Raymonda de Petipa à Saint-Petersbourg (centenaire Petipa 2018)

PETIPA-classiquenews-portrait-critique-annonce-ballet-centenaire-petipa-2018Marius_Petipa_-1898ARTE, le 23 déc 2018, 22h30. RAYMONDA. Le Théâtre Mariinsky célèbre dans ce programme le bicentenaire de Marius Petipa (né le 11 mars 1818) avec l’un de ses derniers grands ballets romantiques, Raymonda (1898) créé sur la même scène du Mariinsky, 120 ans plus tôt. L’ex danseur, né à Marseille, devenu maître de ballet aux seins des théâtres impériaux russes (dès 1869 : Bolshoï à Saint-Pétersbourg, Mariinsky, Ermitage… ), renouvelle et enrichit considérablement le ballet romantique : rééquilibrant cahque partie dévolue aux corps du ballet, aux solistes : d’ailleurs même s’il privilégie la virtuosité de la ballerina, première danseuse, Petipa n’oublie pas pour autant la tenue très technique et élégantissime du premier danseur. La cohérence de l’action, conçu comme un véritable drame concorut à valoriser ce ballet romantique, nouvelle figure de l’ancien ballet d’action.
Avant Raymonda, Petipa crée un corpus de référence pour le ballet romantique que l’on appelle aussi « ballet classique » : Coppelia et Giselle en 1884 ; La Belle au bois dormant, musique de Tchaikovski (1890) ; La Sylphide et Casse-noisette (1892) ; Le Lac des cygnes (1895)…

Le chorégraphe fait de la danse un art à part entière, qui exprime tous les jalons de l’intrigue, et qui n’est plus ce divertissement souvent invraissemblable. Mais Petipa va plus loin : dans l’acte final (l’acte III, celui des Noces au palais du Roi), le Grand pas hongrois réservé à la ballerine devient un morceau autonome, détaché de l’action et qui célèbre l’idéal absolu de la danse pure…

Dans un Moyen Âge fantasmé, le ballet met en scène une jeune noble, Raymonda, attristé car la croisade a ravi son fiancé, Jean de Brienne. Simultanément le prince sarrasin Abderrahmane tombe amoureux de la jeune femme.

Enregistré le 28 mai 2018 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, le grand ballet a été créé sur la même scène par Marius Petipa, alors âgé de 80 ans, il y a tout juste cent vingt ans. Destiné à marquer, entre autres festivités, le bicentenaire de la naissance du maître du ballet classique, beaucoup plus reconnu par sa Russie d’adoption que par la France qui l’a vu naître, ce spectacle fastueux reprend la version de la chorégraphie originale de Petipa, revisitée par Konstantin Sergeyev, lointain successeur de Petipa.

Le livret inspiré par la légende médiévale mêle danse pure et action, danse classique et influences folkloriques russes en une mosaïque d’images et de tableaux, variés et contrastés. La ballerine Viktoria Terechkina, l’une des stars du Mariinsky, porte avec maestria cette œuvre où se mélangent rêverie, violence, sensualité. La technique de l’école russe se déploie ici, avec une virtuosité, une précision gestuelle, une distanciation parfois froide… mais dont l’élégance force l’admiration.

Sur le plan musical, Glazounov âgé de 32 ans, élabore une partition raffinée, colorée, d’une sensualité digne. L’orchestration se rapproche de l’opéra le Prince Igor de Borodine, que Glazounov achève avec l’aide de son maître, RImski-Korsakov.

ARTE, le 23 déc 2018, 22h30. Ballet RAYMONDA, musique de Glazounov – chorégraphie de Marius Petipa.

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