Georges Bizet: Djamileh, 1872 (Compiègne, 2005) TF1, mercredi 17 février 2010 à 3h30

Georges Bizet
Djamileh
, 1872


TF1
Mercredi 17 février 2010 à 3h30

Compiègne, octobre 2005)

Notre avis. En octobre 2005, le Théâtre Français de la musique à Compiègne, sous la direction de Pierre Jourdan qui signe la mise en scène (lisible mais des plus classiques), s’intéresse à l’opéra comique en un acte de Georges Bizet, Djamilèh. C’est une affaire d’hommes où la question des femmes se pose ne terme de consommation mensuelle: chaque mois, le prince Haroun (ténor), qui consomme sans amour, change de favorite et c’est son intendant Splendiano qui gère le flux des courtisanes, quitte à goûter aux jeunes femmes délaissées. A ce jeu, l’amour fait irruption et apporte cette gravité soudaine qui jaillit de l’esclave Djamilèh (mezzo): elle ne veut pas partir et aime Haroun.
Mais Splendiano (baryton) est tombé amoureux de la belle: il est prêt à la servir sans penser qu’à terme, Djamilèh se sert de lui pour reconquérir Haroun… qui tombe finalement amoureux d’elle. Au jeu du désir et de l’amour, ce sont les hommes qui sont manipulés.
Bizet aborde ici les fantasmes érotiques et sensuelles que permet la convocation d’un orient en alcôve. La production de Compiègne met en lumière cette langueur climatique qui conduit toute la partition, la gravité tragique de Djamilèh (dont l’ampleur psychologique et la richesse des couleurs annoncent directement Carmen), la tendresse impuissante de Splendiano.
Les 3 solistes s’appliquent à restituer l’articulation de la langue; dans ce défi permanent, c’est Armando Noguera qui s’en sort le mieux: égalité de la voix chaude de plus en plus articulée et idéalement projetée, le baryton se distingue nettement. La partition est un opéra de chambre, comportant de nombreux duos et trios où la synchronicité linguistique de chaque chanteurs est primordiale. Production majeure de la courte saison lyrique à Compiègne.

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