CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ĺ“uvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016)

paul_parayCD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ĺ“uvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016). Sur le mĂ©tier d’une prochaine biographie de Claude Delvincourt (1888-1954), Damien Top, directeur du CIAR et biographe de Roussel, Ă©claire les liens avec Paul Paray (1886-1979). Condisciples au Conservatoire de Paris, Prix de Rome tous les deux (Paray en 1911 et Delvincourt en 1913), ils ont des attaches sur la CĂ´te d’Albâtre (Le TrĂ©port et Dieppe)… Ce cd majeur dĂ©voile un compositeur que l’on doit absolument faire sortir de l’ombre : PAUL PARAY. Rien de glacĂ© ni d’acadĂ©mique au sens de pompier ici ; mais la vibration d’une Ă©criture sincère que la première guerre enrichira encore d’une profondeur immĂ©diate ; ce qui distingue sa première manière subtilement Ă©lĂ©gante de la Sonate pour violon, de sa seconde inspiration : plus resserrĂ©e, plus âpre aussi, telle qu’elle s’épanouit dans la Sonate pour violoncelle de 1920…

PAUL PARAY, génial compositeur

Le cd dédié à la musique de chambre (cordes et piano) de Paul Paray dévoile un chef d’oeuvre absolu, par la grâce de son inspiration et l’élégance harmonique de l’écriture, la Sonate pour violon et piano, ici défendue par le violoniste bruxellois Eliot Lawson : la flexibilité éloquente et claire de sa ligne, son jeu tout en finesse, sa vocalité libre et naturelle (élément si essentiel chez le compositeur) souligne chez Paray, cette subtilité supérieure acquise ainsi dès 1908, qui désigne déjà le Prix de Rome (obtenu en 1911 avec la cantate Yanitza, après un second prix en 1910) et aussi sa grande culture où une discrète mais évidente filiation le relie à Fauré, Saint-Saëns, Franck, tant la séduction de son style n’écarte jamais la profondeur. Ainsi l’élégance digne d’un Massenet, traverse-t-elle le long Allegro moderato, intense, enivré, architecturalement équilibré ; auquel succède l’Allegro amabile d’un caractère rustique, cadencé, où l’élégance et l’esprit de facétie se rappellent du cake-walk de Debussy (Children’s Corner). Ce qui frappe dans ce second mouvement c’est son épisode central, d’une envoûtante introspection : un appel au rêve et à une mystérieuse sensualité proche de Roussel… Le dernier mouvement Molto vivo caracole telle une tarentelle progressive : s’y entrelacent science de l’écriture et élégance mélodique digne d’un Fauré. La maturité et la musicalité de Paray étonnent, saisissent par leur justesse. Belle révélation.

La Sonate pour violoncelle et piano, plus tardive (créée en janvier 1920, et dédiée au peintre des falaises du Tréport Gérard Hekking) confirme la même qualité d’écriture de Paray, que d’aucun, d’une écoute absente et imparfaite continue de cataloguer dans un postacadémisme bon teint : rien de tel car chez Paray, qui comme un Dubois, touche par sa sincérité et la justesse de sa construction harmonique.
Le violoncelliste Samuel Magill emporte toute la partition par son engagement, sachant fusionner avec le piano souverain de Diane Andersen, partenaire familière des enregistrements révélateurs préparés, édités par Damien Top. La Sonate pour violoncelle est beaucoup plus courte que celle pour violon et à notre avis, moins riche harmoniquement… mais non moins touchante par sa sincérité.
L’Andante quasi allegretto s’impose par son caractère chantant, libre, qui respire et exulte – en une puissance Ă  la Brahms et une architecture très efficace – la partie du soliste est constamment volubile, proche de la parole, change de climats et de caractères : fantaisiste, passionnĂ©, ardent ; d’une tendresse complice avec le piano qui accompagne moins qu’il ne chante. L’agitation partagĂ©e nourrit une sensualitĂ© heureuse qui grandit jusqu’à la plĂ©nitude finale.  L’Andante respire encore davantage, s’alanguit, en creusant un questionnement profond voire grave ; c’est une question toujours suspendus qui recherche la rĂ©sonance presque abstraite, comme celle d’un rĂŞve intime. Le dernier Allegro est bien scherzando, fluide, chantant, presque enivrĂ© et sans l’introspection prĂ©cĂ©dente, dans la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’un Ă©noncĂ© presque insouciant, dĂ©bonnaire, purement joyeux. Il faut infiniment de finesse pour exprimer la sensibilitĂ© tĂ©nue de chaque pièce. Autant de qualitĂ©s que rĂ©vèle l’évidente complicitĂ© entre les interprètes. VoilĂ  qui Ă©claire tout un pan de la vie de Paul Paray comme compositeur, alors que son activitĂ© de chef d’orchestre reste dans la mĂ©moire des mĂ©lomanes. Pour un bref rĂ©sumĂ© de la vie de Paul Paray comme chef : lire ci après « approfondir ».

Outre les deux Sonates, la ROMANCE initialement pour piano (1909) est ici adaptée pour violon et violoncelle (par le père Eduard Perrone en 2005) énonce les mêmes qualités d’une écriture juste et enivrée : somptueuses envolées lyriques et mélodiques, sureté et maîtrise de l’architecture qui soutient tout le morceau. La Romance sait fusionner les deux voix du violon / violoncelle avec toute la tendresse et la douceur nostalgique requises.

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ĺ“uvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical) – Paul Paray (1886-1979) : Sonate pour violon et piano ; SĂ©rĂ©nade op. 20 pour violon et piano ; Humoresque, pour violon et piano ; Nocturne pour violoncelle et piano ; Sonate pour violoncelle et piano ; Romance, pour violon, violoncelle et piano. Eliot Lawson, violon. Samuel Magill, violoncelle. Diane Andersen, piano. 1 CD Azur Classical. EnregistrĂ© au Studio RĂ©cital B (Tihange) en nov et dĂ©c 2016. DurĂ©e : 1h06 – CLIC de CLASSIQUENEWS

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paul parayPaul Paray
est surtout connu comme chef d’orchestre. Adoptée par la fille de Charles Lamoureux, Marguerite en 1924 (il a 38 ans). Le Prix de Rome 1911 est enrolé pendant la première guerre : fait prisonnier à Darmstadt, il reste profondément marqué par ses 4 années de captivité. Privé d’instrument, il compose par l’esprit, puis écrira après sa libération (son fameux Quatuor publié en 1919, qui deviendra ensuite la Symphonie d’archets). Paray vient à la direction d’orchestre par l’orchestre Lamoureux dont le chef d’alors, Camille Chevillard, époux de Marguerite Lamoureux, le nomme directeur adjoint dès 1920. Paul Paray dirige ensuite l’Orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo (1928-1932), le prestigieux Orchestre Colonne (jusqu’à l’Occupation)…l’Orchestre de l’Opéra de Paris (dans des oeuvres de Wagner, selon le goût de Charles Lamoureux). Connu dès l’Occupation aux USA, Paray accepte de diriger le Detroit Symphony Orchestra (oct 1951-1962) réalisant un cycle d’enregistrements mythiques de 1956 à 1963 pour la firme Mercury (dans la technique Living presence, édité en Europe sous étiquette Philips)

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CD
paray-paul-maestro-mercury-living-presence-1960CD,coffret, compte rendu critique : Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). De même l’intuition géniale du défricheur Paul Paray défenseur comme un certain Martinon outre atlantique (à Chicago avec le Symphonique local à peu près dans les mêmes années 1960) d’un certain romantisme français défendu avec une vitalité inouïe et sans instruments d’époque… la sensibilité analytique et fiévreuse étonne encore comme sa science fluide qui sait caractériser chaque épisode, emporte l’adhésion ; le geste est sûr, la tension dramatique palpable, l’articulation claire et précise… : écoutez le cd 30 (ouverture du Roy d’Ys de Lalo, Suite du ballet Namouna exceptionnel et mésestimé, Symphonie de  Chausson. …: qui ose aujourd’hui programmer une telle succession?  Aucune salle parisienne… Paray osait tout  à Detroit en 1956 et 1957). Incroyable audace visionnaire. Comme d’ailleurs Dorati qui en 1959  enregistre le symphonisme virtuose et d’atmosphère de la Giselle d’Adam, cycle achevé  par Fistoulari).
Au sein du corpus Paray, saluons tout autant, la fièvreuse Symphonie n°2 de Sibelius, à la fois ciselée et échevelée, d’une ivresse sensible et précise phénoménale : à l’heure où tant d’audace et de rage nuancée font défaut, la direction de Paray, exaltée, vive, palpitante, déterminée comme poétique et profonde, servie par une prise de son qui en accuse chaque accent, projette chaque pulsion, fait figure de modèle. Quel tempérament et quelle intelligence (cd 28, Detroit Symphony Orchestra, 1959). Paray exalte la matière sonore en un crépitement de plus en plus énergique et lumineux, matière à fusion ou à élévation. La réussite est totale. Même ivresse sonore et dramatisme percutant, incisif dans un formidable programme Wagner de 1956 et 1960, comprenant dans le cd 35 : musique du feu et adieux de Wotan de la Walkyrie, ouverture de Rienzi, Voyage de Siegfried sur le Rhin du Crépuscule des dieux, Siegfried Idyll, prélude de l’acte III de Tristan und Isolde… De sorte que Paray s’inscrit dans la lignée de Charles Lamoureux, wagnérien de la première heure à paris, au début des années 1890…
LIRE l’intégralité de la présentation critique du coffret « Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). :
http://www.classiquenews.com/tag/paul-paray/

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Illustration : Paul PARAY © Bob Martin / 1972

CD, critique. GOUÉ : Symphonie n°2 opus 39, Ballade opus 25 (Aubin, de Froment, 1958 – 1 cd CIAR)

goue emile symphonie 2 ballade emily bronte critique cd classiquenewsCD, critique. GOUÉ : Symphonie n°2 opus 39, Ballade sur un poème d’Emily BrontĂ« opus 25 (Aubin, de Froment, 1958 – 1 cd CIAR AZC 135). Trop rare mais si passionnant. EMILE GOUÉ revit grâce au CIAR Centre International Albert Roussel, et son directeur Damien TOP, premier biographe de Roussel comme de GouĂ© (pas moins de dĂ©jĂ  8 cd dĂ©diĂ©s Ă  l’œuvre de GouĂ©, dont plusieurs volumes de musique de chambre en plus de cet album rĂ©vĂ©lateur de la maĂ®trise symphonique du compositeur français fait prisonnier par les nazis).
Né en 1904 à Châteauroux, Goué étudie et réussit en physique et chimie, se destinant à être professeur. Et comme Alexandre Borodine, Jean Cras, Charles Ives, Goué cultive aussi un don (immense) pour la composition. A 20 ans, le licencié en sciences et mathématiques dirige un orchestre d’étudiant au Conservatoire de Toulouse où il est inscrit (1924) pour interpréter sa première symphonie. Le talent précoce se perfectionne encore auprès de Koechlin et surtout Roussel dont il assimile évidemment l’intelligence de l’orchestration, l’activité rythmique, la sensibilité pour les couleurs. Enrôlé en 1939 sur le front, le lieutenant d’artillerie Goué est fait prisonnier dès juin 1940 et passera désormais la guerre comme prisonnier, dans des conditions de détention difficiles et éprouvantes. Dans l’Oflag allemand où il croupit, Goué s’occupe en donnant des cours (physique, chimie, histoire, musique dont contrepoint et fugue…) ; porté par une nécessité morale impérieuse pour ne pas sombrer, Goué compose plusieurs chefs d’oeuvre : Psaume 123, Prélude, Choral et fugue, quintette avec piano, … Libéré en 1945, Goué est marqué et éprouvé ; il s’éteint au sanatorium de Neufmoutiers-en-Brie en octobre 1946.

Damien Top a choisi deux œuvres dont l’architecture et la tension dramatique forcent l’admiration, dans deux versions « historiques » dirigées par les chefs Tony Aubin et Louis de Froment.

La 2ème symphonie frappe l’auditeur par sa vĂ©hĂ©mence et son intelligence poĂ©tique. La ligne constante du violon solo tend Ă  Ă©largir la forme symphonique vers le Concerto, mais la riche texture sonore affirme toujours le chant de l’orchestre. Dès le premier mouvement, mĂŞme indiquĂ© « modĂ©rĂ©ment animé », l’épisode d’entrĂ©e fait crĂ©piter la texture orchestrale en un suractivitĂ© Ă©panouie, heureuse et lumineuse, dont l’équilibre et l’éloquence Ă©cartent tout dĂ©bordement. La narrativitĂ© exalte et dĂ©ploie toutes les ressources expressives et chromatiques de l’écriture orchestrale, d’autant plus sollicitĂ©e que le chant continu du violon solo semble rechercher dans la libertĂ© des deux parties en dialogue, un Ă©quilibre parfait, en clartĂ© comme en couleurs. Le 2è mouvement (Très lent) favorise un climat sonore plus opulent encore ; suspension Ă©merveillĂ©e aux bois et aux vents d’abord, rĂ©glĂ©s magnifiquement crĂ©ant une parure plus intĂ©rieure, aux superbes seconds plans en perspective qui permet au violon toujours très en avant de filer une soie presque blessĂ©e, au riche vibrato embrasĂ© pourtant jamais dĂ©monstratif. GouĂ© maĂ®trise l’orchestre et les Ă©quilibrages des pupitres – superbes et ronds, les cuivres aux accents tragiques et hĂ©roĂŻques, laissent s’épanouir la forte suggestivitĂ© de l’orchestre, son ampleur et sa gravitas. Après un 3ème mouvement vif, hallucinĂ©, en panique, l’apothĂ©ose de ce chef d’oeuvre orchestral, s’affirme avec davantage de libertĂ© encore dans le 4è et dernier Ă©pisode (AnimĂ©) : les cuivres plus prĂ©sents referment ce superbe livre orchestral oĂą c’est le chant en libertĂ© du violon, sa course folle, – Ă  la fois, descente aux enfers et remontĂ©e vers les cimes parfois inatteignables, qui porte la tension d’une partition passionnante ; lutte Ă  la Prokofiev ou Chostakovitch, pulsation organique Ă  la Roussel, sans omettre la sensibilitĂ© d’un coloriste qui compose comme un peintre ; car GouĂ© y laisse s’évader une atmosphère inquiète et enivrĂ©e, proche de la transe jusqu’à l’éblouissement final, vraie « kermesse », festival orgiaque et dĂ©livrance, victoire et explosion dansante. Superbe lecture qui laisse divaguer et s’entrechoquer toutes les lectures. L’Opus 39 demeure mĂ©connu ; pourtant il n’est jamais bavard, constamment Ă©quilibrĂ©, exigeant de l’orchestre des trĂ©sors de nuances suggestives dans un contexte de puissance et de transparence, mĂŞlĂ©es. S’y affirme le tempĂ©rament singulier de GouĂ©, sensible, lyrique, toujours Ă©pris d’ordre et d’équilibre. La qualitĂ© de la sonoritĂ© pour une bande de 1958, est remarquable (d’oĂą le choix de cette prise) oĂą s’affirme sens du souffle et un hĂ©donisme triomphant de la couleur symphonique.

La Ballade sur un poème d’Emily BrontĂ« Ă©voque tout autant l’originalitĂ© formelle des Ĺ“uvres de GouĂ© : soprano solo, quatuor vocal (dont le tĂ©nor intervenant dès le dĂ©but), quatuor Ă  cordes (ici le quatuor Krettly) et piano (Henriette Roget). S’y installe peu Ă  peu un climat fait d’âpretĂ©, aux rĂ©sonance tendues et tragiques qui Ă©largit donc sa forme entre la cantate et le petit opĂ©ra. C’est une partition Ă  la tension enivrĂ©e, sertie des Ă©clats et scintillement d’une sĂ©rie d’illuminations, oĂą chaque intervention vocale, chorale, instrumentale sert essentiellement les couleurs et les images du texte ; en une dĂ©clamation ouverte qui projette et affirme les accents du texte. Sa fin non Ă©lucidĂ©e, encore en tension, confirme l’absence chez GouĂ© de tout artifice complaisant : la musique sert et renforce le sens. Il y est question de ce qu’évoquent le passĂ©, le prĂ©sent, l’avenir ; de questionnement qui taraude et excite l’esprit clairvoyant ; d’éclairs fugitifs et fantastiques, de « VĂŞpres du vent qui dĂ©vastent la nuit ». Cela fait Ă©cho Ă  l’épreuve carcĂ©rale vĂ©cue par le compositeur dont on ne se lasse pas de mesurer la formidable crĂ©ativitĂ© poĂ©tique.
Voici donc révélées enfin, deux oeuvres inspirées et ciselées par cet esprit de nécessité qui sous tend toute l’œuvre de Goué ; cette exigence du métier produit une orchestration scintillante ; celle ci est elle même inféodée à l’intelligence qui préside à la gestion du temps musical. Chapeau bas et belle révélation.

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CLIC_macaron_2014CD, critique. GOUÉ : Symphonie n°2 opus 39, Ballade sur un poème d’Emily BrontĂ« opus 25 (Aubin, de Froment, 1958 – 1 cd CIAR AZC 135) - Orchestre Radio-Symphonique de Paris, dir.: Tony AUBIN, Marie BERONITA (sop.), Quatuor KRETTLY, Henriette ROGET, dir.: Louis de FROMENT / 1949-1958-ADD. 45’23-Textes de la notice : français et anglais + texte du poème d’Emily BrontĂ«)

23è Festival International Albert ROUSSEL, jusqu’au 1er dĂ©cembre 2019

roussel-photo-lipnitzki-1936-albert-roussel-portrait-bio-classiquenews-582FESTIVAL international Albert ROUSSEL 2019, jusqu’au 1er dĂ©cembre 2019. Chaque annĂ©e le CIAR Centre International Albert ROUSSEL est la seule institution en France Ă  soutenir et diffuser l’accès Ă  la musique d’Albert Roussel (1869 – 1937) : colloques, rĂ©citals, confĂ©rences, expositions et bien sĂ»r concerts soulignent la place majeure d’Albert Roussel dont le raffinement orchestral et harmonique, la subtilitĂ© des mĂ©lodies, l’exigence formelle… Ă©galent Maurice Ravel qui meurt d’ailleurs la mĂŞme annĂ©e. Son Ĺ“uvre est cependant aussi mĂ©connue et Ă©cartĂ©e des salles de concerts que son Ă©criture est originale et puissante. Qui connaĂ®t aujourd’hui Albert ROUSSEL ?
Les ballets Le Festin de l’Araignée (1909), Bacchus et Ariane (1930), Aeneas (1935), sans omettre les quatre Symphonies (1906-1934 ) ni ses opéras Padmâvatî (1918) ou La naissance de la lyre (1923), qu’aucun chef aujourd’hui n’a le courage de jouer… attestent d’un tempérament créatif d’une exceptionnelle sensibilité.

Depuis 1997, un festival a lieu chaque année, en automne, pour célébrer avec force, le génie d’un compositeur moderne méconnu. La programmation comprend évidemment des œuvres de ROUSSEL mais aussi nombres de pièces d’auteurs originaires des Flandres. Biographe talentueux, le musicologue et ténor Damien Top dirige le Festival, soucieux d’étendre sur la territoire, un cycle de manifestations essentielles pour qui souhaitent mieux comprendre l’œuvre de Roussel et la vie musicale dans les Hauts de France. Encore 6 concerts et 1 exposition permettent en 2019, année du anniversaire de Roussel, de mieux approfondir sa propre expérience d’une musique exceptionnelle qu’il est grand temps de retrouver.

 

 

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23è Festival International Albert ROUSSEL
6 concerts 2019
Du 27 octobre au 1er décembre 2019

 

ALBERT ROUSSEL, symphoniste magicien (150 ans en 2019)

 


centre-international-albert-roussel-damien-top-festival-classiquenews-concerts

 

 

 

 

Peereboomveld Kasteel (Bruges)
dimanche 27 octobre Ă  16h
HOMMAGE Ă  ROBERT GUILLOUX

Damien Top, ténor
Diane Andersen, piano

Emmanuel Chabrier             Scherzo-valse
Hector Berlioz                     Villanelle (Théophile Gautier)
Vincent d’Indy                      L’Amour et le Crâne (Charles Baudelaire)
Maxime Dumoulin               Cinq mélodies flamandes
Robert Osmont                   Trois esquisses en forme de variations – inĂ©dit
Florent Nagel                      Si loin des larmes (Julie Delaloye) – crĂ©ation
Paul Paray                           Portraits d’enfants
Albert Roussel                     Coeur en Péril (René Chalupt)
Le Bachelier de Salamanque (René Chalupt)

concert et cocktail : 15 euros
en présence de Florent Nagel

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vendredi 8 novembre 2019 Ă  20h30
Espace Ararat – 75013 Paris
Hommage Ă  Pierrette Mari
Ă  l’occasion de son 90e anniversaire

Trio Sora – Jean-Luc Richardoz – Katia Krivokochenko

Pierrette Mari
Couleurs en triade, trio pour violon, violoncelle et piano – crĂ©ation
Escalades pour piano, n°2 et n° 5
Luminance amarante pour piano – crĂ©aton
mĂ©lodies : Berceuse, Instant, A l’aurore, Estampe du ciel
A l’Ă©coute du temps pour piano

Albert Roussel
Sonate n°2 en La majeur pour violon et piano op. 28

entrée : 15 euros
en présence de Pierrette Mari

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Châtellerie de Schoebeque – Cassel
Dimanche 10 novembre Ă  17h
LUCIEN CHOLTES, POESIE ET MUSIQUE

Isolde Choltès, piano
oeuvres de Elfrida Andrée, Agathe Backer-Gröndhal, Niels Gade, Emilie Mayer,
Richard Strauss, Marie Agathe Szymanowska
entrée concert et cocktail : 15 euros

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AREA d’Aire-sur-la-Lys
vendredi 15 novembre Ă  20h
QUATUORS DE LA CÔTE d’ALBÂTRE
La Note Bleue

Gautier Dooghe, Guillaume Barli, violons,
Ralph Szigetti, alto,
Frédéric Defossez, violoncelle

Paul Paray                             Quatuor
Albert Roussel                       Quatuor op.45
Claude Delvincourt                Quatuor
entrée : 10 euros
en présence des familes des compositeurs

 

 

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samedi 16 novembre 2019 Ă  17h
Baillleul
L’oeuvre pianistique d’Albert Roussel

narration et projection sur grand Ă©cran
Alain Raës, piano
entrée : 10 €

 

 

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Dimanche 24 novembre Ă  17h
Châtellerie de Schoebeque à Cassel

Violoncelle et piano
Renaud Fontanarosa, violoncelle – Danielle Laval, piano

Ludwig van Beethoven
3e Sonate en la majeur op.69

Gabriel Fauré
Elégie en ut mineur op.24

Johann Sebastian Bach
PrĂ©lude en si mineur BWV 855a (transcription d’Aleksandr Ziloti)

Richard Strauss
Sonate en fa majeur op. 6

Entrée concert et cocktail : 15 €

 

 

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Dimanche 1er décembre à 17h
Châtellerie de Schoebecque – Cassel
Compositrices sous l’Empire

Galina Ermakova, piano

Oeuvres d’Anne Brillon de Jouy,
Hélène de Montgeroult,
François Joseph Benaut,
Loïsa Puget, …

Entrée concert et buffet : 20 €
en collaboration avec le Cercle Impérial de Flandre

 

 

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et aussi :

octobre-novembre 2019
Office de Tourisme de Cassel
vernissage-cocktail de l’exposition : date Ă  prĂ©ciser
EXPOSITION ALBERT ROUSSEL

 

 

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INFORMATIONS PRATIQUES

 

 

CIAR 541, rue de Cassel – 59670 Bavinchove-France
courriel : ciar@free.fr – tĂ©l. : 00 33 (0)9 53 63 32 08

VISITEZ le site du CIAR Centre International Albert Roussel

 

 

POURQUOI ECOUTER ET AIMER ROUSSEL en 2019 ?

2019 marque le 150è anniversaire de la naissance du compositeur français né à Tourcoing en 1869. Sa sensibilité instrumentale rejoint Berlioz, Ravel et Debussy ; son imagination, les plus grands auteurs français.
Pour preuve, ses ballets, symphonies (4), son opéra orientaliste Padmâvatî (qui recueille les sensations réelles éprouvées sur le motif après un séjour en Inde ; créé en 1923)… d’une éloquence rare, surtout d’un feu trépidant dans accentuations rythmiques et mélodies raffinées, comme son génie de l’orchestration… attestent d’un tempérament aussi exigeant et perfectionniste que Ravel ou Sibelius pour le grand œuvre orchestral.

roussel Albert-Roussel-resize-1-500x450… « Roussel semble vivre une odyssée moderne à la Conrad. A la fin de sa vie, l’homme usé et malade, saura cultiver sa propre vision toujours allusivement fécondée face à la mer, sa source et son destin finalement (comme l’astre solaire) : un poète pour l’éternité qui transmet dans son oeuvre unique, une part d’invisible. Le texte éclaire aussi l’homme, capable d’une conscience supérieure à son époque, et pourtant si pudique et discret, républicain et patriote, humaniste de premier plan qui suscita l’admiration des privilégiés qui comprirent quel être exceptionnel Albert Roussel demeure », écrit notre rédacteur Hugo Papbst, chroniqueur de la riche et biographie essentielle rédigée par un spécialiste du compositeur, le ténor Damien Top (fondateur du festival international Albert Roussel / Centre international Albert Roussel / CIAR)

 

 

 

 

 

 

APPROFONDIR

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LIRE notre COMPTE RENDU, conférence, concert. PARIS, le 5 avril 2019 (Salle Cortot) : L’univers poétique d’Albert Roussel – Sérénade opus 30, Le marchand de sable qui passe. Michel Favory, récitant. Elèves de l’Ecole normale de musique (Giulia-Deniz Unel, flûte – Emiliano Mendoza, clarinette – David Somoza, cor -Waka Hadame, violon 1 – Alban Marceau, violon 2 – Ayako Tahara, alto – Sin Hye Lee, violoncelle – Venancio Rodrigues contrebasse – Mitsumi Okamoto, harpe) – Daniel Kawka, direction.

https://www.classiquenews.com/paris-salle-cortot-le-5-avril-2019-albert-roussel-conference-et-concert-damien-top-daniel-kawka/

 

 

LIRE la biographie d’ALBERT ROUSSEL par Damien TOP
http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/

roussel par damien top albert roussel biographie clic de classiquenews novembre 2016 critique livres albert roussel 9782358840620_200x286LIVRES, compte rendu critique. ALBERT ROUSSEL par Damien Top (Bleu Nuit éditeur). Voici enfin un texte récapitulatif et d’un style argumenté autant que poétique sur la figure spécifique du plus grand orchestrateur en France après Berlioz, Ravel, Stravinsky : Albert Roussel (1869-1937) ; On oublie combien dans la première moitié du XXè, Roussel incarne l’un des sommets de la sensibilité pour la couleur, le raffinement rythmique, une éloquence remarquablement suggestive dont le dramatisme est aussi exceptionnellement sensuel. Toutes les facettes du puissant tempérament créateur de Roussel sont abordées dans cette biographie remarquablement conçue, fruit d’une réflexion sensible permise par une exploration de longue date dans l’œuvre du formidable compositeur : le lecteur apprend à saisir l’aventure humaine et musicale de Roussel… d’abord la carrière du jeune capitaine de 15 ans, aspirant 1ère classe dans la Marine en 1891 (à 22 ans), et déjà, malgré une santé fragile, voyageur au long cours, épris d’espaces marins, surtout d’ambiances et de parfums exotiques. Puis c’est la carrière musicale à Paris, avec l’entrée à la Schola Cantorum dirigée par Vincent D’Indy en 1894 : le démon de l’écriture et de la composition étant plus fort que toute autre vocation. L’orphelin, héritier d’une belle fortune peut sans préoccupation d’argent se vouer à sa passion dévorante : composer, mais avec un souci de clarté et de synthèse qui sur le plan formel, produit des oeuvres d’une éblouissante construction, porté par un développement efficace où brillent en particulier la vitalité rythmique et les timbres instrumentaux. Compositeur virtuose, Roussel eut comme élèves Satie, Varèse, Martinu, Le Flem ; aussi, le chef et compositeur Jean Martinon qui a laissé des lectures exceptionnelles des oeuvres de son maître.

 

 

Rééditions ROUSSEL 2019, pour les 150 ans de la naissance 

roussel albert coffret erato roussel 2019 dossier 150 ans de la naissance classiquenewsCOFFRET événement, annonce. ALBERT ROUSSEL edition (intégrale Albert Roussel 2019, 11 cd ERATO). La couverture retenue pour illustrer ce coffret événement à de quoi surprendre… Il a l’air d’un entomologiste, à l’affût sous les arbres, prêt à démasquer l’espèce de coléoptères, ou plutôt d’arachnéides, digne de sa recherche… Il n’en est rien car Albert ROUSSEL est d’abord un officier de la marine, qui avait la passion de la composition musicale. Ses voyages en mer auront inspiré l’un des créateurs les plus puissamment original pour l’orchestre… Et sa quête à la loupe pourrait être celle des nuances et alliages de timbres puissants et poétiques, ciselés pour son œuvre symphonique. Lire notre présentation complète du coffret Albert Roussel 2019 / 150 ans de la naissance

 

 

DAMIEN TOP chante les mĂ©lodies d’ALBERT ROUSSEL

damien_top_tenor1_285_285rPARIS, Salle Cortot. ROUSSEL : Mélodies. Ven 20 sept 2019. Le ténor Damien TOP, grand-spécialiste de l’oeuvre d’Albert Roussel et biographe inspiré, propose une soirée exceptionnelle dédiée au mélodies de Roussel, un événement dans l’agenda parisien et qui vient opportunément célébré l’anniversaire ROUSSEL 2019 (150è anniversaire de la naissance). Plusieurs inédits (La chanson de l’archer, Tristesse au jardin…) seront recréés salle Cortot, cristallisant ce qui détermine l’inspiration du compositeur doué pour le raffinement et l’allusion, classicisme et exotisme (en liaison avec son premier métier d’officier de la Marine).
Paris n’a pas accueilli de récitals de mélodies de Roussel depuis très longtemps ; assez pour faire du récital de Damien Top un événement remarquable dans l’année Roussel en France. Le ténor avait précédemment réalisé un programme en 1987 à Tourcoing, la ville natale de Roussel, pour le 50è anniversaire de sa mort. A peu près la moitié de ses mélodies seront ainsi ressuscitées, vrais défis pour les interprètes car Roussel, connu pour son perfectionnisme, ne laisse rien au hasard.
En ouverture, un essai de jeunesse, d’amateur, destinĂ©e peut-ĂŞtre aux salons, (ou Ă  une soirĂ©e entre marins…), La Chanson de l’archer datĂ©e de 1885/90 est tirĂ©e du Conte de l’Archer, de 1883 d’Armand Silvestre, dans lequel Roussel puisa en ces jeunes annĂ©es Ă  diverses reprises. Comme l’ai fait aussi Massenet.
Sous Louis XI, l’archer Tristan « sorte de poète, aimant Ă  rĂŞver aux Ă©toiles par les belles nuits d’étĂ© » revient vers Isabeau sa bien-aimĂ©e. Roussel pour son dernier projet “Le TĂ©mĂ©raire” en 1937 semble renouer avec sa première oeuvre ; il y est question Ă©galement de Louis XI, contre lequel se rĂ©voltent le Duc de Bourgogne et le peuple flamand.
La Chanson Ă©voque le terreau d’oĂą est parti le compositeur. Un auteur douĂ© pour la mĂ©lodie comme l’attestent les pièces qui suivent : sa première mĂ©lodie publiĂ©e, l’op.3 : Le DĂ©part, partition de perfection qui est suivie d’un chef-d’oeuvre : Le Jardin mouillĂ©.

Le reste du programme souligne la variĂ©tĂ© d’inspiration du musicien, son extrĂŞme habiletĂ©, sa subtilitĂ© suggestive. Après une longue pĂ©riode oĂą le compositeur puise dans les vers d’Henri de RĂ©gnier, – pĂ©riode de ses Ă©tudes Ă  la Schola Cantorum, Roussel se tourne vers l’exotisme des adaptations d’Henri Pierre RochĂ© avec les poèmes chinois dont il s’inspire Ă  trois reprises. Si les modes pentatoniques innervent les premiers, l’opus 47 nous mène au bout de ses recherches d’Ă©criture, allant au delĂ  de la tonalitĂ© en perdant tout repère. A l’après-guerre, Roussel interroge l’AntiquitĂ© grecque (comme l’attestent ses Ĺ“uvres symphoniques : La Naissance de la lyre, Bacchus et Ariane, etc.). Dans le genre de la mĂ©lodie, il s’agit des Odes AnacrĂ©ontiques, textes de Leconte de Lisle qui mĂŞlent bravoure guerrière, amour ivresse.

 

 

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PARIS, Salle Cortotboutonreservation
Récital de Damien TOP, ténor
Mélodies d’Albert ROUSSEL
Vendredi 20 septembre 2019, 20h30

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.sallecortot.com/concert/albert_roussel__luvre_melodique.htm?idr=28239

 

 

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Programme :

 

La Chanson de l’archer, inĂ©dit
Tristesse au jardin, inédit
Quatre Poèmes op. 3 (1903) : Le Départ, Vœu, Le Jardin mouillé, Madrigal lyrique
Flammes op. 10 (1908)
Deux Poèmes chinois op. 12 (1907-1908) : Ode à un jeune gentilhomme, Amoureux séparés
Deux mélodies op. 20 (1919) : Le Bachelier de Salamanque, Sarabande
Odes anacrĂ©ontiques op. 31 (1926) : Sur lui-mĂŞme, Qu’il faut boire, Sur une jeune fille
Odes anacréontiques op. 32 (1926) : Sur lui-même, Sur une jeune fille, Sur un songe
Jazz dans la nuit op. 38 (1928)
A Flower given to my daughter op. 44 (1931)
Deux poèmes chinois op. 47 (1932) : Favorite abandonnée, Vois de belles filles
Deux mĂ©lodies op. 50 (1933-1934) : L’Heure du retour, CĹ“ur en pĂ©ril

 

 

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ROUSSEL MÉLODISTE…

gorge-du-petit-aillyD’autres poètes souvent secondaires dont il choisit les meilleurs textes (Jean-Aubry, Chalupt, Ville, Oliphant…) constituent un autre corpus remarquable . Roussel revient Ă  plusieurs reprises Ă  RenĂ© Chalupt (un goĂ»t que partage Delvincourt : “Onchets“,1929) pour nous livrer notamment l’absolue rĂ©ussite de l’opus 20 : Sarabande et Le Bachelier de Salamanque. Comme Ravel, grand amateur des rythmes outre-Atlantique, la connaissance du jazz dans l’écriture de Roussel se retrouve synthĂ©tisĂ©e  et distanciĂ©e dans Jazz dans la Nuit, Ă©tonnante crĂ©ation.
Le concert s’achève avec sa dernière mĂ©lodie publiĂ©e, une sorte de testament Ă  destination de son Ă©pouse bienaimĂ©e : ” Si quelquefois tu pleures, cherche-moi près de toi, j’y serai.” Le contrepoint y devient Ă©pure, digne rĂ©fĂ©rence Ă  … Bach.
« Chaque mélodie constitue un univers ayant son style propre et cette faculté de renouvellement constant est admirable chez Roussel. Aucune oeuvre ne se ressemble et pourtant dès les premières mesures, un style inimitable se dégage », précise Damien TOP.

 

 

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LIRE aussi présntation de l’œuvre d’ALBERT ROUSSEL
par le CIAR Centre International Albert ROUSSEL
http://ciar.e-monsite.com
Présentation du 23è Festival International ALBERT ROUSSEL

LIRE aussi notre critique du livre de Damien TOP : ALBERT ROUSSEL
http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/
CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016

 

 

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PARIS, Salle Cortot, le 5 avril 2019. ALBERT ROUSSEL, Conférence et concert (Damien TOP, Daniel KAWKA)

ROUSSEL-conference-concert-classiquenews-annonce-critique-concert-et-conference-albert-roussel-affiche-concert-RousselPARIS, Salle Cortot, le 5 avril 2019. ALBERT ROUSSEL, Conférence et concert (Damein TOP, Daniel KAWKA). Formidable célébration Salle Cortot du génie d’Albert Roussel : 2019 marque le 150 ème anniversaire du compositeur français (il est né à Tourcoing, le 5 avril 1869). Un cas toujours surprenant d’un auteur exceptionnel, toujours mésestimé, perpétuel méconnu des producteurs et des directeurs des théâtres et des salles de concerts… quand sa musique vaut naturellement celle des plus grands, Debussy ou Ravel. Musique de chambre, opéras, symphonies, ballets, … et mélodies, car la conférence qui ouvre la soirée (sur le thème : « L’univers poétique de Roussel ») met l’accent non sans raison sur la passion de Roussel pour les textes et son goût de la poésie dont témoignent ses amitiés et ses mélodies.
Grand spécialiste de Roussel, chef d’orchestre, chanteur et biographe remarqué, Damien Top (qui avait participé à la production de l’opéra Pâdmavatî au Châtelet) rétablit ainsi la place du texte, la figure des écrivains et poètes dans la chronologie des œuvres ; le futur officier de la Marine savait déjà voyager par l’esprit en lisant Jules Verne…
Lionel des Rieux, Arnaud Sylvestre, Laurent Tailhade, Lecomte de Lisle, surtout Henri de Régnier, son double poétique, sans omettre les plus tardifs, Maurice Carême ou André Fortin… Chacun lui permet d’affiner son rapport à la nature… une approche de plus en plus ciselée qui se réalisera bientôt grâce à son voyage jusqu’aux Indes et au Cambodge, voyage de noces après son mariage avec Blanche en 1908. Le Festin de l’Araignée puis surtout Pâdmavâti mettent en forme toutes les évocations fortement éprouvées sur le motif à travers ses explorations et ses voyages.

Les noms s’enchaînent ; et l’on mesure mieux combien l’idéal esthétique de Roussel a pu se réaliser dans la recherche constante des affinités, entre verbe et musique.
Damien Top révèle de l’intérieur un parcours personnel et original, jalonné de lectures formatrices, de rencontres stimulantes. Les œuvres, rares, concentrées, attestent la quête et les valeurs d’un esprit perfectionniste, génie de la forme, et aussi expérimentateur, comme en témoignent le choix de ses ballets et des opéras : La Naissance de la lyre qui puise aux racines de la civilisation occidentale, jusqu’à l’humour délirant mais politiquement caustique (contre l’hypocrisie de la bourgeoisie bien pensante) : le Testament de la Tante Caroline, une pochade qui reste inclassable dans le paysage lyrique français (et que les parisiens pourront applaudir à PARIS, au Théâtre Athénée Louis-Jouvet, du 6 au 13 juin 2019.

ALBERT ROUSSEL, symphoniste magicien (150 ans en 2019)

Puis vient le concert, avec la participations des élèves instrumentistes de l’Ecole normale de musique, sous la direction de Daniel Kawka : soit 5 instrumentistes en phase, habiles et suggestifs dans l’art des évocations oniriques telles que les a magistralement élaborées l’auteur du si subtil Festin de l’Araignée.

Damien Top a pris soin de faire Ă©cho Ă  sa confĂ©rence prĂ©alable dans le choix des pièces ainsi prĂ©sentĂ©es : SĂ©rĂ©nade opus 30 avec poèmes d’Henri de RĂ©gnier (1925) ; puis Le Marchand de sable qui passe, texte de Georges Jean Aubry – dits magnifiquement par Michel Favory, sociĂ©taire honoraire de la ComĂ©die Française. Le triptyque de la SĂ©rĂ©nade enchante littĂ©ralement par la texture liquide, scintillante de la musique conçue par Roussel : le caractère musical de chaque pièce suit le sens et le dĂ©veloppement de chaque poème : « FĂŞte d’eau », « Pour que la nuit soit douce, les roses… », « Voici l’aube… »; il le sublime par la justesse octueuse des climats harmoniques : rien n’est superflu s’il ne sert et enrichit la trame onirique qui porte au songe, Ă  l’enchantement ; Roussel est dans la clartĂ© Ă©loquente de son Ă©criture, un voluptueux magicien, comme… Ravel.

On retrouve dans la musique de scène du Marchand de sable qui passe (1908), tous les caractères emblĂ©matiques de la musique roussellienne : la finesse, l’infinie subtilitĂ©, l’appel au rĂŞve ; mĂŞme Ă  un seul personnage (quand l’action en nĂ©cessite trois : le marchand – wanderer et le couple amoureux), le texte prend son essor, portĂ© par la qualitĂ© de l’écriture musicale que l’on dĂ©couvre ici dans sa forme originale (flĂ»te, clarinette, cor, violon 1 et violon 2, alto, violoncelle, contrebasse, harpe).
Le premier extrait exprime la texture de la sensualité rêveuse, comme une belle endormie qui revient à la vie : le solitaire banni, promeneur / observateur paraît dans cet épisode introductif qui s’approche de l’ouverture de Capriccio de R Strauss… la séquence suivante plonge dans le mystère de l’amour ; elle exprime aussi plus subtilement, l’incrédulité du passeur, un rien cynique, qui cependant s’émeut lui-même du miracle de l’amour… Roussel qui est un grand rêveur amoureux lui-même, sait enchanter à travers les paroles du Marchand, son double ; il se dévoile : c’est un enchanteur dont le charme suscite l’émergence de l’amour (il est « semeur d’amour ») ou a minima, le retour à l’innocence de l’enfance. La flûte aux volutes proches du Faune de Debussy (comme nous l’a signalé non sans raison Daniel Kawka), chante l’œuvre du Mage enivré… Comme une énigme qui se résout, l’homme énigmatique lève le voile (effusion de la flûte, pudeur du quatuor à cordes)…
Le chef veille aux équilibres sonores ; respecte la finesse dynamique élaborée par Roussel, mais il est vrai que Daniel Kawka est un rousselien de la première; lui qui a défendu sa thèse ici même à l’école normale de musique, sur Roussel dans la classe d’orchestre. Les célébrations Roussel sont rares cette année malgré son anniversaire. Grâce à Damien Top en voici un premier volet, avant le lancement de son festival international Albert Roussel à venir du 21 sept au 25 novembre 2019. A suivre.

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COMPTE RENDU, confĂ©rence, concert. PARIS, le 5 avril 2019 (Salle Cortot) : L’univers poĂ©tique d’Albert Roussel – SĂ©rĂ©nade opus 30, Le marchand de sable qui passe. Michel Favory, rĂ©citant. Elèves de l’Ecole normale de musique (Giulia-Deniz Unel, flĂ»te – Emiliano Mendoza, clarinette – David Somoza, cor -Waka Hadame, violon 1 – Alban Marceau, violon 2 – Ayako Tahara, alto – Sin Hye Lee, violoncelle – Venancio Rodrigues contrebasse – Mitsumi Okamoto, harpe) – Daniel Kawka, direction.

APPROFONDIR

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LIRE la biographie d’ALBERT ROUSSEL par Damien TOP
http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/

VISITEZ le site du Festival international Albert ROUSSEL 2019
http://ciar.e-monsite.com/pages/festival/festival-2019/

ROUSSEL : Le testament de la tante Caroline
Paris, Athénée Théâtre L jouvet, 6 < 13 juin 2019
Par les Frivolités parisiennes…
https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacle/le_testament_de_la_tante_caroline.htm

PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : Albert ROUSSEL. Conférence, concert pour les 150 ans d’Albert Roussel

roussel-photo-lipnitzki-1936PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. ConfĂ©rence et concert pour commĂ©morer les 150 ans d’Albert Roussel, compositeur aussi gĂ©nial que tristement mĂ©connu… ConfĂ©rence par le spĂ©cialiste français de Roussel, Damien TOP Ă  18h, puis concert rĂ©vĂ©lant une raretĂ© symphonique par les musiciens de l’école normale de musique sous la direction d’un autre Rousselien de la première heure, Daniel Kawka… 2019 marque le 150è anniversaire de la naissance du compositeur français nĂ© Ă  Tourcoing en 1869. Sa sensibilitĂ© instrumentale rejoint Berlioz, Ravel et Debussy ; son imagination les plus grands auteurs français.
Pour preuve, ses ballets, symphonies (4), son opéra orientaliste Padmâvatî (qui recueille les sensations réelles éprouvées sur le motif après un séjour en Inde ; créé en 1923)… d’une éloquence rare, surtout d’un feu trépidant dans accentuations rythmiques et mélodies raffinées, comme son génie de l’orchestration… attestent d’un tempérament aussi exigeant et perfectionniste que Ravel ou Sibelius pour le grand œuvre orchestral.

ROUSSEL-dossier-2019-albert-roussel-2019-Albert-Roussel-resize-3b« Roussel semble vivre une odyssée moderne à la Conrad. A la fin de sa vie, l’homme usé et malade, saura cultiver sa propre vision toujours allusivement fécondée face à la mer, sa source et son destin finalement (comme l’astre solaire) : un poète pour l’éternité qui transmet dans son oeuvre unique, une part d’invisible. Le texte éclaire aussi l’homme, capable d’une conscience supérieure à son époque, et pourtant si pudique et discret, républicain et patriote, humaniste de premier plan qui suscita l’admiration des privilégiés qui comprirent quel être exceptionnel Albert Roussel demeure », écrit notre rédacteur Hugo Papbst, chroniqueur de la riche et biographie essentielle rédigée par un spécialiste du compositeur, le ténor Damien Top (fondateur du festival international Albert Roussel / Centre international Albert Roussel / CIAR)

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Conférence sur l’écriture et l’oeuvre d’Albert ROUSSEL
PARIS, SALLE CORTOT
Vendredi 5 avril 2019 Ă  18h
“L’Univers poĂ©tique d’Albert Roussel”
Conférence par Damien TOP, biographe et grand spécialiste d’Albert ROUSSEL, directeur du CIAR Centre International Albert Roussel

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puis concert Ă  19h30
Le Marchand de sable qui passe, sérénade opus 30
Textes de G. Jean-Aubry et poèmes de Henri de Régnier
avec Michel Favory, sociétaire honoraire de la Comédie Française
Ensemble Instrumental : École Normale de Musique de Paris
Direction : Daniel Kawka
(auteur de «   …Un marin-compositeur Albert Roussel, Le Carnet de bord »)

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/ et aussi :
Exposition Albert Roussel dans le hall de la Salle Cortot

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Renseignements, salle Cortot – Ecole normale de musique:
http://www.sallecortot.com/concert/concert_du_150eme_anniversaire_du_compositeur_albert_roussel.htm?idr=26330

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PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. Conférence et concert pour commémorer les 150 ans d’Albert Roussel

roussel-photo-lipnitzki-1936PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. ConfĂ©rence et concert pour commĂ©morer les 150 ans d’Albert Roussel, compositeur aussi gĂ©nial que tristement mĂ©connu… ConfĂ©rence par le spĂ©cialiste français de Roussel, Damien TOP Ă  18h, puis concert rĂ©vĂ©lant une raretĂ© symphonique par les musiciens de l’école normale de musique sous la direction d’un autre Rousselien de la première heure, Daniel Kawka… 2019 marque le 150è anniversaire de la naissance du compositeur français nĂ© Ă  Tourcoing en 1869. Sa sensibilitĂ© instrumentale rejoint Berlioz, Ravel et Debussy ; son imagination les plus grands auteurs français.
Pour preuve, ses ballets, symphonies (4), son opéra orientaliste Padmâvatî (qui recueille les sensations réelles éprouvées sur le motif après un séjour en Inde ; créé en 1923)… d’une éloquence rare, surtout d’un feu trépidant dans accentuations rythmiques et mélodies raffinées, comme son génie de l’orchestration… attestent d’un tempérament aussi exigeant et perfectionniste que Ravel ou Sibelius pour le grand œuvre orchestral.

ROUSSEL-dossier-2019-albert-roussel-2019-Albert-Roussel-resize-3b« Roussel semble vivre une odyssée moderne à la Conrad. A la fin de sa vie, l’homme usé et malade, saura cultiver sa propre vision toujours allusivement fécondée face à la mer, sa source et son destin finalement (comme l’astre solaire) : un poète pour l’éternité qui transmet dans son oeuvre unique, une part d’invisible. Le texte éclaire aussi l’homme, capable d’une conscience supérieure à son époque, et pourtant si pudique et discret, républicain et patriote, humaniste de premier plan qui suscita l’admiration des privilégiés qui comprirent quel être exceptionnel Albert Roussel demeure », écrit notre rédacteur Hugo Papbst, chroniqueur de la riche et biographie essentielle rédigée par un spécialiste du compositeur, le ténor Damien Top (fondateur du festival international Albert Roussel / Centre international Albert Roussel / CIAR)

 
 
 

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Conférence sur l’écriture et l’oeuvre d’Albert ROUSSEL
PARIS, SALLE CORTOT
Vendredi 5 avril 2019 Ă  18h
“L’Univers poĂ©tique d’Albert Roussel”
Conférence par Damien TOP, biographe et grand spécialiste d’Albert ROUSSEL, directeur du CIAR Centre International Albert Roussel

 
 
 

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puis concert Ă  19h30
Le Marchand de sable qui passe, sérénade opus 30
Textes de G. Jean-Aubry et poèmes de Henri de Régnier
avec Michel Favory, sociétaire honoraire de la Comédie Française
Ensemble Instrumental : École Normale de Musique de Paris
Direction : Daniel Kawka
(auteur de «   …Un marin-compositeur Albert Roussel, Le Carnet de bord ») 
 
 

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/ et aussi :
Exposition Albert Roussel dans le hall de la Salle Cortot

 
 
 
 
 
 

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Renseignements, salle Cortot – Ecole normale de musique:
http://www.sallecortot.com/concert/concert_du_150eme_anniversaire_du_compositeur_albert_roussel.htm?idr=26330

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