FESTIVAL INVENTIO 2022 : L’Autre Ulysse, fantaisie théâtrale de Léo Marillier

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022FESTIVAL INVENTIO, jeudi 19 mai 2022, L’AUTRE ULYSSE – 100 ans de la publication d’Ulysse de James Joyce. Entre musique et littérature, le premier événement du FESTIVAL INVENTIO 2022 célèbre le centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce, fresque fleuve, flamboyante et faussement décousue, dont la construction et la langue polymorphe égalent Homère. Le violoniste Léo Marillier, directeur artistique du Festival honore la verve, l’audace, la truculence fraternelle d’un Joyce falstaffien dans ce programme intitulé « L’Autre Ulysse », fantaisie théâtrale dont le texte et la mise en scène sont assurés par lui-même, à partir d’extraits d’Ulysse de Joyce.

Ainsi commence le 7è Festival Inventio 2022. Intitulé « Notes de voyage », c’est une nouvelle odyssée dont les multiples concerts et événements sont défendus autour de la personnalité hors normes de Léo Marillier par les instrumentistes de la génération montante. Cette année, INVENTIO explore le thème du voyage à travers la musique, le théâtre, le cinéma… « Heureux qui comme Ulysse, a beaucoup voyagé ».

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L’AUTRE ULYSSE

Spectacle inaugural : Fantaisie Théâtraleboutonreservation
PARIS, Bibliothèque Sainte-Geneviève
Jeudi 19 mai – 18h30
Acc̬s gratuit РR̩servations conseill̩es (Jauge restreinte)

Bibliothèque Sainte-Geneviève
10 place du Panthéon, Paris 75005

Pour le centenaire de la publication d’Ulysse de Joyce
Texte original et mise en scène : Léo Marillier
et extraits d’Ulysse (traduction de Léo Marillier, non éditée)
Avec Vincent Morieux et Léo Marillier
Participation des voix de l’association Joyce Saint-Gérand-le-Puy

Présentation par le festival INVENTIO :
Au cÅ“ur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, une nuit commence sous le regard attentif, actif, silencieux, des bustes du passé… Entre fiction et réalité, mise en scène de personnages extraits chacun à leur manière du roman de Joyce et à la recherche d’une parole qui place l’inachevé au cÅ“ur du labyrinthe, s’inventant au souvenir toujours présent de textes météoriques et follement géniaux d’ « Ulysse » – phare de cette rencontre fantasmée entre les époques et les visions du mythe homérique… »

INFORMATION, BILLETTERIE
Réservez directement sur le site du 7è Festival INVENTIO 2022, ici:
https://www.billetweb.fr/lautreulysse

 

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PROCHAINS EVENEMENTS / CONCERTS :

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Jeudi 9 juin 2022, 20h
Bray sur Seine – 77
20h : Les gens de Dublin
(VO sous-titré français)

Projection cinématographique
Cinéma “Le Renaissance”
16, rue de l’Église, Bray-sur-Seine 77480

Les gens de Dublin (VO sous-titré français)
d’après la dernière nouvelle du recueil éponyme de James Joyce
Entracte gourmand (sous réserve des conditions sanitaires)
22 h : Découverte de l’agenda du festival 2022

L’histoire se passe à Dublin, chez les trois demoiselles Morkan, en 1904. C’est le réveillon, toute la famille se réunit autour d’une oie et de whiskeys. Le repas ne commence qu’après des danses familiales, un morceau de piano, une vieille chanson et une étrange histoire bien racontée. Au dîner, sous l’effet de la bonne nourriture et des alcools, les langues se délient et expriment ses idées ou ses souvenirs. Un discours de Gabriel très émouvant aidera chacun à se révéler. Lors du départ, un air lointain fredonné provoquera une grande nostalgie chez Gretta qui évoquera à son mari, de retour chez eux, son amour de jeunesse. Des photos de paysages irlandais clôturent ce testament cinématographique de John Huston.


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Vendredi 10 juin 2022, 20h30
Asnière sur Seine (92)

Concert trio avec piano
Théâtre du voyageur
GARE SNCF – Quai D, 34 bis Av. de la Marne

David Saudubray, piano
Léo Marillier, violon
Raphaël Chrétien, violoncelle

Johannes Brahms,
Trio no 2 en ut majeur op 87

Elliott Carter, 12 Épigrammes (2012)

Robert Schumann,
Trio no 3 en sol mineur op 110

Brahms et Schumann mêlent le premier romantisme, apparenté au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rêverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passé. Leurs trios avec piano constituent un sommet d’introspection et de clarté ; ceux présentés ce 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, écoute de l’ombre. En guise de compagnon pour cette soirée, les épigrammes d’Elliott Carter, ultime Å“uvre d’un compositeur alors centenaire : 12 miniatures comme autant de fusées de lucidité projetées dans l’espace, saturées de couleurs prodigieuses permises par un piano, un violon, et un violoncelle quand ils se mêlent et dialoguent.

 

 

 

 

 

 

 

 

VOIR LE CLIP du FESTIVAL INVENTIO 2022
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https://www.youtube.com/watch?v=U5qT25ce3Z4

 

 

 

 

 

 

77, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021

7inventio-concerts-festival-concerts-VIGNETTE-20217, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021. A Beauchery, Provins, Egligny, enfin Paris (Fondation des Etats-Unis), le violoniste Léo Marillier, directeur artistique du festival Inventio propose 4 rvs musicaux événements en Seine et Marne et à Paris.

 

La suite du Festival INVENTIO
4 événements musicaux en septembre 2021

 

 

Samedi 4 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Eglise Beauchery-Saint-Martin
3, rue de la Fontaine, 77560 Beauchery

19h : Ouverture au Taï Chi Chuan
20h : Concert guidé : La gamme à travers la couleur
Quatuor Joyce

J.S. Bach : Contrapunctus 1 & 9 from the Art of Fugue
Ivan Wyschnegradsky : String Trio op.53 (1978-1979)
J.S. Bach : Contrapunctus 8
Anton von Webern : Quartet (1905)
Ivan Wyschnegradsky : String quartet n°2 (1930-1931)

Le quatuor Joyce rend hommage au compositeur russe, Ivan Wyschnegradsky, pionnier reconnu mais secret, dont l’œuvre tout entière tend vers un désir musical adossé à l’arc-en-ciel. Son travail musical d’une extrême fécondité s’inscrit dans un projet de mosaïque lumineuse d’inspiration mystique dont le concert témoigne grâce à une immersion visuelle.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsSamedi 18 septembre 2021
Musée de Provins et du Provinois
7 Rue du Palais, 77160 Provins

15h : TABLE RONDE
Avec Bruno Ducol, Franck Yesnikian, Lu Xiangcheng, Léo Marillier

Parmi les compositeurs géniaux confrontant autrement rythmes et couleurs et nous dévoilant les perspectives énigmatiques nées de cette rencontre, citons Alexandre Scriabine, Arnold Schoenberg, Olivier Messiaen et Ivan Wyschnegradsky… Quels sont en effet les rapports entre sons et musique, quelles traductions entre la musique et les autres arts peuvent s’opérer? Questions qui orientent les échanges de cette table ronde, animée par quatre musiciens et chercheurs passionnés : Bruno Ducol, auteur de “L’oeil écoute” et de “Vibrations chromatiques”, Franck Yeznikian dont les oeuvres sont régulièrement irriguées par des passerelles entre la lumière et la musique, Lu Xiangcheng, auteur de la thèse “Synesthésie et immersion : composantes visuelles, sonores et musicales dans la création d’oeuvres artistiques contemporaines”. Léo Marillier, directeur artistique de l’édition 2021 du Festival Inventio intitulée “Écouter voir” et lui aussi compositeur, est l’heureux modérateur de cet échange, illustré de projections et d’extraits musicaux et suivi d’un débat avec le public.

 

 

 

Samedi 25 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Abbaye de Preuilly
Avenue du Chemin Noir 77440 Égligny

16h : Ouverture au Taï Chi Chuan
Concert à 17h30 : »Tissages”

Fernando Palomeque, piano
Léo Marillier, violon

Franz Liszt : Gondole Lugubre (version violon et piano par Liszt)
Morton Feldman : Spring of Chosroes
Jean Sibelius : Pièces pour violon et piano
L.v. Beethoven : variations WoO 40 pour violon et piano en fa majeur
Robert Schumann : Märchenbilder op.113
Béla Bartók (1882-1945) : premier portrait op.5 pour orchestre :
‘un idéal’ (1907), version pour violon et piano

Pianiste et chef d’orchestre argentin, Fernando Palomeque est lauréat de nombreux concours internationaux. Partenaire privilégié de Léo Marillier, violoniste né à Provins au parcours de concertiste qui l’a déjà mené aux quatre coins du monde ; son récent concert au Louvre d’Abu Dhabi lui a fait découvrir le plus grand tapis du monde qui lui a inspiré ce concert. Nous suivrons donc fil à fil l’obsession qui mène les compositeurs à des tissages musicaux d’où surgit un fourmillement précieux. Pour ce concert de clôture : l’immense domaine privé de l’ancienne Abbaye de Preuilly dont le manège à chevaux est aménagé en salle de concert.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsJeudi 30 septembre 201
PARIS, Fondation des Etats-Unis
19h30
Clément Lefebvre, piano
Léo Marillier, violon

Claude Debussy : Syrinx (argt violon seul par L.Marillier) (2021)
Olivier Messiaen : Extraits de « petites esquisses d’oiseau » (1985)

César Franck : Sonate
Benoit Menut : Les Nombres op 93 (2018)
Claude Debussy, : Sonate

Franck, Messiaen, Debussy, Menut, chacun ici est comme saisi à des instants différents d’une quête qui leur est commune : une fusion entre l’histoire des pensées et la beauté singulière de l’idée, une refonte de l’art français, en écho à la fresque « Les Quatre Âges de l’Art Français » de Robert La Montagne Saint-Hubert, œuvre de 1930 qui orne le Grand Salon de la Fondation des Etats-Unis. César Franck dresse une fresque nuptiale en gage de gratitude pour son ami Ysaÿe, la transformant en une renaissance de l’art français ; Debussy donne le plus libre cours possible à son propre imaginaire, y parvenant au bout d’une vie tourmentée ; Benoît Menut concilie l’art de l’hommage avec l’intégrité d’une innovation « sur les épaules des géants » ; enfin Messiaen croise technique, art de la composition, chant millénaire et quotidien des oiseaux.

 

 

CANAP +
Les concerts de juin 2021 en REPLAY ici
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

TEASER festival INVENTIO 2021
https://www.youtube.com/watch?v=KeSQ9nBqLf8

INFOS ET RESERVATIONS ici :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

 

 

FESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux de la 6è édition

festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux du Festival INVENTIO 2021, 6è édition, sur le thème « Ecouter voir » … Fondateur du festival INVENTIO en Seine et Marne, le violoniste Léo Marillier en assure aussi la direction artistique. Le musicien place au cœur de son projet musical, l’humain, l’exploration voire l’expérimentation en partage à destination du plus large public possible, avec une dose exaltante de création car le directeur artistique est aussi compositeur (dont les œuvres sont jouées par son propre Quatuor, le Quatuor JOYCE). Bel acte de démocratisation de la musique qui profite aussi aux expériences multiples, aux métissages fraternels, à une théatralisation créative des instrumentistes, mis en dialogue avec les sites les plus dépaysants voire enchanteurs de Seine-et-Marne (Théâtre du Voyageur, Galleria Continua…)… Cette année le thème « écouter voir » tisse un nouveau parcours exaltant entre musique et peinture… entretien exclusif.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Que vit le festivalier sur les sites des concerts ?

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 LEO MARILLIER : Le dépaysement… Les sites se trouvent en région parisienne et pourtant cela fleure déjà la province… Mais surtout les sites ont tous une caractéristique commune : l’insolite. Je suis fondu d’opéra et chaque fois que je visite un lieu en vue du festival, je le vois comme un théâtre potentiel… On place quelques spots, on apporte une estrade, des chaises… et une scène éphémère surgit le temps d’une soirée ! Parfois ces scènes magiques préexistent, comme le Théâtre du Voyageur à l’emplacement d’une voie désaffectée de la gare d’Asnières : depuis le quai on pousse une porte dérobée et l’on entre dans un théâtre magique, adossé à la ville et en même temps, secrète oasis… C’est merveilleux, inspirant pour nous, musiciens. Ou encore la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie reconvertie en galerie d’art où nous jouons à l’ombre d’œuvres monumentales de Daniel Buren ou Anish Kapoor… Ou encore des sites naturels : choisir l’heure dans la journée suffit à doter certains parcs de l’aura nécessaire à faire surgir un espace scénique…. J’aime les lieux qui ont eu plusieurs vies … l’imagination du temps qui les a reconstruits… En musique aussi, sitôt née, une oeuvre possède déjà une forme de passé ou d’histoire, et bien qu’elle porte déjà l’attribut hasardeux du « terminé », elle va vivre autre chose ; à peine partagée, se sauve-t-elle du lit de notre temps. Il faut répéter que chaque jour le soleil est nouveau, et semer avec cette pensée….

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels aspects musicaux mettez-vous en lumière cette année?

LEO MARILLIER : C’’est précisément ce que les Å“uvres illuminent dans notre esprit, le travail qu’elles accomplissent dans notre imaginaire…. Les Å“uvres doubles musicale/picturale d’Arnold Schönberg et d’Ivan Wyschnegradsky se devaient bien sûr d’être les points d’ancrage de cette édition « Ecouter voir ». Pour chacun de ces pionniers de leur époque, le concert débute par une Å“uvre empruntée à leur période de jeunesse, cheminant dans l’héritage qu’ils ont reçu de leur passé. Puis lui succède une Å“uvre de leur période tardive, témoignant de la confiance véritable acquise et exacerbée par leur travail de peintre, dessinateur, graphiste. En effet, Schönberg, après sa glorieuse Nuit Transfigurée, parvient à démêler les conflits musicaux de l’époque en invoquant une liberté créatrice qu’il découvre dans ses autoportraits, ses peintures de rêves, ses visions. De manière différente, Wyschnegradsky tente d’organiser visuellement, esthétiquement on pourrait dire, l’audace harmonique dont il fait preuve, ceci de manière continue pendant sa vie. La dimension visuelle est en réalité omniprésente dans notre approche du phénomène sonore et musical. Nous gardons une image du déroulé d’une Å“uvre et des pics émotionnels générés par l’écoute. Nous tentons de construire une tapisserie qui serait parallèle au temps dans lequel nous sommes immergés lors du concert, individuellement, ou collectivement. Plus concrètement, les Variations Goldberg, défendues par Ambre Vuillermoz à l’accordéon, sont un excellent exemple de cette dynamique : elles développent une idée musicale simple, en dressent des portraits familiers, ou étrangers, émotionnels ou humoristiques, et la séquence de ces variations imprime en nous une direction, une marche à suivre, un chemin presque initiatique, de découverte à la fois de la musique et de nous-même. Ainsi, les concerts des 18 et 26 juin (même programme d’œuvres inachevées interprété par le Quatuor Joyce) explorent ce qui se passe quand le compositeur choisit de laisser ouvert ce chemin de découverte, soit parce qu’il a changé d’idée musicale, soit parce qu’il a abandonné le projet musical en cours d’ébauche. Les quatuors inachevés de Schubert, Haydn fournissent ces points de suspension. Dictée par l’étrange silence qui les remplit, la suite de l’œuvre est confiée à la licence de l’auditeur.

 

 

 

6ème édition du Festival INVENTIO de Léo Marillier

« écouter voir » :
Le travail continu du visuel à la rencontre du sonore

 

CANAP'PLUS : 5 concerts en replay jusqu'au 13 décembre 2020

 

 

Mise en résonnance avec l’univers pictural de Jean-Pierre Corne « peintre de l’énergie, peintre de la lumière » pour l’un des concerts. La créativité intérieure, la lente naissance d’une image mentale chez qui crée et qui assiste à l’œuvre, dominera la table ronde du 18 septembre, autour de Lu Xiangcheng, Franck Yeznikian, et Bruno Ducol, respectivement chercheur en synesthésie et compositeurs dont le métissage entre les arts est dominant. Ce travail continu du visuel à la rencontre du sonore est exploré également dans le programme du 26 septembre que je partage avec le pianiste Fernando Palomeque. Le thème du « tissage » y est roi, inspiré par le plus grand tapis du monde, merveille conservée à Abu Dhabi où j’ai joué en 2019 (et fait un peu de tourisme ☺). A travers les miniatures tardives de Beethoven et Schubert, à la facture tantôt humble, tantôt déjantée, puis les œuvres de Sibelius, constitutives d’une véritable fresque musicale du pays natal du compositeur, je propose une tapisserie à l’écoute. Répétition de courts motifs – comme un tapis reprendrait une série de motifs géométriques simples. Le « clou » de la soirée sera le Spring of Chosroes de Feldman, qui reprend avec une exactitude et une simplicité rares un tapis légendaire de la mythologie iranienne, qui raconterait la prospérité d’un empire désormais disparu, ceci avec pour résultat musical hypnotique, déambulatoire, et profondément touchant …

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre réflexion sur l’idée de Festival a-t-elle évolué avec la pandémie?
fest-inventio-leo-marillier-festival-seine-et-marne-classiquenewsLEO MARILLIER : J’aimerais dire que les concerts sont devenus encore plus précieux, autant pour celles et ceux qui les produisent, que pour celles et ceux qui la construisent de leur présence d’auditeurs incarnés. Le concert suppose un public ici et là ; le virtuel est bien, très bien même, mais sonne quand même comme une mise en attente ou un regret. J’ai tenu à présenter un répertoire fait de jumelages entre des chefs-d’oeuvre avérés, comme la Nuit Transfigurée (avec Ryo Kojima, Laurent Camatte, Loïc Abdelfettah, Pierre Strauch et Clotilde Lacroix) et leurs contreparties plus secrètes, comme le Trio à cordes de Schönberg. L’œuvre moins connue dialogue ou s’oppose au chef-d’Å“uvre ; le concert devient ainsi une unité, une union d’opposés pourrait –on dire, servie dans un lieu qui laisse s’exprimer cette mise en perspective.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles seraient les nouveautés cette année pour ce retour aux concerts avec public?
LEO MARILLIER : En termes de répertoire, j’ai accentué pour cette sixième édition l’équilibre entre familiarité et étrangeté et les deux se nourrissent. Ainsi le programme de quatuors inachevés s’achève par une Å“uvre – le 3e quatuor de Bartok – qui propose une solution : le voyage continue, le temps file, la musique trouve sa propre issue. Le concert saxophone et piano du 27 juin avec Eudes Bernstein et Orlando Bass explore une époque assez unique par son effervescence, autant musicale que sociétale : l’explosion créatrice du début du 20e siècle, par le biais de la fascination que cette époque porte pour le saxophone, qui devient autant instrument noble que familier, autant romantique que social. Le concert de clôture que je partagerai avec Clément Lefebvre procurera une autre facette de cette période remuée, à savoir le romantisme qui, en France, est à cette époque à son sommet (Franck), sommet dont nous suivrons les retombées jusque ses dernières flammes (Messiaen, Dukas). L’an dernier, initiative amorcée, la scène ouverte aux amateurs et conservatoires, est cette année remarquablement bien honorée et nous attendons de très belles choses… dans un site extrêmement poétique, le kiosque d’Everly.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous associez aux concerts, la retransmission, le documentaire et aussi l’activité de votre propre quatuor JOYCE. Comment tous ces aspects se complètent-ils, et de quelle façon enrichissent-ils votre propre expérience musicale ?
LEO MARILLIER : Le quatuor Joyce tient une place importante dans ma vie, dans notre vie, à Apolline Kirklar, Loïc Abdelfettah, Emmanuel Acurero et moi-même. Nous profitons de notre groupe pour concrétiser des envies, les expliciter à nos yeux et nos oreilles… et les vôtres. Le nom et l’œuvre de Joyce, par son aura, son ambivalence entre romantisme et modernité, sa générosité stylistique, nous encourage à chercher et à chercher encore comment partager en tant que musiciens et en tant qu’hommes. Les deux rendez-vous du quatuor Joyce pendant le festival illustrent cette recherche : nous proposerons un programme pédagogique ciblé sur l’histoire de la gamme. Le Quatuor Joyce me fait l’honneur de créer l’un de mes quatuors, composé cette année, dans un programme qui pose la question suivante : la création est-elle soumise à l’individu, ou bien s’impose-t-elle à celui ou celle qui en est le médiateur ?
Sur le plan des documentaires, nouveau versant enthousiasmant de la transmission musicale dont je me suis emparé du fait du contexte pendant la pandémie, continuation du travail commencé en 2020 (avec les docu-films « Volti subito » dédiés à Beethoven). Cette année, je commente un montage que j’ai réalisé à partir de courts-métrages sur Schoenberg, peintre et compositeur, à partir de films prêtés par la Fondation de Vienne. Ce streaming sera proposé le 12 juin comme clé d’écoute préalable au concert dédié à Schoenberg. D’autres « volti subito », mi-docu, mi-film (toujours l’importance de l’image) sont en gestation… La captation audio-visuelle des concerts (assurée par le duo Aurélien Melior/Richard Marillier) est un outil formidable quand il permet lors de la retransmission de susciter un autre regard sur l’évènement du concert, proposant déjà une interprétation visuelle de la musique, une ligne de compréhension pour l’auditeur, achevée et incomplète. Cette exigence de la mise en scène, je m’y suis confronté lors du montage du documentaire Beethoven, dont le découpage et le travail sur les transitions m’a particulièrement passionné. Reste que le spectacle vivant est l’expérience totale et unique où l’attention peut et doit bondir d’un bout à l’autre de la scène de manière toute personnelle. Ces activités de la recherche, de la composition, de la création, de la musique de chambre, et de la direction artistique, me permettent de comprendre le rôle de chacune dans l’infinie beauté qu’est la musique, et me permettent aussi d’observer leurs juxtapositions. L’acquisition d’une expérience musicale se veut chez moi à la fois unie et multiple, et j’espère que les murs qui pourraient opposer ces catégories ont des oreilles ! A votre question, cher Philippe, concernant la manière dont tout cela nourrit ma propre expérience musicale, j’ai envie de répondre par cette phrase de Yannis Ritsos : « La distance entre les choses ne cesse de croître et de les unir » (recueil « Sur une corde »).”

Propos recueillis en juin 2021

 

 

 

 

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SEINE ET MARNE, Festival INVENTIO N°6 : du 6 au 27 juin, puis du 4 au 30 septembrefestival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservations 2021.
Thème 2021 : « écouter voir »
Les 6, 12, 18, 19, 26, 27 juin 2021
Les 4, 18, 25, 30 septembre 2021
Le programme en détail, les modalités de réservations :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-r%C3%A9servations-2021/

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INVENTIO-replay-video-leo-marillier-video-classiquenews-replayLIRE aussi notre présentation du FESTIVAL INVENTIO 2021 : ” écouter voir ” … la (déjà) 6ème édition du Festival INVENTIO en Seine et Marne cultive et diffuse sa passion de la musique de chambre en sollicitant tous les sens ; plusieurs sites patrimoniaux seine-et-marnais deviennent le temps de la programmation, écrins pour une expérience musicale inédite. Autour du violoniste et compositeur Léo Marillier, directeur artistique du Festival, les jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs jouent le grand répertoire et « des pépites musicales inédites », les piliers de la musique chambriste et aussi plusieurs Å“uvres contemporaines qui ouvrent de nouveaux dialogues… :

http://www.classiquenews.com/seine-et-marne-paris-festival-inventio-6-juin-30-sept-2021/