Les Solistes de Lyon. Philippe Forget: Awatsihu Du 12 novembre 2009 au 18 mars 2010

Les Solistes de Lyon-Bernard Tétu

Saison 2009-2010

Philippe Forget
Awatsihu

Création, piccolo opéra
Bron, Rillieux La Pape (69), Echirolles (38), La Celle, Magny (78).
Du 12 novembre 2009 au 18 mars 2010

Il y a l’opéra pour enfants, et aussi l’opéra pour tous, de 7 à 177 ans… Awatsihu, de Philippe Forget, est dans cette dernière catégorie… Ce conte, inspiré par la forêt amazonienne, dit « comment les oiseaux trouvent leur voix ». Il est créé en agglomération lyonnaise puis emmené en tournée. Le compositeur y dirige 5 chanteuses et un clarinettiste, des Solistes de Lyon.

Pas si tristes tropiques
Avez-vous déjà rencontré – dans vos rêves, au moins – un oiseau-mouche qui vous dit : « Tu es parmi nous aujourd’hui, prêt à te battre contre le monstre. » ? Et un toucan qui vous encourage : « Nous pouvons aider un homme courageux en le parant du bec et des ailes de l’aigle ainsi que de la patte puissante du jaguar ! » Ou tout simplement un perroquet : « Pour demeurer dans ces forêts, proches de nos familles et de nos amis, le Soleil et la Lune nous ont offert l’apparence des oiseaux. Voilà pourquoi tu apprends depuis la nuit des temps à nous appeler fils et frères. » ? A moins qu’ayant une fois encore cité-appliqué : « longtemps je me suis couché de bonne heure » vous n’ayez joint à ce début du monde romanesque l’initial (et presque aussi célèbre désormais ?) « je hais les voyages et les explorateurs »…Ou que pour mieux vous réfugier dans du Levi-Strauss un peu plus hard que Tristes Tropiques, vous n’ayez plutôt médité, au chapitre VII de La Pensée Sauvage : « Les oiseaux sont disjoints de la pensée humaine par l’élément où ils ont le privilège de se mouvoir…L’oiseau est épris de liberté. Et la relation métaphorique, imaginée entre la société des oiseaux et la société des hommes, s’accompagne d’un procédé de dénomination qui lui est d’ordre métonymique…. » Et caetera. .. Parce que si vous allez voir le spectacle musical inspiré d’un conte amazonien, « Awatsihu, comment les oiseaux trouvent leur voix », vous aurez le droit jusqu’à un âge très avancé d’y emmener votre progéniture, c’est annoncé pour « de 7 à 177ans », et la dite progéniture ne lit peut-être pas encore Levi-Strauss dans le texte ?

Des forêts luxuriantes et mystérieuses
Soyons sérieux, juste ce qu’il faut, et réjouissons-nous que les Chœurs Solistes de Lyon (BernardTétu), ensemble à géométrie variable généraliste du baroque au contemporain – et tout de même un peu spécialisé dan le XIXe – offre un « piccolo-opéra » qui fait voyager petits et grands « par les sons, les mots, la voix, la peinture et l’imaginaire ». D’autant que le directeur musical de ce concert, Philippe Forget, est…tombé du nid « Solistes de Lyon » où il était chanteur professionnel, puis y est remonté pour seconder son Maître, Bernard Tétu, « dans un travail artistique, pédagogique et de réflexion sur la vie de l’Ensemble ». Compositeur, il a été lauré à Ramsgate et Edimbourg ; il est co-fondateur de l’Orchestre Régional des Jeunes de Bourgogne et d’un Conservatoire à titre prometteur, Le Bateau Ivre. Depuis 2005, il est aussi présent pédagogiquement au Brésil…de là peut-être aussi l’inspiration qui guide son Awatsihu. « Au cœur de la forêt des pluies, entre les milliers d’affluents de l’Amazone, une légende du Xingu nous apprend comment les oiseaux extraordinaires de ces forêts vierges ont trouvé leurs chants : cinq chanteuses et un clarinettiste incarnent les voix dans ces forêts luxuriantes et mystérieuses. » Philippe Forget dit aussi avoir été conduit par des images muséales, celles des Confluences – un musée lyonnais, à la jonction du Rhône et de la Saône, qui en reprenant les collections de l’ancien Museum sera, à l’horizon 2013, un très vaste ensemble incluant entre autres toutes les démarches des sciences humaines, mais dans son état actuel de préfiguration mène déjà des actions d’exposition et de pédagogie -, ainsi qu’on pourra les voir dans un module d’exposition (« Expo’graph ») , en « dossiers virtuels », ou dans certains lieux, regroupées en « mobilier muséographique ».

L’art : décalage et distanciation
L’opéra de Philippe Forget est « accompagné » d’une scénographie d’Etienne Yver, un peintre et sculpteur qui a travaillé pour des pièces d’Olivier Greif, Nicolas Bacri et Régis Campo affirme : « L’art n’est pas réponse à l’immédiateté, il réclame lenteur, attention, décalage et distanciation. Je veux relier ces îlots où dans des langues différentes on parle finalement de la même chose, l’humanité de l’homme. » Pour ce « lieu inventé à la frontière de l’homme et de l’animal, naviguant entre création et tradition », la chanteuse et comédienne Claire Monot a inventé une « mise en espace, en suggestion poétique ». Le spectacle, créé- baptisé dans les eaux lustrales sinon amazoniennes le 12 novembre, va ensuite entamer une large tournée qui le mènera (11 fois) en agglomération lyonnaise, puis grenobloise (les 38e Rugissants) et aussi en… Francilie Occidentale (du côté des tribus Yvelinaises). Allez, petits et grands, jeunes de 7 à 14 ans, retraités de 67 à 177, et actifs intermédiaires : l’ornithologie musicale est au bout de chez Awatsihu !

Philippe Forget: Awatsihu. Conte de la forêt amazonienne. Solistes de Lyon-Bernard Tétu. Du 12 novembre 2009 au 18 mars 2010. Bron (69) Jeudi 12, 14h30 ; vendredi 13 novembre 14h30 et 20h30 ; Echirolles (38), jeudi 19 novembre, 14h30 et 20h ; La Celle Saint Cloud (78), vendredi 11 décembre, 20h45 ; Rillieux-la-Pape (69) jeudi 17 décembre, 9h30 et 14h30 ; vendredi 18 décembre, 14h30 et 20h30 ; Magny-les-Hameaux (78), jeudi 18 mars, 14h30 et 19h30.

Illustration: Awatsihu 2009 © B.Pichène 2009

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