77, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021

7inventio-concerts-festival-concerts-VIGNETTE-20217, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021. A Beauchery, Provins, Egligny, enfin Paris (Fondation des Etats-Unis), le violoniste LĂ©o Marillier, directeur artistique du festival Inventio propose 4 rvs musicaux Ă©vĂ©nements en Seine et Marne et Ă  Paris.

 

La suite du Festival INVENTIO
4 événements musicaux en septembre 2021

 

 

Samedi 4 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Eglise Beauchery-Saint-Martin
3, rue de la Fontaine, 77560 Beauchery

19h : Ouverture au TaĂŻ Chi Chuan
20h : Concert guidé : La gamme à travers la couleur
Quatuor Joyce

J.S. Bach : Contrapunctus 1 & 9 from the Art of Fugue
Ivan Wyschnegradsky : String Trio op.53 (1978-1979)
J.S. Bach : Contrapunctus 8
Anton von Webern : Quartet (1905)
Ivan Wyschnegradsky : String quartet n°2 (1930-1931)

Le quatuor Joyce rend hommage au compositeur russe, Ivan Wyschnegradsky, pionnier reconnu mais secret, dont l’Ɠuvre tout entiĂšre tend vers un dĂ©sir musical adossĂ© Ă  l’arc-en-ciel. Son travail musical d’une extrĂȘme fĂ©conditĂ© s’inscrit dans un projet de mosaĂŻque lumineuse d’inspiration mystique dont le concert tĂ©moigne grĂące Ă  une immersion visuelle.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsSamedi 18 septembre 2021
Musée de Provins et du Provinois
7 Rue du Palais, 77160 Provins

15h : TABLE RONDE
Avec Bruno Ducol, Franck Yesnikian, Lu Xiangcheng, LĂ©o Marillier

Parmi les compositeurs gĂ©niaux confrontant autrement rythmes et couleurs et nous dĂ©voilant les perspectives Ă©nigmatiques nĂ©es de cette rencontre, citons Alexandre Scriabine, Arnold Schoenberg, Olivier Messiaen et Ivan Wyschnegradsky
 Quels sont en effet les rapports entre sons et musique, quelles traductions entre la musique et les autres arts peuvent s’opĂ©rer? Questions qui orientent les Ă©changes de cette table ronde, animĂ©e par quatre musiciens et chercheurs passionnĂ©s : Bruno Ducol, auteur de “L’oeil Ă©coute” et de “Vibrations chromatiques”, Franck Yeznikian dont les oeuvres sont rĂ©guliĂšrement irriguĂ©es par des passerelles entre la lumiĂšre et la musique, Lu Xiangcheng, auteur de la thĂšse “SynesthĂ©sie et immersion : composantes visuelles, sonores et musicales dans la crĂ©ation d’oeuvres artistiques contemporaines”. LĂ©o Marillier, directeur artistique de l’Ă©dition 2021 du Festival Inventio intitulĂ©e “Écouter voir” et lui aussi compositeur, est l’heureux modĂ©rateur de cet Ă©change, illustrĂ© de projections et d’extraits musicaux et suivi d’un dĂ©bat avec le public.

 

 

 

Samedi 25 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Abbaye de Preuilly
Avenue du Chemin Noir 77440 Égligny

16h : Ouverture au TaĂŻ Chi Chuan
Concert Ă  17h30 : »Tissages”

Fernando Palomeque, piano
LĂ©o Marillier, violon

Franz Liszt : Gondole Lugubre (version violon et piano par Liszt)
Morton Feldman : Spring of Chosroes
Jean Sibelius : PiĂšces pour violon et piano
L.v. Beethoven : variations WoO 40 pour violon et piano en fa majeur
Robert Schumann : MĂ€rchenbilder op.113
BĂ©la BartĂłk (1882-1945) : premier portrait op.5 pour orchestre :
‘un idĂ©al’ (1907), version pour violon et piano

Pianiste et chef d’orchestre argentin, Fernando Palomeque est laurĂ©at de nombreux concours internationaux. Partenaire privilĂ©giĂ© de LĂ©o Marillier, violoniste nĂ© Ă  Provins au parcours de concertiste qui l’a dĂ©jĂ  menĂ© aux quatre coins du monde ; son rĂ©cent concert au Louvre d’Abu Dhabi lui a fait dĂ©couvrir le plus grand tapis du monde qui lui a inspirĂ© ce concert. Nous suivrons donc fil Ă  fil l’obsession qui mĂšne les compositeurs Ă  des tissages musicaux d’oĂč surgit un fourmillement prĂ©cieux. Pour ce concert de clĂŽture : l’immense domaine privĂ© de l’ancienne Abbaye de Preuilly dont le manĂšge Ă  chevaux est amĂ©nagĂ© en salle de concert.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsJeudi 30 septembre 201
PARIS, Fondation des Etats-Unis
19h30
Clément Lefebvre, piano
LĂ©o Marillier, violon

Claude Debussy : Syrinx (argt violon seul par L.Marillier) (2021)
Olivier Messiaen : Extraits de « petites esquisses d’oiseau » (1985)

CĂ©sar Franck : Sonate
Benoit Menut : Les Nombres op 93 (2018)
Claude Debussy, : Sonate

Franck, Messiaen, Debussy, Menut, chacun ici est comme saisi Ă  des instants diffĂ©rents d’une quĂȘte qui leur est commune : une fusion entre l’histoire des pensĂ©es et la beautĂ© singuliĂšre de l’idĂ©e, une refonte de l’art français, en Ă©cho Ă  la fresque « Les Quatre Âges de l’Art Français » de Robert La Montagne Saint-Hubert, Ɠuvre de 1930 qui orne le Grand Salon de la Fondation des Etats-Unis. CĂ©sar Franck dresse une fresque nuptiale en gage de gratitude pour son ami YsaĂże, la transformant en une renaissance de l’art français ; Debussy donne le plus libre cours possible Ă  son propre imaginaire, y parvenant au bout d’une vie tourmentĂ©e ; BenoĂźt Menut concilie l’art de l’hommage avec l’intĂ©gritĂ© d’une innovation « sur les Ă©paules des gĂ©ants » ; enfin Messiaen croise technique, art de la composition, chant millĂ©naire et quotidien des oiseaux.

 

 

CANAP +
Les concerts de juin 2021 en REPLAY ici
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

TEASER festival INVENTIO 2021
https://www.youtube.com/watch?v=KeSQ9nBqLf8

INFOS ET RESERVATIONS ici :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

 

 

FESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux de la 6Ú édition

festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec LĂ©o Marillier, directeur artistique. PrĂ©sentation et enjeux du Festival INVENTIO 2021, 6Ăš Ă©dition, sur le thĂšme « Ecouter voir » 
 Fondateur du festival INVENTIO en Seine et Marne, le violoniste LĂ©o Marillier en assure aussi la direction artistique. Le musicien place au cƓur de son projet musical, l’humain, l’exploration voire l’expĂ©rimentation en partage Ă  destination du plus large public possible, avec une dose exaltante de crĂ©ation car le directeur artistique est aussi compositeur (dont les Ɠuvres sont jouĂ©es par son propre Quatuor, le Quatuor JOYCE). Bel acte de dĂ©mocratisation de la musique qui profite aussi aux expĂ©riences multiples, aux mĂ©tissages fraternels, Ă  une thĂ©atralisation crĂ©ative des instrumentistes, mis en dialogue avec les sites les plus dĂ©paysants voire enchanteurs de Seine-et-Marne (ThĂ©Ăątre du Voyageur, Galleria Continua
)
 Cette annĂ©e le thĂšme « écouter voir » tisse un nouveau parcours exaltant entre musique et peinture
 entretien exclusif.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Que vit le festivalier sur les sites des concerts ?

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 LEO MARILLIER : Le dĂ©paysement
 Les sites se trouvent en rĂ©gion parisienne et pourtant cela fleure dĂ©jĂ  la province
 Mais surtout les sites ont tous une caractĂ©ristique commune : l’insolite. Je suis fondu d’opĂ©ra et chaque fois que je visite un lieu en vue du festival, je le vois comme un thĂ©Ăątre potentiel
 On place quelques spots, on apporte une estrade, des chaises
 et une scĂšne Ă©phĂ©mĂšre surgit le temps d’une soirĂ©e ! Parfois ces scĂšnes magiques prĂ©existent, comme le ThĂ©Ăątre du Voyageur Ă  l’emplacement d’une voie dĂ©saffectĂ©e de la gare d’AsniĂšres : depuis le quai on pousse une porte dĂ©robĂ©e et l’on entre dans un thĂ©Ăątre magique, adossĂ© Ă  la ville et en mĂȘme temps, secrĂšte oasis
 C’est merveilleux, inspirant pour nous, musiciens. Ou encore la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie reconvertie en galerie d’art oĂč nous jouons Ă  l’ombre d’Ɠuvres monumentales de Daniel Buren ou Anish Kapoor
 Ou encore des sites naturels : choisir l’heure dans la journĂ©e suffit Ă  doter certains parcs de l’aura nĂ©cessaire Ă  faire surgir un espace scĂ©nique
. J’aime les lieux qui ont eu plusieurs vies 
 l’imagination du temps qui les a reconstruits
 En musique aussi, sitĂŽt nĂ©e, une oeuvre possĂšde dĂ©jĂ  une forme de passĂ© ou d’histoire, et bien qu’elle porte dĂ©jĂ  l’attribut hasardeux du « terminĂ© », elle va vivre autre chose ; Ă  peine partagĂ©e, se sauve-t-elle du lit de notre temps. Il faut rĂ©pĂ©ter que chaque jour le soleil est nouveau, et semer avec cette pensĂ©e
.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels aspects musicaux mettez-vous en lumiÚre cette année?

LEO MARILLIER : C’’est prĂ©cisĂ©ment ce que les Ɠuvres illuminent dans notre esprit, le travail qu’elles accomplissent dans notre imaginaire
. Les Ɠuvres doubles musicale/picturale d’Arnold Schönberg et d’Ivan Wyschnegradsky se devaient bien sĂ»r d’ĂȘtre les points d’ancrage de cette Ă©dition « Ecouter voir ». Pour chacun de ces pionniers de leur Ă©poque, le concert dĂ©bute par une Ɠuvre empruntĂ©e Ă  leur pĂ©riode de jeunesse, cheminant dans l’hĂ©ritage qu’ils ont reçu de leur passĂ©. Puis lui succĂšde une Ɠuvre de leur pĂ©riode tardive, tĂ©moignant de la confiance vĂ©ritable acquise et exacerbĂ©e par leur travail de peintre, dessinateur, graphiste. En effet, Schönberg, aprĂšs sa glorieuse Nuit TransfigurĂ©e, parvient Ă  dĂ©mĂȘler les conflits musicaux de l’Ă©poque en invoquant une libertĂ© crĂ©atrice qu’il dĂ©couvre dans ses autoportraits, ses peintures de rĂȘves, ses visions. De maniĂšre diffĂ©rente, Wyschnegradsky tente d’organiser visuellement, esthĂ©tiquement on pourrait dire, l’audace harmonique dont il fait preuve, ceci de maniĂšre continue pendant sa vie. La dimension visuelle est en rĂ©alitĂ© omniprĂ©sente dans notre approche du phĂ©nomĂšne sonore et musical. Nous gardons une image du dĂ©roulĂ© d’une Ɠuvre et des pics Ă©motionnels gĂ©nĂ©rĂ©s par l’écoute. Nous tentons de construire une tapisserie qui serait parallĂšle au temps dans lequel nous sommes immergĂ©s lors du concert, individuellement, ou collectivement. Plus concrĂštement, les Variations Goldberg, dĂ©fendues par Ambre Vuillermoz Ă  l’accordĂ©on, sont un excellent exemple de cette dynamique : elles dĂ©veloppent une idĂ©e musicale simple, en dressent des portraits familiers, ou Ă©trangers, Ă©motionnels ou humoristiques, et la sĂ©quence de ces variations imprime en nous une direction, une marche Ă  suivre, un chemin presque initiatique, de dĂ©couverte Ă  la fois de la musique et de nous-mĂȘme. Ainsi, les concerts des 18 et 26 juin (mĂȘme programme d’Ɠuvres inachevĂ©es interprĂ©tĂ© par le Quatuor Joyce) explorent ce qui se passe quand le compositeur choisit de laisser ouvert ce chemin de dĂ©couverte, soit parce qu’il a changĂ© d’idĂ©e musicale, soit parce qu’il a abandonnĂ© le projet musical en cours d’ébauche. Les quatuors inachevĂ©s de Schubert, Haydn fournissent ces points de suspension. DictĂ©e par l’Ă©trange silence qui les remplit, la suite de l’Ɠuvre est confiĂ©e Ă  la licence de l’auditeur.

 

 

 

6Ăšme Ă©dition du Festival INVENTIO de LĂ©o Marillier

« écouter voir » :
Le travail continu du visuel Ă  la rencontre du sonore

 

CANAP'PLUS : 5 concerts en replay jusqu'au 13 décembre 2020

 

 

Mise en rĂ©sonnance avec l’univers pictural de Jean-Pierre Corne « peintre de l’énergie, peintre de la lumiĂšre » pour l’un des concerts. La crĂ©ativitĂ© intĂ©rieure, la lente naissance d’une image mentale chez qui crĂ©e et qui assiste Ă  l’Ɠuvre, dominera la table ronde du 18 septembre, autour de Lu Xiangcheng, Franck Yeznikian, et Bruno Ducol, respectivement chercheur en synesthĂ©sie et compositeurs dont le mĂ©tissage entre les arts est dominant. Ce travail continu du visuel Ă  la rencontre du sonore est explorĂ© Ă©galement dans le programme du 26 septembre que je partage avec le pianiste Fernando Palomeque. Le thĂšme du « tissage » y est roi, inspirĂ© par le plus grand tapis du monde, merveille conservĂ©e Ă  Abu Dhabi oĂč j’ai jouĂ© en 2019 (et fait un peu de tourisme â˜ș). A travers les miniatures tardives de Beethoven et Schubert, Ă  la facture tantĂŽt humble, tantĂŽt dĂ©jantĂ©e, puis les Ɠuvres de Sibelius, constitutives d’une vĂ©ritable fresque musicale du pays natal du compositeur, je propose une tapisserie Ă  l’écoute. RĂ©pĂ©tition de courts motifs – comme un tapis reprendrait une sĂ©rie de motifs gĂ©omĂ©triques simples. Le « clou » de la soirĂ©e sera le Spring of Chosroes de Feldman, qui reprend avec une exactitude et une simplicitĂ© rares un tapis lĂ©gendaire de la mythologie iranienne, qui raconterait la prospĂ©ritĂ© d’un empire dĂ©sormais disparu, ceci avec pour rĂ©sultat musical hypnotique, dĂ©ambulatoire, et profondĂ©ment touchant 


 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre rĂ©flexion sur l’idĂ©e de Festival a-t-elle Ă©voluĂ© avec la pandĂ©mie?
fest-inventio-leo-marillier-festival-seine-et-marne-classiquenewsLEO MARILLIER : J’aimerais dire que les concerts sont devenus encore plus prĂ©cieux, autant pour celles et ceux qui les produisent, que pour celles et ceux qui la construisent de leur prĂ©sence d’auditeurs incarnĂ©s. Le concert suppose un public ici et là ; le virtuel est bien, trĂšs bien mĂȘme, mais sonne quand mĂȘme comme une mise en attente ou un regret. J’ai tenu Ă  prĂ©senter un rĂ©pertoire fait de jumelages entre des chefs-d’oeuvre avĂ©rĂ©s, comme la Nuit TransfigurĂ©e (avec Ryo Kojima, Laurent Camatte, LoĂŻc Abdelfettah, Pierre Strauch et Clotilde Lacroix) et leurs contreparties plus secrĂštes, comme le Trio Ă  cordes de Schönberg. L’Ɠuvre moins connue dialogue ou s’oppose au chef-d’Ɠuvre ; le concert devient ainsi une unitĂ©, une union d’opposĂ©s pourrait –on dire, servie dans un lieu qui laisse s’exprimer cette mise en perspective.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles seraient les nouveautés cette année pour ce retour aux concerts avec public?
LEO MARILLIER : En termes de rĂ©pertoire, j’ai accentuĂ© pour cette sixiĂšme Ă©dition l’équilibre entre familiaritĂ© et Ă©trangetĂ© et les deux se nourrissent. Ainsi le programme de quatuors inachevĂ©s s’achĂšve par une Ɠuvre – le 3e quatuor de Bartok – qui propose une solution : le voyage continue, le temps file, la musique trouve sa propre issue. Le concert saxophone et piano du 27 juin avec Eudes Bernstein et Orlando Bass explore une Ă©poque assez unique par son effervescence, autant musicale que sociĂ©tale : l’explosion crĂ©atrice du dĂ©but du 20e siĂšcle, par le biais de la fascination que cette Ă©poque porte pour le saxophone, qui devient autant instrument noble que familier, autant romantique que social. Le concert de clĂŽture que je partagerai avec ClĂ©ment Lefebvre procurera une autre facette de cette pĂ©riode remuĂ©e, Ă  savoir le romantisme qui, en France, est Ă  cette Ă©poque Ă  son sommet (Franck), sommet dont nous suivrons les retombĂ©es jusque ses derniĂšres flammes (Messiaen, Dukas). L’an dernier, initiative amorcĂ©e, la scĂšne ouverte aux amateurs et conservatoires, est cette annĂ©e remarquablement bien honorĂ©e et nous attendons de trĂšs belles choses
 dans un site extrĂȘmement poĂ©tique, le kiosque d’Everly.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous associez aux concerts, la retransmission, le documentaire et aussi l’activitĂ© de votre propre quatuor JOYCE. Comment tous ces aspects se complĂštent-ils, et de quelle façon enrichissent-ils votre propre expĂ©rience musicale ?
LEO MARILLIER : Le quatuor Joyce tient une place importante dans ma vie, dans notre vie, Ă  Apolline Kirklar, LoĂŻc Abdelfettah, Emmanuel Acurero et moi-mĂȘme. Nous profitons de notre groupe pour concrĂ©tiser des envies, les expliciter Ă  nos yeux et nos oreilles
 et les vĂŽtres. Le nom et l’Ɠuvre de Joyce, par son aura, son ambivalence entre romantisme et modernitĂ©, sa gĂ©nĂ©rositĂ© stylistique, nous encourage Ă  chercher et Ă  chercher encore comment partager en tant que musiciens et en tant qu’hommes. Les deux rendez-vous du quatuor Joyce pendant le festival illustrent cette recherche : nous proposerons un programme pĂ©dagogique ciblĂ© sur l’histoire de la gamme. Le Quatuor Joyce me fait l’honneur de crĂ©er l’un de mes quatuors, composĂ© cette annĂ©e, dans un programme qui pose la question suivante : la crĂ©ation est-elle soumise Ă  l’individu, ou bien s’impose-t-elle Ă  celui ou celle qui en est le mĂ©diateur ?
Sur le plan des documentaires, nouveau versant enthousiasmant de la transmission musicale dont je me suis emparĂ© du fait du contexte pendant la pandĂ©mie, continuation du travail commencĂ© en 2020 (avec les docu-films « Volti subito » dĂ©diĂ©s Ă  Beethoven). Cette annĂ©e, je commente un montage que j’ai rĂ©alisĂ© Ă  partir de courts-mĂ©trages sur Schoenberg, peintre et compositeur, Ă  partir de films prĂȘtĂ©s par la Fondation de Vienne. Ce streaming sera proposĂ© le 12 juin comme clĂ© d’écoute prĂ©alable au concert dĂ©diĂ© Ă  Schoenberg. D’autres « volti subito », mi-docu, mi-film (toujours l’importance de l’image) sont en gestation
 La captation audio-visuelle des concerts (assurĂ©e par le duo AurĂ©lien Melior/Richard Marillier) est un outil formidable quand il permet lors de la retransmission de susciter un autre regard sur l’Ă©vĂšnement du concert, proposant dĂ©jĂ  une interprĂ©tation visuelle de la musique, une ligne de comprĂ©hension pour l’auditeur, achevĂ©e et incomplĂšte. Cette exigence de la mise en scĂšne, je m’y suis confrontĂ© lors du montage du documentaire Beethoven, dont le dĂ©coupage et le travail sur les transitions m’a particuliĂšrement passionnĂ©. Reste que le spectacle vivant est l’expĂ©rience totale et unique oĂč l’attention peut et doit bondir d’un bout Ă  l’autre de la scĂšne de maniĂšre toute personnelle. Ces activitĂ©s de la recherche, de la composition, de la crĂ©ation, de la musique de chambre, et de la direction artistique, me permettent de comprendre le rĂŽle de chacune dans l’infinie beautĂ© qu’est la musique, et me permettent aussi d’observer leurs juxtapositions. L’acquisition d’une expĂ©rience musicale se veut chez moi Ă  la fois unie et multiple, et j’espĂšre que les murs qui pourraient opposer ces catĂ©gories ont des oreilles ! A votre question, cher Philippe, concernant la maniĂšre dont tout cela nourrit ma propre expĂ©rience musicale, j’ai envie de rĂ©pondre par cette phrase de Yannis Ritsos : « La distance entre les choses ne cesse de croĂźtre et de les unir » (recueil « Sur une corde »).”

Propos recueillis en juin 2021

 

 

 

 

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SEINE ET MARNE, Festival INVENTIO N°6 : du 6 au 27 juin, puis du 4 au 30 septembrefestival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservations 2021.
ThÚme 2021 : « écouter voir »
Les 6, 12, 18, 19, 26, 27 juin 2021
Les 4, 18, 25, 30 septembre 2021
Le programme en détail, les modalités de réservations :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-r%C3%A9servations-2021/

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INVENTIO-replay-video-leo-marillier-video-classiquenews-replayLIRE aussi notre prĂ©sentation du FESTIVAL INVENTIO 2021 : ” Ă©couter voir ” … la (dĂ©jĂ ) 6Ăšme Ă©dition du Festival INVENTIO en Seine et Marne cultive et diffuse sa passion de la musique de chambre en sollicitant tous les sens ; plusieurs sites patrimoniaux seine-et-marnais deviennent le temps de la programmation, Ă©crins pour une expĂ©rience musicale inĂ©dite. Autour du violoniste et compositeur LĂ©o Marillier, directeur artistique du Festival, les jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs jouent le grand rĂ©pertoire et « des pĂ©pites musicales inĂ©dites », les piliers de la musique chambriste et aussi plusieurs Ɠuvres contemporaines qui ouvrent de nouveaux dialogues… :

http://www.classiquenews.com/seine-et-marne-paris-festival-inventio-6-juin-30-sept-2021/