vendredi, décembre 9, 2022

Mozart en popstar. DocumentaireArte, jeudi 12 juillet 2012 à 20h30

A ne pas rater

soirée mozart


Mozart superstar

Arte
jeudi 12 juillet 2012 à 20h30
documentaire, 2012, 52 mn

En liaison avec sa thématique d’été, déidée aux bad boys et aux rebelles, Arte propose en début de soirée un portrait en forme de question. Si Mozart vivait de nos jours serait-il une popstar? voir à l’instar d’Elvis, une rock star? Il ne suffit pas simplement d’être devenu une « marque » parmi les plus célèbre du monde (évaluée à près de 5 milliard d’euros!!), générant encore actuellement des millions d’euros de recette en musique enregistrée et produits dérivés… Quelle ironie pour un homme premier artiste de l’histoire (après Wilelhm Friedmann Bach) devenu indépendant et travailleur acharné, mort épuisé et si misérable à 35 ans! Aujourd’hui, Mozart serait milliardaire c’est certain. Pour autant serait-il une rockstar? Célèbre assurément et identifié par des millions de personnes dans le monde. Une icône populaire donc. Mais pour autant aurait-il été révolté, asocial? Milos Forman l’a bien portraituré en figure new punk décalée et baroquisée…


Portrait de Mozart en rock star

Le documentaire structuré en séquences chronologiques (Mozart en babystar, l’homme business, le faiseur de hits, puis le mythe…) part d’un énoncé qui met en lumière l’actualité toujours très active de Mozart. L’équation est ensuite passablement éprouvée auprès des témoins, artistes, chercheurs, biographes… (sans les Massin). Des personnalités éminentes de Salzbourg (sa ville natale qui l’a totalement humilié et se rattrape aujourd’hui en lui dédiant un festival célébrissime chaque été); des artistes et acteurs de la musique en France… chacun, chanteurs, pianistes… explicite sa relation à Mozart. Oui, c’est certain Mozart serait une immense célébrité contemporaine comme le fut Michael Jackson. Et d’ailleurs, les deux individus partagent un milieu familial parallèle: le père pèse ici de tout son poids, mi protecteur mi manager. A la différence près que Leopold Mozart ne fut jamais violent avec sa descendance.
S’agissant de « Wolfy » le père organise la formation musicale de son fils prodige: qui joue du piano dès 4 ans, a l’oreille absolue, et déjà la démangeaison de la composition. Pour Leopold, professeur de violon, l’idée de faire jouer l’enfant Mozart, Wolfgang, devant toutes les cours d’Europe, comme s’il s’agissait d’une bête de foire, se concrétise lors d’une tournée exceptionnelle dont il gère la délicate logistique:de 1762 à 1766, voici Mozart en tournée européenne, de Londres, Paris, Genève, Zurich, Amsterdam à Augsbourg. Leopold est un dresseur habile et son enfant, sa chose, un prodige génial dont le très jeune âge stupéfie les spectateurs.
Déjà, la publicité et le marketing en germe accompagnent chaque étape du voyage traité comme un « événement »: Carmontel a portraituré à Versailles ou à Paris le jeune prodige avec sa soeur Nanerl et leur père: première image reproduite immédiatement à l’initiative du père et faisant le mérite du phénomène Mozart…
Déjà commerce et publicité font la noce. Né en 1756, Mozart après ce périple où il a goûté la caresse de la célébrité, est un adolescent dont la maturité s’accélère: en 1768, âgé de 12 ans, il ambitionne de se tailler un nom: l’enfant Wolfgang n’est plus, Mozart est né. Il multiplie les hits… comme une popstar: de la Reine de la nuit, aux Noces, de Zaïde à la petite musique de nuit… qui peut dire qu’il ne connaît pas une mélodie créée par ce grand faiseur de tubs!
Au risque de schématisations caricaturales, le commentaire se prend le pied dans le tapis en affirmant que chez Mozart pas d’intellectualisation ni de virtuosité (!)… rien que l’évidence de mélodies franches et directes (ce qui est vrai pour le coup!!).
Comme Elvis, Mozart était jeune, rond et petit avec de grands yeux globuleux…
Pour le reste, l’homme des performances est scrupuleusement présenté: 27 opéras, 50 symphonies et Sonates, 19 messes, 10 Concertos… Ses écarts scatologiques, figures ordinaires à son époque (le roi déféquait en présence de la cour, même sa mère parlait de ses flatulences en public) sont citées pour la petite histoire: dans les lettres à sa cousine… Une chose est certaine: le génie classique était porté sur la cabriole; en témoignent ses nombreuses lettres à son épouse Constanze Weber. Quoi de plus érotique que Don Giovanni? rappelle Ruggero Raimondi.
L’homme a vécu haut dessus de ses moyens; fêtard bohème à Vienne, joueur aussi (de billard), Mozart est un musicien à rebours du laborieux discipliné, vivant comme un moine. Endetté car mauvais gestionnaire, il est mort dans la misère… mais son vestiaire à sa mort (5 décembre 1791) comprenant pas moins de 7 costumes brodés de fils d’argent. Il portait en dandy baroque, le fameux habit rouge des nantis et flambeurs, affichant l’insigne d’une réussite supposée.
Alors Mozart, a rockstar? Oui si l’on rappelle qu’il claqua la porte de son employeur l’infâme Colloredo; qu’il s’est passionné avec son librettiste Da Ponte pour la pièce sulfureuse de Beaumarchais, Les Noces de Figaro, en en faisant un opéra à double lecture, critique, satirique, mordant contre la classe aristocratique… A popstar? oui derechef. Ses opéras comportent des mélodies faciles à chanter, destinées au peuple (voir La Flûte enchantée: l’air de Papageno,Papagena…); il n’ a cessé de voyager partant à la rencontre de son/ses publics: pas moins de 10 années passées sur les routes et en récitals et concerts… Aucun doute là dessus, s’il était de notre époque, Mozart aurait connu une gloire planétaire d’autant plus facilitée par les medias actuels.

A 21h30: les Noces depuis Aix

Le programme spécial Mozart sur Arte se poursuit avec la diffusion depuis Aix, des Noces de Figaro de Mozart par Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie (direct programmé à partir de 21h30): la séditieuse partition mozartienne, émotionnellement si juste emportée par la direction millémétrée et historique d’un jeune chef magicien devrait faire les délices de votre soirée Mozart sur Arte.
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