Offenbach: Les Contes d’Hoffmann à MunichArte, jeudi 29 décembre 2011 à 22h30


Jacques Offenbach

Les Contes d’Hoffmann

Munich, Opéra d’état de Bavière
Arte, jeudi 29 décembre 2011 à 22h30

C’est une version inédite des Contes d’Hoffmann du grand Offenbach que nous propose en novembre, l’Opéra d’état de Bavière à Munich (Bayerische Staatsoper, Munchen): alors qu’il est familier de distribuer le rôle du diable et de la force morale ténébreuse pour un même baryton basse, il est plus rare de distribuer les 3 visages de la femme rêvée et désirée par une seule soprano; c’est un défi vocal et dramatique pour celle qui est prête à relever l’épreuve: Diana Damrau (Olympia, Antonia, Giuletta).

3 femmes, 1 soprano

Les spectateurs pourront aussi écouter et réentendre le ténor mexicain Rolando Villazon, en retraite forcé depuis ses 3 dernières années: le chanteur aura-t-il recouvrer son organe sur toute la tessiture, pas si sûr tant ses dernières prestations ont été décevantes. Dans la mise en scène de Richard Jones, les tableaux qui défilent sur la scène et convoquent en une fresque désespérée et fantastique les échecs amoureux du poète Hoffmann, chaque épisode est en fait la vision du héros qui en définitive ne quitte jamais sans chambre.

La flamme romantique, passionnée et tendre mais aussi démoniaque voire surnaturelle (Olympia est une poupée mécanique et dans l’acte d’Antonia, le spectre de sa mère fait mourir la jeune chanteuse maudite…) devrait être au rendez vous de l’Opéra munichois. D’autant que dans la fosse, s’engage la direction active voire embrasée du jeune maestro grec, Constantinos Carydis. En réprésentation à Munich du 4 au 25 novembre 2011.

Jeudi 29 décembre à 22h30.
Jacques Offenbach
Les Contes d’Hoffmann

Opéra fantastique en 5 actes de Jacques Offenbach (1819-1880)
Livret de Jules Barbier, d’après la pièce éponyme de Jules Barbier et de Michel Carré
Direction musicale : Constantinos Carydis
Mise en scène : Richard Jones
Chœurs de l’Opéra d’Etat de Munich
Bayerisches Staatsorchester
Présenté par Annette Gerlach
Coproduction : BR / ARTE (2011, 3h05mn)

Nouvelle mise en scène des Contes
d’Hoffmann de Jacques Offenbach, avec Diana Damrau et Roberto Villazón.

Notre avis. Nouvelle production munichoise particulièrement attendue: une diva actuelle, straussienne et mozartienne distinguée fait ses débuts dans les trois rôles féminins des Contes: Diana Damrau, cantatrice fine et décidément pleine de ressources… prête à chanter les 3 rôles si différents et redoutables de l’opéra; surtout, le ténor mis en retraite anticipée: Rolando Villazon reprend du service dans un rôle qu’il a précédemment marqué par son engagement et sa furieuse latinité si communicative…

Au final qu’avons nous? Visuellement, le spectacle n’est pas toujours du meilleur goût: costumes bigarrés et d’un kitsch d’étalage assez vulgaire… Mais la caractérisation des personnages fonctionne plutôt bien: difficile de ne pas comprendre qui est le méchant qui est le/la gentille… mais on verra en cours de production que le raffinement n’est pas la qualité première de la soirée.

Rolando Villazon, à part un léger voile sur la voix qui peine à s’éclaircir véritablement, démontre une intensité vocale recouvrée : voilà qui rassurera les aficionados. Sa longévité pourrait être réactivée… s’il sait se ménager. Autre chanteur méritant, le baryton John Relyea triomphe dans la tenue des quatre rôles graves et diaboliques; belle prestation pour le Nicklausse d’Angela Brower... tous sont des partenaires convaincants pour une Diana Damrau au sommet de sa carrière et de ses possibilités… qui fait une poupée mécanique aux spasmes et interruptions brutales délectables: Olympia rayonnante et réellement naturelle, voire lumineuse; Antonia sincère et exaltée, vraie torche romantique; seule Giuletta, clinquante voire tapageuse, manque de force comme de sauvagerie (impossible “excès” pour la diva dont le timbre paraît ici le plus frêle).
Seul bémol pourtant de taille: l’intelligibilité de la langue; tous adaptent selon leur clarté pas toujours impeccable, une bouillie verbale et brumeuse d’où surnagent par intermittences quelques bribes d’un français fugacement épargné… Et même, s’il a reçu pour sa direction certes nerveuse mais en manque de finesse comme de subtilité, une distinction locale (le prix Carlos Kleiber!!!), Constantinos Carydis n’a pas la fougue ni l’élégance de son brillant prédécesseur… Production loin d’être inintéressante mais pas si mémorable que cela.

Comments are closed.