LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction.

ELIM CHAN cheffe classiquenews ON LILLE steaming concert audito 2LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction. Comme un signe annonciateur, espéré du retour du public dans les salles de concerts, confirmant la continuité du travail musical de l’Orchestre National de Lille, ce malgré l’application des mesures sanitaires, voici un nouveau jalon de l’offre digitale de la phalange lilloise ; le catalogue des programmes ainsi captés depuis l’Auditorium du Nouveau Siècle à Lille (offre 100 numérique intitulée « AUDITO 2.0 ») est devenu pléthorique et varié : tout est accessible depuis la chaîne youtube de l’Orchestre National de Lille (ICI). / Photo : Elim CHAN (DR).

Pour ce concert double Ravel / Beethoven, deux tempĂ©raments asiatiques affrontent la vitalitĂ© de l’Ă©criture concertante et symphonique.
D’emblée l’entente, la complicité entre cheffe, soliste et instrumentistes portent leurs fruits ; le Premier mouvement du Concerto en sol de Ravel, à la vitalité enivrée et swinguée, « américaine » , réalise ce que recherchait Ravel après sa tournée aux USA (1928) : produire une pièce mouvante, parfois superactive dans l’esprit d’un « divertissement », où brille à armes égales, l’éloquence du piano et des instruments de l’orchestre, en particulier les vents. Le mouvement central (Adagio assai) a cette rêverie que chef et soliste inscrivent dans la nonchalance mozartienne (claire référence au Quintette pour clarinette de Wolfgang) entre abandon et suprême nostalgie (voire climat d’insaisissable rêverie enchantée) puis le finale (Presto) devient transe dans laquelle la cheffe soigne la vitalité des timbres auquel le piano frétillant de la pianiste (germano-nippone) Alice Sara Ott apporte une claque détaillée et lumineuse qui fouette les rythmes.

Dans la Symphonie n°2 de Beethoven (1802, créée en 1803), la cheffe hong-kongaise souligne l’énergie et l’impétuosité de l’écriture, celle qui affirme le génie créateur et conquérant d’un Beethoven qui a alors surmonté la crise d’Heiligenstadt ; dépression en liaison avec sa surdité croissante, finalement surpassée et sublimée par une rage déterminée : tout cela s’entend (Scherzo à la fois capricieux et allègre) et résonne sous la baguette vive, affûtée, musclée d’Elim Chan (Finale / Allegro molto d’un pur esprit de joie séditieuse). C’est la vigueur qui l’emporte ici sur toute virtuosité et élégance viennoise : Elim Chan confirme le souffle martial d’un Beethoven prêt à en découdre, armé pour surmonter tous les revers de sa destinée foudroyée.

LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction. CONCERT Ă  revoir sur la chaĂ®ne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE ici :

ALICE SARA OTT joue le Concerto pour piano de GRIEG

OTT aliece sara piano cd annonce concert classiquenews folle journee 2019 grieg concerto ASO_Nightfall_Cover_750pxARTE, dim 3 fĂ©v 2019. Alice Sara OTT joue GRIEG. Trentenaire, la pianiste nippo-allemande Alice Sara Ott – nĂ©e Ă  Munich en 1988, occupe l’affiche du concert retransmis sur ARTE, dim 3 fĂ©vrier 2019 Ă  17h30, un direct depuis la folle journĂ©e de Nantes 2019 dont le thème gĂ©nĂ©rique pour sa 25è Ă©dition, est « Carnets de Voyage ». La lolita eurasienne qui joue pieds nus, si elle ne surprend guère dans le choix de son rĂ©pertoire – germanique et romantique auquel il faut ajouter l’inĂ©vitable et incontournable Chopin, ose renouveler l’expĂ©rience mĂŞme du concert, affichant une dĂ©contraction qui reste Ă©videmment très professionnelle. Pourtant ses Liszt sont loin d’égaler l’imagination frĂ©nĂ©tique et puissante de son confrère lui aussi chez DG Deutsche Grammophon, le russe autrement plus attachant Daniil Trifonov. Pour autant, ayant portĂ© et dĂ©fendus les couleurs de la musique française du XXè dans son dernier cd sous l’étiquette jaune («  Nightfall »), la pianiste ne s’en laisse guère conter et son talent, rĂ©el, pourrait nous surprendre dans ce programme nantais qui comprend le Concerto pour piano de Grieg, solide partition Ă©perdue et romantique, et pilier du rĂ©pertoire Ă  l’égal de celui de Tchaikovsky ou du 1er de Brahms. Avec l’orchestre national du Tatarstan.

GriegLe Concerto pour piano de Grieg est composé en 1868, il n’a que 25 ans, pendant un séjour au Danemark (Sollerod), épisode plus clément et doux que sa Norvège natale. Toute la partition en trois mouvements (Allegro molto moderato / Adagio / Allegro moderato molto e marcato) exprime le bonheur familial que le jeune auteur vit alors avec son épouse et leur fille. Comme le Concerto de Schumann écrit en 1858, lui aussi sous le sceau de l’amour (pour Clara Schumann), le Concerto de Grieg est aussi en la mineur. Il n’est pas improbable que l’élan irrésistible de Schumann ait inspiré la plume de Grieg qui mêle aussi des motifs propres au folklore norgévien. Créé à Copenhague en avril 1869, le Concerto frappe fortement le jeune Arthur Rubinstein, présent à la création qui en sera un interprète et un défenseur des plus inspirés. A l’écoute de la douceur intérieure de Grieg, le pianiste sait à la différence de bien des pianistes récents, écarter toute grandeur démonstrative…

VOIR ici Arhur Rubinstein jouer le Concerto pour piano de GRIEG,
avec cette simplicité et la recherche d’un son intérieur qui le caractérise…

https://www.youtube.com/watch?v=I1Yoyz6_Los

https://www.youtube.com/watch?v=I1Yoyz6_Los