Philippe Jaroussky chante CaldaraFrance Musique, vendredi 24 décembre 2010 à 12h30

Philippe Jaroussky
chante Caldara
France Musique
Vendredi 24 décembre 2010 à 12h30
Récital parisien du 1er décembre 2010 (TCE)



En décembre 2010, Virgin classics publie le récital Caldara du sopraniste français Philippe Jaroussky. Au lieu d’un formidable album défricheur, convaincant voire stimulant comme peuvent l’être les nouveaux albums si préparés de Cecilia Bartoli, le programme Jaroussky/Caldara faiblit dès les premiers airs sélectionnés, en partie par une baisse de tonus vocal du chanteur, pourtant chercheur méritant de nouvelles partitions baroques… France Musique diffuse pour sa part le récital parisien donné dans la foulée de la parution discographique, le 1er décembre dernier au TCE…
Plus réservé, notre rédacteur Benjamin Ballifh, écrit à propos de l’album Caldara (Caldara in Vienna: Forgotten castrato arias, 1 cd Virgin classics):
Jaroussky a-t-il l’aura et la technique des castrats baroques? Qui
pourrait réellement et objectivement répondre à cette question
insoluble? Les témoignages d’époque faisant défaut, on ne peut guère
que mesurer les qualités musicales et l’engagement dramatique du haute
contre souvent plus sopraniste que altiste dans ce programme des airs
oubliés du Castrat légendaire le plus célèbre, entendez Farinelli rien
que cela… La notice met en avant la passion du chanteur français pour
le compositeur italien Caldara qui contemporain de Vivaldi, Bach et
Haendel fut le premier à adapter en musique les livrets du réformateur
(avant Métastase), Zeno. Mais dans ce récital de défrichement, que se
passe-t-il? Notre déception est immense.
Le chanteur aurait-il perdu le fil stylistique qui jusque là faisait
l’enchantement de ses précédents disques? Tout ici n’est qu’une affaire
de brio et de clinquant. Même l’orchestre du Concerto Köln semble
étranger à toute nuance du sentiment, à toute vérité émotionnelle… à
quelques exception près. Antonio Caldara (1670-1736) fut un
compositeur d’opéras unique en son temps. A Mantoue, Barcelone ou Rome,
mais
surtout à la cour impériale de Vienne, il a composé plus de soixante-dix
ouvrages pour la scène. Jaroussky a bien raison de se consacrer
aujourd’hui au musicien baroque. Défricheur, scrupuleux, le haute contre
français semble emprunter des chemins inédits innovants comme Cecilia
Bartoli avant lui quand la diva romaine retrouvait Vivaldi… mais les
arguments vocaux sont bien différents (palettes dynamiques, tonus et
agilité vocale…). En exposant certaines usures de la voix, le Français
en ferait-il trop? Mais tout ne s’est pas joué dans la première partie de l’album: les airs élégiaques plus tendres conviennent mieux au sopraniste… En lire +
Philippe Jaroussky: Caldara in Vienna.
Forgotten castrato aria. Antonio Caldara (circa 1671-1736): extraits
des opéras L’Olimpiade, Demofoonte, La Clemenza di Tito, Temistocle,
Scipione nelle Spagna, Ifigenia in Aulide, Adriano in Siria, Lucio
Papirio dittatore, Enonce, Achille in Sciro… Concerto Köln. Emmanuelle
Haïm, direction.
à ne pas manquer, sur Arte:
Télé: Arte diffuse un docu dédié à la redécouverte de Caldara par Philippe Jaroussky. Dimanche 26 décembre 2010 à 19h, Maestro.

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