CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano : SILVER AGE / l’Âge d’argent. Scriabine, Prokofiev, Stravinsky (Gergiev, 2 cd DG Deutsche Grammophon 2019)

Silver-Age daniil trifonov scriabine straninsky prokofiev 2 cd deutsche Grammophon critique cd review CLIC de classiquenews decembre 2020CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano : SILVER AGE / l’Âge d’argent. Scriabine, Prokofiev, Stravinsky (Gergiev, 2 cd DG Deutsche Grammophon 2019). De tous les albums du jeune Daniil Trifonov, Ă©ditĂ©s par DG, voici assurĂ©ment le plus dense, le plus personnel, portĂ© par une volontĂ© interprĂ©tative qui fait feu de tout bois. La digitalitĂ© manifeste, d’une facilitĂ© dĂ©concertante sert un plan poĂ©tique, un calibrage sonore qui rĂ©ussit Ă  concilier intensitĂ© et profondeur (en cela ses Prokofiev sont d’une maturitĂ© ahurissante). Dans chaque partition choisie, le pianiste semble rĂ©vĂ©ler l’ineffable, il ouvre des portes et envisage des perspectives jamais Ă©coutĂ©es avant lui ; c’est un alchimiste lunaire, Ă  la fois facĂ©tieux et prodigieusement musical ; son acuitĂ© sonore s’exprime dans une Ă©lĂ©gance technicienne qui s’efface au profit du sens. Sublime maturitĂ© qui s’expose ici sans artifice et interroge les possibilitĂ©s du clavier invitĂ© Ă  Ă©galer voire surpasser les mille Ă©clats de l’orchestre. Dans la splendeur d’une sensibilitĂ© sincĂšre et directe qui touche par son intĂ©rioritĂ© calibrĂ©e, nuancĂ©e, naturellement subtile, le pianiste s’interroge sur la signification des Ɠuvres, semble y tisser des rĂ©sonances naturelles avec le contexte social et politique. Son style est nourri d’une conscience inĂ©dite, assumĂ©e, revendiquĂ©e mĂȘme (cf le texte du livret). Scriabine, Stravinsky, Prokofiev composent sous ses doigts magiciens, une sainte trinitĂ©, celle de l’avant-garde russe, Ă  l’époque des premiĂšres annĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, quand Sergei Diaghilev sĂ©lectionnait et encourageait les « prodiges » russes.
La SĂ©ranade et l’Oiseau de feu de Stravinsky, la Sonate n°8 opus 84 de Prokofiev soulignent combien l’interprĂšte illumine par sa clairvoyance expressive, son sens de l’unitĂ©, cette modernitĂ© musicale Ă  l’Ɠuvre.
On ne s’étonne pas qu’il fasse ainsi du Concerto n°2 de Prokofiev une errance fantomatique aux Ă©clairs diffus, Ă©noncĂ©e Ă  reculons comme une lecture rembobinĂ©e aux allures de rĂȘve ressuscitĂ©. C’est une marche hallucinĂ©e au bord du prĂ©cipice Ă  laquelle rĂ©pond cette radicalitĂ© rythmique franche et autodĂ©terminĂ©e : toujours avec une digitalitĂ© Ă©tonnante, aux nuances de toucher d’une irrĂ©sistible justesse. Ce qui distingue Trifonov de ses confrĂšres et consoeurs chez DG (tel Yuja Wang elle aussi adepte de Prokofiev, mais avec une finesse expressive moindre et une technicitĂ© plus « tapageuse »), c’est sa propre sonoritĂ© toujours ronde et introspective, nuancĂ©e, colorĂ©e, Ă©nigmatique tant elle est riche de questionnements. D’autant que Gergiev sait lui aussi diffuser entre Ă©nergie et exubĂ©rance, des Ă©clats scintillants d’une grande portĂ©e suggestive.
CrĂ©Ă© Ă  Saint-Petersbourg en nov 1898, le seul Concerto pour piano opus 20 de Scriabine est une raretĂ© dont le manque de structure et de caractĂšre explique qu’il soit peu jouĂ©. CLIC_macaron_2014ƒuvre de jeunesse, le fa diĂšse mineur est une succession d’épisodes romantiques oĂč le fil s’égare entre ivresse et Ă©clairs crĂ©pusculaires. Cependant Trifonov en offre une lecture ardente, somptueusement soyeuse, qui cherche et trouve l’activitĂ© crĂ©pitante de champs souterrains. Le pianiste semble mĂȘme y dĂ©voiler une cohĂ©rence organique insoupçonnĂ©e.
DouĂ© d’une imagination narrative illimitĂ©e, Daniil Trifonov Ă©claire les 3 mouvements de Petrouchka entre expressivitĂ© et fulgurance. Le jeu pianistique exprime toutes les pĂ©ripĂ©ties de la marionnette suractive, hĂ©ros dĂ©risoire d’une fable qui n’est qu’une machinerie propre Ă  tuer toute ambition hĂ©roĂŻque. Pourtant un feu poĂ©tique et pĂ©taradant porte la poupĂ©e sublime, ici d’une prĂ©sence incandescente. Double coffret magistral. Daniil Trifonov affirme un talent exceptionnel qui en fait le pianiste russe le plus captivant de sa gĂ©nĂ©ration.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano : SILVER AGE / l’Âge d’argent. Scriabine, Prokofiev, Stravinsky (Gergiev, 2 cd DG Deutsche Grammophon) – EnregistrĂ© en janvier et octobre 2019. CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2020.

CD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon)

goerne-matthias-baryton-lieder-beethoven-cd-classiquenews-critique-review-cdCD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon). Le Beethoven intimiste, rĂ©vĂ©lant ses aspirations amoureuses, les non-dits et la passion souvent ardente d’un cƓur insatiable (si l’on dĂ©compte le nombre de ses aimĂ©es durant sa carriĂšre) se dĂ©voilent ici grĂące au chant sobre et profond du baryton Matthias Goerne. Le diseur, excellent schubertien, fĂ©ru de poĂ©sie depuis son enfance Ă  Weimar et grĂące au goĂ»t du pĂšre dramaturge, trĂšs amateur de Goethe, ravive ici, par la sincĂ©ritĂ© de sa voix, la flamme et le verbe Ă©ruptif comme allusif du Beethoven le plus proche du cƓur. En tĂ©moignent ces 23 lieder dont deux cycles majeurs : les 6 lieder opus 48 et le cycle noble et profond « An die ferne Geliebte » opus 98, dĂ©sormais emblĂ©matique d’un romantique au verbe et Ă  la mĂ©lodie, ciselĂ©s.

LIRE aussi notre dossier spécial BEETHOVEN 2020
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

1. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 1. Bitten
2. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 2. Die Liebe des NĂ€chsten
3. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 3. Vom Tode
4. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 4. Die Ehre Gottes aus der Natur
5. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 5. Gottes Macht und Vorsehung
6. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 6. Bußlied
7. Beethoven: Resignation WoO 149
8. Beethoven: An die Hoffnung op. 32
9. Beethoven: Gesang aus der Ferne WoO 137
10. Beethoven: Maigesang op. 52 no. 4
11. Beethoven: Der Liebende WoO 139
12. Beethoven: Klage WoO 113
13. Beethoven: An die Hoffnung op. 94
14. Beethoven: Adelaide op. 46
15. Beethoven: Wonne der Wehmut op. 83 no. 1
16. Beethoven: Das Liedchen von der Ruhe op. 52 no. 3
17. Beethoven: An die Geliebte WoO 140
18. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 1. Auf dem HĂŒgel sitz ich, spĂ€hend
19. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 2. Wo die Berge so blau
20. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 3. Leichte Segler in den Höhen
21. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 4. Diese Wolken in den Höhen
22. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 5. Es kehret der Maien, es blĂŒhet die Au
23. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 6. Nimm sie hin denn, diese Lieder

LIVESTREAM, Rudolf Buchbinder joue les Variations Diabelli de BEETHOVEN

buchbinder-rudolf-piano-beethoven-live-review-concert-critique-classiquenews-DG-classiquenewsYOUTUBE LIVE aujourd’hui, 15h : Rudolf Buchbinder, piano, joue BEETHOVEN, Ă  partir de 15h sur Youtube. PrĂ©sentĂ© par Deutsche Grammophon @DGclassics   -   Dans le cadre de l’opĂ©ration #WorldPianoDay, suivez en direct le live stream Beethoven par Rudolf Buchbinder sur youtube, ici : https://youtu.be/GDQZiLx6CzE
Rudolf Buchbinder jouera quelques extraits de son nouvel albul Ă©ditĂ© par DG Deutsche Grammophon, dĂ©diĂ© aux cĂ©lĂšbres Variatons Diabelli / ‘ The Diabelli Project ‘ : https://DG.lnk.to/Buchbinder-Diabelli.

‹‹RESTEZ CHEZ VOUS : LE CLASSIQUE VIENT A VOUS
#StayAtHome

VISIONNER ici le récital live de Rudolf Buchbinder : BEETHOVEN
https://www.youtube.com/watch?v=GDQZiLx6CzE&feature=youtu.be

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction trĂšs carrĂ©e du chef letton Andris Nelsons (nĂ© Ă  Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez rĂ©ducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des Ă©clairs et tutti martiaux, guerriers
 mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron BeethovĂ©nien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancĂ©es ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant rĂ©putĂ©s pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblĂ©e berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait Ă  articuler, Ă  nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven Ă  poigne.

Tous ceux qui savent tout l’hĂ©ritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophĂ©tique, l’intelligence des timbres et la sensibilitĂ© du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)
 passeront leur chemin.

De mĂȘme, la 1Ăšre symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aĂ©rĂ©s ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalitĂ©. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise Ă  outrance avec des gestes pompiers
 Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7Ăš est de ce point de vue emblĂ©matique : elle rĂ©vĂšle les aspĂ©ritĂ©s et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentĂ©e. Quelle majestĂ© qui trĂ©pigne comme un dragon rugissant peu Ă  peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire rĂ©agir en une frĂ©nĂ©sie unique et inouĂŻe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis Ă  l’opposĂ©, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funĂšbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendĂ©s dans l’appel des cimes. Nelsons Ă©claircit la pĂąte, prĂ©cise et clarifie le contrepoint, prĂ©cise chaque entrĂ©e des cordes pour mieux assĂ©ner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration Ă©vocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons
) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf Ă©lectrique qui se dĂ©roule et aimante tout sur son passage ; prĂ©alable frĂ©nĂ©tique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en prĂ©sence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-mĂȘme et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti rĂ©pĂ©titifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté 

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8Ăš dĂ©veloppe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui Ă©treint la matiĂšre, la malaxe et la compresse en Ă©clats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant Ă©merger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro rĂ©capitule toute l’énergie dont est capable le promothĂ©en Beethoven. Quel contraste lĂ  encore avec la lĂ©gĂšretĂ© caquettante, badine et facĂ©tieuse de l’Allegretto (justement annotĂ© « scherzando ») qui semble faire rĂ©vĂ©rence Ă  l’humour et la dĂ©licatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins rĂ©ussi car grossiĂšrement battu, sans lĂ©gĂšretĂ©. Des acoups guĂšre sforzando assĂ©ner sans mĂ©nagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. LĂ  se rĂ©vĂšle  Ă  notre avis les limites de la version Nelsons : trop Ă©paisse, la pĂąte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknĂ©rienne et brahmsienne. Un Beethoven enflĂ©, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élĂ©gance viennoise. dans les faits, Beethoven fit crĂ©er toutes ses symphonies majeures Ă  Vienne. Sur un tempo trĂšs allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trĂ©pigne et caquĂšte Ă  souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne trĂšs bien dans la force tellurique et rythmique de la 5Ăš ; mais qu’en est-il dans ce vaste poĂšme de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiĂ©e Ă  travers ses 5 mouvements ? Hymne inouĂŻ Ă  la Nature, expression d’un sentiment de compassion dĂ©jĂ  Ă©cologique, et panthĂ©iste qui rĂ©capitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la CrĂ©ation, oratorio clĂ© de 1799) ?
La sonoritĂ© comme chauffĂ©e Ă  blanc des cordes donne la clĂ© d’une lecture plus intense et contrastĂ©e que vraiment articulĂ©e. Tout est Ă©noncĂ© avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matiĂšre en constante fusion, crĂ©pitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; Ă  croire que le chef ne connaĂźt (ou plus exactement Ă©carte) toute nuance piano, tout galbe amoureux
 la voluptĂ© dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilitĂ© caressante : tout est exĂ©cutĂ©, dĂ©taillĂ©, prĂ©cisĂ© et par sĂ©quences.  Il y manque la patine tendre, la distance poĂ©tique, ce flux qui s’écoule, organique et viscĂ©ral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein
) dans la scĂšne au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

MĂȘme Ă©clatante voire fracassante Ă©nergie dans la 9Ăš, Ă  laquelle il ne manque ni dĂ©flagration ni dĂ©charges en tous genres ; du souffle aussi dĂšs le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel gĂ©nĂ©ral Ă  toutes les Ă©nergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle Ă©pique, Ă  l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence Ă  faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, rĂ©sumant le dĂ©veloppement et ses variations en une sĂ©rie de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pĂ©taradante qui sonne dur voire Ă©paisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapĂ©e par l’euphorie et mĂȘme la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayĂ©e cependant sur le mode forte voire fortissimo et mĂ©gaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trĂ©pidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de dĂ©tails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaĂźnĂ©s rapidement, presque prĂ©cipitĂ©s.
L’Adagio doit effacer toute tension, rĂ©parer les blessures, rĂ©conforter par son voile instrumental oĂč rĂšgnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois
 Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu Ă©ternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasĂ©s piano dont le chef se montre avare depuis le dĂ©but de son intĂ©grale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la dĂ©flagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, rĂ©sonne comme une prise Ă  tĂ©moin, et la claire volontĂ© de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La sĂ©quence est charniĂšre ; elle doit ĂȘtre entendue comme ultime rĂ©capitulation aussi, Ă  la fois complĂšte et dĂ©finitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanitĂ© fraternelle rĂ©conciliĂ©e dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspirĂ©, capable de contrastes ciselĂ©s, le chef dĂ©taille alors sĂ©quence par sĂ©quence, produit de superbes climats qui rĂ©capitulent ce qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. L’Allegro assai, c’est Ă  dire l’énoncĂ© initial de l’Ode Ă  la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors dĂ©taillĂ© par les bois.. VoilĂ  une sĂ©quence parfaitement rĂ©ussie, nuancĂ©e, murmurĂ©e, riante dans la joie et l’espĂ©rance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opĂ©ra, et l’on pense Ă  la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs trĂšs bon wagnĂ©rien, comme Ă  Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rĂ©digĂ© par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en mĂ©nageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
AprĂšs l’appel de tout le chƓur, Ă  3’33, l’armĂ©e orchestrale reprend le flambeau, Ă©lectrisĂ©e davantage par le tĂ©nor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chƓur des hommes. Chef et instrumentistes assĂšnent une montĂ©e en puissance qui ne mĂ©nage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive
 quitte Ă  Ă©luder le mystĂšre de la sĂ©quence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration
 Une intĂ©grale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A Ă©couter Nelsons, tout l’apport rĂ©cent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est Ă©cartĂ© ici. Question d’esthĂ©tique certes. Mais Ă  force de rugir et vrombir, le moteur beethovĂ©nien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie
 LIRE ici la critique complĂšte

 

 

 

 

 

 

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant rĂ©ussir rĂ©cemment dans une intĂ©grale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluĂ©es par classiquenews. Pour l’annĂ©e Beethoven 2020, voici en prĂ©ambule attendu, prometteur, l’intĂ©grale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 Ă  2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observĂ©e. La finesse de la sonoritĂ© et le dĂ©tail comme l’énergie prĂ©servĂ©es par le chef devraient marquer cette nouvelle intĂ©grale par la phalange viennoise. VoilĂ  qui Ă©clairera la subtilitĂ© et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplĂ©e aux contrastes Ă©ruptifs, volcaniques d’un Beethoven Ă  jamais rĂ©volutionnaire. Grande critique Ă  venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019 – 5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon)

Verdi ildar abdrazakov cd annonce critique classiquenews verdi orch metropolitain de montreal classiquenewsCD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voilà le déjà 2Ú cd réalisé par la basse vedette et le chef à qui tout semble réussir, pour Deutsche Grammophon.
ATTILA fait valoir l’élasticitĂ© sombre et noble du ruban mĂ©lodique dont est capable la basse Ildar Abdrazakov : le chanteur colore, Ă©tire, sur le souffle, sans jamais Ă©craser. Dans la priĂšre langoureuse du roi Felipe II, monarque auquel est refusĂ© le bonheur et l’amour : Ella giamma m’amo! (DON CARLOS), il faut un diseur capable de nuancer toutes les couleurs de l’amertume frustrĂ©e, mais lĂ  aussi, dignitĂ© de la personne, dans la noblesse et aussi une certaine tendresse, car cet air contrairement Ă  ce qui prĂ©cĂšde dans l’opĂ©ra, concerne la dĂ©voilement d’un sentiment (voire d’une tragĂ©die) intime : osons dire que la basse malgrĂ© son souci du texte et du caractĂšre de la piĂšce, Ă©crase un peu, lissant le tout dans une couleur monochrome
 Dans NABUCCO I (« Sperate, o figli » de Zaccaria), le soliste plafonne davantage dans un air qui manque de ciselure, déçoit par son gris terne, rond certes mais dĂ©pourvu de relief caverneux, ce qui est d’autant plus dommage car le chƓur et l’orchestre (basson) sont impeccables, riches en vitalitĂ© intĂ©rieure. Dans la cabalette, la voix pourtant intense, manque de brillant ; finit par ĂȘtre couverte par les choristes et les instrumentistes. Et si les vrais vedettes de ce rĂ©cital verdien orchestralement passionnant, Ă©taient les instrumentistes montrĂ©alais et leur chef charismatique ?

Ildar Abdrazakov est-il un verdien affûté ?

Basse moyenne, un rien monochrome.
Par contre l’orchestre


Verdi a soignĂ© les barytons et basses. L’opĂ©ra Boccanegra offre des caractĂšres inoubliables pour tout chanteur acteur : l’air A te l’estremo de Fiesco respire la lassitude de l’homme, tourmentĂ©, dĂ©vorĂ© (au sens strict comme symbolique). LĂ  encore malgrĂ© la puissance (peut-ĂȘtre renforcĂ© par le niveau du micro), le timbre tend Ă  la monochromie, certes sa teinte grise et sombre Ă©clairant le mal qui ronge le hĂ©ros : « A te l’estremo addio » (plage 8 et 9), air d’adieu, de renoncement encore Ăąpre et tendu, lugubre, surtout imploratif et introspectif, la basse russe perd dans l’étendu de la ligne, sa justesse, se dĂ©timbre, manque l’éclat de sidĂ©ration et d’accent fantastique, en cela soutenu, dialoguĂ© avec le choeur, hallucinĂ© ; regrettable manque de couleurs, de nuances, d’autant que l’orchestre lui offre une palette de rĂ©fĂ©rences souvent saisissante, sous la baguette abbadesque du quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Le second air de Zaccaria de Nabucco dĂ©voile les limites d’une voix qui tend Ă  rester dans son medium, engorgĂ©e, lissant tout le texte, au vibrato de plus en plus omniprĂ©sent. MĂȘme lassitude et vibrato gras pour son Procida (i Vespri Siciliani). Partition lumineuse et fantastique, Luisa Miller scintille ici par le jeu de l’orchestre, millimĂ©trĂ©, nuancĂ©. HĂ©las, le Walter de Abdrazakov reste d’un terne vibrĂ© qui finit par lasser tant il aplatit tout le texte.
Dommage. La direction de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin est, elle, inspirĂ©e, hallucinĂ©e, dĂ©taillĂ©e
 d’une conviction nuancĂ©e Ă©gale Ă  son rĂ©cent Mozart en direction de Baden Baden (Die Zauberföte / La FlĂ»te enchantĂ©e : clic de classiquenews de l’étĂ© 2019). Abdrazakov n’est pas Nicolai Ghiaurov : verdien autrement mieux colorĂ©s et diseurs, mĂȘme avec sa voix ample et caverneuse.

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CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre MĂ©tropolitain de MontrĂ©al, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon) – Parution en France : le 15 aoĂ»t 2019.

CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd / DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden). Le 6Ăš opus de leur cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden impose dĂ©sormais une complicitĂ© convaincante : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et Roland Villazon ont Ă©tĂ© bien inspirĂ©s de proposer ce projet lyrique aux dĂ©cisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La FlĂ»te EnchantĂ©e jouĂ©e et enregistrĂ©e live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis Ă  sa disposition : sens de l’architecture, soin des dĂ©tails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence, selon les protagonistes en piste s’avĂšre passionnante Ă  suivre, rĂ©vĂ©lant dans leur richesse poĂ©tique, tous les plans de comprĂ©hension possible, d’une Ɠuvre Ă  la fois populaire et trĂšs complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable Ă  la fois rĂ©aliste et spirituelle se dĂ©roule avec une expressivitĂ© jamais appuyĂ©e (sauf Ă  l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature
).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohĂ©rent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particuliĂšrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus mĂ©ritants sont Ă©videment les deux tĂ©nors requis, chacun dans leur registre si contrastĂ©s : l’altier et juvĂ©nile Klaus Florian Vogt, qui a troquĂ© son endurance wagnĂ©rienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élĂ©gance et le galbe princier ; Paul Schweinester dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© dans Pedrillo de l’EnlĂšvement au sĂ©rail (du mĂȘme cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi Ă©patant ; mĂȘme engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (prĂ©cĂ©demment Osmin dans le dĂ©jĂ  citĂ© EnlĂšvement au sĂ©rail ; vivante et mĂȘme enivrĂ©e depuis sa dĂ©livrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (prĂ©cĂ©dente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula MĂŒhlemann, palpitante et trĂšs juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotĂ©e certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vĂ©ritĂ© : dĂ©monstrative, voire routiniĂšre pour l’avoir ici et lĂ  tellement chantĂ© / usĂ© (elle rĂ©ussit mieux son 2Ăš air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-mĂȘme (charisme fĂ©dĂ©rateur du chef certainement), apportant souvent outre la prĂ©sence vocale, l’approfondissement du caractĂšre.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les rĂ©cits du narrateur ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohĂ©rence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacitĂ© du chef font la diffĂ©rence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initiĂ© par Don Giovanni jouĂ© Ă  l’étĂ© 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden) – Parution : 2 aoĂ»t 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opĂ©ra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula MĂŒhlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando VillazĂłn, Papageno ;

Johanni van Oostrum, PremiĂšre Dame ;
Corinna Scheurle, DeuxiĂšme Dame ;
Claudia Huckle, TroisiĂšme Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, DeuxiÚme Garçon ;
Lukas Finkbeiner, TroisiÚme Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier PrĂȘtre / Premier Homme armĂ© ;
Douglas Williams, DeuxiĂšme PrĂȘtre / DeuxiĂšme Homme armĂ© ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chƓur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction musicale

 

 

 

 

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LIRE nos critiques complĂštes des titres prĂ©cĂ©dents CYCLE MOZART NĂ©zet-SĂ©guin / Villazon – BADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) – DG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART NĂ©zet-SĂ©guin Baden Baden, complĂšte

 

 

 

 

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MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-Cvr

 

 

 

LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dÚs le 3 août 2019

 

KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

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LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018)

CHOPIN sonate opus 58 dg maurizio pollini cd critique cd review par classiquenews actualites infos musique classique cd 028948364756-CvrbCD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018). Alors que simultanĂ©ment sort aussi le nouveau et 4Ăš cd du jeune Lisiecki dans un Mendelssohn sans nuance et plutĂŽt linĂ©airement martelĂ© (Ă©galement Ă©ditĂ© par DG), voici le « nouveau » Chopin d’un vĂ©tĂ©ran que l’expĂ©rience, le recul, et le bĂ©nĂ©fice d’une sensibilitĂ© ciselĂ©e, elle intĂ©rieure naturellement, exaltent, inspirent au plus juste ; le pianiste dĂ©ploie d’irrĂ©sistible arguments. Indiscutable, MAURIZIO POLLINI illumine les 7 partitions ici rĂ©unies qui semblent comme rĂ©capituler une vie dĂ©diĂ©e Ă  la rĂ©flexion et le sens de la musique. Son cadet aurait mĂ©rite d’enrichir ainsi Ă  son Ă©coute, un jeu trop scolaire.
Les Nocturnes font surgir le tragique et l’angoisse d’une Ăąme inquiĂšte et dĂ©semparĂ©e grĂące au toucher et au rubato d’une formulation ronde et prĂ©cise, nuancĂ©e et profonde, comprenant les chants et les contrechants. Chaque rĂ©itĂ©ration sonne comme une blessure pudiquement ourlĂ©e ; chaque sĂ©quence s’écoule avec un secret, une infinie douceur sombre. MĂȘme le second plus ardent, plus conquĂ©rant (quoique) resplendit par une tendresse caressante, un moelleux naturel qui enchante et berce. Le travail de l’énonciation, l’architecture qui soigne les galbes et le relief poli des arĂȘtes affirment une maturitĂ© et une comprĂ©hension saisissante de la langueur de Chopin : langueur mĂ©lancolique et aussi furieusement puissante (le rubato Ă  la fois ralenti et magnifiquement articulĂ©).
La respiration Ă©lĂ©giaque, enveloppĂ©e dans une ouate suspendue de la Berceuse (opus 57), fait elle seule, la magie de ce rĂ©cital de premiĂšre inspiration ; oĂč les harmonies se mĂȘlent, s’enlacent, sur un chĂąssis rythmique lui-mĂȘme suspendu Ă  ce tempo, ralenti, Ă©vanescent, dĂ©sarticulĂ©, articulé  d’une valse lente. Le jeu des miroitements intĂ©rieurs, Ă  plusieurs plans, Ă©tagĂ©s dans l’espace musical font toute l’ivresse de cette sĂ©quence
 littĂ©ralement magicienne. Du trĂšs grand art pianistique. Dans l’énoncĂ©, la projection, la conception poĂ©tique, l’écoute intĂ©rieure. C’est un Chopin Ă  l’infini pictural, d’un Ă©quilibre absolu et d’une paix fondamentale qui se dĂ©ploie et s’affirme et berce alors. Magistral.

Construite en des contours plus net et tranchĂ©s, la Sonate opus 58 exprime une toute autre activitĂ© ; radicale, et puissante, manifestes de cette puissance (certes souvent rentrĂ©e) qui Ă©lectrise le chant Chopinien. Autant de matelas harmoniquement dense, pour que surgisse la sublime mĂ©lodie bellinienne du premier mouvement. CharpentĂ© et chantant. Pollini n’oublie dans cette rondeur murmurĂ©e, ce galbe toujours souverain, l’aspect « maestoso » de l’Allegro initial. Quelle comprĂ©hension naturelle de la texture chopinienne. A la fois viscĂ©rale et chtonienne, la fluiditĂ© de Chopin, se dĂ©ploie souple et aĂ©rienne dans un flux Ă  l’onctueuse matĂ©rialitĂ©.
pollini-piano-maurizio-chopin-portrait-critique-cd-classiquenews-piano-majeur-actualites-piano-par-classiquenewsDans cet Ă©panouissement ultime du premier mouvement, l’agilitĂ© souple et caressante du toucher fait oublier la matĂ©rialitĂ© de la mĂ©canique, comme la frappe des touches ; et que dire de l’élasticitĂ© sidĂ©rante du second mouvement, plus doux et agile lui aussi : ce Scherzo atteint une texture pure, au delĂ  de toute matĂ©rialitĂ© du clavier ; un pur son Ă  la fois moelleux et mordant d’un Ă©quilibre idĂ©al. Un tel galbe rehausse l’éclat Ă©lectrique de l’écriture, son Ă©nergie lumineuse et flamboyante dont la fugacitĂ©, Ă©perdue, foudroyĂ©e (« molto vivace ») contraste avec l’ampleur architecturĂ©e du premier Allegro. Belle couleur liquide du Largo, plus droit, objectif, avec des assises graves idĂ©alement Ă©noncĂ©es lĂ  aussi. Enfin le dernier Finale / Presto non tanto confirme tout ce que l’on pensait du pianiste italien chez Chopin : l’énergie de la matiĂšre qui crĂ©pite et s’embrase en une urgence organique, dĂ©veloppe chez Chopin, cette ardeur brillante qui est aussi puissance de feu – un aspect que l’on Ă©carte trop souvent ; concernant Maurizio Pollini, c’est un acrobate et un athlĂšte au muscle intact d’une rondeur caressante, d’une grĂące allusive exemplaire qui affirme et la marche tragique et l’effusion pudique d’une dĂ©claration personnelle. En maĂźtre de la structure, le pianiste capte et prĂ©cise le sens et la direction de la digitalitĂ© qui s’accomplit : sous la crĂ©pitement virtuose du jeu proprement dit (en soi dĂ©jĂ  impressionnant), l’interprĂšte marque un cap, cible directement le mouvement essentiel, rĂ©vĂ©lant l’ossature globale. La vision est captivante et sa formulation, scintillante. Magistral rĂ©cital Chopin : sa sensualité  cultive et l’éloquence et l’énigme, en un clair / obscur rĂ©jouissant, captivant. Bel oxymore. Mais familier pour ce poĂšte du clavier. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – durĂ©e : 53 mn, 2018) – CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigĂ© l’Orchestre de Paris de 1975 Ă  1989, presque 15 ans d’une complicitĂ© et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du gĂ©nie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd rĂ©unissant l’intĂ©grale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dĂ©diĂ© Ă  Hector Berlioz. AgĂ© de 33 ans, le maestro cĂ©lĂ©brĂ© internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret Ă©vĂ©nement : Symphonie Fantastique, RĂȘverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majoritĂ© des enregistrements concerne surtout l’opĂ©ra avec RomĂ©o et Juliette, La Damnation de Faust, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de ClĂ©opĂątre et le Requiem
 PilotĂ© par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-ĂȘtre ici connu une dĂ©cade miraculeuse, par sa sonoritĂ© pleine et onctueuse, sons sens du dĂ©tail et de l’architecture
 A venir, mi fĂ©vrier 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique dĂ©veloppĂ©e du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et aprĂšs lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ùre de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dĂšs 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un trĂšs haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : ĂągĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂȘle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)
 qui en font l’un des meilleurs interprĂštes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thĂšmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂźtrise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma MĂšre l’Oye / Daphnis et Chloé ) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992


CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dĂ©diĂ©s Ă  POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champĂȘtre,
), Ă©videmment les BERLIOZ et les RAVEL dĂ©jĂ  citĂ©s ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus rĂ©cent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au rĂ©cent enregistrement de la 9Ăš Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa rĂ©alise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, rĂ©flexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, Ă©purĂ©e, captivante par sa ligne et son intensitĂ© : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9Ăš par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). AprĂšs un premier disque DG intitulĂ© « HĂ©ritages » (il avait 31 ans), le pianiste Ă  la chevelure lĂ©onine rĂ©cidive dans un programme dĂ©nommĂ© « 33 » (comme son nouvel Ăąge), lui aussi mĂ©tissĂ©, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, gĂ©nie oubliĂ© du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalitĂ© qui est une chance, la promesse de rĂ©alisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrĂ©tisation d’une nouvelle constellation, mosaĂŻque de mondes sonores Ă©picĂ©s, variĂ©s, Ă©clectiques. L’ancien Ă©lĂšve du Conservatoire national supĂ©rieur de musique de Paris dĂ©cloisonne la notion sclĂ©rosante de rĂ©pertoires : il n’y a ni rĂ©pertoire classique ni chemins dĂ©tonnants ; ni grands maĂźtres, ni petits maĂźtres. Il n’y a que des sensibilitĂ©s et des expĂ©riences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volontĂ© crĂ©ative de quelques compositeurs dont le pianiste dĂ©miurge sĂ©lectionne et agence chaque Ɠuvre ainsi choisie. « Liszt et les AmĂ©riques » Ă©tait le titre de son rĂ©cital Ă  New York (Carnegie Hall, 2015) : dĂ©jĂ  la volontĂ© d’un multiculturalisme sans frontiĂšres et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : TĂĄrrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, SzymaĂĄnski, Shilingl, Schumann
 lĂ  encore, la volontĂ© d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique
 VoilĂ  qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unitĂ© et la cohĂ©rence dans ce meiltingpot surprenant et peut-ĂȘtre enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistrĂ© sur le vif par Claudio Abbado, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovĂ©nien et surtout mozartien dans l’ñme
 Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevĂ©e, grandiose, sombre et parfois emplombĂ©e mais avec une sĂ©duction incroyable, que la sublime symphonie n°5 Ă  laquelle Abbado en 1971 Ă  Vienne, restitue son incroyable Ă©lĂ©gance mozartienne, ce dĂšs le premier mouvement « Allegro », oĂč rayonnent la tendresse, la grĂące, une vitalitĂ© presque pastorale qui contraste Ă©videmment avec la sidĂ©ration lugubre de la 8Ăš, en son diptyque en si mineur inabouti.
VoilĂ  qui Ă©claire la participation de Franz – ailleurs relĂ©guĂ© aux seuls lieder et Ă  la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’aprĂšs les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dĂšs 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le rĂ©pertoire du collectif. Cette 5Ăš Ă©blouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter Ă  Mozart (amour fraternel du 2Ăš mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la FlĂ»te enchantĂ©e) et Ă  Haydn, jalon dĂ©sormais majeur de cette Ă©lĂ©gance viennoise qui mĂšne vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation, par sa justesse artistique et le focus qui rĂ©vĂšle en pleine lumiĂšre, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du gĂ©nie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, Ă  la sonoritĂ© fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande Ă©lasticitĂ© de la palette instrumentale, parfaitement dĂ©taillĂ©e, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maĂźtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicitĂ© avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élĂ©gance expressive du Menuetto, Ă  la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parentĂ© avec la Symphonie en sol de Mozart saisit lĂ  encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru Ă  leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspirĂ©, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisĂ©. Et si la 5Ăš de Schubert Ă©tait tout bonnement la 42Ăš symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesurĂ© cette maĂźtrise et cette sincĂ©ritĂ© de la pĂąte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, portĂ©, transfigurĂ© par la grĂące ? CD superlatif, un modĂšle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / RĂ©f. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG

CD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   ….   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©.

Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso …
D’abord il y a l’Ă©lĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible.
Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse.

DĂ©lectable Cosi …

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCaptĂ© sur le vif en juillet 2012 Ă  Baden Baden, ce Cosi tient ses promesses : le chef accuse le relief palpitant d’une partition marquĂ©e par l’apologie scintillante du sentiment. Et chacun des solistes en version de concert ont soin Ă  exprimer l’acuitĂ© thĂ©Ăątrale de chaque situation.
La distribution marque les nuances de rigueur pour un exercice qui pris en live contient aussi ses dĂ©fauts et ses inĂ©vitables limites. Manque de prĂ©paration certainement, l’homogĂ©nĂ©itĂ© fait parfois dĂ©faut, surtout dans la direction ici et lĂ  … prĂ©cipitĂ©.
En Ferrando, Villazon semble usĂ©, serrĂ©, noyautĂ© … sans guĂšre de nuances ni de subtilitĂ© : et dĂ©jĂ  lors de la performance, le tĂ©nor si peu mozartien avait fait pĂąle figure au moment du concert Ă  Baden Baden. Adam Plachetka est un Guglielmo passe partout. Plus dĂ©lirant, l’Alfonso d’un routier du comique, Alessandro Corbelli perce davantage le scĂšne.
CĂŽtĂ© chanteuses, le piquant de la Despina de Mojca Erdman que le label jaune entend nous imposer de disque en disque, peine Ă  sĂ©duire : son aciditĂ© percutante masque tout le jeu de l’actrice et la moindre intention.
Plus finement caractĂ©risĂ©, le duo des femmes victimes est plus attachant : Miah Persson fait une Fiordiligi distinguĂ©e, angĂ©lique et suave Ă  souhaits ; cependant que la Dorabella d’Angela Brower en impose tout autant par son timbre grave plus tĂ©nĂ©breux de mezzo cependant clair (et tout autant agile).
Les portraits fĂ©minins en gagnent une rĂ©alitĂ© immĂ©diate trĂšs convaincante. Ils confĂšre au marivaudage musical et mozartien, ses vertiges et ses pĂąmoisons si dĂ©lectables. VoilĂ  un second volet de l’intĂ©grale mozartienne signĂ©e NĂ©zet SĂ©guin Ă  Baden Baden qui tient dignement sa place aux cĂŽtĂ©s du prĂ©cĂ©dent Don Giovanni qui montrait la mĂȘme ardeur expressive, le mĂȘme sens thĂ©Ăątral finement ciselĂ©. A suivre.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791): CosĂŹ fan tutte, ossia La scuola deglia amanti, K. 588—M. Persson (Fiordiligi), A. Brower (Dorabella), M. Erdmann (Despina), R. VillazĂłn (Ferrando), A. Plachetka (Guglielmo), A. Corbelli (Don Alfonso). Vocalensemble Rastatt. Chamber Orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin. Enregistrement live rĂ©alisĂ© pendant les reprĂ©sentations en version de concert, juillet 2012, Festspielhaus Baden-Baden. 3cd Deutsche Grammophon 479 0641. 2h58mn. Parution : septembre 2013.