jeudi 15 octobre 2026

CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 2 novembre 2025. WAGNER : Le Vaisseau fantôme. B. Terfel, A. Gregorian, A. Dohmen… Gianluca Marciano (direction musicale)

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Ce Dimanche 2 novembre, à Monaco, le Hollandais fut volant, certes, mais surtout mémorable. Ah, on n’est pas près d’oublier le duo d’Asmik Gregorian et Bryn Terfel dans ce Vaisseau fantôme !

 

La soprano lituanienne restera comme l’éblouissement de ce début de saison monégasque. Comment une voix aussi éclatante, puissante, étincelante, peut-elle sortir d’un corps aussi svelte ? Cette femme est une flamme – une flamme chantante. Si on ajoute à son éclat la perfection de sa musicalité, on tient là l’une des voix les plus belles de la scène internationale actuelle. On ne vous raconte pas l’ovation qu’elle reçut lors des saluts !

Quant à Bryn Terfel, ce colosse chantant, il est impressionnant de musique et d’expression. Dans les moments les plus intenses, il faut le voir les deux bras écartés, tête renversée, le regard vers le haut : on a l’impression qu’il s’adresse au ciel. Il s’exprime avec une gravité tendre, un mélange de force et de douleur. Il habite la scène de sa stature de géant et nous chavire le cœur. 

L’ouvrage de Richard Wagner était donné non dans la Salle Garnier mais au Grimaldi Forum. Dans l’immense Salle des Princes – qui se situe au-dessous du niveau de la mer – se sont déchaînées les tempêtes wagnériennes. Le spectacle était « mis en espace » : l’orchestre était dans la fosse, les chanteurs se déplaçaient en tenue de ville tels des êtres d’aujourd’hui, errant dans la légende. Cela fut bien plus prenant que tant de mises en scènes modernes abracadabrantesques ! Dans le fond de la scène étaient présentés des effets lumineux en 3D. On voyait une sorte de grand aquarium dans lequel l’eau s’agitait en tempête. Parfois apparaissait l’image d’une tête de mort. Elle était à la fois symbolique du drame à venir mais aussi du jour où avait lieu le spectacle – le jour des Morts, le 2 novembre.

Au côté des deux têtes d’affiche, les autres protagonistes furent également admirables : Albert Dohmen dans le rôle de Daland, voix wagnérienne aux accents de roc marin ; Daniel Behle et Trystan Llyr Griffiths, deux lumineux ténors, le premier dans le rôle d’Erik, le second dans celui du pilote. Quant aux chœurs — ah, quels splendides chœurs ! — ils se levaient d’un seul souffle, puissant comme le vent qui gonfle les voiles.  

Tout cela fut accompagné par le superbe Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. On soulignera la performance physique autant que musicale du chef italien Gianluca Marciano : d’une baguette qui n’était pas toujours très « wagnérienne », mais en tout cas fort efficace, il dirigea de manière ininterrompue pendant deux heures trente. Il fallait quand même le faire !

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 2 novembre 2025. WAGNER : Le Vaisseau fantôme. B. Terfel, A. Gregorian, A. Dohmen… Gianluca Marciano (direction musicale). Crédit photo (c) Marc Borelli

 

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