Nozze di Figaro par J Rhorer

mozart-nozze-noces-figaro-james-gray-tce-paris-critique-opera-classiquenews-premier-acte-santoniSam 28 déc 2019, 20h. MOZART : NOZZE di Figaro. Jérémie Rhorer. C’était la production attendue, prometteuse de la rentrée 2019, mise en scène par le réalisateur chouchou des intellos et des esthètes du 7è art, le new yorkais : James Gray. D’ailleurs plus connu (et compris) en Europe qu’aux USA. Visuellement, la réalisation est l’une des plus classiques qui nous ait été donnée de voir ; lisible et efficace, mais sans grande réflexion sur le genre « buffa » napolitain, que Mozart et Da Ponte traitent ici. Vocalement le plateau résiste à toute critique et c’est nettement plus excitant. (Photo NOzze / J Gray / service de presse TCE 2019).
LIRE aussi nos critiques 1 et 2 des Nozze di Figaro par James Gray.

Opéra donné le 26 novembre 2019 au Théâtre des Champs Elysées
Wolfgang Amadeus Mozart : Les Noces de Figaro
Opera buffa en 4 actes d’après “La Folle journée ou Le Mariage de Figaro” de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, créé le 1er mai 1786 au Burgtheater de Vienne.
Lorenzo Da Ponte, librettiste
Pierre-Augustin Beaumarchais, auteur Anna Aglatova,soprano, Suzanne
Robert Gleadow, baryton-basse, Figaro
Stéphane Degout, baryton, Le Comte Almaviva
Vannina Santoni, soprano, La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi, mezzo-soprano, Chérubin Carlo Lepore, basse, Bartolo
Jennifer Larmore, mezzo-soprano, Marceline
Florie Valiquette,soprano, Barberine Mathias Vidal, ténor, Basilio
Mathieu Lecroart, baryton, Antonio
Rodolphe Briand, ténor, Curzio
Choeur Unikanti dirigé par Gaël Darchen
Le Cercle de l’Harmonie
Jérémie Rhorer, direction.

CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha)

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque léger, exotique d’une turquerie créée à Vienne en 1782, se précise en vérité non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternités contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clémence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opéra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte géopolitique qui est le nôtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternité, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven.

rhorer jeremie enlevement au serail mozart tce jane archibaldD’AIX A PARIS… de la scène lyrique au théâtre sans décors. A Aix préalablement et dans la réalisation scénique de l’autrichien Martin Kusej (non pas allemand comme on le lit habituellement), cet Enlèvement, retransposé sans maquillage et en référence direct aux Talibans et à Daech avait marqué les esprits de l’été 2015, par sa radicalité souvent brutale (des textes réécrits, donc actualisés, et parfois, une foire confuse aux actualités contemporaines) dénaturant cependant l’élégance profonde du Mozart originel. C’était de toute évidence exprimer l’acuité polémique brûlante de l’opéra de Mozart, tout en lui ôtant sa part d’onirisme, de rêve éperdu. Presque un an plus tard, le disque sort et avec lui, la magie de la direction musicale et des incarnations vocales, alors saisies sur le vif en un concert sans mise en scène, au TCE à Paris en septembre 2015 : le résultat est au delà de nos attentes, et révèle l’engagement irrésistible du chef quadra Jérémie Rhorer. Sans les images (et la vacuité anecdotique de la mise en scène aixoise), la force et la grandeur de la musique nous éclaboussent à plein visage (ou pleine oreille). Alors qu’à Aix, il dirigeait le Freiburger BarokOrchester, Jérémie Rhorer dans ce live parisien de légende retrouve ses chers instrumentistes, de son propre orchestre, Le Cercle de l’Harmonie. La direction fourmille d’éclairs, d’éclats ténus, de scintillements sourds et raffinés qui montrent combien Mozart en peintre du coeur humain est inatteignable car la grâce sincère que nous fait entendre alors Jérémie Rhorer, exprime au plus près le génie de l’éternel Wolfgang : une langue qui parle l’ivresse et le désir des cœurs, l’aspiration à cet idéal fraternel qu’incarne toujours, le pacte libertaire du quatuor Belmonte/Constanze, Pedrillo/Blonde. La vitalité continuement juste de l’orchestre saisit de bout en bout. Et depuis Aix, le chef retrouve à Paris les chanteurs du Quatuor : Norman Reinhardt / Jane Archibald, David Portillo / Rachele Gilmore… Assurément son carré d’as, tout au moins pour les 3 derniers, d’une suprême vérité.

De quoi s’agit-il précisément ? Formidable profondeur et jutesse poétique ce dès l’ouverture qui tout en égrennant à la façon d’un pot-pourri, les motifs les plus essentiels de l’action qui va suivre, dévoile la saisissante fluidité énergique du seul véritable acteur : l’orchestre Le Cercle de l’Harmonie ; les instrumentistes déploient et diffusent une rondeur suractive que le chef sait ciseler et exploiter jusqu’à la fin en une énergie réellement irrésistible, live oblige. L’attention de Jérémy Rhorer est de chaque instant, d’une finesse dramatique, qui bascule vers l’intériorité, rendant compte de tous les accents, nuances, couleurs, chacun exprimé par leur charge émotionnelle, précisément calibrée. C’est d’autant plus juste pour un ouvrage qui reste du côté de l’espérance et de la force des opprimés. L’amour reconstruit une espérance humaine contre la barbarie d’un emprisonnement arbitraire. D’emblée, La vitalité des caractères s’affirme : la Blonde de Rachele Gilmore a certes une voix petite, parfois tirée mais elle demeure très engagée et à son aise d’un chant affûté, vif argent, fragile mais tenance.

 

Saisi sur le vif en septembre 2015, L’Enlèvement au sérail de Jérémie Rhorer confirme la direction du maestro français;

Live captivant au diapason du sentiment,
Justesse de l’orchestre, palpitation des femmes

 

 

archibald janePar ses 3 grands airs, la soprano en vedette (“La Cavalieri” – Caterina Cavalieri, à l’époque de Mozart) peint très subtilement le portrait d’une femme amoureuse : Constanze, affligée mais digne. C’est d’abord solitude et fragilité de l’être désemparé (seule mais pas démunie : premier air “Durch Zärlichkeit…” acte I) bientôt gagnée par l’esprit de résistance, la lumière des justes contre l’oppression et la torture… (grand air quasi de concert, de forme fermée : “Martern aller Arten“…, le pivot dramatique du II, magnifiquement porté par l’engagement incarné de la soprano Jane Archibald qui chante toutes les variations : saluée à ses débuts français à Nantes dans un somptueux et onirique (voire vaporeux) Lucio Silla, la soprano captive par la vérité de son chant impliqué, intense, qui s’expose sans réserve pour tenir fièrement malgré la violence de son geôlier, Selim : en elle, pointe la noblesse héroïque de la future Fiordiligi, cœur ardent, âme inflexible de Cosi fan tutte : une vraie résistante prête à mourir (duo final avec Belmonte, où les deux amants se croient condamnés sans perdre leur courage). Saluons surtout chez Archibald, le caractère de la souffrance aussi, cultivant le lugubre saisissant (présence de la mort), dans les colonnes des bois, aux lueurs maçonniques telles qu’elles scintilleront 9 ans après L’Enlèvement, dans La Flûte enchantée (1791) où à la solitude de Constanze répond, comme sa sœur en douleur, la prière de Pamina…

Sommets dramatiques  Sturm une Drang… Au cours de l’enchaînement des actes I puis II, qui fait se succéder les deux airs si décisifs de Contanze, l’orchestre et sa sculpture instrumentale si bien affûtée dessinent en contrepoint de la sensibilité radicale de la jeune femme, un climat tendu et raffiné, d’essence Sturm und Drang, tempête et passion effectivement-, dont les éclairs et tonnerre émotionnels sont d’autant plus renforcés par contrastes / renfort que la succession des séquences du I au II, alors, oppose le cœur noble mais indéfectible de Constanze à la fureur électrique (hystérique animale) du Pacha, puis de la non moins intense confrontation Pedrillo / Osmin. Terrifiante confrontation des êtres en vérité. Il n’est que la tendresse plus insouciante de Blonde (air d’une féminité angélique aérienne : “Durch Zärlichkeit...” qui ouvre le II). Et à travers les confrontations occidentaux / musulmans, l’exhortation au dépassement des rivalités, par l’amour et par la clémence précise, suprême leçon d’humanisme, l’espérance de la musique de Mozart, sublime par la justesse de son invention. On aura rarement écouté pareille réalisation associant chant des instruments, prières vocales.

 

Moins convaincant reste Norman Reinhardt : il ne donne aux soupirs de Belmonte amoureux, qu’un chant moins propre, contourné, assez imprécis, souvent maniéré, moins percutant que le brio de ses partenaires, voire carrément gras et épais (Wenn der Freude Tränen fliessen… escamoté par un manque persistant de simplicité).

David_Portillo_High_Res_4_credit_Kristen_HoebermannAu III, la préparation de l’évasion / enlèvement piloté par l’ingénieux Pedrillo (excellent et racé David Portillo), puis l’enlèvement proprement dit (In Mohrenland entonné sur un orchestre guitare aux pizzicati enchanteurs…), forment des ensembles triomphants comme une délicieuse marche militaire, qui dit la certitude et la complicité solidaire des prisonnières et de leurs libérateurs inespérés…. tout cela est toujours porté par l’ivresse et une frénésie scintillante à l’orchestre d’une activité prodigieuse ; Jérémie Rhoroer laisse chaque accent de cette humanité exaltée, respirer, s’épanouir avec une classe magistrale.
La vision du chef organise et édifie peu à peu tout ce que la mise en scène aixoise n’atteignait que rarement : le formidable élan progressif qui en fin d’action aiguise le dernier chant mozartien ; fustigeant les haineux caricaturaux (Osmin et sa cruauté sadique), sublimant la lyre éperdue, mais tristement non triomphante du dernier ensemble où chacun dit sa liberté, avant d’être probablement égorgé par le bourreau qui même s’il en est le serviteur, passe outre la clémence proclamée de son maître. Saisissante perspective.

TRAVAIL D’ORCHESTRE. L’enregistrement live de septembre 2015 suit les représentations scéniques aixoises de juillet précédent, ainsi l’on peut dire donc (et constater que Rhorer possède son Sérail : tout cela coule dans ses doigts et jusqu’à l’extrémité de sa baguette, offrant une leçon de direction fluide, raffinée, précise et vivante, étonnamment active et suggestive, imaginative, naturelle, vrai miroir des sentiments sous-jacents. En réalité, la valeur de ce coffret d’autant plus attendu que le moment du “concert” à Paris avait marqué les esprits, confirme l’impression du public de ce 21 septembre 2015 : le chant de l’orchestre – des instruments d’époque, rétablit la proportion originelle de la sensibilité mozartienne, où chaque phrase instrumentale, qu’il s’agisse des solos piano ou des tutti rugissants orientalisants, s’accorde naturellement à la voix humaine, dont la vérité et la sincérité sont constamment préservés. Le sommum étant atteint ici dans les épisodes où les trois meilleurs chanteurs donnent tout, en complicité avec un orchestre ciselé, dramatiquement superbe et parfaitement canalisé : Jane Archibald (Constanze troublante), David Portillo (Pedrillo ardent, ingénieux, tendre), Mischa Schelomianski (Osmin noir et barbare) fusionnent en sensibilité sur le tapis orchestral… La réalisation voix / orchestre tient du prodige et, sous la coupe sensible, fièvreuse du chef Jérémie Rhorer, confirme (s’il en était encore besoin), l’irresistible poésie expressive des instruments d’époque. C’est dit désormais : plus de Mozart sans instruments d’époque, ou alors avec intégration totale du jeu “historiquement informé”. La corde du sentiment y vibre dans toute sa magicienne vérité. Magistral. Un must absolu à écouter et réécouter sur les plages de cet été 2016.

 

 

 

CLIC-de-classiquenews-les-meilleurs-cd-dvd-livres-spectacles-250-250CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail. Jane Archibald, David Portillo, Rachele Gilmore, Mischa Schelomianski, … Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction. Live réalisé à paris au TCE en septembre 2015 – 2 cd Alpha, collection “Théâtre des Champs Elysées”). CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

 

 

CD, annonce & avant-première. Le MOZART revitalisé de Jérémie Rhorer

rhorer jeremy direction maestro classiquenews mozart alpha cercle de l harmonie collection cd critique review classiquenewsCD, annonce & avant-première… MOZART RÉGÉNÉRÉ. Ce pourrait être “la” version dont nous rêvions secrètement, ciselée, … nuancée, colorée idéalement sur le plan orchestral : un Enlèvement au Sérail / Die Entführung aus dem Serail de Mozart revitalisé en une lecture gorgée de frémissements palpitants et d’un format comme d’un équilibre et d’une dynamique nouveaux, idéal point d’équilibre entre finesse psychologique voire ivresse individuelle, et continuum dramatique … grâce aux instruments d’époque. A la fois pointilliste et intérieure mais aussi capable d’une frénésie parfois vertigineuse, la direction musicale régénère notre perception d’un Mozart au carrefour de l’euphorie passionnelle baroque et déjà éclairée par cette nouvelle conscience de la profondeur et du sentiment romantiques. Rien de moins. C’est ce que réalise le chef français (à la mèche sauvage… cf notre photo), Jérémie Rhorer, pour lequel la vitalité des instruments en subtile fusion avec les voix, leur accord poétique, dramatique… restent un souci constant. Sa lecture de L’Enlèvement au sérail de Mozart, capté sur le vif sur la scène du TCE à Paris en septembre 2015, suscite la pleine adhésion de la rédaction CD de CLASSIQUENEWS. Annoncée début juin 2016, la parution discographique est l’événement de ce printemps 2016. Incomparable plénitude d’une sensibilité symphonique et lyrique qui révèle l’inusable tendresse poétique d’un Mozart touché en 1782 à Vienne, par la grâce absolue. La distribution de jeunes chanteurs, tous soucieux d’énergie comme d’intériorité accrédite une production qui mérite absolument cet enregistrement majeur.  L’enregistrement obtiendra-t-il le CLIC de CLASSIQUENEWS, récompense ultime ? Réponse le … 7 juin 2016, date de parution de ce double coffret Alpha.

 

 

Pleine critique de L’Enlèvement au sérail de Mozart par Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la parution du coffret ( coffret 2 cd Alpha).

 

 

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016

 

 

 

 

 

 

 

Spontini : La Vestale, 1807

Spontini: La Vestale. Paris, TCE, du 15 au 28 octobre 2013. Rhorer, Lacascade. Nouvelle production…Néoclassique comme peuvent l’être Canovas et Ingres, Spontini offre le premier cadre du grand opéra français impérial. Napoléon premier auditeur de l’ouvrage avant sa création parisienne reste admiratif vis à vis de la maîtrise de Spontini.  Trombones, trompettes … le compositeur n’hésite pas à nourrir la texture et le format de l’orchestre, même Rossini se souviendra de son solo de clarinette pour Tancredi … C’est dire l’apport de Spontini après Gluck et avant Berlioz et Meyerbeer.

La Vestale
On doit donner encore La Vestale… que je l’entende une seconde fois !… Quelle œuvre ! comme l’amour y est peint !… et le fanatisme ! Tous ces prêtres-dogues aboyant sur leur malheureuse victime… Quels accords dans ce finale de géant !… Quelle mélodie jusque dans les récitatifs ! Quel orchestre ! Il se meut si majestueusement… les basses ondulent comme les flots de l’Océan.  Les instruments sont des acteurs dont la langue est aussi expressive que celle qui se parle sur la scène.

Hector Berlioz, dans sa 12è Soirée des Soirées de l’orchestre ne faiblit d’éloges quant à l’oeuvre de son confrère compositeur.  Le style frénétique, l’exacerbation terrible du style sanguin et expressif de Spontini ont de toute évidence saisi le Romantique français, par ailleurs si difficile ou critique à l’endroit de ses contemporains.

 

SPONTINI_buste_190Aux côtés de Berlioz, Wagner qui dirigea l’oeuvre en allemand (Dresde, 1844), témoigne de sa profonde estime pour l’oeuvre de Spontini. La Vestale demeure l’un des grands événements lyriques du XIXè, suscitant un choc unanime et enthousiaste partout en Europe, dès sa création.  A 33 ans, l’auteur fusionne style gluckiste et déclamation tragique française, prend acte de toutes les critiques constructives qui lui sont avancées pendant la composition de son opéra : après une année de travail, Spontini remet son manuscrit et l’ouvrage est créé à l’Opéra de Paris, devant l’Empereur et Joséphine, le 14 décembre 1807.  Verve, éclat, grâce, fulgurance tragique, noble et spectaculaire …  la critique et les spectateurs enchaînent les éloges face à une oeuvre forte, emblématique du goût de la France impériale et romantique, au début du XIXème. Par ses nombreux motifs et citations empruntés à l’antiquité romaine, l’opéra de Spontini, protégé de Joséphine, offre un ouvrage stylistiquement accordé à l’esthétique impériale façonnée par Napoléon.

 

Servi par Melle Branchu (grande habituée des rôles tragiques à l’Opéra de Paris) dans le rôle de  la vestale Julia, l’opéra triomphe grâce aux tempéraments vocaux que la production a su regrouper pour la création parisienne. Porté par le succès de son livret, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), signe une adaptation plus comique de La Vestale (dans le genre  vaudeville, La marchande de modes), parodie créée elle aussi triomphalement au Théâtre du Vaudeville, où la jeune vestale Julia devient Julie, ouvrière dans un magasin de mode parisien. C’est Maria Callas qui à la Scala de Milan en 1954 ose remonter l’ouvrage et incarner le tempérament de la bouillonnante et digne Julia.  L’oeuvre n’avait pas investi une scène parisienne depuis 1854.

 

La production de La Vestale au TCE à Paris

Le TCE présente la version parisienne de la création en français.  Julia, vestale obligée à la soumission à l’ordre et au dieu qu’elle sert, demeure fidèle à son serment de virginité malgré la passion que lui voue le général vainqueur Licinius. C’est au début du siècle romantique une figure quasi mythique qui offre l’exemple d’une vierge sublime, inflexible et loyale mais qui est aussi une grande amoureuse, choisissant jusqu’à la mort, le sacrifice de son bonheur individuel.

 

spontini_et_epouse_448La production choisit une lecture universelle, ni historique ni décalée, que met en lumière l’épure tragique d’un plateau dénudé … afin que s’illustre et s’affirme la violence admirable d’une action qui cite le théâtre classique tragique. Tout en soulignant le tempérament de chaque protagoniste et l’intensité des confrontations dramatiques, la lecture présentée sur la scène du TCE en octobre 2013, laisse aussi la place au choeur omniprésent pendant l’accomplissement du drame : “… peuple de vestales, de prêtres, de  guerriers, de citoyens, foule bigarrée et mélangée, toujours au bord de l’explosion qui fait aussi la puissance de l’œuvre “ainsi que le précise le metteur en scène.

 

SPONTINI_buste_190La Vestale, tragédie lyrique en trois actes
Gaspare Spontini (1774-1851)

Texte de Etienne de Jouy, création en 1807.
Version française -  nouvelle production

Spectacle en français
Durée de l’ouvrage  : 2h10 environ
6 représentations
mardi 15, vendredi 18, mercredi 23,
vendredi 25, lundi 28 octobre 2013,19h30
dimanche 20 octobre 2013, 17h

Jérémie Rhorer  direction
Eric Lacascade  mise en scène

Ermonela Jaho  Julia
Andrew Richards  Licinius
Béatrice Uria-Monzon  La Grande Vestale
Jean-François Borras  Cinna
Konstantin Gorny  Le Souverain Pontife
Le Cercle de l’Harmonie
Chœur Aedes


La Vestale
Argument

Dans la rome antique.

acte I
Le forum romain et, à gauche, l’atrium avec les appartements  des vestales.  Le général Licinius, vainqueur de la guerre contre les Gaulois, aime la belle Julia.  Entretemps, celle-ci est devenue vestale en l’honneur de son  père disparu et s’est engagée à  rester chaste sa vie durant, faute de quoi elle prendra la vie. Julia est désignée pour remettre au général Licinius la couronne du vainqueur ; celui-ci en profite  pour s’annoncer chez la vestale le soir même, bien décidé à  l’enlever.

acte II
L’intérieur du temple de Vesta, avec au centre la flamme sacrée sur un grand autel en marbre. Julia est  gardienne de la flamme pour la nuit, qui ne doit jamais s’éteindre. Licinius arrive  pour enlever la jeune femme, mais celle-ci résiste à la tentation. La flamme s’éteint pendant leur altercation. Le souverain pontife exige le nom du coupable, mais Julia s’y refuse ; elle est condamnée à mort.

acte III

Tableau 1 : Les tombes en forme de pyramide de la Porta Collina. Licinius implore  vainement le ciel que Julia survive et avoue sa culpabilité. Julia nie ces allégations et entre dans la tombe pour y être enterrée vivante. Elle dépose  son voile de vestale devant l’autel, qu’enflamme un éclair. C’est le signe que la  déesse lui pardonne. Pardonnée, Julia peut épouser celui qu’elle aime et qui l’aime en retour.
Tableau 2 : Le temple de Vénus à Eryx.  L’union de Licinius et de Julia est célébré dans la joie.