la crĂ©ation de la nouvelle partition de Tristan Murail « Les Neiges d’antan », commande du Gstaad Menuhin Festival 2019. Disciple de Messiaen, Murail a la rĂ©vĂ©lation de son Ă©criture spĂ©cifique depuis sa rencontre avec Giacinto Scelsi – qui le sensibilise sur le timbre. Fondateur de l’esthĂ©tique SPECTRALE, Murail fonde en 1973 avec Roger Tessier l’Ensemble ItinĂ©raire, laboratoire musical qui utilise pour la premiĂšre fois l’électronique et l’informatique musicale.
C’est donc la crĂ©ation du quatriĂšme volet de son cycle symphonique Reflections / Reflets, initiĂ© en 2013. La source en est la vision des massifs alpins enneigĂ©s, lors d’un vol Paris-Nice (Ă  8000 mn d’altitude) : s’inscrit dans l’imaginaire du compositeur, la ligne fine et rĂ©guliĂšre de l’avion et la crĂȘte dĂ©chiquetĂ©e des montagnes Ă©blouissantes ; en dĂ©coule le cycle intitulĂ© « Altitude 8000 », amorcĂ© au temps de l’étudiant encore perfectible. En 2019, Murail revient sur cette musique Ă  la fois grandiose et infime dont la vibration Ă©voque les glaciers et les neiges « éternelles ». TrĂšs soucieux des Ă©vĂ©nements climatiques, Mureail constate la fonte spectaculaire de certains dont celui de Meije qu’a connu et aimĂ© Messiaen. Exaltation et dĂ©sarroi se lisent dans cette piĂšce, qui concentre selon les mots du compositeur « grands espaces, brillance des altitudes, mais, en contraste, dĂ©gels et effondrement…»

Le concert du 1er sept comprend aussi deux Ɠuvres clĂ©s du rĂ©pertoire du XXĂš, Un AmĂ©ricain Ă  Paris de George Gershwin (Carnegie Hall, 1928 – adaptĂ© au cinĂ©ma par Vincente Minelli en 1951, avec Gene Kelly oscarisĂ©), hymne lyrique aux lumiĂšres de la ville, PARIS, fĂȘtĂ©e cette annĂ©e Ă  GSTAAD. MĂȘme annĂ©e pour la crĂ©ation du BolĂ©ro de Maurice Ravel (OpĂ©ra de Paris, le 22 nov 1928) : la partition est depuis lors la plus jouĂ©e au monde, captivante jusqu’à la transe, soit un crescendo orchestral, affirmant les profondes racines ibĂ©riques (basques) de l’auteur, sa fascination pour les timbres et la couleur, douĂ© aussi d’un gĂ©nie mĂ©lodique hors normes
 Au dĂ©part, c’est la danseuse Ida Rubinstein, qui commande Ă  Ravel la parure musicale de son prochain ballet, Ă  partir d’un choix de piĂšces d’AlbĂ©niz. Ravel dĂ©cide cependant d’écrire une Ɠuvre nouvelle: ainsi naĂźt sa propre version du bolĂ©ro, codifiĂ© fin XVIIIĂšme siĂšcle. De l’art de sublimer et transcender des formes anciennes dans le style moderne
 Un pur joyau symphonique Ă©tait nĂ©.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 6 septembre 2019
YUJA WANG joue le Concerto n°3 de Rachmaninov

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Enfin, ultime Ă©vĂ©nement le 6 septembre 2019, Ă©galement sous la tente de GSTAAD, le concert de la pianiste chinoise, Lang Lang en version fĂ©minine, Yuja WANG, interprĂšte Ă©lectrique de Rachmaninov (19h30 sous la tente de GSTAAD). Le plus adulĂ© mais redoutable des Concertos pour piano est le 3Ăš de Rachmaninov, intitulĂ© « RACH3 » tel la cime d’une montagne inatteignable et respectĂ©e. Dans la rĂ©sidence d’étĂ© de la famille Rachmaninov (Ivankova), la partition est achevĂ©e en sept 1909, puis crĂ©Ă©e lors de la premiĂšre tournĂ©e aux USA (New York, 20 nov 1909) : c’est un immense succĂšs, repris in loco par le chef Gustav Mahler. Grand mĂ©lodiste, Rachmaninov dĂ©ploie le somptueux thĂšme initial tel un chant populaire ou religieux en provenance des trĂ©fonds de l’ñme russe
 pourtant enfant de sa seule imagination. Ce dĂ©but envoĂ»tant sort de l’ombre, semblant surgir d’une mĂ©moire ancestrale
 enveloppant et carressant le thĂšme revient Ă  plusieurs au cours du Concerto (aux clarinettes, de façon subliminale mais prĂ©sente dans l’Intermezzo ou mouvement II). Quel contrastes avec le Finale, festival rythmique et trĂ©pidant qui sollicite continĂ»ment le soliste. Rachmaninov fut lui-mĂȘme un pianiste virtuose, qui cependant pour cette oeuvre bĂ©nĂ©ficie d’un interprĂšte de premier plan, le jeune Vladimir Horowitz, rencontrĂ© et admirĂ© dĂšs leur rencontre Ă  New York en janvier 1928. Les deux artistes se lient d’amitiĂ© et Horowitz recueillant les commentaires et indication de Rachma lui-mĂȘme, en particulier dans la genĂšse et la crĂ©ation de la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, s’avĂšre ĂȘtre le meilleur connaisseur et interprĂšte de son maĂźtre Rachmaninov. En 1996 le film Shine de Scott Hicks, inspirĂ© de la vie du pianiste David Helfgott met Ă  l’honneur la partition adulĂ©e.

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GSTAAD, tente
Ven 6 sept 2019, 19:30

YUJA WANG, Klavier / clavier  /  ‹STAATSKAPELLE DRESDEN
MYUNG-WHUN CHUNG, Leitung / direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-06-09-19
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Programme

Sergei Rachmaninow (1873–1943)
Klavierkonzert Nr. 3 d-Moll op. 30
Allegro ma non troppo, Intermezzo. Adagio Finale. Alla breve : 45’

Johannes Brahms (1833–1897)‹Sinfonie Nr. 2 D-Dur op. : 73 45’
Allegro non troppo‹Adagio non troppo‹Allegretto grazioso (quasi andantino) Allegro con spirito

SYMPH N°3 de BRAHMS
BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Alors qu’il avait accouchĂ© de sa PremiĂšre symphonie au terme de 20 annĂ©es, Brahms compose sa Symphonie n°2 en
 4 mois, Ă  l’étĂ© 1877, Ă  Pörtschach, au bord du Wörthersee, en Carinthie. Le compositeur, schumanien militant, affirme une virtuositĂ© nĂ©oclassique : en rĂ© majeur (comme le Concerto pour violon contemporain), la n°2 Ă©tonne les critiques par ses emprunts directs, forme et structure, Ă  Mozart et Schubert. Le contrepoint dans l’esprit de JS Bach n’empĂȘche ni un lumineux enthousiasme cependant rentrĂ© et pudique (comme toujours chez Johannes) ni une mĂ©lancolie irrĂ©sistible que d’ailleurs Brahms lui-mĂȘme, a fortement mise en lumiĂšre dans ses commentaires (Ă  l’éditeur Simrock). L’art de Brahms est d’une Ă©toffe raffinĂ©e et classique, et d’une trame intensĂ©ment nostalgique. Qu’importe, le critique conservateur Hanslick, qui dĂ©testait Mahler, applaudit au miracle, heureux de saluer Ă  Vienne, son nouveau champion, lors de la crĂ©ation le 30 dĂ©c 1877.

 

 

 

 

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Exposition des 80 ans de BARTOK Ă  SAANEN
bartokbela bartok USA classiquenewsParce que BĂ©la BartĂłk a sĂ©journĂ© Ă  Saanen en aoĂ»t 1939 et y a composĂ© en un temps trĂšs court son Divertimento pour orchestre Ă  cordes, – 3Ăšme commande de Paul Sacher, le GSTAAD MENUHIN Festival dĂ©die une exposition sur cet Ă©pisode majeur de la vie de Bartok Ă  Saanen : l’église fut dĂšs 1957 repĂ©rĂ©e par Yehudi Menuhin pour y implanter un nouveau festival de musique classique.
 avec le succĂšs que l’on sait dĂ©soramis. Paul Sacher, chef et mĂ©cĂšne bĂąlois, met Ă  sa disposition le Chalet Aellen, oĂč le compositeur compose en 2 semaines seulement, le Divertimento. Bartok fut ensuite obligĂ© de quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition retrace ce sĂ©jour Ă  Saanen et l’amitiĂ© entre BartĂłk et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

EXPOSITION SOUS LA TENTE DU FESTIVAL‹DE GSTAAD‹ / Jusqu’au 6 septembre 2019‹  -  DĂšs le 16 aoĂ»t, l’exposition accessible sous la tente du Festival de Gstaad : elle est visible les soirs de concert.
Toutes les infos sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/concerts-precedents/concerts-2019/gala-concert-orchestral-11-08-19?highlight=exposition
 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd / DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden). Le 6Ăš opus de leur cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden impose dĂ©sormais une complicitĂ© convaincante : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et Roland Villazon ont Ă©tĂ© bien inspirĂ©s de proposer ce projet lyrique aux dĂ©cisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La FlĂ»te EnchantĂ©e jouĂ©e et enregistrĂ©e live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis Ă  sa disposition : sens de l’architecture, soin des dĂ©tails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence, selon les protagonistes en piste s’avĂšre passionnante Ă  suivre, rĂ©vĂ©lant dans leur richesse poĂ©tique, tous les plans de comprĂ©hension possible, d’une Ɠuvre Ă  la fois populaire et trĂšs complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable Ă  la fois rĂ©aliste et spirituelle se dĂ©roule avec une expressivitĂ© jamais appuyĂ©e (sauf Ă  l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature
).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohĂ©rent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particuliĂšrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus mĂ©ritants sont Ă©videment les deux tĂ©nors requis, chacun dans leur registre si contrastĂ©s : l’altier et juvĂ©nile Klaus Florian Vogt, qui a troquĂ© son endurance wagnĂ©rienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élĂ©gance et le galbe princier ; Paul Schweinester dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© dans Pedrillo de l’EnlĂšvement au sĂ©rail (du mĂȘme cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi Ă©patant ; mĂȘme engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (prĂ©cĂ©demment Osmin dans le dĂ©jĂ  citĂ© EnlĂšvement au sĂ©rail ; vivante et mĂȘme enivrĂ©e depuis sa dĂ©livrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (prĂ©cĂ©dente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula MĂŒhlemann, palpitante et trĂšs juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotĂ©e certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vĂ©ritĂ© : dĂ©monstrative, voire routiniĂšre pour l’avoir ici et lĂ  tellement chantĂ© / usĂ© (elle rĂ©ussit mieux son 2Ăš air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-mĂȘme (charisme fĂ©dĂ©rateur du chef certainement), apportant souvent outre la prĂ©sence vocale, l’approfondissement du caractĂšre.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les rĂ©cits du narrateur ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohĂ©rence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacitĂ© du chef font la diffĂ©rence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initiĂ© par Don Giovanni jouĂ© Ă  l’étĂ© 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden) – Parution : 2 aoĂ»t 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opĂ©ra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula MĂŒhlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando VillazĂłn, Papageno ;

Johanni van Oostrum, PremiĂšre Dame ;
Corinna Scheurle, DeuxiĂšme Dame ;
Claudia Huckle, TroisiĂšme Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, DeuxiÚme Garçon ;
Lukas Finkbeiner, TroisiÚme Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier PrĂȘtre / Premier Homme armĂ© ;
Douglas Williams, DeuxiĂšme PrĂȘtre / DeuxiĂšme Homme armĂ© ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chƓur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction musicale

 

 

 

 

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APPROFONDIR

 

 

LIRE nos critiques complĂštes des titres prĂ©cĂ©dents CYCLE MOZART NĂ©zet-SĂ©guin / Villazon – BADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) – DG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART NĂ©zet-SĂ©guin Baden Baden, complĂšte

 

 

 

 

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MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-Cvr

 

 

 

LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dÚs le 3 août 2019

 

CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)

wagner lohengrin bayreuth 2011 zeppenfeld vogt dasch rasilainen lang youn andris nelssons cd reviex critique cd par classiquenews cd opus arte 1533641746133687_resize_265_265CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)
 Retransmis sur Arte dĂšs aoĂ»t 2011, la production mise en scĂšne par Neuenfels ne brillait pas par son onirisme mais un schĂ©matisme radical Ă  grand renfort d’images objets gadgets, peu esthĂ©tiques mais trĂšs comprĂ©hensibles. Heureusement la rĂ©alisation musicale sous la baguette nerveuse d’Andris Nelsons, qui depuis a dĂ©montrĂ© sa valeur pour DG chez Bruckner et Mahler, sauve le spectacle d’un vrai naufrage visuel…
Voici la critique de notre confrÚre Lucas Irom, rédigé au moment de la transmission du direct de Bayreuth, le 14 août 2011, sur Arte :

D’abord, critique de la rĂ©alisation scĂ©nique 
 Plateau froid comme un glaçon (oĂč plutĂŽt comme un laboratoire aseptisĂ©) oĂč pullulent des rats numĂ©rotĂ©s, noirs ou blancs selon qu’ils se rangent du cĂŽtĂ© de l’un des partis opposĂ©s, 
 le constat est sans appel face une une mise en scĂšne dĂ©lirante et hors sujet, au dĂ©roulement incomprĂ©hensible : « Lohengrin dĂ©naturé  Dans Lohengrin (crĂ©Ă© Ă  Dresde en 1848), Wagner traite de la rencontre improbable mais fantasmatique: celle de l’humain faillible et vulnĂ©rable, et du divin, exceptionnellement incarnĂ©. Or qu’avons nous sur la scĂšne de Bayreuth? une foire aux gadgets, des mouvements de choeurs inexistants et sans prĂ©cisions, un jeu d’acteurs convenu, d’une frontalitĂ© statique si ennuyeuse
 Et ces rats qui envahissent la scĂšne affichant enfin leurs visages humains en prĂ©sence du hĂ©ros providentiel
que doivent-ils rĂ©ellement apporter Ă  la rĂ©vĂ©lation de l’oeuvre?, Ă©crit notre confrĂšre. LIRE ici la critique complĂšte de Lohengrin Ă  Bayreuth, avec tĂ©moignage de la mise en scĂšne (direct Arte aoĂ»t 2011) :
http://www.classiquenews.com/bayreuth-direct-arte-le-14-aot-2011-wagner-lohengrin-klaus-florian-vogt-lohengrin-georg-zeppenfeld-choeurs-et-orchestre-du-festival-de-bayreuth-andris-nelsons-direction-nbs/

LIRE aussi la critique du dvd Ă©ditĂ© par Opus Arte dans la foulĂ©e de l’enregistrement Ă  Bayreuth en aoĂ»t 2011
http://www.classiquenews.com/wagner-lohengrin-vogt-nelsons-bayreuth-20112-dvd-opus-arte/

ET SUR LE PLAN VOCAL ET ORCHESTRAL ? Si l’on se place sur le plan vocal et musical que vaut cette production si attendue et qui déçoit tant visuellement et scĂ©niquement? Evidemment il fallait fixer le souvenir de la distribution
 proche de l’idĂ©al.
Le roi Henri (Georg Zeppenfeld) et son hĂ©raut (Samuel Youn) sont trĂšs engagĂ©s vocalement, voire impeccables; passons le Telramund souvent outrĂ© et sans guĂšre de subtilitĂ© de TĂłmas TĂłmasson; la dĂ©ception vient Ă©videmment de l’Elsa d’Annette Dasch: petite voix serrĂ©e, justesse vacillante, aucune lumiĂšre ni magnĂ©tisme: on comprend hĂ©las que cette Ăąme omantique soit dĂ©passĂ©e par l’ampleur du hĂ©ros venu la sauver

Car, pendant et strict opposé de Jonas Kaufmann qui pourtant a marqué le
rĂŽle ici mĂȘme, Klaus Florian Vogt irradie par la puretĂ© angĂ©lique de son timbre: le tĂ©nor allemand est un Lohengrin fin et captivant, dans lequel le divin et l’humain fusionnent. Saluons la force dĂ©moniaque, vraie entitĂ© du mal et rivale manupulatrice d’Elsa qu’incarne avec style Petra Lang dans le rĂŽle si captivant d’Ortrud (la sorciĂšre qui est l’origine de tout le drame)
 Les choeurs sont Ă  la hauteur du festival comme l’orchestre d’ailleurs, grĂące Ă  la direction trĂšs enflammĂ©e d’Andris Nelssons.

 

 

 

 

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Wagner: Lohengrin. Avec : Klaus Florian Vogt (Lohengrin), Georg Zeppenfeld (Henri l’Oiseleur), Annette Dasch (Elsa von Brabant), TĂłmas TĂłmasson (Friedrich von Telramund), Petra Lang (Ortrud), Samuel Youn (Le hĂ©raut d’armes du roi). Choeurs et orchestre du Festival de Bayreuth. Direction musicale : Andris Nelsons. Mise en scĂšne : Hans Neuenfels. Bayreuth aoĂ»t 2011. 2 cd OPUS ARTE.

Bayreuth 2016 : Klaus Florian Vogt chante Parsifal

logo_francemusiqueFrance Musique, lundi 1er aoĂ»t, 20h. Parsifal de Wagner avec Klaus Florian Vogt. Sous la direction de Eberhart Friedrich Ă  Bayreuth, le challenger du tĂ©nor compatriote Jonas Kaufmann, chante lui aussi Parsifal mais avec un timbre plus angĂ©lique et moins rauque, et pourtant tout aussi convaincant : inscrit dĂ©finitivement comme son Lohengrin (l’élu cĂ©leste descendu sur la terre.)
 , dans la lumiĂšre.
VOGT-tenor-parsifal-classiquenews-VOGT-klaus-florian-vogtKlaus Florian Vogt est nĂ© Ă  Heide (Schleswig-Holstein), il a d’board commencĂ© la musique comme
 corniste. La pratique instrumentale lui a transmis l’art de la tenue et de la justesse du son, aujourd’hui palpable dans un chant souverainement clair et Ă©lĂ©gant. Qui a marquĂ© chez Wagner, ses Lohengrin et bientĂŽt TannhaĂŒser (avant Tristan qu’il annonce ĂȘtre prĂȘt Ă  chanter au terme de ce parcours psychologique et dramatique). Pour l’heure son premier Parsifal Ă  Bayreuth est bien l’évĂ©nement de l’édition 2016 du Festival wagnĂ©rien oĂč s’affirment aussi, Le Ring dirigĂ© par Marek Janowski (mais dans la rĂ©alisation scĂ©nique dĂ©sastreuse, dĂ©senchantĂ©e de Castorf) et le Tristan und Isolde de Katharina Wagner, inaugurĂ© en juillet de l’annĂ©e passĂ©e (le dvd Tristan und Isolde par Katharina Wagner vient de sortir chez Deutsche Grammophon, juillet 2016).
Dans Parsifal, le tĂ©nor allemand a dĂ©jĂ  identifiĂ© les points de difficultĂ© afin de mieux prĂ©server sa voix, pendant chaque reprĂ©sentation : au I, il convient de mĂ©nager son chant d’autant que le chaste fol ne prend pas trop la parole : il dĂ©couvre alors le milieu des chevaliers du Graal et assiste mĂ©dusĂ© et bouleversĂ© surtout au miracle du calice dĂ©voilĂ© par un Amfortas, agonisant.
Au II, les choses s’intensifient pour Parsifal : il doit dĂ©montrer la force morale qui l’anime car il sait vaincre les enchantements malsains et les voluptĂ©s maudites des crĂ©atures du magicien Klingsor (les filles fleurs, vraies tentatrices charnellement dĂ©sirables) dont l’arme la plus redoutable est le corps sensuel de Kundry
 laquelle est la premiĂšre Ă  la nommer du nom qu’employait sa mĂšre perdue : « Parsifal ». Contre Klingsor, sa lance, Kundry, sa danse lascive et provocante, Parsifal demeure indiffĂ©rent et vainqueur : aucun doute, le tĂ©nor doit gĂ©rer l’afflux de verbe et la tension dramatique de cet acte clĂ© qui rĂ©vĂšle sa nature miraculeuse, laquelle sauvera par son sang neuf, au III, le rituel des Chevalliers. Ainsi, au dernier acte, le miracle du Vendredi Saint s’accomplit grĂące Ă  la puretĂ© infaillible du chaste fol, devenu le nouveau roi : il absout Kundry, et surtout guĂ©rit Amfortas de la plaie suintante qui le condamnait
 Le Graal peut ĂȘtre dĂ©voilĂ© et irradiant, dans un tableau Ă©blouissant de lumiĂšre, Parsifal est couronnĂ© nouveau roi.
Le vrai dĂ©fi pour le tĂ©nor rĂ©side donc bien dans l’acte II oĂč il doit dĂ©montrer sa puissance spirituelle sous le masque de la grĂące juvĂ©nile.

 

 

 

France Musique, lundi 1er août 2016, 20h. Wagner : Parsifal. Avec Klaus Florian Vogt, dans le rÎle titre. Consulter la distribution complÚte du Parsifal Bayreuthien 20016 sur le site du Festival de Bayreuth

 

 

 

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Klaus Florian Vogt, visage dans les mains incarne Lohengrin, le chevalier cĂ©leste descendu trop tĂŽt sur la terre, pour sauver une Elsa, Ă©trangĂšre au pacte de confiance qu’il demandait…

 

Ténors wagnériens: le match. Kaufmann ou Vogt ?


Match Klaus Florian Vogt / Jonas Kaufmann

actualité cd (Sony, Decca)

Vogt versus Kaufmann

2 ténors wagnériens au disque

WAGNER_VOGT_cd_sonyL’annĂ©e Wagner produit ses premiers effets. Deux majors Ă©ditent simultanĂ©ment en fĂ©vrier 2013,  deux nouveaux rĂ©citals lyriques mettant en avant les qualitĂ©s de leur champion respectif: Sony classical sans traduction française dans le livret (anglais et allemand essentiellement) cĂ©lĂšbre le beau chant Ă©lĂ©giaque voire rien qu’angĂ©lique de Klaus Florian Vogt, tandis que Decca joue la carte du bad boy (lumiĂšre jaune, frontale et bilieuse sur sa face diabolisĂ©e) avec l’immense Jonas Kaufmann: la parution des deux rĂ©citals titres est d’autant plus passionnante qu’il s’agit lĂ  de deux styles diamĂ©tralement opposĂ©s.
Cependant les deux interprĂštes, chacun dans deux styles diffĂ©rents, partagent ce goĂ»t, ce style, cette finesse souvent absentes des performances wagnĂ©riennes. La comparaison quant Ă  elle s’impose dans le choix des morceaux retenus  : on y retrouve Rienzi et Siegmund, ici et lĂ  bien prĂ©sents, diversemment dĂ©fendus.

Chacun Ă©crit et rĂ©Ă©claire Ă  sa façon l’histoire du chant wagnĂ©rien, finalement peu connu et souvent schĂ©matisĂ© jusqu’Ă  la caricature, oĂč les dĂ©cibels l’emportent sur toute intonation et nuance. Ici le studio aidant, la ciselure prosodique en gagne un relief et une nouvelle prĂ©cision: chant articulĂ©, chant surtout intimiste que les conditions alĂ©atoires des salles de thĂ©Ăątres ou de concerts ne rĂ©alisent pas toujours. Le studio et l’enregistrement rĂ©tablissent donc le chambrisme proche du texte, rĂ©vĂ©lant la qualitĂ© de diseur plutĂŽt que celle du stantor. L’un Vogt, par la clartĂ© du timbre illumine le texte de Wagner s’intĂ©ressant apparemment moins Ă  la situation dramatique ; le second aspire, concentre, intĂ©riorise toute la force dramatique du personnage, n’hĂ©sitant pas a contrario de son collĂšgue, la noirceur, les couleurs les plus brumeuses de sa tessiture… de barytĂ©nor ?

VOGT WAGNER (Sony classical, Bamberg 2012)

WAGNER_VOGT_cd_sonyApothĂ©ose du chant extatique et clair, voire d’angĂ©lisme blanc… Klaus Florian Vogt s’impose surtout dans le rĂŽle qui lui va naturellement, et qu’il a chantĂ© en 2012 Ă  Bayreuth, celui de Lohengrin dont il exprime la grĂące active, comme la caresse du hĂ©ros Ă©lu par sa mission salvatrice, cultivant cette couleur adolescente voire garçon du personnage chevaleresque: le texte n’a jamais Ă©tĂ© aussi limpide, les aigus prĂ©cis, l’accentuation juste, l’intensitĂ© dĂ©clamatoire sans excĂšs, et cette couleur ineffable mais bien prĂ©sente d’une langueur mĂ©lancolique qui n’appartient qu’Ă  Wagner (et que les D’Indy, Franck, Chasson, Vierne sauront si justement adapter la gravitĂ© tragique, le poison substantiel, en produire d’autres parfums sans en perdre l’esprit). RĂŽle touchĂ© par la compassion, plus complexe et moins lisse que Lohengrin, Parsifal ne met pas plus en difficultĂ©s le tĂ©nor allemand. La blessure qui affleure, celle essentiellement de Amfortas mourant, paraĂźt dans un chant frappĂ© par la vĂ©ritĂ© comme le mystĂšre. Le chant devient passion lacrymale: acte d’une rĂ©vĂ©lation et d’un accomplissement d’une superbe clartĂ© d’Ă©mission. La musicalitĂ© du timbre sa finesse est Ă  l’opposĂ© du texte touchĂ© par l’expĂ©rience de la douleur et de la souffrance ; de ce contraste naĂźt la forte expressivitĂ© et l’impact de Vogt: voix transparence et cristalline pour chant ardent et embrasĂ©. Jamais en force et toujours nuancĂ©, Vogt rĂ©forme Ă©videmment notre idĂ©e reçue du chant wagnĂ©rien. Il s’inscrit Ă©videmment dans la tradition des diseurs habitĂ©s, d’une cĂ©leste grĂące, Ă©lĂ©gant jusque dans les affres de la passion la plus dĂ©lirante ou traumatique, celle d’un Helge Brilioth, si proche du texte, dĂ©nichĂ© et mis en lumiĂšre par Karajan dans sa TĂ©tralogie absolument incontournable.
Avec Rienzi, Wagner Ă©labore sa premiĂšre vision du hĂ©ros providentiel: un ĂȘtre marquĂ© par l’abnĂ©gation et le sacrifice vertueux pour le bien collectif mais comme Lohengrin, Siegfried, soit trop parfait ou trop naĂŻf, condamnĂ© Ă  l’Ă©chec. Seul Parsifal, ĂȘtre suprasensible et fraternel, rĂ©ussit oĂč tous ont Ă©chouĂ©. Difficile de rĂ©sister Ă  la langueur suspendue du duo central du II de Tristan, ici chantĂ© avec Camilla Nylund… dont le timbre de KF Vogt souligne et relance la vapeur Ă©tirĂ©e, comme un oratorio d’amour pur.

Pour autant, Tristan frappĂ© par une superbe intensitĂ©, son Siegmund dans la Walkyrie paraĂźt trop lisse, presque terne proche de l’asthĂ©nie, prĂ©cautionneux : (et c’est lĂ  que la comparaison avec Kaufmann se prĂ©sente, incontournable dans ” Ein Schwert verhieß mir der Vater”…): Vogt prend le texte avec une Ă©locution minutieuse qui freine tout Ă©panchement expressif, comme distanciĂ© et dĂ©sincarnĂ©, plus narratif que sujet traversĂ© par une ardeur croissante ; puis, dans le second extrait de La Walkyrie, il est vrai que Nylund partage ce manque de fiĂšvre, plus vaporeuse et d’une ligne plus inĂ©gale que celle de son partenaire: le duo Sieglinde/Siegmund est l’un des plus poignants jamais Ă©crit Ă  l’opĂ©ra, et certainement l’expression de l’humanisme wagnĂ©rien Ă  son sommet. Le serment et l’Ă©vocation de l’Ă©pĂ©e Notung sonne Ă©trangement appliquĂ© et pincĂ©: le rĂŽle ne sied pas Ă  KF Vogt. HĂ©las l’orchestre de Bamberg mĂȘme impliquĂ©, s’agite plus qu’il n’articule le texte symphonique, contredisant de facto l’Ă©locution transcendante du tĂ©nor Ă  son meilleur (Lohengrin, Parsifal, Rienzi…).


KAUFMANN WAGNER (Decca, Berlin 2012)

WAGNER_KAUFMANN_CD_DECCAKaufmann apporte un tout autre souffle Ă  l’interprĂ©tation wagnĂ©rienne: on ne lui connaĂźt pas de prĂ©dĂ©cesseur Ă  ce jour: sauf peut-ĂȘtre John Vickers; son timbre cuivrĂ©, traversĂ© par la passion volcanique apporte le sanguin et le latin dans le chant germanique. En tĂ©moigne, le premier air, “Ein Schwert verhieß mir der Vater“, Ă©galement sĂ©lectionnĂ© par Klaus Florian Vogt, et qui dans le rĂ©cital de Jonas K, ouvre le rĂ©cital: couleurs sombres, Ă  la fois schubertiennes et weberiennes, le tĂ©nor aborde l’air Ă  la façon d’une incantation infernale oĂč l’effort pour se libĂ©rer du poison de la malĂ©diction s’exprime avec ardeur. A l’heure oĂč les Siegfried manque terriblement, capables d’un chant de force, hĂ©roĂŻque mais aussi Ă©motionnel et subtil, Kaufmann montre Ă  quel point dans le second air, il est prĂȘt pour chanter le rĂŽle: le hĂ©ros vainqueur du dragon Fafner, s’ouvre miraculeusement aux sons de la nature, rĂ©vĂ©lant sous l’armure du preux valeureux, la puretĂ© d’une Ăąme sensible dont la fragilitĂ© secrĂšte s’exprime dans la quĂȘte des origines (qui Ă©tait sa mĂšre?). La richesse des nuances, l’ambivalence expressive de l’incarnation, le sens du texte (et lui aussi, quel fabuleux diseur qui sait son Bach et son Schubert) promet l’un des Siegfried les plus captivants Ă  Ă©couter bientĂŽt sur la scĂšne.

Plus gĂ©nĂ©reux que Vogt dans son rĂ©cital Sony, Kaufmann nous offre AllmĂ€cht’ger Vater de Rienzi, dans tout son dĂ©veloppement: l’occasion sur la durĂ©e de pĂ©nĂ©trer dans ce premier portrait de figure admirable: Wagner y aborde pour la premiĂšre fois, avant Lohengrin, Siegfried et Parsifal,  l’homme providentiel, sujet d’une irrĂ©sistible carriĂšre au service de la vertu politique Ă  laquelle rĂ©pond inĂ©luctablement son pendant tragique et noir: sa solitude, son exil, sa mort finale. Donald Runnicles et l’Orchestre der Deutschen Oper de Berlin savent Ă  l’exemple du soliste, affiner et colorer dans la subtilitĂ© le lyrisme pluriel de la musique (superbe entrĂ©e par l’orchestre)… VoilĂ©, brumeux, flou mais terriblement prĂ©sent comme le chant d’une Ăąme maudite aspirant Ă  la perfection, le style de Jonas Kaufmann s’impose Ă  nous dans sa force, sa justesse, sa touchante vĂ©ritĂ©. Son Lohengrin moins lisse que celui de Vogt, porte toutes les tempĂȘtes endurĂ©es: le fils de Parsifal s’y dĂ©verse en rancƓur, frustration, imprĂ©cation, telle une transe Ă©motionnelle qui en impose par ses teintes et ses nuances expressives. Un immense acteur, interprĂšte accompli se dĂ©voile Ă  nouveau ici.

Lyrique selon une sĂ©lection choisie, le rĂ©cital de Kaufmann gagne davantage de poids encore dans sa seconde partie, d’autant qu’il est accompagnĂ© par un orchestre aux accents et nuances complices, d’une richesse poĂ©tique exemplaire.
Diseur embrasĂ© et hallucinĂ© mĂȘme, chantre de l’Ăąme romantique qui en terres germaniques fait surgir ses accents Sensucht, entre nostalgie et mystĂšre impĂ©nĂ©trable, le tĂ©nor relĂšve encore le niveau dans les 5 mĂ©lodies d’aprĂšs Mathilde Wesendonck, l’amour inaccessible de Wagner… alors en pleine crise.  S’il ne devait rester qu’un seul titre, la 3Ăš s’impose, prĂ©figuration de Tristan: Wagner est alors le hĂ©ros qui s’efface, dĂ©truit par une langueur amoureuse inguĂ©rissable, emprisonnĂ© tragique Ă  la douleur d’une passion avortĂ©e… Ă  la fois sombre et magnifiquement articulĂ©, le chant de Jonas Kaufmann demeure irrĂ©sistible.