CRITIQUE, concert. LILLE, Concert de clôture Festival Piano(s) Lille 2021, Dim 20 juin 2021. MOZART, BEETHOVEN. Orchestre de Picardie. Jean-Claude Casadesus

lille-pianos-festival-2021-jc-casadesus-tiberghien-piano-concerto-piano-critique-concert-classiquenews-20-juin21CRITIQUE, concert. LILLE, Concert de clôture Festival Piano(s) Lille 2021, Dim 20 juin 2021. MOZART, BEETHOVEN. Orchestre de Picardie. Jean-Claude Casadesus, direction. Chœur régional des Hauts-de-France. Eric Deltour, chef de chœur. Cédric Tiberghien, piano. Nous voici au Nouveau Siècle à Lille pour la clôture du Lille Piano(s) Festival 2021. Le pianiste Cédric Tiberghien interprète le 23e concerto pour piano de Mozart ainsi que la rarissime Fantaisie Chorale de Beethoven, avec l’Orchestre de Picardie sous la direction du chef Jean-Claude Casadesus et la participation du Chœur régional des Hauts-de-France. Conclusion heureuse de l’extraordinaire édition 2021 du festival !

Mozart et Beethoven
La vocation universaliste de la musique

Le programme commence avec le 23e Concerto pour piano et orchestre de Mozart, achevé pendant que le génie salzbourgeois travaillait sur son opéra Les Noces de Figaro. Un bijoux mélodique plein d’émotions voilées, d’envols thématiques ravissants. Si les vents de l’Orchestre de Picardie sont sublimes dès le départ jusqu’à la fin, les cordes, elles, éclatent d’un brio gaillard au rondo final après une prestation limpide aux premiers mouvements. Le pianiste Cédric Tiberghien, quant à lui, campe une performance tendre et joyeuse sans défaut lors des mouvements extérieurs, et interprète l’adagio central avec émotion, honorant la partition empreinte d’un sens de désolation et de résignation, aussi profond que beau.

Après les applaudissements bien mérités de l’auditoire, le soliste et le chef reviennent sur scène pour la fin la plus dynamique qui soit avec l’interprétation de la Fantaisie Chorale pour piano, chœur et orchestre de Beethoven, préfigurant la célèbre dernière symphonie du maître. Dans le court Adagio initial, Cédric Tiberghian est déjà dans une expression virtuose tout à fait impressionnante. Vents, cuivres et bois confondus, s’accordent à l’excellence du soliste. Le deuxième et dernier mouvement, choral, doit beaucoup stylistiquement à l’opéra, notamment à l’opéra buffa italien et au singspiel allemand. La complicité entre le piano, l’orchestre et le chœur y est vraiment spectaculaire. Si ce mouvement préfigure en effet l’Hymne à la joie de la 9e symphonie de Beethoven, nous sommes ici dans un registre similaire, mais où l’ode est à la musique et à la beauté, à la grâce. Solistes et choristes du Chœur régional des Hauts-de-France, ainsi que tous les musiciens, incarnent magistralement le sentiment dans leur performance. Le public est entièrement transporté à la fin, au point qu’après les saluts baignés de bravos, l’ensemble décide d’offrir comme bis les toutes dernières mesures glorieuses et pompeuses de l’opus.

Nous quittons les artistes et le site du Festival Lillois avec un sentiment d’impatience : vite, la prochaine édition 2022 !

CRITIQUE, concert. LILLE, Concert de clôture Festival Piano(s) Lille 2021, Dim 20 juin 2021. Concerto pour piano et orchestre en si-bémol, Johannes Brahms. Orchestre de Picardie. Jean-Claude Casadesus, direction. Chœur régional des Hauts-de-France. Eric Deltour, chef de chœur. Cédric Tiberghien, piano.