POITIERS, TAP, Fratres de Pärt, 7ème de Bruckner

Arvo-Part--008POITIERS, TAP. PÄRT, MOZART, BRUCKNER… le 31 janvier 2017. Le programme présente 3 sommets de la musique, chacun à leur époque, qui ont aussi inspiré le cinéma. D’abord un hommage, celui de l’estonien Arvo Pärt – l’un des plus grands compositeurs actuels (né en 1935), au moment de la mort du britannique Benjamin Britten en 1976 : Fratres pour violon et piano. Berceuse, déchirante prière, course en panique et délirante ivresse échevelée sur le motif de la perte : l’intensité émotionnelle qui s’en dégage est proportionnelle à la volonté d’épure et de simplicité de la ligne, où les deux instruments comme incandescents et sonnés, jouent aussi avec le silence. Créé en 1977, Fratres a connu de nombreuses versions pour deux, trois, voire un seul instrument. Ce soir, c’est la version pour deux voix, violon et piano, la plus déchirante à notre avis, que créèrent à Salzbourg en 1980, le violoniste Gidon Kremer et la pianiste Elena Bashkirova. Deux réalisateurs l’ont porté au cinéma : Paul Thomas Anderson pour There Will Be Blood (2008), puis Martin Provost pour Violette (2013).

A l’époque des Noces de Figaro, Mozart compose son Concerto pour piano n°23 créé à Vienne le 2 mars 1786 : l’organisation si fluide de son architecture rappelle de fait un véritable opéra, dramaturgie naturelle pour instruments… Le mouvement central, le plus bouleversant par sa grâce naturelle résonne comme une confession intime, une immersion dans les tréfonds de l’âme humaine, aux portes de l’inquiétude et de la tristesse, d’une insondable gravité.

bruckner anton-499823Inspiré par son modèle devant tous, Wagner, Bruckner s’essaie au grand format orchestral, porté par une indéfectible foi. Sa Symphonie n°7 aurait inspiré au cinéaste Visconti, la structure et l’atmosphère globale de son film Senso (1954) : l’Adagio si troublant et pénétrant exprime le vertige des deux amants possédés en particulier l’abandon fatal de l’amoureuse qui finit trahie. Commencée en 1881, la 7è est marquée par la mort du maître, Richard Wagner, survenue pendant les séances de composition en février 1883. Le final de l’Adagio offre ainsi une orchestration funèbre (sur le choral de déploration) dédiée au compositeur décédé (tubas wagnériens). Mystique, Bruckner malgré l’ampleur des effectifs et son recours régulier aux cuivres, taillés en gros blocs, exprime une ardente prière dont l’activité parfois furieuse de tout l’orchestre, ne parvient pas à atténuer la morsure panique. La vivacité du Scherzo par exemple est tout emprunte d’un doute intérieur qui saisit par sa force, malgré l’apparente bonhommie des faux airs de danses qu’il développe. Architecte, Bruckner est surtout un croyant inquiet. Ecouter l’une de ses symphonies, et en particulier la 7è, est un choc, à tout le moins une expérience musicale, mémorable.

 

 

 

 

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POITIERS, TAP
Théâtre Auditorium de Poitiers
Mardi 31 janvier 2017, 19h30

 

Paul Daniel, direction
Vanessa Wagner, piano
Matthieu Arama, violon

 

> Arvo Pärt Fratres (version violon et piano)
> W.A. Mozart Concerto pour piano n° 23
> Anton Bruckner Symphonie n° 7

 

 

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http://www.tap-poitiers.com/orchestre-national-bordeaux-aquitaine-1790

 

 

 

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