R.Strauss:Zarathoustra, Rachmaninov… OSRCTTours, Grand Théâtre. Les 19 et 20 mai 2012

Orchestre Symphonique Région Centre Tours
saison 2011-2012

Richard Strauss
Zarathoustra

Tours, Grand Théâtre
Les 19 et 20 mai 2012

Samedi 19 mai 2012 à 20h

Dimanche 20 mai 2012 à 17h

Conférence et présentation du programme: les 19 à 19h, le 20 à 16h. Au Grand Théâtre, entrée gratuite


Concert de clôture de la saison symphonique 11-12 de l’Orchestre Symphonique Région Centre Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce: le programme est particulièrement ambitieux, comprenant le Concerto pour piano n°3 en ré mineur opus 30 de Rachmaninov (avec la collaboration du pianiste Eugen Indjic, pianiste déjà invité à Tours), et surtout l’ample et monumental poème symphonique de Richard Strauss: Ainsi parlait Zarathoustra opus 30, fresque fulgurante aux déflagrations et vagues lyriques irrésistibles… vrai défi pour tous les musiciens de l’Orchestre , et rare rencontre d’un projet musical avec la pensée d’un philosophe.


Zarathoustra opus 30

Terminé fin août 1896, le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra est créé en novembre de la même année sous la direction de l’auteur. Le plan de Strauss n’est pas une traduction musicale scrupuleuse de la pensée de Nietzsche, mais plutôt l’évocation de la destinée humaine, des origines au Surhomme défendu par le philosophe. A l’incantation dynamique de l’écrivain, “nous avons trop longtemps rêvé, nous voulons devenir des rêveurs éveillés et conscients”… le compositeur répond par en un geste ambitieux qui est aussi une déclaration esthétique pleinement assumée.
Il s’agit bien d’un éveil voire d’un sursaut qui passe ainsi par la musique. Rien de plus stimulant pour un jeune compositeur alors âgé de 32 ans. Cet appel à une hyperconscience est d’abord inscrit dans les effectifs: l’orchestre y est particulièrement étoffé (bois par quatre, cors par 6, 4 trompettes, 3 trombones, 2 tubas basses, 2 harpe, 1 orgue… entre autres!).




Musique du Surhomme

Fidèle à l’idée d’un développement proche de la pensée philosophique, Strauss fait se succéder 8 sections, chacune intitulée minutieusement: l’ouverture est un portique solennel et grandiose, signe annonciateur de la conscience ciblée dès le départ; au coeur de ce magma qui prend forme, se précise l’antagonisme entre l’ut majeur symbolisant la Nature mystérieuse envoûtante et impénétrable (4 trompettes), et le si mineur qui incarne l’esprit humain, interrogatif, provocateur, critique, agent de la pensée active: l’homme s’interroge sur le sens d’une vie, l’issue mortelle de sa condition terrestre; au sommet de ses doutes et de ses angoisses (7), le héros qui s’est constitué ainsi en Surhomme se délivre des passions et des désirs, se fond dans la ronde de l’univers (danse salvatrice, à la fois sensuelle et structuratrice). Si dans le dernier épisode (8: le chant du voyageur dans la nuit), le héros aspire dans un élan de sublimation, jusqu’à l’éternité, Strauss ajoute aussi une note trouble: il colore in fine les derniers accords du souvenir de la nature par des accords dissonants, irrésolus… le doute n’est jamais éteint dans le coeur de l’homme, eût-il ambitionné devenir ce Surhomme proclamé par Nietzsche. Comme pour Wagner, l’aspiration au dépassement du moi défendu par Nietschze, ne pouvait que stimuler l’ego créateur si débordant de Richard Strauss, l’un des créateurs symphonistes les plus novateurs de son temps. Outre l’ampleur et la modernité de son développement formel, l’opus 30 straussien est l’un des manifestes musicaux les plus aboutis dans la carrière du musicien. Zarathoustra amorce la production orchestrale du maître bavarois en particulier les œuvres maîtresses: Une vie de héros (1899) puis la Symphonie alpestre (1915).

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