jeudi, décembre 8, 2022

Seiji Osawa, De Tanglewood à Tokyoà partir du 5 novembre à 11h45

A ne pas rater

à partir du 5 novembre à 11h45
Seiji Osawa
De Tanglewood à Tokyo

Documentaire. Production : Peter Gelb. 1985, 52 mn

Difficile
d’imaginer le spectacle désolant d’un chef génial boycotté dans son
pays par tous les musiciens japonais. Lorsque Seiji Osawa qui a passé
deux saisons à New York auprès de Leonard Bernstein, revient au pays du
Soleil levant, ses compatriotes le traitent en traître : trop occidental,
donc infidèle. Durement touché, Osawa décide de quitter le Japon où il
ne dirigera pas de musique. Il rejoint l’Europe et les Etats-Unis pour
une carrière internationale. Aujourd’hui, il est adulé au Japon comme
ailleurs. Entre temps, il aura démontré que la musique est
internationale, et permis à la culture de traverser les frontières.
Le
documentaire retrace la carrière du chef, disciple de Hideo Saitoh, le
premier chef japonais qui avait une connaîssance précise de la musique
occidentale. En ayant dirigé en Allemagne, il souhaite interpréter
Beethoven et Brahms au Japon, comme le font les interprètes
occidentaux. Depuis Osawa a suivi la trace de Saitoh. Il y a de la
ténacité et un déterminisme à toute épreuve dans la silhouette de Seiji
Osawa, un père de famille au demeurant détendu. Son parcours montre à
quel point il n’était pas acquis pour un japonais d’absorber et
d’interpréter la musique occidentale, quand au Japon, il faut se fondre
dans le moule plutôt qu’affirmer sa personnalité. Or la direction
d’orchestre suppose d’abord, un tempérament, une curiosité et un
charisme suffisant pour entraîner les autres… « Sans Saitoh, je
n’aurais jamais été chef : devenir chef pour un japonais est
impossible » déclare Osawa. Le film s’avère un petit bijou qui dévoile
la personnalité, simple, sensible, attachante de l’actuel directeur de
l’Opéra de Vienne (depuis 2002). Répétitions jubilatoires avec Rudolf
Serkin dans Beethoven ; Jessye Normann et Edith Wiens dans la Deuxième
de Mahler à Tanglewood ; retrouvailles avec Karajan à Salzbourg, son
maître avec Bernstein ; concert émouvant en hommage à son maître
japonais, Saitoh.

C’est aussi le portrait du pédagogue qui se
souvient de son premier séjour aux Etats-Unis, en 1960. Au mois d’août
de la même année, il obtenait le prix Koussevitsky. Le maître se montre
très proche de ses élèves : trouver le geste juste pour exprimer aux
musiciens ce qu’il faut faire, apprendre à communiquer… Difficile
défi auquel sont confrontés ses disciples dont un jeune apprenti de 24
ans, « Totsuka », raide et émotif, pour lequel la musique est une
souffrance visible : le maître semble revivre ce qu’il a lui-même vécu
quand il a quitté le Japon pour apprendre la direction d’orchestre en
Occident. Il serait intéressant de savoir d’ailleurs, si Totsuka a
persévéré dans la musique…

Sans détours (Osawa, très ému lors
d’une conversation avec Yo-Yo Ma, demande à couper la tournage, pour
s’en excuser lors d’une prise suivante), abordant le choc culturel et
le déracinement contraint qui est à la base de la carrière du chef
japonais, le documentaire est un modèle du genre. Dommage que les
images et le son de 1985 ne soient pas à la hauteur de l’écriture et du
montage.

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