Wolfgang Amadeus Mozart
Les Symphonies
France Musique
Symphonie Jupiter
La Tribune des critiques de disques
Dimanches 10 et 17 mai 2009 à 10h
Symphonies Haffner et Linz
Mercredi 20 mai 2009 à 09h30
Symphoniste des lumières
Si le mois de mai est celui des 200 ans de la mort de Joseph Haydn dont l’apport au genre symphonique n’est plus à démontrer (ce qui est moins le cas de ses opéras), Mozart occupe le haut de l’affiche des ondes de France Musique qui met l’accent sur plusieurs Symphonies majeures du Salzbourgeois.
Symphonie Haffner n°35, en ré majeur K385
La « Haffner » est strictement contemporaine de l’Enlèvement au Sérail (créé le 16 juillet 1776): Mozart créateur du premier opéra allemand, livre un opus symphonique pour le riche marchand de Salzbourg, Siegmund Haffner, qui vient d’être anobli. Travaillant la nuit au risque de se ruiner la santé, Mozart livre son manuscrit définitif le 3 août suivant! Malgré son air de sérénade, Mozart ne succombe pas pour autant qu genre facile du seul divertissement car il s’agit en effet d’une symphonie à part entière. Quatre mouvements l’atetstent: allegro con spirito, andante, menuetto, finale (presto).Symphonie « Linz » n°36, en ut majeur K425
En juillet 1783, Jeune époux de Constance, Mozart se rend à Salzbourg. De retour vers Vienne, ils passent par Linz où ils logent chez le comte Thun. En novembre, cédant à l’invitation pressant du leur hôte, Mozart accepte de donner un concert: une symphonie s’impose mais il n’a pas pris de manuscrits avec lui: qu’importe, il en écrira une de nouvelle. Là encore, l’inspiration du compositeur tient du miracle: elle naît d’une eau jaillissante et naturelle, qui allie comme Fragonard en peinture la pureté du sentiment et son intensité immédiate. Richesse des mélodies, vitalité rythmique auxquelles répond la noblesse et l’élégance de l’écriture: Mozart égale son aîné Haydn. Pourtant, la différence éclate par une gravité supérieure, un ton de sincérité pulsionnelle, plus incandescent. Syncope, rupture désignent aussi les oscillations d’un coeur chantant, d’une âme musicale qui sait vibrer et palpiter comme oscilloscope. Quatre mouvements: Adagio-Allegro spiritoso; Andante; Menuetto; Presto.Symphonie « Jupiter » n°41, en ut majeur K551
En août 1788, Mozart achève son ultime opus symphonique: un chef-d’oeuvre absolu et une nouvelle pierre pour l’arche miraculeuse qui relie l’élégance viennoise résolument classique et l’esthétique déjà romantique. L’oeuvre finale est d’autant plus emblématique de l’esprit des Lumières qu’elle irradie de valeurs positive, d’un triomphalisme éloquent et conquérant qui vient contraster avec les vertiges troublants de la Symphonie précédente (40è). En architecte, Mozart éblouit par sa maîtrise; la hauteur de vue, l’ampleur de l’échelle, la limpidité de l’écriture qui sait combiner sans artifice, et là encore comme un jaillissement naturel, « évident », le tissage fugué et le plan sonate. Certes Mozart a exprimé ses doutes et son angoisse en vertiges stupéfiants… mais la 41è affirme le pouvoir absolu de l’art, source de dépassement, de sublimation, de triomphe.Quatre mouvements: Allegro vivace, Andante cantabile (con spirito); Menuetto: allegretto; Finale: molto allegro.





