vendredi, décembre 9, 2022

Haendel: Jephtah (Jephté). Harnoncourt France Musique en direct, le 19 juillet 2009 à 19h

A ne pas rater
Georg Friedrich Haendel
Jephtah (Jephté)
, HWV 70

France Musique
Dimanche 19 juillet 2009 à 19h

en direct de Stefaniensaal à Graz,
dans le cadre du Festival Styriarte, Nikolaus Harnoncourt dirige le dernier oratorio anglais de Haendel (1752)

Comme Médée, Idoménée/Idomeneo, Jephté illustre le thème du sacrifice du fils/de la fille Comme Abraham est prêt à tuer son fils pour honorer Dieu, Jephté souhaite immoler la première personne qu’il verra pour remercier les dieux cléments qui l’ont porté à la victoire (contre les Ammonites). Hélas, sa fille (Iphis) croise son chemin: elle doit renoncer à la vie et accepter d’être sacrifiée.


Ultime oratorio, testament artistique

Jephté (Jephtah) appartient aux ultimes oeuvres sacrées de Haendel dans lesquelles il renouvelle l’oratorio anglais. Le genre aura un retentissement immense sur le public londonien (Le Messie continue d’être joué comme un monument inestimable, oeuvre favorite des anglais au même titre que dans le reste de l’Europe peuvent l’être les Passions de Bach) et dans le milieu musical, après Haendel, auprès de Haydn qui découvre le génie de l’écriture lors de ses 2 séjours londoniens entre 1791 et 1795, puis auprès de Mendelssohn. Haydn et Mendelssohn n’auraient pu composer leurs oratorios sans connaître les modèles antérieurs laissés par Haendel à Londres.
Jephtah HWV 70, en en trois actes d’après le livret de Thomas Morell, créé à Londres au Théâtre Royal de Covent Garden, le 26 février 1752, après Theodora (1750), Susanna (1749), Solomon (1749)…
Jephtah est assurément son testament artistique, le dernier oratorio et celui qui lui prit le plus de peine: Haendel écrit en marge du choeur final de l’acte II: « incapable de continuer »… à cause du mal qui ronge son oeil gauche. De fait, le compositeur devra poser la plume et reprendre plusieurs mois après cette amorce, la partition, achevée en août 1751.
Morell atténue le dénouement tragique en imaginant l’apparition d’un ange (chanté par un enfant) -comme le sacrifice d’Isaac-: Iphis, la fille de Jephtah sera épargnée.

Préparation à la guerre, et élection de Jephtah comme général de l’armée des juifs contre les ammonites (I), puis victoire, terrible rencontre avec sa fille, préparatifs sombres du sacrifice de cette dernière (II), enfin, déploration d’Iphis, apparition de l’ange et dénuement final: Iphis délivrée devra sa vouer à Dieu… Haendel atteint un remarquable équilibre entre portrait caractérisé des personnages, élan extatique repris avec ampleur et intensité par le choeur (soldats, prêtres, anges) et ciselure instrumentale à l’orchestre.
Ayant peu à peu renoncé à l’opéra italien (de plus en plus boudé par l’audience londonienne) depuis Esther (premier oratorio anglais de 1720-1732) et surtout Deborah (1733), le compositeur a fait de l’oratorio son nouveau champ de bataille et aussi, en croyant sincère, durement marqué par la vie, l’expression de sa propre ferveur: il y souligne la vertu du renoncement, de la sagesse, de la solitude qui doivent s’accomplir à l’échelle individuelle. Ainsi, le personnage d’Iphis est remarquablement soigné: insouciante amoureuse (courtisée au I par Hamor, le bien nommé), puis être sublimé par un mysticisme et une profondeur nouvelle. La jeune fille sait renoncer et éblouir par l’éclat de ses vertus morales (comme Theodora antérieur dont il a fait la figure emblématique de la chrétienne martyrisée, prête à mourir dont un même éclat vertueux suscite chez son fiancé chrétien, Didymus, un acte d’adhésion irréversible: les deux amants meurent à la fin). Theodora, Jephtah: deux monuments de l’oratorio anglais perfectionné par Haendel, dans lesquels le compositeur sait varier les formes, et toucher par la vérité et la sincérité de son écriture.

en direct de Stefaniensaal à Graz,
dans le cadre du Festival Styriarte,
et en simultané avec l’Union européenne de radios

Georg Friedrich Haendel
Jephtha

Oratorio HWV 70 en trois parties,
d’après le livret de Thomas Morell

Kurt Streit : Jephta
Elisabeth Kulmann : Storgè
Martina Jankova : Iphis
Lawrence Zazzo : Hamor
Jonathan Lemalu : Zebul
Anna Lafontaine : Un Ange

Choeur Arnold Schöenberg
Concentus Musicus Wein
Direction : Nikolaus Harnoncourt

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