CD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon)

goerne-matthias-baryton-lieder-beethoven-cd-classiquenews-critique-review-cdCD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon). Le Beethoven intimiste, révélant ses aspirations amoureuses, les non-dits et la passion souvent ardente d’un cœur insatiable (si l’on décompte le nombre de ses aimées durant sa carrière) se dévoilent ici grâce au chant sobre et profond du baryton Matthias Goerne. Le diseur, excellent schubertien, féru de poésie depuis son enfance à Weimar et grâce au goût du père dramaturge, très amateur de Goethe, ravive ici, par la sincérité de sa voix, la flamme et le verbe éruptif comme allusif du Beethoven le plus proche du cœur. En témoignent ces 23 lieder dont deux cycles majeurs : les 6 lieder opus 48 et le cycle noble et profond « An die ferne Geliebte » opus 98, désormais emblématique d’un romantique au verbe et à la mélodie, ciselés.

LIRE aussi notre dossier spécial BEETHOVEN 2020
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

1. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 1. Bitten
2. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 2. Die Liebe des Nächsten
3. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 3. Vom Tode
4. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 4. Die Ehre Gottes aus der Natur
5. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 5. Gottes Macht und Vorsehung
6. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 6. Bußlied
7. Beethoven: Resignation WoO 149
8. Beethoven: An die Hoffnung op. 32
9. Beethoven: Gesang aus der Ferne WoO 137
10. Beethoven: Maigesang op. 52 no. 4
11. Beethoven: Der Liebende WoO 139
12. Beethoven: Klage WoO 113
13. Beethoven: An die Hoffnung op. 94
14. Beethoven: Adelaide op. 46
15. Beethoven: Wonne der Wehmut op. 83 no. 1
16. Beethoven: Das Liedchen von der Ruhe op. 52 no. 3
17. Beethoven: An die Geliebte WoO 140
18. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 1. Auf dem Hügel sitz ich, spähend
19. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 2. Wo die Berge so blau
20. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 Р3. Leichte Segler in den H̦hen
21. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 Р4. Diese Wolken in den H̦hen
22. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 5. Es kehret der Maien, es blühet die Au
23. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 6. Nimm sie hin denn, diese Lieder

LIVESTREAM, Rudolf Buchbinder joue les Variations Diabelli de BEETHOVEN

buchbinder-rudolf-piano-beethoven-live-review-concert-critique-classiquenews-DG-classiquenewsYOUTUBE LIVE aujourd’hui, 15h : Rudolf Buchbinder, piano, joue BEETHOVEN, à partir de 15h sur Youtube. Présenté par Deutsche Grammophon @DGclassics   -   Dans le cadre de l’opération #WorldPianoDay, suivez en direct le live stream Beethoven par Rudolf Buchbinder sur youtube, ici : https://youtu.be/GDQZiLx6CzE
Rudolf Buchbinder jouera quelques extraits de son nouvel albul édité par DG Deutsche Grammophon, dédié aux célèbres Variatons Diabelli / ‘ The Diabelli Project ‘ : https://DG.lnk.to/Buchbinder-Diabelli.



RESTEZ CHEZ VOUS : LE CLASSIQUE VIENT A VOUS
#StayAtHome

VISIONNER ici le récital live de Rudolf Buchbinder : BEETHOVEN
https://www.youtube.com/watch?v=GDQZiLx6CzE&feature=youtu.be

CD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction très carrée du chef letton Andris Nelsons (né à Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez réducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des éclairs et tutti martiaux, guerriers… mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron Beethovénien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancées ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant réputés pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblée berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait à articuler, à nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven à poigne.

Tous ceux qui savent tout l’héritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophétique, l’intelligence des timbres et la sensibilité du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)… passeront leur chemin.

De même, la 1ère symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grâce à la vélocité des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aérés ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalité. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise à outrance avec des gestes pompiers… Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7è est de ce point de vue emblématique : elle révèle les aspérités et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentée. Quelle majesté qui trépigne comme un dragon rugissant peu à peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire réagir en une frénésie unique et inouïe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis à l’opposé, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funèbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendés dans l’appel des cimes. Nelsons éclaircit la pâte, précise et clarifie le contrepoint, précise chaque entrée des cordes pour mieux asséner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration évocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons…) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf électrique qui se déroule et aimante tout sur son passage ; préalable frénétique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en présence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-même et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti répétitifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté…

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8è développe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui étreint la matière, la malaxe et la compresse en éclats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant émerger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro récapitule toute l’énergie dont est capable le promothéen Beethoven. Quel contraste là encore avec la légèreté caquettante, badine et facétieuse de l’Allegretto (justement annoté « scherzando ») qui semble faire révérence à l’humour et la délicatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins réussi car grossièrement battu, sans légèreté. Des acoups guère sforzando asséner sans ménagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. Là se révèle  à notre avis les limites de la version Nelsons : trop épaisse, la pâte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknérienne et brahmsienne. Un Beethoven enflé, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élégance viennoise. dans les faits, Beethoven fit créer toutes ses symphonies majeures à Vienne. Sur un tempo très allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trépigne et caquète à souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne très bien dans la force tellurique et rythmique de la 5è ; mais qu’en est-il dans ce vaste poème de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiée à travers ses 5 mouvements ? Hymne inouï à la Nature, expression d’un sentiment de compassion déjà écologique, et panthéiste qui récapitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la Création, oratorio clé de 1799) ?
La sonorité comme chauffée à blanc des cordes donne la clé d’une lecture plus intense et contrastée que vraiment articulée. Tout est énoncé avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matière en constante fusion, crépitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; à croire que le chef ne connaît (ou plus exactement écarte) toute nuance piano, tout galbe amoureux… la volupté dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilité caressante : tout est exécuté, détaillé, précisé et par séquences.  Il y manque la patine tendre, la distance poétique, ce flux qui s’écoule, organique et viscéral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein…) dans la scène au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

Même éclatante voire fracassante énergie dans la 9è, à laquelle il ne manque ni déflagration ni décharges en tous genres ; du souffle aussi dès le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel général à toutes les énergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle épique, à l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence à faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, résumant le développement et ses variations en une série de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pétaradante qui sonne dur voire épaisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapée par l’euphorie et même la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayée cependant sur le mode forte voire fortissimo et mégaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trépidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de détails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaînés rapidement, presque précipités.
L’Adagio doit effacer toute tension, réparer les blessures, réconforter par son voile instrumental où règnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois… Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu éternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasés piano dont le chef se montre avare depuis le début de son intégrale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la déflagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, résonne comme une prise à témoin, et la claire volonté de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La séquence est charnière ; elle doit être entendue comme ultime récapitulation aussi, à la fois complète et définitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanité fraternelle réconciliée dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspiré, capable de contrastes ciselés, le chef détaille alors séquence par séquence, produit de superbes climats qui récapitulent ce qui a été développé. L’Allegro assai, c’est à dire l’énoncé initial de l’Ode à la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors détaillé par les bois.. Voilà une séquence parfaitement réussie, nuancée, murmurée, riante dans la joie et l’espérance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opéra, et l’on pense à la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs très bon wagnérien, comme à Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rédigé par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en ménageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
Après l’appel de tout le chœur, à 3’33, l’armée orchestrale reprend le flambeau, électrisée davantage par le ténor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chœur des hommes. Chef et instrumentistes assènent une montée en puissance qui ne ménage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive… quitte à éluder le mystère de la séquence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration… Une intégrale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A écouter Nelsons, tout l’apport récent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est écarté ici. Question d’esthétique certes. Mais à force de rugir et vrombir, le moteur beethovénien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3è et dernier volume attestent des qualités identiques observées dans les opus précédents : puissance et richesse du son. Créée à Leningrad en 1939 par le légendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractère endeuillé du Largo préliminaire, détaillant les solos instrumentaux pour flûte piccolo, cor anglais, basson afin de déployer la matière nocturne, étouffante de cette longue séquence grave et intranquille. Les deux mouvements plutôt courts qui suivent Allegro et Presto assène une motricité aiguë et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgés de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordé comme un feu d’artifice cravaché, narguant le mystère du premier mouvement dont il dément le calme profond par une série ultime de surenchère démonstrative et vindicative, au bord de la folie… LIRE ici la critique complète

 

 

 

 

 

 

CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / int̩grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 Р2019 Р5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant réussir récemment dans une intégrale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluées par classiquenews. Pour l’année Beethoven 2020, voici en préambule attendu, prometteur, l’intégrale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 à 2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observée. La finesse de la sonorité et le détail comme l’énergie préservées par le chef devraient marquer cette nouvelle intégrale par la phalange viennoise. Voilà qui éclairera la subtilité et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplée aux contrastes éruptifs, volcaniques d’un Beethoven à jamais révolutionnaire. Grande critique à venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncée : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / int̩grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 Р2019 Р5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon)

Verdi ildar abdrazakov cd annonce critique classiquenews verdi orch metropolitain de montreal classiquenewsCD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voilà le déjà 2è cd réalisé par la basse vedette et le chef à qui tout semble réussir, pour Deutsche Grammophon.
ATTILA fait valoir l’élasticité sombre et noble du ruban mélodique dont est capable la basse Ildar Abdrazakov : le chanteur colore, étire, sur le souffle, sans jamais écraser. Dans la prière langoureuse du roi Felipe II, monarque auquel est refusé le bonheur et l’amour : Ella giamma m’amo! (DON CARLOS), il faut un diseur capable de nuancer toutes les couleurs de l’amertume frustrée, mais là aussi, dignité de la personne, dans la noblesse et aussi une certaine tendresse, car cet air contrairement à ce qui précède dans l’opéra, concerne la dévoilement d’un sentiment (voire d’une tragédie) intime : osons dire que la basse malgré son souci du texte et du caractère de la pièce, écrase un peu, lissant le tout dans une couleur monochrome… Dans NABUCCO I (« Sperate, o figli » de Zaccaria), le soliste plafonne davantage dans un air qui manque de ciselure, déçoit par son gris terne, rond certes mais dépourvu de relief caverneux, ce qui est d’autant plus dommage car le chœur et l’orchestre (basson) sont impeccables, riches en vitalité intérieure. Dans la cabalette, la voix pourtant intense, manque de brillant ; finit par être couverte par les choristes et les instrumentistes. Et si les vrais vedettes de ce récital verdien orchestralement passionnant, étaient les instrumentistes montréalais et leur chef charismatique ?

Ildar Abdrazakov est-il un verdien affûté ?…
Basse moyenne, un rien monochrome.
Par contre l’orchestre…

Verdi a soigné les barytons et basses. L’opéra Boccanegra offre des caractères inoubliables pour tout chanteur acteur : l’air A te l’estremo de Fiesco respire la lassitude de l’homme, tourmenté, dévoré (au sens strict comme symbolique). Là encore malgré la puissance (peut-être renforcé par le niveau du micro), le timbre tend à la monochromie, certes sa teinte grise et sombre éclairant le mal qui ronge le héros : « A te l’estremo addio » (plage 8 et 9), air d’adieu, de renoncement encore âpre et tendu, lugubre, surtout imploratif et introspectif, la basse russe perd dans l’étendu de la ligne, sa justesse, se détimbre, manque l’éclat de sidération et d’accent fantastique, en cela soutenu, dialogué avec le choeur, halluciné ; regrettable manque de couleurs, de nuances, d’autant que l’orchestre lui offre une palette de références souvent saisissante, sous la baguette abbadesque du québécois Yannick Nézet Séguin. Le second air de Zaccaria de Nabucco dévoile les limites d’une voix qui tend à rester dans son medium, engorgée, lissant tout le texte, au vibrato de plus en plus omniprésent. Même lassitude et vibrato gras pour son Procida (i Vespri Siciliani). Partition lumineuse et fantastique, Luisa Miller scintille ici par le jeu de l’orchestre, millimétré, nuancé. Hélas, le Walter de Abdrazakov reste d’un terne vibré qui finit par lasser tant il aplatit tout le texte.
Dommage. La direction de Yannick Nézet-Séguin est, elle, inspirée, hallucinée, détaillée… d’une conviction nuancée égale à son récent Mozart en direction de Baden Baden (Die Zauberföte / La Flûte enchantée : clic de classiquenews de l’été 2019). Abdrazakov n’est pas Nicolai Ghiaurov : verdien autrement mieux colorés et diseurs, même avec sa voix ample et caverneuse.

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CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon) – Parution en France : le 15 août 2019.

CD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd / DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden). Le 6è opus de leur cycle des opéras de Mozart à Baden Baden impose désormais une complicité convaincante : Yannick Nézet-Séguin et Roland Villazon ont été bien inspirés de proposer ce projet lyrique aux décisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La Flûte Enchantée jouée et enregistrée live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis à sa disposition : sens de l’architecture, soin des détails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractérisation de chaque séquence, selon les protagonistes en piste s’avère passionnante à suivre, révélant dans leur richesse poétique, tous les plans de compréhension possible, d’une œuvre à la fois populaire et très complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable à la fois réaliste et spirituelle se déroule avec une expressivité jamais appuyée (sauf à l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature…).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohérent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particulièrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus méritants sont évidement les deux ténors requis, chacun dans leur registre si contrastés : l’altier et juvénile Klaus Florian Vogt, qui a troqué son endurance wagnérienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élégance et le galbe princier ; Paul Schweinester déjà apprécié dans Pedrillo de l’Enlèvement au sérail (du même cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi épatant ; même engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (précédemment Osmin dans le déjà cité Enlèvement au sérail ; vivante et même enivrée depuis sa délivrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (précédente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula Mühlemann, palpitante et très juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotée certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vérité : démonstrative, voire routinière pour l’avoir ici et là tellement chanté / usé (elle réussit mieux son 2è air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-même (charisme fédérateur du chef certainement), apportant souvent outre la présence vocale, l’approfondissement du caractère.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les récits du narrateur ont été écartés de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohérence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacité du chef font la différence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initié par Don Giovanni joué à l’été 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

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CD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden) – Parution : 2 août 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opéra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula Mühlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando Villazón, Papageno ;

Johanni van Oostrum, Première Dame ;
Corinna Scheurle, Deuxième Dame ;
Claudia Huckle, Troisième Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, Deuxième Garçon ;
Lukas Finkbeiner, Troisième Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier Prêtre / Premier Homme armé ;
Douglas Williams, Deuxième Prêtre / Deuxième Homme armé ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chœur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick Nézet-Séguin, direction musicale

 

 

 

 

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APPROFONDIR

 

 

LIRE nos critiques compl̬tes des titres pr̩c̩dents CYCLE MOZART N̩zet-S̩guin / Villazon РBADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) РDG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, Nézet-Séguin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. Entrée réussie pour le chef canadien Yannick Nézet-Séguin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier défi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.Après les mythiques Boehm, Furtwängler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement médité, l’opéra Don Giovanni version Nézet-Séguin regarderait plutôt du coté de son maître, très scrupuleusement étudié, observé, suivi, le défunt Carlo Maria Giulini: souffle, sincérité cosmique, vérité surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincérité première, son urgence théâtrale, en une liberté de tempi régénérés, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempéraments mis en mouvement.Immédiatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalité très fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuité dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile… Les chanteurs sont naturellement portés par la sureté de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (Nézet-Séguin, 2012) 3 cd DG   ….   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick Nézet-Séguin poursuit son intégrale Mozart captée à Baden Baden chaque été pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagé. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso … D’abord il y a l’élégance mordante souvent très engageante de l’orchestre auquel Yannick Nézet-Séguin, coordonnateur de cette intégrale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrésistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frétille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout féminins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble développer une sensibilité proche du coeur féminin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une présence absolue ici, qui démentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail, Die Entfhürung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, Nézet-Séguin (2 cd Deutsche Grammophon). Après Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composée par Mozart en 1782, au coeur des Lumières défendue à Baden Baden par Nézet-Séguin et son équipe ? Évidemment avec son léger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine à convaincre dans le rôle de Belmonte;  outre l’articulation contournée de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniéré à notre goût, autant de petites anomalies qui malgré l’intensité du chant placent le chanteur en dehors du rôle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiègle et pétaradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achève la sienne sous le pilotage du Montréalais Yannick-Nézet Séguin récemment nommé directeur musical au Metropolitan Opera de New York. Après Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncées ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistré de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le ténor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opéras de la maturité. Villazon on l’a vu, se refait une santé vocale au cours de ce voyage mozartien, réapprenant non sans convaincre le délicat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivité des inflexions, l’art des nuances et des phrasés souverains… une autre écoute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes à Baden Baden sont placés derrière les chanteurs…) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. Nézet-Séguin, DiDonato, Rebeka… (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est à présent célèbre : implanter comme à Salzbourg, un cycle récurrent Mozart, mais ici à Baden Baden, et chaque été, c’est à dire les grands opéras ; après Don Giovanni, Cosi, L’Enlèvement au sérail, Les Nozze, voici le déjà 5è ouvrage, enregistré sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du ténor médiatique Rolando Villazon (pilier avec le chef québécois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempéraments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scène, grâce à leur vocalità ardente, ciselée : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne électrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rôle de l’amant manipulé ; et, révélation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dévorée par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rôle de l’ambitieuse prête à tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART Nézet-Séguin Baden Baden, complète

 

 

 

 

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LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dès le 3 août 2019

 

KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’héritage d’un grand chef du XXè, Herbert Van Karajan (né en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi célébrés par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inégalé, rend hommage à l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagénaire à la stature d’empereur, enregistre l’intégrale des symphonies de Bruckner (1 à 9, à Berlin de janvier 1975 à janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et février 1979)… le geste est carré, parfois déclamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habité ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentré que rayonnant, pourtant souvent détaillé (Tchaikovski), Karajan affirme une esthétique de l’enregistrement particulièrement fouillée, à laquelle il a participé au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impérial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincère du compositeur de Linz ; la tendresse et cette présence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixés pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisé. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

APPROFONDIR

 

 

LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans après sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un héritage musical et esthétique qui s’incarne par le disque : titan doué d’une hypersensibilité fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgé aussi une notoriété légitime grâce à son souci de la qualité des enregistrements qu’il a pilotés et réalisés pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuosité habitée, un sens inné pour la ciselure comme le souffle épique de la fresque, Karajan a marqué l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuité inédite pour d’infimes nuances révélant l’opulence arachnéenne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intégrale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captées dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune réédite une série de coffrets absolument incontournables. Voici notre sélection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018)

CHOPIN sonate opus 58 dg maurizio pollini cd critique cd review par classiquenews actualites infos musique classique cd 028948364756-CvrbCD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018). Alors que simultanément sort aussi le nouveau et 4è cd du jeune Lisiecki dans un Mendelssohn sans nuance et plutôt linéairement martelé (également édité par DG), voici le « nouveau » Chopin d’un vétéran que l’expérience, le recul, et le bénéfice d’une sensibilité ciselée, elle intérieure naturellement, exaltent, inspirent au plus juste ; le pianiste déploie d’irrésistible arguments. Indiscutable, MAURIZIO POLLINI illumine les 7 partitions ici réunies qui semblent comme récapituler une vie dédiée à la réflexion et le sens de la musique. Son cadet aurait mérite d’enrichir ainsi à son écoute, un jeu trop scolaire.
Les Nocturnes font surgir le tragique et l’angoisse d’une âme inquiète et désemparée grâce au toucher et au rubato d’une formulation ronde et précise, nuancée et profonde, comprenant les chants et les contrechants. Chaque réitération sonne comme une blessure pudiquement ourlée ; chaque séquence s’écoule avec un secret, une infinie douceur sombre. Même le second plus ardent, plus conquérant (quoique) resplendit par une tendresse caressante, un moelleux naturel qui enchante et berce. Le travail de l’énonciation, l’architecture qui soigne les galbes et le relief poli des arêtes affirment une maturité et une compréhension saisissante de la langueur de Chopin : langueur mélancolique et aussi furieusement puissante (le rubato à la fois ralenti et magnifiquement articulé).
La respiration élégiaque, enveloppée dans une ouate suspendue de la Berceuse (opus 57), fait elle seule, la magie de ce récital de première inspiration ; où les harmonies se mêlent, s’enlacent, sur un châssis rythmique lui-même suspendu à ce tempo, ralenti, évanescent, désarticulé, articulé… d’une valse lente. Le jeu des miroitements intérieurs, à plusieurs plans, étagés dans l’espace musical font toute l’ivresse de cette séquence… littéralement magicienne. Du très grand art pianistique. Dans l’énoncé, la projection, la conception poétique, l’écoute intérieure. C’est un Chopin à l’infini pictural, d’un équilibre absolu et d’une paix fondamentale qui se déploie et s’affirme et berce alors. Magistral.

Construite en des contours plus net et tranchés, la Sonate opus 58 exprime une toute autre activité ; radicale, et puissante, manifestes de cette puissance (certes souvent rentrée) qui électrise le chant Chopinien. Autant de matelas harmoniquement dense, pour que surgisse la sublime mélodie bellinienne du premier mouvement. Charpenté et chantant. Pollini n’oublie dans cette rondeur murmurée, ce galbe toujours souverain, l’aspect « maestoso » de l’Allegro initial. Quelle compréhension naturelle de la texture chopinienne. A la fois viscérale et chtonienne, la fluidité de Chopin, se déploie souple et aérienne dans un flux à l’onctueuse matérialité.
pollini-piano-maurizio-chopin-portrait-critique-cd-classiquenews-piano-majeur-actualites-piano-par-classiquenewsDans cet épanouissement ultime du premier mouvement, l’agilité souple et caressante du toucher fait oublier la matérialité de la mécanique, comme la frappe des touches ; et que dire de l’élasticité sidérante du second mouvement, plus doux et agile lui aussi : ce Scherzo atteint une texture pure, au delà de toute matérialité du clavier ; un pur son à la fois moelleux et mordant d’un équilibre idéal. Un tel galbe rehausse l’éclat électrique de l’écriture, son énergie lumineuse et flamboyante dont la fugacité, éperdue, foudroyée (« molto vivace ») contraste avec l’ampleur architecturée du premier Allegro. Belle couleur liquide du Largo, plus droit, objectif, avec des assises graves idéalement énoncées là aussi. Enfin le dernier Finale / Presto non tanto confirme tout ce que l’on pensait du pianiste italien chez Chopin : l’énergie de la matière qui crépite et s’embrase en une urgence organique, développe chez Chopin, cette ardeur brillante qui est aussi puissance de feu – un aspect que l’on écarte trop souvent ; concernant Maurizio Pollini, c’est un acrobate et un athlète au muscle intact d’une rondeur caressante, d’une grâce allusive exemplaire qui affirme et la marche tragique et l’effusion pudique d’une déclaration personnelle. En maître de la structure, le pianiste capte et précise le sens et la direction de la digitalité qui s’accomplit : sous la crépitement virtuose du jeu proprement dit (en soi déjà impressionnant), l’interprète marque un cap, cible directement le mouvement essentiel, révélant l’ossature globale. La vision est captivante et sa formulation, scintillante. Magistral récital Chopin : sa sensualité  cultive et l’éloquence et l’énigme, en un clair / obscur réjouissant, captivant. Bel oxymore. Mais familier pour ce poète du clavier. CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 Р1 cd Deutsche Grammophon Рdur̩e : 53 mn, 2018) РCLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigé l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989, presque 15 ans d’une complicité et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du génie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd réunissant l’intégrale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dédié à Hector Berlioz. Agé de 33 ans, le maestro célébré internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret événement : Symphonie Fantastique, Rêverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majorité des enregistrements concerne surtout l’opéra avec Roméo et Juliette, La Damnation de Faust, Béatrice et Bénédicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de Cléopâtre et le Requiem… Piloté par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-être ici connu une décade miraculeuse, par sa sonorité pleine et onctueuse, sons sens du détail et de l’architecture… A venir, mi février 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique développée du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et après lui, James Levine furent les légendes qui ont ciselé la sonorité nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ère de Seiji Ozawa (de 1973 à 2002), la phalange américaine atteint des sommets de poésie symphonique, servie aussi par une ingénierie de l’enregistrement qui n’a rien à voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, débute dès 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 à 1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : désormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opéra, Ozawa maintient un très haut niveau d’implication esthétique, cherchant un son à la fois plein et détaillé, qui fait merveille entre autres dans le répertoire française, de Berlioz à Ravel.
Né en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : âgé de 38 ans au début de son mandat à Boston, le chef d’origine japonaise (en réalité né en Chine à Shenyang) défend une sensibilité de fauve, à la subtilité féline, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, préserve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car doué d’une curiosité élargie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension électrique, nerveuse, pourtant habitée par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout développement, assurant à chaque épisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche répertoire, qui mêle les piliers archi connus et les perles moins jouées dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; Pelléas et Mélisande, et Dolly de Fauré)… qui en font l’un des meilleurs interprètes de notre répertoire hexagonal.

Parmi les grands thèmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les Roméo et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maîtrise symphonique d’Ozawa se dévoile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fébrilité féline éblouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (Boléro, Alborada del gracioso, Ma Mère l’Oye / Daphnis et Chloé…) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992…

CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dédiés à POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champêtre,…), évidemment les BERLIOZ et les RAVEL déjà cités ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus récent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au récent enregistrement de la 9è Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa réalise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, réflexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision régénérée, épurée, captivante par sa ligne et son intensité : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9è par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). Après un premier disque DG intitulé « Héritages » (il avait 31 ans), le pianiste à la chevelure léonine récidive dans un programme dénommé « 33 » (comme son nouvel âge), lui aussi métissé, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, génie oublié du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalité qui est une chance, la promesse de réalisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrétisation d’une nouvelle constellation, mosaïque de mondes sonores épicés, variés, éclectiques. L’ancien élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris décloisonne la notion sclérosante de répertoires : il n’y a ni répertoire classique ni chemins détonnants ; ni grands maîtres, ni petits maîtres. Il n’y a que des sensibilités et des expériences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volonté créative de quelques compositeurs dont le pianiste démiurge sélectionne et agence chaque œuvre ainsi choisie. « Liszt et les Amériques » était le titre de son récital à New York (Carnegie Hall, 2015) : déjà la volonté d’un multiculturalisme sans frontières et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : Tárrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, Szymaánski, Shilingl, Schumann… là encore, la volonté d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique… Voilà qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unité et la cohérence dans ce meiltingpot surprenant et peut-être enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. Annonc̩ le 8 f̩vrier 2019 Рconcert le 19 f̩vrier 2019 au TCE, PARIS.

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro québécois Yannick Nézet-Séguin, mozartien de premier plan, depuis son intégrale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque été avec Rolando Villazon) est un « plus » décisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempérament de ce dernier évite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrères surtout asiatiques, cultivent malgré leur célébrité : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-être encore trop précautionneuse, à l’inverse de ses confrères (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuosité, soeur d’une ineffable et bien présente intériorité fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturité experte et si intensément poétique, expose à nu ; révèle les limites d’un jeu sans âme. Rien de tel chez le jeune coréen, déjà remarqué pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. Créé à Vienne par Wolfgang lui-même, le Concerto n°20 est un sommet d’élégance et de profondeur, un mariage inouï entre séduction et vérité. A 29 ans, Mozart démontre un génie inclassable, traversé comme personne par la grâce la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (ré mineur), il ouvre la voie des pièce maîtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturée, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence éperdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellé de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimétrés s’entend rarement chez les interprètes. Or cela est palpable dans le jeu du coréen, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delà par sa profondeur tragique, une sincérité qui désarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son équilibre, sa mesure, et aussi une simplicité du style qui s’écarte comme on a dit de l’arène plus commune et pourtant largement médiatisée défendue par ses confrères et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le coréen sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanité, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vénérée et sublimée par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  Après la complicité et l’écoute résolument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue là encore des couleurs contrastées. Dans la Première sonate (K281), le pianiste saisit le caractère fantasque du dernier mouvement ; ses élans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette légèreté tragique et chantante et grave qui révèle l’interprète capable de vrais éclairages intérieurs, d’une éloquence tendre et toujours à l’écoute du cÅ“ur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancée encore de l’écriture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation émotionnelle. Mais d’une manière générale, la sensibilité inspire une approche ténue proche de l’intime, cultivant l’extrême délicatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rêveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planète Mozart, le jeune coréen surprend par son attention à la clarté pudique, à l’intonation  rentrée, parfois secrète, débarrassée de toute affectation, une bouleversante sincérité qui se révèle véritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idéalement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilà donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmé non sans arguments chez Chopin, dévoile ici des affinités évidentes chez Wolfgang entre candeur et vérité. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure démonstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistré sur le vif par Claudio Abbado, révélant le génie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovénien et surtout mozartien dans l’âme… Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevée, grandiose, sombre et parfois emplombée mais avec une séduction incroyable, que la sublime symphonie n°5 à laquelle Abbado en 1971 à Vienne, restitue son incroyable élégance mozartienne, ce dès le premier mouvement « Allegro », où rayonnent la tendresse, la grâce, une vitalité presque pastorale qui contraste évidemment avec la sidération lugubre de la 8è, en son diptyque en si mineur inabouti.
Voilà qui éclaire la participation de Franz – ailleurs relégué aux seuls lieder et à la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’après les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dès 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le répertoire du collectif. Cette 5è éblouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter à Mozart (amour fraternel du 2è mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la Flûte enchantée) et à Haydn, jalon désormais majeur de cette élégance viennoise qui mène vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, véritable révélation, par sa justesse artistique et le focus qui révèle en pleine lumière, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du génie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, à la sonorité fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande élasticité de la palette instrumentale, parfaitement détaillée, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maîtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicité avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élégance expressive du Menuetto, à la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parenté avec la Symphonie en sol de Mozart saisit là encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru à leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspiré, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisé. Et si la 5è de Schubert était tout bonnement la 42è symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesuré cette maîtrise et cette sincérité de la pâte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, porté, transfiguré par la grâce ? CD superlatif, un modèle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / Réf. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD. Mozart : Cosi fan tutte (Nézet-Séguin, 2012) 3 cd DG

CD. Mozart : Cosi fan tutte (Nézet-Séguin, 2012) 3 cd DG   ….   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick Nézet-Séguin poursuit son intégrale Mozart captée à Baden Baden chaque été pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagé.

Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso …
D’abord il y a l’élégance mordante souvent très engageante de l’orchestre auquel Yannick Nézet-Séguin, coordonnateur de cette intégrale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrésistible.
Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frétille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout féminins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble développer une sensibilité proche du coeur féminin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une présence absolue ici, qui démentiront notre analyse.

Délectable Cosi …

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCapté sur le vif en juillet 2012 à Baden Baden, ce Cosi tient ses promesses : le chef accuse le relief palpitant d’une partition marquée par l’apologie scintillante du sentiment. Et chacun des solistes en version de concert ont soin à exprimer l’acuité théâtrale de chaque situation.
La distribution marque les nuances de rigueur pour un exercice qui pris en live contient aussi ses défauts et ses inévitables limites. Manque de préparation certainement, l’homogénéité fait parfois défaut, surtout dans la direction ici et là … précipité.
En Ferrando, Villazon semble usé, serré, noyauté … sans guère de nuances ni de subtilité : et déjà lors de la performance, le ténor si peu mozartien avait fait pâle figure au moment du concert à Baden Baden. Adam Plachetka est un Guglielmo passe partout. Plus délirant, l’Alfonso d’un routier du comique, Alessandro Corbelli perce davantage le scène.
Côté chanteuses, le piquant de la Despina de Mojca Erdman que le label jaune entend nous imposer de disque en disque, peine à séduire : son acidité percutante masque tout le jeu de l’actrice et la moindre intention.
Plus finement caractérisé, le duo des femmes victimes est plus attachant : Miah Persson fait une Fiordiligi distinguée, angélique et suave à souhaits ; cependant que la Dorabella d’Angela Brower en impose tout autant par son timbre grave plus ténébreux de mezzo cependant clair (et tout autant agile).
Les portraits féminins en gagnent une réalité immédiate très convaincante. Ils confère au marivaudage musical et mozartien, ses vertiges et ses pâmoisons si délectables. Voilà un second volet de l’intégrale mozartienne signée Nézet Séguin à Baden Baden qui tient dignement sa place aux côtés du précédent Don Giovanni qui montrait la même ardeur expressive, le même sens théâtral finement ciselé. A suivre.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791): Così fan tutte, ossia La scuola deglia amanti, K. 588—M. Persson (Fiordiligi), A. Brower (Dorabella), M. Erdmann (Despina), R. Villazón (Ferrando), A. Plachetka (Guglielmo), A. Corbelli (Don Alfonso). Vocalensemble Rastatt. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin. Enregistrement live réalisé pendant les représentations en version de concert, juillet 2012, Festspielhaus Baden-Baden. 3cd Deutsche Grammophon 479 0641. 2h58mn. Parution : septembre 2013.