L’Orchestre National de Lille invite l’Orchestre de Picardie (Mozart, Brahms)

ARIE VAN BECK concert orchestre national de lilleLILLE, le 1er juin 2021. CONCERT Mozart, Brahms. En clôture de sa saison 20 21, l’ON LILLE invite une phalange voisine, l’Orchestre de Picardie et le chef Arie Van Beek dans un programme lyrique et symphonique réjouissant : airs pour soprano extraits des opéras Nozze di Figaro, Cosi fan tutte, Don Giovanni mais aussi Idomeneo de Mozart ; puis plus original, version pour orchestre du Quintette avec piano en fa mineur opus 34 de Brahms (transcription de Henk de Vlieger).

La jeune soprano française Sandrine Buendia relève le défi de ce parcours dramatique qui brosse comme un portrait éloquent, contrasté des héroïnes mozartiennes : Susanne, forte et tendre et qui feint d’aimer le Comte… ; Despina, piquante et astucieuse féministe ; l’amoureuse et loyale Elvira, pourtant trahie par celui qu’elle aime, Don Giovanni ; la lumineuse (et salvatrice) Ilia…
Emblématique de cette densité émotionnelle aussi tendre qu’éruptive, popre à Johannes Brahms, le Quintette pour piano avait suscité dès 1863, un commentaire de CLARA SCHUMANN à son écoute : « C’est une œuvre si pleine d’idées qu’elle demande tout l’orchestre. Je t’en prie, revois-la encore ». Plutôt que fantaisie déraisonnable et futile, l’œuvre de l’arrangeur néerlandais Henk de Vlieger suit à la lettre le conseil avisé de la pertinente Clara… Grâce à cette nouvelle parure, capable de faire briller tous les pupitres de l’orchestre, ne s’agirait-il pas en définitive d’une nouvelle symphonie de Brahms ?

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LILLE, Nouveau Siècleboutonreservation
Mardi 1er juin 2021, 19h
L’Orchestre National de Lille invite
L’Orchestre de Picardie
Arie van Beek, direction
Sandrine Buendia, soprano

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PROGRAMME  

 

MOZART, extraits d’airs d’opéra

Giunse al fin il momento… Deh vieni non tardar »
Récitatif et Air de Susanna – extrait des Noces de Figaro

« In uomini, in soldati »
Air de Despina – extrait de Cosi fan tutte«

Zeffiretti lusinghieri »
Air de Ilia – extrait d’Idomeneo«

Ah fuggi il traditor non lo lasciar più dir »
Aria de Donna Elvira – extrait de Don Giovanni

 

BRAHMS
Quintette pour piano et cordes en fa mineur op.34
(orchestration Henk de Vlieger)
[Création mondiale]

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CONCERT capté et diffusé le dimanche 20 juin 2021 à 21h sur RADIO CLASSIQUE

Tarifs de 6 à 55€ – Durée: ± 55 minutes sans entracte
Réservations sur www.onlille.com et à la Boutique de l’Orchestre, 3 place Mendès France – LILLE.
Renseignements 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

Sur le site de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :

https://www.onlille.com/saison_20-21/concert/brahms-et-mozart/

POITIERS. Concert Haendel, Connesson, Schumann au TAP

G._ConnessonPOITIERS, TAP, le 7 mai 2019. Haendel, Connesson, Schumann. Le concert de Poitiers ambitionne un programme original qui fait dialoguer le Baroque de Haendel, son écho contemporain conçu par Guillaume Connesson, et un pilier du répertoire symphonique romantique, signé Schumann… Le concerto grosso, forme orchestrale concertante, était au XVIIIè siècle un concerto pour plusieurs instruments : l’écriture fait alterner le petiti orchestre (ripieno) avec l’ensemble (tutti). Le feu, le rythme, les contrastes développent un pur esprit du mouvement et du dialogue. Le chef Arie van Beek (qui a assuré la création de nombreuses partitions contemporaines signées Kaija Saariaho, Aulis Sallinen, Michaël Levinas…) met en perspective la partition de Haendel et celle de Guillaume Connesson (photo ci dessus : Compositeur de l’année aux Victoires de la musique classique de février 2019), Cythère, concerto pour quatuor de percussions et orchestre, claire référence par ses cadences, sa rythmicité, une énergie dansante parfois frénétique… au Bernstein de West Side Story. La partition contemporaine alterne les tutti de l’orchestre avec le groupe instrumental réduit de percussions… Dans cette pièce crée en 2014, l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine s’associe au Quatuor Beat, lauréat de nombreux prix internationaux, pour qui Guillaume Connesson a écrit ce concerto grosso du XXIè siècle.
En conclusion de ce programme, la Symphonie n° 2 de Robert Schumann : fresque énergisante elle aussi, porté par la fièvre lumineuse du compositeur romantique.

 

 

 

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Haendel, Connesson, SchumannPOITIERS arie van beek maestro chef -concert-TAP-connesson-schumann-haendel-van-Beek-annonce-concert-opera-classiquenews
Orchestre Nouvelle Aquitaine
Mardi 7 mai 2019, 20h30
Poitiers, TAP
Théâtre Auditorium Poitiers
1h30 avec entracte

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/haendel-connesson-schumann/

 

 

 

 

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Arie van Beek, direction
Quatuor Beat
 : Gabriel Benlolo, Adrien Pineau, Jérôme Guicherd, Laurent Fraiche, percussions

> Georg Friedrich Haendel : Concerto grosso op. 3 n° 2 HWV 313
> Guillaume Connesson : Cythère, concerto pour quatuor de percussions et orchestre
> Robert Schumann : Symphonie n° 2 en do majeur op. 61

 

 

 

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La Symphonie n°2 de Robert Schumann

schumann_2441248bC’est l’opus symphonique où Robert Schumann affirme sa solidité psychique, sa pleine possession psychologique, une clairvoyance affirmée, proclamée. Admirateur du Beethoven combatif lui aussi, atteint, saisi au plus profond de lui-même, Schumann veut dire sa victoire contre la fatalité et l’adversité. La Symphonie n°2 porte et cultive ce sentiment héroïque. Robert semble nous dire : non je ne suis pas fou ! … toujours éperdu, enivré par les beautés de ce monde et les forces mises à disposition pour vaincre les épreuves. L’opus est créé à Leipzig le 6 novembre 1846 — durée indicative : 44 mn.
Le Premier mouvement énergique requiert nerf et vivacité, flux organique impétueux d’où peu à peu émerge la force primitive d’un esprit de conquête d’une irrésistible détermination : c’est un feu volcanique presque dansant que l’orchestre saisit avec une impatience candide échevelée : toute la force de vie d’un Schumann pourtant atteint s’exprime dans ce formidable portique d’ouverture.
Le Scherzo regorge lui aussi de belle vitalité mais ici de nature chorégraphique: à la fois dionysiaque et prométhéen. Où le feu de Prométhée est transmis irradiant aux hommes. Même accomplissement total pour l’Adagio expressivo : plus intérieurs, recueillis, au bord du gouffre, bois et cordes en fusion émotionnelle, s’épanchent par contraste. L’énoncé à la clarinette, flûte/basson, hautbois… accorde pudeur et sensibilité… puis l’alliance cordes/cor dit l’ascension et ce désir des cimes, d’oubli et d’anéantissement. C’est le retour rêvé à l’innocence simultanément à des blessures secrètes.
Enfin dans le Finale s’impose la victoire de l’esprit ; la reprise d’une conscience recouvrée reconstruit dans l’instant une prodigieuse vitalité conquérante : l’ivresse d’un crescendo progressif d’une irrésistible effervescence affirme l’équilibre et la pleine clairvoyance du héros.

 

 

 

ENTRETIEN avec Arie Van Beek

ENTRETIEN avec Arie Van Beek. De la percussion formatrice à la direction créative : Arie Van Beek, un grand parmi les grands. A la veille de son concert à la tête de l’Orchestre Poitou-Charentes, Arie Van Beek nous a reçu à l’Hôtel de Poitiers où il était installé le temps de son séjour. Avec le prestigieux chef néerlandais, et dans une ambiance très décontractée, nous avons évoqué sa carrière (entre trois pays : les Pays Bas, la France et la Suisse) et le concert du lendemain.

Vann BEEK arie portrait maestro 1200_______chef-orchestre-arie-van-beek004_68UNE CARRIERE BIEN REMPLIE. «Je suis né à Rotterdam et j’y ai fait toutes mes études. Avec un père chef d’orchestre et une mère artiste lyrique, j’étais prédisposé à faire de la musique.» Nous dit Arie Van Beek en préambule. «Mes études achevées, j’ai été percussionniste dans l’Orchestre Philharmonique de la radio néerlandaise. J’avais 21 ans; quatre ans plus tard je suis passé de l’autre côté, et je suis devenu chef d’orchestre moi aussi. Cependant, je pense que pour être un bon chef d’orchestre, il faut d’abord faire partie de l’orchestre en tant qu’instrumentiste pour voir comment cela se passe entre instrumentistes mais aussi entre les musiciens et le chef. Ce sont des relations à la fois très simples mais aussi très complexes», conclut Arie Van Beek. Puis le chef enchaîne: «Je suis arrivé à la tête de l’Orchestre d’Auvergne en 1994 et j’y suis resté jusqu’en 2011. A ce moment là, on m’a proposé de prendre la direction musicale de l’Orchestre de Picardie. Ce que j’ai accepté volontiers.». Et quand nous lui demandons comment il est passé de l’Auvergne à la Picardie, il nous confie avec amusement : «Le bouche à oreille a bien fonctionné, le «blabla» m’a fait connaître et permis de prendre la direction musicale de l’Orchestre de Picardie. Vous savez, le bouche à oreille fait souvent plus et mieux que les auditions ou les agents artistiques. Mais ne nous y trompons pas, j’ai aussi un agent». Dynamique, Arie Van Beek est aussi le directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Genève. «Je navigue entre trois pays : la France, la Suisse et les Pays-Bas où j’enseigne au Conservatoire Supérieur de Musique de Rotterdam, ma ville natale.»

Le concert avec l’Orchestre Poitou-Charentes

«Ce n’est pas ma première collaboration avec l’Orchestre Poitou-Charentes. La première fois que j’ai dirigé cet orchestre, c’était en 2001; Jean-François Heisser venait tout juste d’arriver à la tête de l’Orchestre. Cette première collaboration s’est très bien passée, et par la suite il m’est arrivé de revenir avant cette série de concerts», nous dit le chef qui complète : «C’est un orchestre que je dirige avec plaisir; l’ambiance est excellente et je m’entends très bien avec les musiciens. Le programme de ce concert est très hétéroclite mais cohérent car le thème en est l’eau, la nature, la chasse. Nous avons pioché des Å“uvres dans chaque grande période de l’histoire de la musique, de la période baroque jusqu’à nos jours. Water Music de Haendel dure une heure; il était donc compliqué de jouer la totalité de l’oeuvre, c’est pourquoi nous ne jouerons que la Troisième Suite, – la dernière, qui dure 10 minutes. Avec Water Music, nous entrons directement dans le cÅ“ur du thème en allant dans l’univers maritime. Les Nuits d’été de Berlioz sont une promenade aussi bien forestière que lacustre. Ces nuits d’été sont d’ailleurs une double première puisque Gaëlle Arquez chante le cycle pour la première fois; c’est aussi la première fois que je la dirige. Berlioz a composé son cycle pour plusieurs voix différente : alto, baryton … mais pour des raisons évidentes de coût, c’est un même artiste qui chante les six mélodies du cycle»  précise le chef néerlandais visiblement enchanté de cette collaboration. Il poursuit : «Tiger, le concerto pour orchestre de Schoeller, est plutôt une Å“uvre animale, mais elle est passionnante à diriger. Quant à Haydn avec sa symphonie n°73, c’est la chasse qui prend toute la place. Ceci dit c’est surtout dans le dernier mouvement, avec les cors de chasse, que la thématique  cynégétique se manifeste avec le plus de force». Arie Van Beek est un chef inclassable tant il se met avec plaisir et gourmandise au service des Å“uvres qu’il dirige.

Chef généreux et enthousiaste, Arie Van Beek est aussi un excellent musicien qui ne manque jamais une occasion de partager son amour de la musique avec ses interlocuteurs. Bien qu’il soit très sollicité, nous espérons le revoir bientôt à la tête de l’Orchestre Poitou-Charentes.

Propos recueillis en mars 2016

Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn, Mozart (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction.

De retour au Théâtre Auditorium de Poitiers, l’Orchestre Poitou Charentes accueille, pour son premier concert de l’année 2016, la mezzo soprano saintaise Gaëlle Arquez et le chef néerlandais Arie Van Beek. Le programme de ce concert est hétéroclite puisqu’en une heure trente il balaie les quatre grandes périodes de l’histoire de la musique. Il reste néanmoins cohérent, puisque chacune des Å“uvres de la soirée évoque, l’eau, la nature, la forêt. Ce concert est aussi l’occasion de voir un public nombreux au sein duquel les enfants et les adolescents sont très présents. Notons la présence d’élèves de seconde venus de Montmorillon : «Ce sont des jeunes qui suivent une option «son» pendant leur année de seconde» nous dit leur professeur qui ajoute : «C’est leur première sortie au Théâtre Auditorium et c’est une organisation importante, et nous sommes satisfaits de les voir prêts à découvrir un univers qu’ils ne connaissent pas.»

L’Orchestre Poitou Charentes mené à la baguette par Arie Van Beek

BEEK arie von arie_van_beek_2_g-8Avec la suite n°3 en sol majeur du Water Music de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), l’Orchestre Poitou Charentes donne le ton d’une soirée haute en couleurs. La dernière des suites du Water Music, celle donnée en ce mardi soir, a été composée en 1736 à l’occasion du mariage du prince de Galles. Sous la direction ferme et attentive d’Arie Van Beek, l’Orchestre Poitou Charentes en donne une lecture dynamique, vive, sans excès. C’est avec Le cycle de mélodies Les nuits d’été, d’Hector Berlioz (1803-1869) que Gaëlle Arquez revient sur la scène du Théâtre Auditorium de Poitiers. Après un Poème de l’amour et de la mer, certes très bien chanté mais à la diction aléatoire, donné avec l’Orchestre des Champs Elysées le 4 février dernier, la jeune mezzo s’engage sans compter. Arquez visiblement survoltée par le défi, c’était la première fois qu’elle interprétait ainsi Les Nuits d’été-, chante avec un plaisir évident une musique qui lui va comme un gant; et enfin la diction, qui nous avait tant manqué en février, est au rendez-vous. L’Orchestre accompagne la soliste avec générosité, Arie Van Beek veillant avec une bienveillante autorité à ne jamais couvrir la chanteuse.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre commence par jouer le second mouvement de Tiger, Concerto pour orchestre, composé en 2012 par Philippe Schoeller (né en 1957). C’est par les vents puis les bois que Schoeller évoque la nature avec une certaine poésie; le chef, dont la battue est claire et précise, se montre enjoué et inspiré dans une Å“uvre pourtant peu évidente. C’est cependant avec Joseph Haydn (1732-1809) et sa symphonie N°73 «La chasse», que la nature prend ses aises, notamment avec les «scènes de chasse» du dernier mouvement, le presto final. Arie Van Beek, plus inspiré encore, survolte ses musiciens, les poussant avec fermeté dans leurs retranchements et les incitant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ravi, le public réserve un accueil chaleureux aux musiciens et à leur chef, qui concède en bis l’ouverture des Nozze di Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Si nous regrettons que cette ouverture soit donnée sur un tempo un peu trop vif par rapport au reste du concert, nous apprécions l’incursion symphonique / lyrique de Van Beek dans un programme très «nature».

C’est un concert de haute volée que l’Orchestre Poitou Charentes a donné au Théâtre Auditorium de Poitiers. Arie Van Beek, qui est invité de temps en temps par Jean François Heisser depuis 2001, dirige son orchestre avec un plaisir évident : «Le courant passe bien avec les musiciens; et ils sont très soudés entre eux» nous disait-il, la veille du concert, et cela transparaît pendant toute la soirée. Musiciens, chef, chanteuse formaient un ensemble solide; si solide, d’ailleurs, que le public serait volontiers resté plus longtemps pour en mesurer encore et encore la bienfaisante complicité.

Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Gerog Friedrich Haendel (1685-1759) : Water Music : suite N°3 en sol majeur, Hector Berlioz (1803-1869) : Les nuits d’été opus 7, Philippe Schoeller (né en 1957) : Tiger (2e mouvement), Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N°73 «La chasse», Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le nozze di Figaro, ouverture (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction. Illustration : Arie Van Beek © Ludovic Combe