Espana ! Massenet, Lalo, Ravel, Chabrier. Les SièclesParis, salle Pleyel. Samedi 9 février 2013, 20h


Orchestre

Les Siècles

François Xavier Roth

Paris, Salle Pleyel
samedi 9 février 2013, 20h
España !

Musiques de Massenet, Ravel, Lalo, Chabrier, Debussy…
Tedi Papavrami, violon (Symphonie Espagnole de Lalo)

Quelques semaines avant que Bizet ne fasse créer sans succès Carmen, 1875, Edouard Lalo, lui-même violoniste (élève de Habeneck) livre sa Symphonie espagnole pour violon orchestre: il règne incontestablement au milieu des années 1870 un parfum ibérique.


Paris, à l’heure espagnole

Au néoclassicisme et à l’éclectisme de bon aloi du Second Empire, les créateurs s’enivrent de nouvelles fragances dans un exotisme d’après guerre (1870), à la fois si proche et si lointain : l’Espagne.
Qu’ils y soient réellement allé ou qu’ils en imaginent les contours les plus typés (comme Massenet dans le Cid), les musiciens réécrivent à leur façon et selon le filtre de leur propre sensibilité, la carte espagnole. En cela, Lalo préfigure très exactement Debussy ou Ravel. Seul Chabrier serait le voyageur relevant sur le motif les éléments authentiques, nécessaires à sa propre variation (España). Sous influence ibérique, Lalo composera ensuite son chef d’œuvre, le ballet Namouna (1882), orchestré sous sa dictée par Gounod, véritable chatoiement instrumental, et inspiré d’un texte de Musset, hommage à toutes les Espagnes. Eclectique, Lalo réalise aussi une Symphonie Norvégienne en 1879

Très engagé dans l’illustration de la musique française, Lalo (1823-1892) incarne aussi la curiosité et l’ouverture des compositeurs romantiques, attentif à d’autres styles et tendances. En témoigne, la Symphonie espagnole plat de résistance de ce programme porté par l’exigence et l’inventivité philologique du chef François-Xavier Roth.

Reconnaissance suprême, la partition est créée par le virtuose ibérique Pablo de Sarasate le 7 février 1875 aux Concerts Populaires. La forme est libre et mouvante soulignant dans le sillon tracé par Berlioz et sa sa légende symphonique Harold en Italie (pour alto principal), l’inventivité du compositeur dans le genre symphonique et concertant; c’est une grande suite en 5 mouvements qui développe diversement plusieurs motifs et cellules espagnols dont surtout la Habanera (intermezzo), sans omettre la jota et la séguedille dans le scherzando. Plan: allegro non troppo, scherzando, intermezzo, andante, rondo final.

L’approche des Siècles et de son chef fondateur François Xavier Roth est d’autant plus captivante que jouant sur instruments d’époque, les auditeurs retrouvent les formats sonores, les alliances d’origine, découvrant au plus juste la spécificité première des orchestres français et l’écriture symphonique au XIXème dont le romantisme n’a jamais été aussi divers, polymorphe, mobile.

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