jeudi, décembre 8, 2022

Gustav Mahler (150th anniversary): the complete works (16 cd Emi classics)

A ne pas rater
Gustav Mahler
(150th anniversary)
The complete works (16 cd Emi classics)

Heureux mahlériens: 2010 pour les 150 ans de la naissance (1860) du compositeur devenu directeur de l’Opéra de Vienne de 1897 à 1907, les éditeurs rééditent leurs archives plus que recommandables. Ce coffret de 16 cd paru chez Emi classics est d’autant plus opportun qu’il complète celui édité simultanément par Deutsche Grammophon. De l’un à l’autre, la généalogie des grands chefs mahlériens se recompose pour notre plus grand plaisir. Toutes les oeuvres sont donc contenues dans cet opus très estimable.

Côté « Anciens », relevons les Kindertotenlieder d’après Rückert par Kathleen Ferrier et le Wiener Philharmoniker sous la baguette de Bruno Walter (Londres, 1949); les lieder eines fahrenden Gesellen par Dietrich Fischer Dieskau sous la baguette de Furtwängler (1952, enregistrement londonien, l’un des derniers du maestro berlinois); la Symphonie n°2 « Résurrection » avec Schwarzkopf dirigée par Klemperer (Philharmonia orchestra, 1961/1962); Le chant de la terre par Klemperer en 1964-1966 avec Christa Ludwig et Fritz Wunderlich… ; les Knaben Wunderhorn grâce au duo légendaire Schwarzkopf et Dieskau, sous la direction de George Szell (1968); les Rückert lieder par Janet Baker et Sir John Barbirolli (1969); savoureux jeu des comparaisons sur un même air (Ich bin der Welt abhanden gekommen) par Janet Baker (1967), Christa Ludwig (1957), Dietrich Fischer Dieskau (1978), Thomas Allen (1988/1989), Brigitte Fassbaender (1979), Katarina Karneus (1998)… Mahlérien plus récent en diseur poète: Thomas Hampson dans les Rückert lieder déjà cités (1996).

C’est évidemment Simon Rattle qui se taille la part du lion. Artiste majeur de l’écurie Emi classics, le chef britannique dirige « son » orchestre de Birmingham avec une exaltation juvénile que n’ont pas ses récentes lectures avec les Berliner: ainsi Das Klagende lied (1983-1984), Symphonie n°3 (1997), Symphonie n°7 (la plus intéressante des lectures du chef, en 1991), enfin Symphonie n°10 (version Deryck Cooke, en 1999, avec le Berliner Philharmoniker).
Viennent compléter le paysage symphonique mahlérien: une magistrale Titan, Symphonie n°1 par Giulini (Chicago Symphony orchestra, 1971); la 2 par Klemperer (déjà citée, 1961/1962); la 4è (Margaret Price) par Jascha Horenstein (1970); la 5è par Klaus Tennstedt (1988); la 6è, surpenante, par Barbirolli (1967); enfin une passionnante Symphonie des Mille (8è) par le même Tennstetd, tellurique, sarcastique, lyrique et tendre ! (London Philharmonic Orchestra, 1986) et une 9è par l’indémodable Barbirolli, analytique et poétique (1964).
Compléments documentaires pertinents: le mouvement de jeunesse de Quatuor avec piano (Domus, 1988), le morceau symphonique Blumine (andante) par Paavo Järvi (2007)… mais aussi quelques lieder moins connus par le décidément trop maniéré Ian Bostridge (2010).

En conclusion, un apport surtout britannique sur le plan orchestral: City of Birmingham symphony orchestra (Rattle d’avant Berlin), Philharmonia orchestra (Furtwängler et Klemperer), London Philharmonic orchestra (Horenstein, Tennstedt), New Philharmonia Orchestra (Barbirolli), London Symphony orchestra (Szell) font belle figure aux côté des Berliner Philharmoniker (Barbirolli, Rattle). L’éditeur a bien raison en couverture d’associer le profil de Mahler aux motifs géométriques du plasticien Klimt son contemporain, (les deux ont aimé la même femme, mais c’est Mahler qui devint son époux: la très belle Alma Schindler); soulignons en effet que la décennie pendant laquelle Mahler occupe le poste pluridisciplinaire et à peine imaginable aujourd’hui de directeur de l’Opéra de Vienne (comme chef, gestionnaire, compositeur, scénographe!), soit de 1897 à 1907, correspond exactement à l’essor de l’Art nouveau à Vienne (Sécession ou Jugenstil), mouvement réformateur des arts mené par Klimt et Otto Wagner entre autres… Mahler est bien le compositeur de la modernité, génie visionnaire au début du XXè siècle. Ce nouveau coffret en témoigne, avec quelle force de conviction! Incontournable.

Gustav Mahler: 150th anniversary edition. The complete works (coffret 16 cd, Emi classics).

- Espace publicitaire -spot_img
- Sponsorisé -
Derniers articles

CRITIQUE CD événement. José de BAQUEDANO : Musique pour la Cathédrale de Santiago (1 cd Lauda Musica LAU 022...
- Espace publicitaire -spot_img

Découvrez d'autres articles similaires

- Espace publicitaire -spot_img