L’opéra au cinéma : Benvenuto Cellini par Terry Gilliam

Benvenuto-cellini-opera-de-berlioz-opera-paris-giliam-terry-critique-annonce-classiquenewsCINEMA, le 12 avril 2018. BERLIOZ : Benvenuto Cellini par Terry Gilliam. Créée en 2014 en Grande Bretagne (pour l’English National Opera), la production de Benvenuto Cellini de Berlioz – grand opéra historique Renaissance du Romantique, admirateur de Gluck, a tourné dans les grands théâtres lyriques d’Europe – Madrid, Barcelone et Rome, … dans la conception du réalisateur pétaradant Terry Gilliam (ex Monty Python, concepteur du film lui aussi délirant et très juste Brazil). Pas sûr que l’imagination style « grand bazar » facile au grand écran, s’accore idéalement au dispositif de la scène lyrique… à la réalité de sa continuité temporelle comme à ses exigences humaines et vocales. C’est une fresque délirante et bouffe qui revisite en la dénaturant, ce fantastique historique conçu par Berlioz, très inspiré par la figure du sculpteur maniériste, Benvenuto Cellini dont il fait la représentation à la fois triomphante, souveraine, et aussi caractériel du créateur poète. Gilliam peu psychologue ici, préfère nettement le rythme spectaculaire à la profondeur introvertie.
Incontestablement, le grand barnum visuel (costumes de cirque et confettis sur le public…) fonctionne à merveille (gageons que projetée sur le grand écran, la production gagnera en intensité et expressivité), une myriade de déballage chamarré d’autant plus légitime que le début de l’opéra de Berlioz se déroule à Rome, pendant le Mardi Gras, en plein carnaval.

Benvenuto Cellini, l'opéra impossible de Berlioz à BASTILLEL’ambition de la production de Gilliam épouse idéalement les vastes scènes lyriques, avec ses plans étagées aux actions carnavalesques multiples, à la démesure piranésienne… De toute évidence, le dispositif scénographique à déploiement variable, progressif, croissant, sait occuper les grands vaisseaux opératiques. Cette qualité spectaculaire a certainement favorisé les nombreuses reprises de ce spectacle depuis sa création il y a 4 ans. Dans ce théâtre de la grandiloquence, la fonte de la statue de Persée commande du Pape Clément VII au sculpteur orfèvre, est elle aussi un grand moment de machinerie impressionnante. Car malgré les intrigues de son ennemi Fieramosca, le sculpteur Cellini parvient à achever son grandiose Persée pour le Mercredi des Cendres… dans la réalité, la sculpture monumentale demeure le fleuron de la sculpture italienne maniériste du XVIè : un chef d’oeuvre nerveux, héroïque, virile comme le fut son auteur et comme aime à le portraiturer Berlioz. D’autant que l’artiste ici, qu’il soit compositeur ou sculpteur est le grand gagnant : après avoir réalisé l’œuvre de sa vie, Cellini peut épouser Teresa. L’amour triomphe de tout ; il est la récompense du créateur méritant.

BENVENUTO CELLINI d’Hector Berlioz. Mise en scène : Terry Gilliam (2014). Diffusé au cinéma, jeudi 12 avril 2018, 19h30 (spectacle filmé à Amsterdam), dans 250 salles de cinémas, multiplexes et complexes des grandes et moyennes agglomérations du réseau CGR, en France, en Europe, au Canada, au Maroc.

 

Liste des salles sur fraprod.com
http://www.fraprod.fr

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BENVENUTO CELLINI, opéra en deux actes (1838)
Musique d’Hector Berlioz
Livret de Léon de Wailly et Auguste Barbier

Direction musicale : Sir Mark Elder
Mise en scène : Terry Gilliam
Mise en scène associée et chorégraphie : Leah Hausman
Décors : Terry Gilliam et Aaron Marsden
Costumes : Katrina Lindsay
Eclairages : Paule Constable
Création vidéographique : Finn Ross
Chef des Chœurs : Ching-Lien Wu

Rotterdams Philharmonisch Orkest
Koor van De Nationale Opera

Benvenuto Cellini, John Osborn
Giacomo Balducci, Maurizio Muraro
Fieramosca, Laurent Naouri
Le Pape Clement VII, Orlin Anastassov
Francesco, Nicky Spence
Bernardino, Scott Conner
Pompeo, André Morsch
Le Cabaretier, Marcel Beekman
Teresa, Mariangela Sicilia
Ascanio, Michèle Losier

3h09 plus un entracte
En langue française, sous-titré en français

 

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