CD Ă©vĂ©nement, annonce. MAHLER : 7è Symphonie (Orch National de Lille / Alexandre Bloch (1 cd Alpha – 2019)

Symphonie 7 MAHLER, Alexandre BLOCH, Orchestre National de LilleCD Ă©vĂ©nement, annonce. MAHLER : 7è Symphonie (Orch National de Lille / Alexandre Bloch (1 cd Alpha – 2019). C’est le prolongement et assurĂ©ment le jalon le plus emblĂ©matique du cycle des symphonies de Mahler rĂ©alisĂ© par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical Alexandre Bloch durant l’annĂ©e 2019 : cette 7ème porte en elle l’homogĂ©nĂ©itĂ© et la grande cohĂ©rence, poĂ©tique et sonore des musiciens lillois Ă  l’épreuve de cette Ă©popĂ©e orchestrale. Le choix de la 7è est d’autant plus pertinent que l’engagement des interprètes s’y dĂ©ploie sans limite, qu’il s’agit d’une partition encore mĂ©sestimĂ©e (Ă  l’ombre de son pendant « tragique », la 6ème). Or la 7ème crĂ©Ă©e Ă  Prague en 1908, offre une rĂ©flexion ardente et âpre, mordante et lyrique, enivrĂ©e aussi (ses deux Nachtmusik enveloppant le scherzo central) portĂ©e par Mahler lui-mĂŞme, comme en une introspection intime oĂą la forge instrumentale lui permet toutes les audaces sonores, toutes les combinaisons de timbres. Alexandre Bloch n’oublie pas pour autant tout ce que la crĂ©ation malhĂ©rienne doit Ă  la Nature, divine et mystĂ©rieuse, source première dans son Ĺ“uvre aux dimensions « cosmiques ». L’acuitĂ© expressive des CLIC D'OR macaron 200musiciens Ă©blouit dans la sidĂ©ration que produit le glaçant Scherzo (danse de mort) tandis que le Finale porte tout l’édifice Ă  la fois victorieux et clownesque, sorte de grimace et Ă©clat de rire face au destin et Ă  la fatalitĂ©. L’humour et les subtiles citations de compositeurs qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© (et marquĂ© comme chef), serait ainsi le secret de Mahler, enfin rĂ©vĂ©lĂ© par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille. La rĂ©alisation est majeure. Critique complète Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2020.

 

 

 

RAVEL : Gaspard de la nuit, triptyque fantastique

RAVEL-maurice-elegance-francaise-concert-opera-bolero-classiquenewsFrance Musique, dim 1er déc 2020. RAVEL : Gaspard de la nuit. La tribune des critiques de disques interroge l’enjeu de la partition pour piano de Ravel et distingue les meilleurs interprètes. Partenaire familier, et véritable double pianistique, Ricardo Viñes prête pour le lire, le Gaspard de la nuit d’Aloysius Bertrand (1842). En découle sous le prisme poétique ravélien, trois « poèmes romantiques de virtuosité transcendante ». Ici dans le sillon même de Bertrand, Ravel s’inscrit en creux dans le travail des contrastes entre ombre et lumière, car Bertrand cite Rembrandt et Jacques Callot, dont le trait incisif des gravures relance l’éclat noir de la matière narrative. Dans l’imaginaire délirant d’un vieillard, ce Gaspard nocturne, fascinant / menaçant n’est autre que le diable. Dans son appartement de Levallois, Ravel se concentre et produit les 3 sommets du piano français au XXè, de mai à sept 1908. Une musique endiablée qui « fait galoper le sang » selon les termes du premier auditeur Viñes (janvier 1909).
Ondine est d’abord d’une fluidité féminine, aquatique, transparente et trouble à la fois, qui envoûte pour aspirer vers les profondeurs les plus sombres : son invocation (« écoute! ») capture et saisit, emportant sa victime au fond du gouffre sans fond. Ensuite Gibet enivre tout autant par sa triste et morne, langoureuse plainte funèbre, à travers son lugubre glas (si bémol répété 146 fois). Enfin Scarbo est une création purement poétique, née des divagations et incantations magiques du narrateur ; une manière de génie dont la présence et la proximité attestent de la réalité du songe et de l’enchantement, sortilège et transformation. En réalité, suivant de manifestes références cabbalistiques, les trois volets de ce triptyque enchanteur, suit les étapes de la matière en sa transmutation alchimique ; au fluide d’Ondine, répond la putréfaction des pendus au gibet ; jusqu’à la consomption pilotée par le génie Scarbo. Le parcours est d’essence magique ; c’est un rituel qui est aussi dévoration. Tout relève d’un envoûtement : le rire du nain Scarbo, l’aigre grincement de son ongle sur la soie ; ses acrobaties délirantes et son bonnet à grelot… puis son évanouissement comme d’une lueur qui s’éteint ; c’est une apparition qui foudroie et saisit. La face hypnotique d’un pur produit fantastique. D’un imaginaire poétique inédit jusqu’alors, la partition de Ravel invente un nouveau langage pianistique ; le piano poètique pictural, qui se suffit à lui même, puisqu’il ne fut jamais orchestré. Alfred Cortot saisit lui aussi déclare : « l’un des plus surprenants exemples d’ingéniosité instrumentale dont ait jamais témoigné l’industrie des compositeurs ». Le génie de Ravel est comme celui de Leonardo en peinture : rare mais fulgurant, mystérieux et énigmatique ; fasciné comme le génie de la Renaissance, par l’ombre : gouffre, passage, abstraction…
De toute les versions les plus récentes, celle du pianiste nous a le plus convaincu : lire notre critique de Gaspard de la Nuit par Dénes Varjon (né à Budapest en 1968), et aussi celle par Natacha Kudritskaya
http://www.classiquenews.com/cd-nocturnes-natacha-kudritskaya-piano-debussy-ravel-1-cd-deutsche-grammophon/

France Musique, dim 1er déc 2020. RAVEL : Gaspard de la nuit. La tribune des critiques de disques, 16h.

CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca)

elgar symphony 1 daniel barenboim cd decca review compter endu critique classiquenews mars march 2016 cd review critique cd 4786677CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca). DĂ©but mars 2016, Daniel Barenboim publie un nouvel enregistrement symphonique avec la Staatskapelle Berlin, dĂ©fendant une partition rare en France : la Symphonie n°2 du britannique Edward Elgar. Grâce Ă  l’acuitĂ© instrumentale du chef comme Ă  son souci de la tension dramatique, la Symphonie crĂ©Ă©e au dĂ©but du siècle, en mai 1911 Ă  Londres, Ă©blouit littĂ©ralement parce que le chef sait dĂ©celer sous la solennitĂ© impĂ©rialiste “totally British” (l’ouvrage est dĂ©diĂ© au roi Edouard VII qui vient de s’Ă©teindre), la finesse de l’Ă©criture, en particulier dans le mouvement lent, le Larghetto en ut mineur (dont l’esprit est directement dĂ©diĂ© au roi Edouard VII). En avant première, voici un extrait de la critique de notre rĂ©dactrice Elvire James, qui en distinguant ce nouvel enregistrement, dĂ©cerne un CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

ELGAR symphony symphonie 2 review account of CLASSIQUENEWS Edward_Elgar_head2_copy2Extrait de la critique de notre consĹ“ur Elvire James :  ”Bavarde ou d’une solennitĂ© raffinĂ©e, la Symphonie n°2 touche diversement, chacun selon sa sensibilitĂ©. La partition est crĂ©Ă©e en mai 1911 Ă  Londres sous la direction du compositeur. L’esprit de marche, l’ampleur majestueuse qui ouvre  tel un vaste portique, tout le cycle symphonique (en cela emblĂ©matique de l’adhĂ©sion d’Elgar Ă  l’idĂ©al impĂ©rial britannique) est conduit avec une ivresse dĂ©taillĂ©e instrumentale qui laisse la place Ă  de subtiles respirations, le chef sachant Ă©viter la lourdeur comme la grandiloquence : entre majestĂ© et sĂ©rĂ©nitĂ©, Barenboim insuffle une vraie tension, se gardant bien de rĂ©duire l’Ă©criture Ă  une seule dĂ©monstration de grandeur superphĂ©tatoire. Après l’Allegro initial dont la direction restitue la pulsion Ă©lectrique, c’est l’irrĂ©sistible Larghetto en ut mineur d’une plĂ©nitude enivrĂ©e, enchantĂ©e – autre rĂ©flexion sur l’esprit de la grandeur funèbre mais abordĂ©e dans l’esprit d’une musique de chambre oĂą règnent la clartĂ© et la transparence (superbes couleurs tristanesques aux cors et Ă  la magistrale harmonie des bois), comme la couleur sombre et de recueillement en conformitĂ© avec la dĂ©dicace de l’opus….

 

Prochaine critique complète du cd Symphonie n°2 d’Elgar (1911) par Daniel Barenboim dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews d’ici le 20 mars 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016