Les lettres de Beethoven
1787-1827
Il s’agit, sous forme d’un fac-similé, de la réédition de l’intégrale de la correspondance épistolaire de Beethoven, originellement éditée en 1968, en français grâce à l’éditeur turinois Ilte. Au total 1750 lettres du Romantique, de 1787 à 1827, période de gestation et de plein essor de la musique romantique en terre germanique (autrichienne précisément puisque Beethoven fut surtout Viennois). La traduction est de Jean Chuzeville d’après celle originale établie par Emily Anderson en 1960. La réédition par Actes Sud reproduit les mêmes apports essentiels de l’édition première de Turin: intégralité de la correspondance, enrichie de notes et divers commentaires éclairant la portée de chaque manuscrit; reproduction de la non moins foisonnante iconographie beethovénienne, du compositeur et des contemporains qui y sont mentionnés…
Souci d’argent, commentaire sur les oeuvres, … considérations multiples sur l’époque et ses acteurs, Beethoven se livre dans un style entier et direct, conscient de son esprit taciturne et compliqué mais si « bon » en lui-même… La lecture des lettres ne laissent pas indifférent: tout le génie à la fois mortel et universel se dévoile au fil des pages, de Bonn au début (jusqu’en 1792) puis essentiellement à Vienne… C’est un coeur ardent et passionné prêt à s’enflammer pour les femmes (dont entre autres la toujours distante Joséphine Deym…), mais aussi un ardent défenseur de sa propre musique dont il savait indiscutablement la portée visionnaire et fondatrice: sur les pas de Haydn, son prédécesseur à Vienne, Beethoven entend monnayer sans pertes, l’édition de ses oeuvres de musique de chambre, partout en Europe, observant de près et contrôlant scrupuleusement les zones de diffusion et les gains qu’il peut en tirer… auprès d’Artaria et Breitkopf. C’est un Beethoven soucieux de récupérer le manuscrit original pour le faire graver; batailleur et idéaliste, fils des lumières et de la Révolution, témoin direct à Vienne de la soumission imposée par Napoléon aux autrichiens… un être fort et dominateur qui ne s’entendait pas avec ses jeunes frères, fut tout aussi tyrannique avec son neveu (il est vrai dissipé) dont il finira cependant en oncle méritant à obtenir la tutelle entière (procès contre la mère du garçon), un professeur attentionné pour les Grands dont l’Archiduc Rodolphe né en 1788, élève brillant et doué pour le piano comme la composition… C’est aussi en plus de la surdité cachée et dissimulée à grands renforts de mascarades qui le rendent « proscrit », la présence de plus en plus envahissante de la maladie qui l’empêche souvent de donner ses leçons à l’Archiduc entre autres… En plus des portraits du compositeur, l’éditeur reproduit aussi nombre de lettres originelles, communiquant ainsi la graphie de Beethoven lui-même. Somme majeure.
Souci d’argent, commentaire sur les oeuvres, … considérations multiples sur l’époque et ses acteurs, Beethoven se livre dans un style entier et direct, conscient de son esprit taciturne et compliqué mais si « bon » en lui-même… La lecture des lettres ne laissent pas indifférent: tout le génie à la fois mortel et universel se dévoile au fil des pages, de Bonn au début (jusqu’en 1792) puis essentiellement à Vienne… C’est un coeur ardent et passionné prêt à s’enflammer pour les femmes (dont entre autres la toujours distante Joséphine Deym…), mais aussi un ardent défenseur de sa propre musique dont il savait indiscutablement la portée visionnaire et fondatrice: sur les pas de Haydn, son prédécesseur à Vienne, Beethoven entend monnayer sans pertes, l’édition de ses oeuvres de musique de chambre, partout en Europe, observant de près et contrôlant scrupuleusement les zones de diffusion et les gains qu’il peut en tirer… auprès d’Artaria et Breitkopf. C’est un Beethoven soucieux de récupérer le manuscrit original pour le faire graver; batailleur et idéaliste, fils des lumières et de la Révolution, témoin direct à Vienne de la soumission imposée par Napoléon aux autrichiens… un être fort et dominateur qui ne s’entendait pas avec ses jeunes frères, fut tout aussi tyrannique avec son neveu (il est vrai dissipé) dont il finira cependant en oncle méritant à obtenir la tutelle entière (procès contre la mère du garçon), un professeur attentionné pour les Grands dont l’Archiduc Rodolphe né en 1788, élève brillant et doué pour le piano comme la composition… C’est aussi en plus de la surdité cachée et dissimulée à grands renforts de mascarades qui le rendent « proscrit », la présence de plus en plus envahissante de la maladie qui l’empêche souvent de donner ses leçons à l’Archiduc entre autres… En plus des portraits du compositeur, l’éditeur reproduit aussi nombre de lettres originelles, communiquant ainsi la graphie de Beethoven lui-même. Somme majeure.
Les lettres de Beethoven: 1787-1827. Réédition, fac-similé. Editions Actes Sud, 1737 pages.





