jeudi, décembre 8, 2022

Giuseppe Verdi, Rigoletto (1851)

A ne pas rater

Francesco Maria Piave avait déjà livré un livret inspiré de Hugo, pour Verdi : Ernani. Récidive avec Rigoletto, dont le sujet puise dans la pièce de l’écrivain français, Le roi s’amure (1832). Les auteurs savent rendre un texte efficace. La violence des oppositions, individus/foule se réalise à merveille, offrant en particulier, de superbes passages au succès jamais épuisé depuis la création vénitienne de 1851 : l’air du Duc amoureux et volage : « La donna è mobile », ou le quatuor féerico-fantastique de la scène de l’auberge et du meurtre, à l’acte III. Ici la virtuosité, encore présente (air de Gilda : Caro nome) s’intègre dans le continuum dramatique. La cohérence de l’action n’est jamais sacrifiée au nom de la performance et Verdi signe là, l’un de ses plus éblouissants drames, politique et sentimental.
Le portrait du pouvoir y est cynique et terrifiant ; l’amour du père et de sa fille (Rigoletto/Gilda) est un contrepoint au monde de la barbarie en marche et le duo sincère sera sacrifié sans hésitation pour satisfaire au plaisir d’une humanité qui a perdu son innocence. Et l’oeuvre de la malédiction proclamée au début de l’ouvrage pourra s’accomplir sans obstacle, terrassant les trop faibles injonctions de l’amour le plus authentique.
L’oeuvre est créée à la Fenice de Venise, le 11 mars 1851.

A l’affiche
Fin d’année 2006 festive où l’un des chefs d’oeuvre de Verdi est mis à l’honneur des scènes lyriques.
Toulouse, Marseille, Massy puis Bordeaux, abordent successivement la partition verdienne :

Opéra de Toulouse
Du 24 novembre au 3 décembre 2006

Opéra de Marseille
Du 19 au 31 décembre 2006

Opéra de Massy
Du 12 au 16 janvier 2007

Opéra national de Bordeaux
Du 9 au 21 février 2007

Dvd
Trois versions à notre connaissance illustrent à l’image la partition de Verdi. L’une luxueuse mais limitée, chez DG avec Luciano Pavarotti et Edita Gruberova (1982) ; la deuxième, classique et séduisante, en provenance de Vérone (2001, TDK)) ; enfin la troisième, profitant d’une mise en scène intelligente (signée Graham Vick) qui restitue grâce à la cohérence vocale, la terrifiante violence de l’action (Liceu, 2004, TDK)

Illustration
Diego Velasquez, Portrait d’un nain bouffon

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