Giuseppe Verdi: Don Carlo, 1884 Liège, Opéra Royal de Wallonie. Du 20 au 28 juin 2008

Giuseppe Verdi
Don Carlo
, 1867

Liège, Opéra Royal de Wallonie
Du 20 au 28 juin 2008

Un Infant déboussolé
D’abord créé pour la scène parisienne, Don Carlo, avant sa création en italien sur les planches de la Scala de Milan, en janvier 1884, fut Don Carlos, (notez le “s” final), en français, dont la première, salle Le Peletier à Paris, le 11 mars 1867, suscita les vives réactions du public. Pourtant, Verdi soucieux de reconnaissance, avait sacrifié à la tradition du grand genre hexagonal, (après le premier coup d’essai réussi des Vêpres Siciliennes, en 1855), en associant à un orchestre surpuissant, l’effet des ballets, et la manière pompeuse et solennelle de l’opéra historique. Ambitionnant d’égaler voire de dépasser Meyerbeer à Paris, Verdi ira jusqu’à Saint-Pétersbourg pour conquérir sa gloire légitime (La Forza del destino, 1862).

Comme Luisa Miller (1849), le compositeur italien choisit la pièce Don Carlos de Friederich von Schiller. A son habitude, le dramaturge aime confronter l’innocence juvénile et l’ardeur conquérante à la perversité âpre d’un système corrompu: si l’Infant Don Carlo est habité par des sentiments d’amour et d’amitié, respectivement pour Elisabeth de Valois qui devra finalement épouser son père, Philippe II, pour le marquis de Posa dont la relation incarne cette loyauté tendre et virile dont nous avons parlé, il n’en est pas moins heurté sans ménagements à la cruauté et à la barbarie de l’Espagne de la Renaissance. Face au héros, trop naïf pour son époque, les hommes de pouvoir: le grand inquisiteur et surtout Philippe II sont réduits à la solitude et à l’autorité tyrannique, comme prisonniers de leur propre pouvoir et de la terreur qu’ils suscitent autour d’eux.

La nouvelle production présentée pour sa fin de saison, par l’Opéra royal de Wallonie permet de retrouver pour la mise en scène, l’actuel directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, Jean-Louis Grinda et dans la fosse, un expert du dramatisme verdien, Bruno Campanella.

Illustration: Giovanni Battista Moroni: le tailleur (Stockholm, musée des beaux-arts)

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