Giselle à Paris, Palais Garnier jusqu’au 14 juin 2016

PARIS, Palais Garnier. Ballet. Giselle, jusqu’au 14 juin 2016. Giselle, le ballet romantique par excellence, revient au Palais Garnier en cette fin de printemps 2016. Pourquoi applaudir Giselle ? Giselle est un ballet dont on connaît la musique d’Adolphe Adam, chargée de leitmotive, une histoire conçue par De Saint George et Gautier, inspirée de Heinrich Heine et même Victor Hugo, et surtout la chorégraphie so French de Jean Coralli et Jules Perrot ! Bien des clichés gênent une juste évaluation du ballet, aussi les prochaines représentations parisiennes permettront d’explorer davantage la signification et les enjeux de l’ouvrage à travers l’interprétation du le Ballet de l’Opéra National de Paris.

 

 

giselle-opera-de-paris-adam-ballet-critique-review-presentation-classiquenews-582-390

 

 

Commençons par Adolphe Adam, compositeur de la célèbre partition. Élève de Boieldieu (dont il fut aussi le collaborateur, notamment pour les transcriptions piano de ses opéras, et d’autres arrangements), il est surtout enseignant réputé (professeur de Delibes, entre autres), et compositeur lyrique de talent (plus de 40 opéras!). Nous avons tendance à oublier que le grand tube de Noël dans les pays anglophones « O Holy Night », est en effet une cantique pour voix aiguë et clavier d’Adam, nommée « Minuit, chrétiens ! », mise en musique en 1847 et que Claude Debussy traitait de « chant d’ivrogne ». Si Tchaïkovski et Saint-Saëns appréciaient énormément la partition de Giselle, un Wagner la critiquait ouvertement, n’y voyant que « frivolité française » ! Curieuse tournure des faits, ce dernier deviendra célèbre par l’omniprésence du procédé du leitmotiv dans son opus…

L’aspect le plus remarquable de la partition de Giselle doit sans doute être son caractère symphonique et savant, surtout comparé au contexte musical dans la première partie du XIXe siècle concernant la musique des ballets, souvent banale et simplette.

 

 

Giselle, ballet fantastique, un “classique” du ballet romantique

 

 

Le livret peut paraître quelque peu banal, avec son côté villageois voire folklorique. Ceci est un fait intéressant liée à l’histoire. Après la Révolution française à la fin du XVIIIe siècle, exit les histoires inspirés des dieux romains et grecs d’une Antiquité lointaine et artificielle, si chères à l’aristocratie récemment vilipendée. L’histoire est celle du Duc Alberich, promis en mariage à la Princesse Bathilde, se déguisant en villageois pour séduire la pauvre petite paysanne Giselle de qui il est épris. Celle ci devient folle et meurt de chagrin d’amour quand elle découvre l’imposture d’Alberich. Giselle rejoint alors les Wilis, spectres des jeunes filles mortes d’amour. Alberich se perd dans la forêt tout chagriné, et les Wilis décident de prendre son âme, mais l’amour de Giselle et si puissant, que même dans l’au-delà, elle réussit à sauver son bien-aimé… Combien c’est romantique et exaltant !

La chorégraphie de Coralli et Perrot, devenue désormais emblématique de la danse académique française, est plutôt d’inspiration italienne, avec une petite batterie récurrente, le nombre incroyable de pas techniques, la roulade délicieusement interminable d’entrechats six… Les créateurs des rôles principaux ont été Carlotta Grisi prima ballerina issue du Teatro alla Scala de Milan, et Lucien Petipa, frère de Marius ! Le couple s’est révélé être un duo d’excellents acteurs-danseurs, et le ballet un digne successeur de La Sylphide dans son romantisme on n’en peux mieux tragique.

Le retour de ce chef-d’œuvre à Paris est d’ores et déjà très attendu, surtout dans une saison expérimentale et si peu classique/romantique comme celle-ci… Le chef Belge Koen Kessels dirige l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire, et plusieurs distributions de danseurs du Ballet en interprètent les rôles, du 28 mai jusqu’au 14 juin 2016. A vivre et à applaudir.

 

 

PARIS, Palais Garnier. Giselle d’Adam. Jean Coralli / Jules Perrot. Du 27 mai au 14 juin 2017

 

LIRE aussi notre critique complète du ballet Giselle, à l’affiche au Palais Garnier à Paris jusqu’au 14 juin 2016

Comments are closed.