Cd Ă©vĂ©nement, critique. «  TUHU » : GAËLLE SOLAL, guitare (1 cd Eudora, 2019)

SOLAL gaelle guitare TUHU villa lobos review cd critique classiquenews audoraCD Ă©vĂ©nement, critique. «  TUHU » : GAËLLE SOLAL, guitare (1 cd Eudora, 2019). Quelle serait la quintessence du spleen brĂ©silien ? En voici un remarquable proposition. L’album concrĂ©tise tout une dĂ©marche personnelle et intime cultivĂ©e autour des partitions de Villa-Lobos ; la guitariste GaĂ«lle SOLAL est mĂȘme parti au BrĂ©sil pour y dĂ©couvrir comment est vĂ©cue la musique du compositeur brĂ©silien, comment elle est jouĂ©e (entre autres au sein des « roda », ces rondes de musiciens que se forment par affinitĂ©s autour d’une table Ă  Rio
) et ce qui perpĂ©tue son hĂ©ritage. Il en dĂ©coule cet album « Tuhu », (prononcer tou-hou / et qui signifie « petite flamme »), surnom donnĂ© Ă  Villa-Lobos par sa mĂšre (par ce que l’enfant avait la passion des trains) ; et aussi dernier mouvement de la Suite composĂ©e par Roland Dyens en hommage au BrĂ©silien.

Le programme suit les jalons d’un parcours tissĂ© de riches rĂ©fĂ©rences et filiations, d’hommages et de transcriptions (du piano Ă  la guitare), avec des « relectures » ou rĂ©appropriations surprenantes voire enthousiasmantes: ainsi le Choro de Pixinguinha, hommage particuliĂšrement raffinĂ© Ă  Villa-Lobos, lui-mĂȘme compositeur fascinant de ChĂŽros, emblĂšme de l’ñme carioca. Ainsi surtout la relecture (adaptation) que rĂ©alise GaĂ«lle SOLAL elle-mĂȘme de Brejeiro (« espiĂšgle ») d’Ernesto Nazareth, prĂ©texte Ă  un dĂ©veloppement propre dĂ©sormais Ă  la guitare (d’aprĂšs l’original pour piano) ; la guitariste ajoute intros, codas et une impro pour la partie centrale mineure (extension qui n’existe pas chez Nazareth). MĂȘme processus transcriptif rĂ©gĂ©nĂ©rateur la Saudade de Dyens, hommage au BrĂ©sil et Ă  Villa-L. Cas particulier, le PrĂ©lude n°2 de ce dernier (appartenant au cycle des 5 PrĂ©ludes) Ă©voque l’enfant de Rio au moment oĂč il reçoit la passion de la musique en dĂ©couvrant les musiciens (guitaristes) des rues.

La guitariste Gaëlle Solal joue Villa-Lobos & friends
Hommage poétique à Heitor dit « Tuhu »

 

Outre le choix des piĂšces qui forment une collection pertinente d’airs pour la guitare, le geste de l’interprĂšte sĂ©duit immĂ©diatement.
La guitariste visiblement trĂšs inspirĂ©e conduit l’auditeur en un parcours jalonnĂ© de perles au charme indiscutable, contrastĂ©, Ă©vocateur. C’est d’abord la puissance de feu, la digitalitĂ© Ă©ruptive de l’hommage de R Dyens Ă  Villa-Lobos (VL) ; puis la grande tendresse nostalgique mais pas sombre de Carinhoso de Pixinguinha, idĂ©alement enchaĂźnĂ©e avec le trĂšs cĂ©lĂšbre et irrĂ©sistible ChĂŽros n°1 de VL, invitation chaloupĂ©e Ă  l’ñme carioca et brĂ©silienne, piĂšce originale pour guitare qui fait la passerelle avec l’ami pianiste et compositeur Ernesto Nazareth auquel est dĂ©diĂ© cette piĂšce mythique : en rĂ©sonance, Nazareth Ă©crit « Brejeiro » (ici arrangĂ© par la guitariste) en miroir du ChĂŽros n°1, avec une vitalitĂ© dansante, une sorte de marche heureuse qui sĂ©duit immĂ©diatement.
CLIC D'OR macaron 200D’un bout Ă  l’autre, on dĂ©guste et savoure le sens des phrasĂ©s suggestifs, le chant murmurĂ© de GaĂ«lle Solal, son laisser-faire, ses points de tension et de dĂ©tente, enchaĂźnĂ©s, rĂ©solus avec un sens naturel vĂ©ritablement chorĂ©graphique (mĂȘme qualitĂ© pour le PrĂ©lude n°2 de Villa-Lobos); fluide, d’une articulation tĂ©nue, prĂ©cise, son Villa-Lobos n’est jamais vraiment mĂ©lancolique comme peut l’ĂȘtre la piĂšce qui suit « Constance » de Guinga. Tout s’écoule en un flux qui respire et dĂ©voile des Ă©clairs intĂ©rieurs, introspectifs, oĂč la vie secrĂšte, intime se rĂ©solve d’elle mĂȘme avec une sĂ©rĂ©nitĂ© Ă  toute Ă©preuve (Mazurka-ChĂŽro de VL). Et mĂȘme sa « Tristorosa » garde toujours une lumiĂšre intacte d’une couleur pudique et intime, admirable. Et s’il ne devait demeurer qu’un seul air ici magnifiquement rĂ©alisĂ©, avouons notre prĂ©fĂ©rence pour l’ineffable caprice « Schottish-ChĂŽro », fragment de la Suite Populaire BrĂ©silienne de Villa-Lobos, toute en finesse, chant lumineux, suggestive facĂ©tie mesurĂ©e. CLIC de CLASSIQUENEWS NoĂ«l 2020.

 

 

 

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Cd Ă©vĂ©nement, critique. «  TUHU » : GAËLLE SOLAL, guitare (1 cd Eudora, 2019) – (Parution digitale : 4 dĂ©c 2020 – sortie physique le 11 dĂ©cembre 2020). CLIC de classiquenews NoĂ«l 2020.

 

ACHETER le cd “Tuhu” / Villa-Lobos & friends par GaĂ«lle SOLAL, guitare (1 cd Eudora)

LIRE aussi notre annonce du cd TUHU par Gaëlle SOLAL (1 cd Eudora)

 

 

 

TEASER vidéo du cd TUHU par Gaëlle SOLAL :

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 7 Juillet 2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI / LLINARES.

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES. En trio nos artistes,  chacun musicien rempli de talents et de dĂ©licatesse, ont su tenir le public en haleine en ce chaud aprĂšs midi de dimanche. Dans une somptueuse robe rouge, de sa voix lumineuse et son sourire irradiant,  Orianne Moretti a su dire et chanter avec une infinie poĂ©sie des textes dans de trĂšs nombreuses langues. L’enfance et l’exil sont de tous les peuples de la planĂšte !
Savoir ainsi varier et incarner si fortement toutes ces berceuses tient du grand art, car le thĂšme ne se renouvelle pas tant. Aucune lassitude jamais, au contraire un intĂ©rĂȘt constamment renouvelĂ©. L’art de dire le texte comme de dĂ©velopper un chant souple et suave, est admirable.

 

 

 

 

Berceuses et chants du Monde

 
 

 

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Aux cotĂ© de la cantatrice-actrice, deux instrumentistes ont Ă©tĂ© de vrais partenaires en Ă©motion et en musicalitĂ© rayonnante. Le guitariste SĂ©bastien Llinares est un artiste majeur. Je garde comme un trĂ©sor de musicalitĂ© sa version Ă  deux guitares des variations Goldberg de Bach ou son CD d’adaptations inoubliables d’Eric Satie. Le retrouver si engagĂ© aux cotĂ©s d‘ Orianne Moretti est un vrai bonheur. Leur musicalitĂ© est enivrante. Je ne connaissais pas l’art de la violoncelliste Maitane Sebastian et j’ai dĂ©couvert la mĂȘme sensibilitĂ© de poĂ©sie en musique. Le legato somptueux du violoncelle de Maitane SĂ©bastian soutenant Ă  la perfection la voix si claire d’Oriannne Moretti. La guitare de SĂ©bastien Llinares est Ă  la fois chant Ă©perdu et harmoniques profondes.
Nous avons pu entendre la voix a Capella, le violoncelle solo dans une suite de Bach et la guitare virtuose dans une fantaisie de Mudarra et un caprice de Tarrega. Mais c’est la berceuse corse finale les rĂ©unissant tous trois qui restera le message le plus beau et plus Ă©mouvant. C’est peut ĂȘtre bien la berceuse chantĂ©e par la voix maternelle qui est la source de tout exil. L’exil nĂ©cessaire et indispensable de notre propre enfance qui seule nous permet de vivre pleinement notre vie d’Homme acceptant ce dĂ©part dĂ©finitif des contrĂ©es de la toute petite enfance. Ce qui compte c’est de s’en souvenir mĂȘme vaguement, autant que de l’abandonner au passĂ©.
Remercions les trois admirables musiciens pour ce moment enchanteur, comme Catherine Kauffmann-Saint-Martin et son Ă©quipe pour l’organisation patiente de ces rencontres entre poĂ©sie et musique qui ont toute leur place dans cette extraordinaire Chapelle des CarmĂ©lites au plafond de bois peint si envoĂ»tant.
Le seul léger regret vient de la sonorisation du concert que la parfaite acoustique de la Chapelle ne réclamait pas.

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES critique concert opera festival classiquenews

 

 

 

 

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Compte rendu concert. Toulouse. Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 juillet 2019. Musique en dialogue aux CarmĂ©lites : Voix d’enfance, voix d’exil. Orianne Moretti soprano ; Mainate Sebastian, violoncelle ;  SĂ©bastien Llinares, guitare.
Illustrations : © J.J. ADER

 

 
 

 

PARIS. Athénée : Philippe Mouratoglou joue Fernando SOR, le 16 mai 2019

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copiePARIS, le 16 mai 2019. Philippe MOURATOGLOU joue FERNANDO SOR (1 cd Vision Fugitive). InspirĂ© par ses Etudes, Philippe Mouratoglou Ă©claire l’Ă©criture de Fernando SOR d’un nouveau regard. Son rĂ©cital Ă  PARIS, ce jeudi 16 mai 2019 au thĂ©Ăątre de l’AthĂ©nĂ©e Louis Jouvet (20h) reprend le programme de son nouvel album Ă©ditĂ© par le label VISION FUGITIVE.

InterprĂšte sensible, Philippe Mouratoglou Ă©claire tout ce que nous attendions chez Sor : sa profondeur onirique, sa briĂšvetĂ© dramatique
 en un mot : son gĂ©nie. D’une Ă©loquence intime, oĂč chaque nuance compte, chaque couleur brille, chaque accent rythme le sens de la respiration, le jeu de Philippe Mouratoglou captive ; son intĂ©rioritĂ©, son chant volubile de fait, dĂšs les  Variations sur « O cara Armonia », affirmĂ©es / articulĂ©es, telle une splendide ouverture mozartienne, approchent l’articulation et l’intonation des grands pianistes, capables de phrasĂ©s comme de teintes miroitantes, Ă  la fois murmurĂ©es, mĂ©lancoliques, en un geste lumineux et volontaire.

L’attention portĂ©e Ă  chaque Étude rĂ©tablit la place d’un SOR, proche de Chopin, comme lui inspirĂ© par le bel canto, capable de formats courts, enlevĂ©s et resserrĂ©s comme de subtiles pochades. L’agilitĂ© du guitariste, technicien de haut vol, – de surcroĂźt en une prise de son trĂšs rapprochĂ©e qui expose et met Ă  nu, affirme un superbe sens des nuances, Ă©vite toute enflure virtuose
 pour une intĂ©rioritĂ© chantante qui parle au cƓur (dĂ©but de la n°21). On goĂ»te tout autant la rondeur souple de la sonoritĂ© de la n°9, oĂč l’ardeur le dispute Ă  la confession. MĂ©lodique et presque Ă©nivrĂ©e, la n°7 sĂ©duit par sa motricitĂ© hispanisante, en panache et caractĂšre comme chorĂ©graphiĂ©s. Quasiment au milieu du programme, « le Calme » affirme un climat de sĂ©rĂ©nitĂ© onirique, en une intonation fluide et toujours passionnĂ©ment chantante (claire influence du bel canto).

 

 

VOIR L’ENTRETIEN avec Philippe MOURATOGLOU

 

 

 

Presque plus dramatique et mĂȘme d’une couleur sombre voire tragique, le Grand solo opus 14 (comme les Variations et Le Calme, de plus de 10 mn) rappelle que Fernado Sor sait gĂ©rer le dĂ©veloppement narratif, qu’il Ă©crivit aussi des opĂ©ras et que pour lui, la guitare en est un transmetteur majeur : Philippe Mouratoglou cisĂšle les nuances sans rompre la ligne vocale de la guitare, Ă©clairant ce qui relĂšve de l’introspection, ou ce qui appelle une dĂ©clamation plus franche.
MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-newsLa n°16 dĂ©voile tout un travail sur la rĂ©sonance, et la vibration harmonqiue qui fait de Sor ce grand contemplatif raffinĂ©. Fugace, fouettĂ© mais pas tendu, et souple comme les pas d’un premier danseur, chaque accord dĂ©tachĂ© de l’Étude n°20, l’une des plus courtes (moins d’une minute) hante l’esprit par sa carrure parfaite, sa gradation idĂ©alement gĂ©rĂ©e, son mouvement brossĂ© comme une esquisse, nerveuse et rapide.
La couleur de l’instrument moderne ajoute Ă  la forte sĂ©duction de l’interprĂ©tation : rondeur, profondeur, et pourtant grande prĂ©cision polyphonique. Le style et l’élĂ©gance intĂ©rieure s’affirment Ă  mesure de l’écoute. L’andante largo opus 5, d’une ampleur impressionnante, achĂšve ce cycle dans le songe lĂ  encore, en une rĂȘverie finement Ă©noncĂ©e. Ce que nous dit la guitare de Philippe Mouratoglou : les rĂȘves et les espoirs d’une riche vie intĂ©rieure, celle de l’immense Fernand Sor, dĂ©sormais pleinement rĂ©habilitĂ©. RĂ©cital magistral. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 
 

 
 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, critique. FERNANDO SOR : Études opus 6, opus 21 (sĂ©lection) – Variations sur O cara Armonia de Mozart – Le Calme opus 50 – Andante largo opus 5. Philippe Mouratoglou, guitare solo  - 1 cd Vision Fugitive – enregistrement rĂ©alisĂ© en 2017 et 2018 – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 FERNANDO SOR sublimé par le guitariste PHILIPPE MOURATOGLOU

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LIRE aussi notre annonce du cd Fernando SOR de Philippe Mouratoglou :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-fernando-sor-par-philippe-mouratoglou-guitare-solo-1-cd-vision-fugitive/

LIRE aussi notre entretien avec Philippe MOURATOGLOU à propos de Fernando SOR : http://www.classiquenews.com/entretien-avec-philippe-mouratoglou-jouer-fernando-sor/ 

TEASER vidéo (30 secondes)

 

 

 

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EN CONCERT

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Jeudi 16 mai 2019 Ă  L’AthĂ©nĂ©e ThĂ©Ăątre Louis-Jouvet (PARIS)
FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

BILLETTERIE
https://bit.ly/2HEnCZe
01 53 05 19 19
Tarifs : PLEIN 20€ / RÉDUIT 12€

INFOS PRATIQUES
16 MAI 20h
Athénée Théùtre Louis-Jouvet
Sq. de l’OpĂ©ra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau – 75009 Paris
MĂ©tro : Bonne Nouvelle ou ChĂąteau d’eau
www.athenee-theatre.com

Evénement Facebook 

 

 

APPROFONDIR

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Teaser
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou – FERNANDO SOR [Teaser]

Vidéo longue (clip)
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou (Guitare Solo) – FERNANDO SOR
Extrait audio : Egalement un morceau de l’album (Etude opus 6 n°9)  dĂ©jĂ  disponible sur Soundcloud : juste ici

CLIP vidéo (3mn31) :

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CD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo
 Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd VISION FUGITIVE)

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 Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd Vision Fugitive). InterprĂšte sensible, Philippe Mouratoglou Ă©claire tout ce que nous attendions chez Sor : sa profondeur onirique, sa briĂšvetĂ© dramatique
 en un mot : son gĂ©nie. D’une Ă©loquence intime, oĂč chaque nuance compte, chaque couleur brille, chaque accent rythme le sens de la respiration, le jeu de Philippe Mouratoglou captive ; son intĂ©rioritĂ©, son chant volubile de fait, dĂšs les  Variations sur « O cara Armonia », affirmĂ©es / articulĂ©es, telle une splendide ouverture mozartienne, approchent l’articulation et l’intonation des grands pianistes, capables de phrasĂ©s comme de teintes miroitantes, Ă  la fois murmurĂ©es, mĂ©lancoliques, en un geste lumineux et volontaire.

L’attention portĂ©e Ă  chaque Étude rĂ©tablit la place d’un SOR, proche de Chopin, comme lui inspirĂ© par le bel canto, capable de formats courts, enlevĂ©s et resserrĂ©s comme de subtiles pochades. L’agilitĂ© du guitariste, technicien de haut vol, – de surcroĂźt en une prise de son trĂšs rapprochĂ©e qui expose et met Ă  nu, affirme un superbe sens des nuances, Ă©vite toute enflure virtuose
 pour une intĂ©rioritĂ© chantante qui parle au cƓur (dĂ©but de la n°21). On goĂ»te tout autant la rondeur souple de la sonoritĂ© de la n°9, oĂč l’ardeur le dispute Ă  la confession. MĂ©lodique et presque Ă©nivrĂ©e, la n°7 sĂ©duit par sa motricitĂ© hispanisante, en panache et caractĂšre comme chorĂ©graphiĂ©s. Quasiment au milieu du programme, « le Calme » affirme un climat de sĂ©rĂ©nitĂ© onirique, en une intonation fluide et toujours passionnĂ©ment chantante (claire influence du bel canto).
Presque plus dramatique et mĂȘme d’une couleur sombre voire tragique, le Grand solo opus 14 (comme les Variations et Le Calme, de plus de 10 mn) rappelle que Fernado Sor sait gĂ©rer le dĂ©veloppement narratif, qu’il Ă©crivit aussi des opĂ©ras et que pour lui, la guitare en est un transmetteur majeur : Philippe Mouratoglou cisĂšle les nuances sans rompre la ligne vocale de la guitare, Ă©clairant ce qui relĂšve de l’introspection, ou ce qui appelle une dĂ©clamation plus franche.
MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-newsLa n°16 dĂ©voile tout un travail sur la rĂ©sonance, et la vibration harmonqiue qui fait de Sor ce grand contemplatif raffinĂ©. Fugace, fouettĂ© mais pas tendu, et souple comme les pas d’un premier danseur, chaque accord dĂ©tachĂ© de l’Étude n°20, l’une des plus courtes (moins d’une minute) hante l’esprit par sa carrure parfaite, sa gradation idĂ©alement gĂ©rĂ©e, son mouvement brossĂ© comme une esquisse, nerveuse et rapide.
La couleur de l’instrument moderne ajoute Ă  la forte sĂ©duction de l’interprĂ©tation : rondeur, profondeur, et pourtant grande prĂ©cision polyphonique. Le style et l’élĂ©gance intĂ©rieure s’affirment Ă  mesure de l’écoute. L’andante largo opus 5, d’une ampleur impressionnante, achĂšve ce cycle dans le songe lĂ  encore, en une rĂȘverie finement Ă©noncĂ©e. Ce que nous dit la guitare de Philippe Mouratoglou : les rĂȘves et les espoirs d’une riche vie intĂ©rieure, celle de l’immense Fernand Sor, dĂ©sormais pleinement rĂ©habilitĂ©. RĂ©cital magistral. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, critique. FERNANDO SOR : Études opus 6, opus 21 (sĂ©lection) – Variations sur O cara Armonia de Mozart – Le Calme opus 50 – Andante largo opus 5. Philippe Mouratoglou, guitare solo  - 1 cd Vision Fugitive – enregistrement rĂ©alisĂ© en 2017 et 2018 – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 FERNANDO SOR sublimé par le guitariste PHILIPPE MOURATOGLOU

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LIRE aussi notre annonce du cd Fernando SOR de Philippe Mouratoglou :
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LIRE aussi notre entretien avec Philippe MOURATOGLOU à propos de Fernando SOR : http://www.classiquenews.com/entretien-avec-philippe-mouratoglou-jouer-fernando-sor/ 

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FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

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CD événement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive)

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copieCD Ă©vĂ©nement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive). Parution Ă©vĂ©nement (ce 26 avril 2019), le nouvel album ciselĂ©, enchanteur, personnel et original dĂ©diĂ© par le guitariste Philippe Mouratoglou Ă  l’Ɠuvre si singuliĂšre du compositeur barcelonais nĂ© en 1778, Fernando SOR. L’écriture y exprime le chemin tracĂ© par un auteur indĂ©pendant, d’une force de caractĂšre et de dĂ©passement admirable, qui ose Ă  l’époque de l’Europe napolĂ©onienne (et de Goya), rĂ©Ă©crire la langue pour guitare. A la chute de l’Empereur (juin 1813), Sor doit fuir l’Espagne et rejoint Paris.
Le guitariste Philippe Mouratoglou mesure les dĂ©fis d’une Ɠuvre originale et souvent inclassable : Ă  l’époque oĂč la guitare depuis Louis XIV est devenu un instrument aristocratique, Sor lui restitue sa puissance de crĂ©ation populaire, sa sincĂ©ritĂ© universelle, une capacitĂ© d’invention et d’expression qui affirme Ă  Paris, un engouement neuf, progressif, irrĂ©sistible. Sor parisien est l’acteur de ce phĂ©nomĂšne pour lequel les tĂ©moins admiratifs et les nĂ©ophytes inventent mĂȘme un terme : « guitaromanie ». Sor, sĂ©duit, touchĂ© comme Chopin, par le Bel Canto et la puissance de la voix, ne souhaite jamais plaire mais toucher. Philippe Mouratoglou, en sĂ©lectionnant plusieurs piĂšces capitales, ressuscite le gĂ©nie d’un Sor Ă©tranger Ă  toute facilitĂ©s, mais touchĂ© par le feu et l’ñme du romantisme le plus authentique. Le raffinement, l’humour, le caractĂšre expĂ©rimental de ses Etudes en tĂ©moignent que Philippe Mouratoglou entre autres sait illuminer de son jeu “dĂ©tachĂ©” / articulĂ© / flexible, Ă  la fois Ă©loquent, sĂ©ducteur, intĂ©rieur. Le geste et l’interprĂ©tation du guitariste offrent l’une des lectures les plus personnelles et abouties dĂ©diĂ©es Ă  l’inclassable Fernando Sor. A VENIR : prochaine critique du cd Fernando SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive) dans le mag cd dvd livre de CLASSIQUENEWS

 

 
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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe MOURATOGLOU – Guitare Solo – 1 cd Vision Fugitive – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 

 

 

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FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

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Compte rendu, concert. Aix en Provence, Eglise St-Jean Baptiste, le 17 avril 2016. Arthur Dente, guitare. Mundo Entero. Avec l’Octuor vocal d’Aix en P.

LAS INDIAS, concert et CD d’Arthur Dente, compositeur et guitariste. L’universel de l’errance mais ancrĂ©e et interrogĂ©e dans le local d’ici et maintenant, dĂ©racinement et enracinement, est la recherche profonde, douloureuse parfois, d’un magnifique instrumentiste guitariste et compositeur, professeur dans le secondaire, Arthur Dente.
dente arthur mundo enteroNĂ© en France, mais issu de l’immigration portugaise de ses parents, contraints de fuir leur pays pour trouver une avenir meilleur Ă  leurs enfants, puis retournĂ©s chez eux, partagĂ© ou dĂ©chirĂ© ainsi entre deux cultures, la familiale portugaise irriguĂ©e aussi de proche d’hispanitĂ©, et celle qu’il a acquise dans cette France de son Ă©ducation et scolaritĂ© secondaire et universitaire, Arthur Dente, dans des voyages en nombre, des sĂ©ries d’émigrations en quelque sorte, des stages, des concerts, a enrichi ce fonds culturel par l’expĂ©rience, la pratique d’un grand Ă©ventail de formes, de styles, qui vont du fado fondamental portugais au flamenco en passant par le hard rock, les Pink Floyd. À la libertĂ© interprĂ©tative, Ă  l’improvisation de formes de musique populaire et mĂȘme de rue, s’ajoute sa culture classique solide acquise aux Conservatoires d’Albi et de Toulouse de 1972 Ă  1987, Ă  l’École Normale SupĂ©rieure de Paris de 1988 Ă  1990, puis Ă  l’universitĂ©. Cela lui permet de brasser, d’embrasser un vaste rĂ©pertoire de genres musicaux, d’ouvrir grand un Ă©ventail tel un arc-en-ciel irisĂ© d’harmoniques de sa guitare dans une musique oĂč l’on identifie des sources, des origines, mais trĂšs expressive, trĂšs personnelle, dont la pulsation, certes, parle au corps, le meut, l’émeut rythmiquement et, le mouvant, l’émouvant, parle Ă  l’ñme.
En tĂ©moigne son disque Las Indias, ‘Les Indes’ (label Caminando, bien nommé : ‘Cheminant’) au sous-titre trĂšs justifiĂ© de « PoĂ©sie en guitare », avec d’abondants appuis textuels poĂ©tiques comme autant de repĂšres dans l’errance, moins descriptifs que vagues Ă©vocations, paysages intĂ©rieurs, Ă©tats d’ñmes. Ce sont les Indes occidentales, comme on appela d’abord les AmĂ©riques, qui renvoient aux DĂ©couvertes, mais, surtout, dĂ©passĂ©s les affrontements cruels de l’Histoire, Ă  la rencontre de deux mondes, de tant de cultures qui forment le spectre colorĂ© rĂ©conciliĂ©, de cette musique. Il suffirait d’écouter un extrait d’ « Irlande/Andalousie » pour s’en convaincre, oĂč la guitare a des rĂȘveries arpĂ©gĂ©es de harpe celtique et des sĂ©cheresses nerveuses de cordes pincĂ©es, du flamenco : ibĂšre et celte, celtibĂšre en somme, brume et soleil
 Mais on trouve aussi emblĂ©matique « El indio barroco », cet ‘indien baroque’ qui mĂȘle accents latino-amĂ©ricains et hispaniques.
Riche dĂ©jĂ  d’une belle carriĂšre de concertiste virtuose qui l’a promenĂ© de la Californie Ă  la France en passant par le Portugal, Arthur Dente a par ailleurs formĂ© plusieurs ensemble et, derniĂšrement, l’Octuor vocal d’Aix-en-Provence, quatre voix de femmes et quatre d’hommes, avec lequel il a crĂ©Ă© les 15 et 16 avril Mundo entero pour guitare, flĂ»te, percussions et voix.

 

 

 

Mundo entero

 

 

dente Arthur-Dente-lOctuor-dAix-en-Provence-600x553 Comment qualifier ce ‘Monde entier’? La guitare, concertant avec la flĂ»te et quelques pincements lĂ©gers ou ponctuation de percussion, tire l’Ɠuvre vers le concerto pour deux instruments privilĂ©giĂ©s mais les vastes passages vocaux l’inclinent vers la cantate instrumentale. Peu importe la dĂ©nomination : c’est une Ɠuvre hybride par sa forme, syncrĂ©tique par les matĂ©riaux musicaux convoquĂ©s venus des quatre horizons de la culture musicale polymorphe du compositeur, trĂšs contemporaine aussi. Cette vaste fresque est composĂ©e de sept moments ou parties largement instrumentales mais qui introduisent des textes pour le chƓur et parfois des solistes, en français espagnol et portugais, trĂšs simples, trop simples peut-ĂȘtre, dont les paroles, par ailleurs, sont difficilement comprĂ©hensibles.
Dominante, la guitare prĂ©lude chaque partie, mais si longuement, si largement, avec une telle virtuositĂ© gĂ©nĂ©reuse, sans doute abandonnĂ©e Ă  l’improvisation, que c’est dĂ©jĂ  une Ɠuvre en soi, avant que la flĂ»te, d’une rare dĂ©licatesse, n’apporte sa note vaporeuse, brumeuse, un souffle, un halo autour des grappes argentines de notes rasgueadas (‘pincĂ©es)’ ou caressĂ©es en arpĂšges celtiques, ondes douces modulantes dans « Irlande/Andalousie ». Cet accord guitare et flĂ»te, qui dĂ©borde Ă  l’évidence, Ă  l’ « audience », qui saute aux yeux et sĂ©duit l’oreille, de l’amour du pĂšre Arthur Dente envers son instrumentiste de fille, l’adorable et dĂ©licate Valentine Dente, est l’une des plus belles rĂ©ussites de l’ensemble. La flĂ»te sait s’alanguir d’ondoiements debussystes et la guitare a de sensuelles vibrations brĂ©siliennes dans « Dilemme ».
Il est difficile de juger sur une seule et premiĂšre Ă©coute cette Ɠuvre ambitieuse mais l’écriture vocale de l’octuor, rarement polyphonique, sans ĂȘtre complexe, pose et cause quelques problĂšmes aux solistes : les sopranosFabienne Hua et GĂ©raldine Jeannot sont sollicitĂ©es dans des aigus sans prĂ©paration et la partie de basse pourtant profonde d’Yves BergĂ©, est maintenue souvent dans sa corde la plus grave en une sorte de recto tono qui rend impossible toute projection de la voix. Il faut reconnaĂźtre que, solides musiciens, ils s’en tirent avec honneur. La mĂȘme qualitĂ© est Ă  louer chez les altos Florence Blanc et Laetitia Alliez, les tĂ©nors Miguel Camacho et Nicolas Soheylian, l’autre sombrebasse Guillaume Barralis. Un bel octuor pas simplement d’interprĂštes, mais de musiciens trĂšs engagĂ©s au service d’une Ɠuvre dont ils nous communiquent l’émotion. Et le sommet en est certainement, comme si Dente avait besoin du substrat affectif pour porter Ă  l’acmĂ© sa musique, le morceau qu’on voudrait final « Meu pai », ‘Mon pĂšre’ en portugais, un hommage sensible et puissant Ă  cet Ă©migrĂ© dont il se revendique : Portugal, patrie, paternelle autant que maternelle. Mais, montĂ© sur le faĂźte, on ne peut que descendre et, aprĂšs ce sommet Ă©motif, qui semblait conclusif, ce qui vient aprĂšs ne nous Ă©treint (Ă©teint) plus avec la mĂȘme force.

 

 

Compte rendu, concert. Aix en Provence, Eglise St-Jean Baptiste, le 17 avril 2016. Arthur Dente, guitare. Mundo Entero. Avec l’Octuor vocal d’Aix en P.

Église Saint-Jean Baptiste, Aix-en-Provence
Les 16 et 17 avril 2016
Mundo entero d’Arthur Dente – Arthur Dente, guitare ; Valentine Dente, flĂ»te.
l’Octuor vocal d’Aix-en-Provence : Fabienne Hua et GĂ©raldine Jeannot, sopranos ; Florence Blanc et Laetitia Alliez, altos ; Miguel Camacho et Nicolas Soheylian, tĂ©nors ; Guillaume Barralis et Yves BergĂ©, basses.

Prochains concerts :
RĂ©cital de guitare le 4 Juin, 20H30, Patio du Bois de l’Aune au 1, Place Victor Schoelcher, 13090 Aix-en-Provence.
“Mundo Entero” ‹Dimanche 26 Juin Ă  18h‹Paroisse Saint-Paul, 71 Boulevard de Saint-Loup 13010 MARSEILLE
Réservations :   06 04 50 73 03 / site web:   www.arthurdente.com

 

 

CD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres VallĂ©es — 1 cd Vision fugitive

mouratglou-philippe-cd-review-compte-rendu-critique-classiquenews-dautres_valleesCD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres VallĂ©es — 1 cd Vision fugitive. De formation classique et devenu chantre d’un style aujourd’hui libĂ©rĂ©, le guitariste Philippe Mouratoglou rĂ©invente la sonoritĂ© de la guitare en en explorant chaque facultĂ© rĂ©sonante et allusive. Musique sans verbe et pourtant investie d’une remarquable conscience, la pensĂ©e du guitariste s’incarne ici en 5 chapitres majeurs dont les Ă©vocations fantaisistes, libres et qui semblent improvisĂ©es, replacent au centre de l’échiquier expressif la gratte Ă  6 et 12 cordes. Quelle sonoritĂ©s diffĂ©rente (liĂ©e Ă©videmment aux choix des guitares) entre la matiĂšre sĂšche, introspective de l’introductive VallĂ©e des ombres, et le chant spontanĂ© des 5 volets du cycle intitulĂ© « D’autres VallĂ©es », (plus de 10 mn), qui donne son nom Ă  ce nouvel album.

Guitare allusive

philippe-mouratoglou-1Le poĂšte, formĂ© par Pablo Marquez, Win Hoogewerf et Roland Dyens, mĂȘle styles et formes (jazz, blues, impro, 
) pour que jaillisse toujours un chant de l’intime d’une exceptionnelle sensibilitĂ© (« VallĂ©e des songes »).  En prĂ©sentant pas moins de 7 partitions de sa composition, aux cĂŽtĂ©s de la Sonata du cubain Leo Brouwer, et le Nocturnal de Britten, cet album semble approfondir les divagations poĂ©tiques d’un barde acoustique. On aurait apprĂ©ciĂ© un vrai livret ou une notice en guise de notre d’intention pour mieux comprendre les champs allusifs d’un prince de la guitare. Rien
 que la matiĂšre brute, laissĂ©e Ă  notre entendement. Le soliste revisite nombre de partitions anciennes dont Scriabine, Pasquini ou Dowland, mais par le filtre dĂ©jĂ  subjectif de Brouwer et Britten
 allers-retours entre passĂ© et prĂ©sent, jalons d’une mĂ©moire active capable de recycler et d’improviser sur ces matiĂšres Ă  relire, dĂ©fricher, explorer; avec le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le producteur Philippe Ghielmetti, Philippe Mouratoglou a crĂ©Ă© son propre label, « Vision fugitive », qui en soi, est dĂ©jĂ  un programme suggestif et laisse envisager combien l’instrument n’est pas une fin en soi, mais plutĂŽt un geste de passeur, un amplificateur d’onirisme et de songe. Les vallĂ©es que traverse le guitariste sont celles du rĂȘve, de l’introspection, une quĂȘte infiniment moins anecdotique qu’il n’y paraĂźt : plutĂŽt un questionnement permanent, Ă©noncĂ© sur le mode du murmure et du mezzo forte,  du piano interrogatif. Philippe Mouratoglou nous ouvre des portes aux imaginaires de plus en plus enfouis, pĂ©nĂ©trants, et pourtant Ă©vanescents 
 d’une Ă©trangetĂ© poĂ©tique viscĂ©rale qui ne cesse de nous captiver. L’esprit de la mobilitĂ© s’embrase en teintes feutrĂ©es, de la Renaissance au Baroque, de l’improvisation au respect de la forme classique. Superbe cohĂ©rence due Ă  une guitare qui suggĂšre et peint, plutĂŽt qu’elle ne « performe » en dĂ©montrant. En archĂ©ologue des formes et des partitions, Philippe Mouratoglou s’insinue dans les pas de prĂ©dĂ©cesseurs dĂ©jĂ  curieux de relectures, ose des filiations tĂ©nues, de nouvelles comprĂ©hensions musiciennes qui partagent toutes le mĂȘme idĂ©al : la pensĂ©e fraternelle, la mĂ©moire continue qui questionne
 Le style, l’élĂ©gance, la pudeur sont des agents totalement convaincants.  RĂ©cital magistral.

CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres VallĂ©es 1 cd Vision fugitive VF 313011. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2016.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). DĂ©cĂ©dĂ© en mai 1997, le guitariste espagnol (nĂ© Ă  Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’ñge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagnĂ© pendant plus de 20 annĂ©es, en particulier de 1969 Ă  1979, soit une dĂ©cennie parmi ses meilleures annĂ©es comme interprĂšte. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien Ă©lĂšve musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutĂŽt modeste, se rĂ©vĂšle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumiĂšre une technicitĂ© souple et Ă©loquente que son jeu prĂ©cis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos crĂ©Ă©s pour lui, et des transcriptions d’aprĂšs Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, AlbĂ©niz (initialement pour piano)
 entre autres. Le film Jeux interdits (RenĂ© ClĂ©ment, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂšte) le propulse internationalement, en particulier grĂące Ă  la piĂšce de Fernando Sor, Ă  peine remaniĂ©. La musique angĂ©lique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiĂ©e sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la trĂšs jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on Ă©tĂ© mitraillĂ©s dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940
 L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poĂ©sie pure, pleine d’espĂ©rance comme de blessures que le film de RenĂ© ClĂ©ment communique. HĂ©las pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probitĂ© de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carriĂšre officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élĂšve de Karl Schuricht et qui crĂ©a l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto nĂ©obaroque et rĂ©solument mĂ©ditatif et chambriste si proche du tempĂ©rament naturel de Yepes (piĂšce prĂ©sente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clĂŽt le cycle, rĂ©alisĂ© Ă  Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicitĂ© avec laquelle il s’était rendu maĂźtre de sa guitare Ă  10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scĂšne dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composĂ© spĂ©cialement pour le guitariste et ici enregistrĂ© avec le LSO et Rafael FrĂŒbeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon rĂ©unit en 5 cd l’intĂ©gralitĂ© de ses enregistrements de concertos effectuĂ©s entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitrĂ© deux fois, Ă  10 annĂ©es d’intervalle) apporte un complĂ©ment plus mĂ©ditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est lĂ , concentrĂ© dans ce condensĂ© de musique baroque, nĂ©o baroque, et contemporaine : concentration mesurĂ©e, et sonoritĂ© limpide, aux cĂŽtĂ©s d’une digitalitĂ© prĂ©cise voire arachnĂ©enne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentrĂ©, simple d’un homme mĂ»r quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derriĂšre de grosses lunettes
 Yepes c’est la probitĂ© de l’art, qui n’a besoin ni du masque sĂ©ducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing dĂ©calĂ© pour affirmer sa souveraine musicalitĂ©. Modestie et mise sans prĂ©tention d’un immense interprĂšte. Coffret Ă©vĂ©nement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

CD. Mickael Viegas, guitare. COMPLETE GUITAR WORKS of HEITOR VILLA-LOBOS (2 cd Paraty, 2015)

Lobos Villa heitor villa lobos Viergas Mickael guitare works complete review critique cd classiquenews VIERGAS Mickael cd paraty Titelive_3760213650351_D_3760213650351CD. COMPLETE GUITAR WORKS of HEITOR VILLA-LOBOS (2 cd Paraty, 2015). VoilĂ  l’intĂ©grale pour guitare de Heitor Villa-Lobos, soit 25 piĂšces magistrales qui contiennent tout le raffinement chorĂ©graphique du BrĂ©sil moderne ; une suavitĂ© immĂ©diatement gorgĂ©e de soleil, une apparente insouciance bienheureuse, une vitalitĂ© subtilement articulĂ©e, chaloupĂ©e par la guitare aux canevas rythmiques souvent stupĂ©fiants de Mickael Viegas (ChĂŽros n°1, en ouverture du cd1). GESTE EXPERIMENTAL POUR INTEGRALE HISTORIQUE. L’approche se double d’un projet esthĂ©tique personnel, celui ambitieux de restituer toute la parure harmonique d’origine dont a pu s’enticher le compositeur mais que son Ă©criture pour l’instrument a malheureusement rĂ©duit, Ă©purĂ© “tragiquement” en raison des limites techniques de la guitare seule ou de l’instrumentiste d’alors : pour palier telle limitation et pourtant jouer toutes les notes, l’enregistrement ose ici superposer parfois, quand cela est exigĂ©, plusieurs parties de la mĂȘme guitare et de façon cohĂ©rente puisqu’il s’agit de la mĂȘme main : collage habile, plutĂŽt superposition heureuse dont la polyphonie labyrinthique, et vertigineuse (effet de locomotive de l’Etude 4, annonçant la frĂ©nĂ©sie de la derniĂšre Etude 12) impressionne par sa sauvagerie pourtant millimĂ©trĂ©e ; le travail de l’ingĂ©nieur pour un montage aussi pĂ©rilleux a dĂ» ĂȘtre aussi difficile et dĂ©licat que le jeu premier saisi sur le vif du guitariste… ; virtuose et flexible, d’une grĂące parfois allusive, – proche de la harpe, la guitare de Mickael Viegas honore son dĂ©fi (Etude n°2) dont les cascades de notes enchaĂźnĂ©es avec une prodigalitĂ© trĂšs prĂ©cise, produisent cette saturation harmonique par rĂ©sonance d’une intensitĂ© saisissante. C’est mĂȘme comme si une guitare dĂ©doublĂ©e jouait simultanĂ©ment comme Ă  Ă© voix Ă©gales (Etude n°5) : l’assemblage des couches relĂšve de l’expĂ©rimentation sonore d’une Ă©vidente richesse artistique ; pour l’auditeur, c’est un bĂ©nĂ©fice Ă©trangement spatialisĂ© aux performances pourtant inĂ©dites; on comprend qu’ici, la libertĂ© recrĂ©ative de l’interprĂšte, soucieux du format et de l’Ă©quilibre global joue comme un alchimiste, un orfĂšvre des rĂ©glages ; le guitariste rend ainsi un hommage Ă  Villa-Lobos, plus qu’il ne joue ses partitions ; car il a fallu parfois rĂ©orchestrer, ou mĂȘme adapter des transpositions que Villa-Lobos a validĂ©es, celle de son Ă©lĂšve et disciple, JosĂ© BrandĂŁo, qui transposa beaucoup de piĂšces de son maĂźtre pour piano : il en dĂ©coule une fureur souvent Ă©lectrique mais associĂ©e comme nous l’avons dit Ă  un sens de la chorĂ©graphie inouĂŻe (ivresse pleine de panache de l’Etude n°7). L’Etude la plus longue (n°11) sĂ©duit moins par ses accents tĂ©nĂ©breux, que sa carrure rythmique Ă©tonnante et ses suspensions plus mystĂ©rieux, instants de respiration d’une prodigieuse profondeur. Le geste du guitariste s’y affirme avec une grĂące peu commune.

Inspiré par Villa-Lobos, le guitariste Mickael Viergas nous offre une intégrale qui fait date

GUITARE EXPERIMENTALE

TrĂšs inspirĂ© par tant de matiĂšre primitive, d’une Ă©nergie Ă  peine contenue, lave dont il entretient comme le feu sacrĂ©, le guitariste trĂšs convaincant, et douĂ© d’une intelligence imaginative exceptionnelle, ose aussi complĂ©ter des partitions rĂ©cemment retrouvĂ©es mais fragmentaires comme la Valsa Concerto n°2 (inhumĂ©e Ă  la BibliothĂšque de Sao Paolo) et dont Mickael Viegas restitue Ă  sa maniĂšre tout la derniĂšre sĂ©quence que Villa-Lobos avait amorcĂ©e. La facultĂ© du guitariste Ă  insuffler l’esprit du gĂ©nie musical, Ă  l’entretenir comme d’une flamme tĂ©nue, Ă  en produire tout un cycle ardent de mĂ©lodies fugaces reste impressionnant. La fulgurance rejoint ici la subtilitĂ©.
CLIC_macaron_2014MĂȘme terrible enchantement dans le cd 2, vĂ©ritable miracle de gestion musicale, en particulier dans l’Ă©difice des 5 PrĂ©ludes dont le premier, vĂ©ritable sommet de toute la littĂ©rature pour guitare, affirme le puissant tempĂ©rament poĂ©tique de l’interprĂšte qui en restitue donc Ă  deux guitares assemblĂ©es, – grĂące Ă  l’ingĂ©nierie de l’enregistrement et l’audace des collages que nous avons Ă©voquĂ©s, toute la nouvelle polyphonie jaillissante. Un Ă©coulement qui semble improvisĂ© mais tellement naturel, d’une constante et prodigieuse rĂȘverie. Chapeau bas. Le programme est Ă©blouissant et la modalitĂ© de sa rĂ©alisation, d’une audace revivifiante. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

CD, compte rendu critique. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Heitor Villa-Lobos : complete guitar works. Intégrale des oeuvres pour guitare. Mickael Viegas, guitare (2 cd Paraty 125139). Enregistré en mars 2015 au Portugal.

VIEGAS cd

Paris, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez

milos guitare milos karadaglicParis, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez. Fin de mois ibĂ©rique et romantique pour l’Orchestre de chambre de Paris qui sous le titre d’un programme intitulĂ© « soirĂ©e Ă  Madrid » invite le guitariste Milos dans un classique du rĂ©pertoire symphonique pour guitare, le cĂ©lĂ©brissime concerto d’Aranjuez de Rodrigo, composĂ© en 1939 au cours de la derniĂšre annĂ©e de son sĂ©jour Ă  Paris et pendant la Guerre civile.

 

Programme espagnol. SurnommĂ© le « Mozart espagnol », Juan CrisĂłstomo de Arriaga compose son unique opĂ©ra, Los esclavos felices, Ă  l’ñge de 15 ans
 PrĂ©coce, le musicien meurt Ă  20 ans.  Il incarne un style virtuose, parfois fulgurant au diapason d’une vie fauchĂ©e avant l’ñge mĂ»r. Tout comme Arriaga, Manuel de Falla, un siĂšcle plus tard, Ă©tudie Ă  Paris. D’une saveur piquante, Le Magistrat et la MeuniĂšre est une premiĂšre Ă©bauche qui deviendra par la suite Le Tricorne ; c’est un mimodrame, rarement donnĂ© comme ce soir dans la version originale, pour petit ensemble. Il en va diffĂ©remment du Concerto d’Aranjuez, la piĂšce la plus cĂ©lĂšbre de Joaquin Rodrigo (1901-1999), interprĂ©tĂ©e par le guitariste nĂ© en 1983 au Montenegro, MiloĆĄ Karadaglić ou tout simplement « Milos », son nom de scĂšne dĂ©sormais : ses rĂ©fĂ©rences aux danses populaires (en particulier dans le finale – Allegro gentile-, la danse de cour associĂ©es aux rythmes ternaires
) tentent d’effacer les horreurs de la guerre civile qui dĂ©chire alors l’Espagne.

Un nouveau poĂšte de la guitare : Milos

Milos_Karadaglic_(c)_Lars_BorgesMilos a depuis son enfance une affection particuliĂšre pour le folklore et le spleen ibĂ©rique : Ă  8 ans,  il a un choc en Ă©coutant Asturias d’AlbĂ©niz (par Segovia) que lui fait dĂ©couvrir son pĂšre. ElĂšve Ă  Londres (Royal Academy of Music) de Michael Lewin, l’adolescent Milos apprend son mĂ©tier en Ă©coutant aussi le guitariste classique Julian Bream. Le jeune Milos adapte pour la guitare plusieurs piĂšces de Granados, originellement Ă©crites pour le piano. ll s’agit d’élargir le rĂ©pertoire comme approfondir la musique espagnole. Dans son premier album discographique Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon « Mediterraneo » (juin 2011), Milos enregistre le cƓur du rĂ©pertoire espagnol romantique : autour d’Albeniz, Granados, TĂĄrrega, mais aussi Carlo Domeniconi
 RĂ©cemment Milos a travaillĂ© avec le compositeur Andrew Lloyd Weber pour le thĂšme principal de la comĂ©die musicale «  Theme from Stephen Ward »  En multipliant les rencontres et les formes musicales, le guitariste enrichit une expĂ©rience dĂ©jĂ  riche dans l’univers de la guitare classique.  Le MontĂ©nĂ©grin veut rendre accessible la guitare au plus grand nombre : son charme et sa constance relĂšvent aujourd’hui ce dĂ©fi. Milos connaĂźt d’autant mieux le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo qu’il l’a enregistrĂ© (avec d’autres piĂšces du compositeur dont InvocaciĂłn y danza, Fantasia para un gentilhombre
)  sous la direction de Yannick NĂ©zet SĂ©guin.

Le concerto d’Aranjuez de Rodrigo Ă©crit Ă  Paris alors que l’Espagne s’entredĂ©chire pendant la Guerre Civile (1939) est le premier de ses 5 Concertos pour guitare. On y relĂšve l’influence des maĂźtres anciens Domenico Scarlatti, Padre Soler. Le titre renvoie au jardins (enchanteurs) du palais royal d’Aranjuez, Ă©difiĂ© pour Felipe II. C’est une partition panthĂ©iste, un hymne au miracle de la nature oĂč s’expriment directement les merveilles du jardin cĂ©lĂ©brĂ© : chant des oiseaux, ruissellement des fontaines multiples, jusqu’au parfum des magnolias en fleurs
 un Eden terrestre en temps de guerre. Au temps de la barbarie, le compositeur affirme a contrario le miracle atemporel et Ă©blouissant des fleurs et des oiseaux
 Le second mouvement (Adagio oĂč dialoguent la guitare avec les bois et les cuivres : cor anglais, basson, hautbois, cor d’harmonie
), le plus introspectif, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et tristesse pudique n’est pas inspirĂ© des victimes du bombardement de Guernica survenu en 1937 (comme on le dit trĂšs souvent), mais de la lune de miel du compositeur avec sa femme Victoria.

Soirée à Madrid
Paris, vendredi 31 octobre 2014
Théùtre des Champs-Eysées, 20h

Orchestre de chambre de Paris
Roberto Forés Veses, direction
Miloơ Karadaglić, guitare

Programme

Arriaga : Les Esclaves heureux, ouverture
Rodrigo : Concerto d’Aranjuez, pour guitare et orchestre
De Falla : Le Magistrat et la MeuniĂšre

Rappel : critique du cd Latino de Milos par Elvire James, juin 2012

Milos, le nouveau poĂšte guitariste. En roi du tango et des mĂ©lodies populaires les plus nobles qui parlent au coeur immĂ©diatement, Carlos Gardel dont Por una cabeza Ă©crit en 1935, l’annĂ©e de sa mort, paraĂźt ici d’une suavitĂ© souveraine, lĂ©gĂšre, badine Ă  laquelle Milos apporte une distinction pudique. MĂȘme entrain pour cet autre tango trĂšs connu, La Cumparsita de l’uruguayen Gerardo Matos Rodriguez, composĂ©e en 1917: Milos souligne avec un sens des nuances personnel, le dĂ©sĂ©quilibre et les vertiges d’un air ciselĂ© entre nostalgie et tendresse
 LIRE la critique complĂšte du cd Latino par Milos (Villa-Lobos, Piazzolla, Gardel, …)

LIRE aussi la critique du cd Mediterraneo par Milos (Albeniz, Tarreaga, Granados
 )