dimanche 20 septembre 2026

CRITIQUE, festival. 45ème festival « Montpellier Danse ». MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 2 juillet 2025. « Kaléidoscope » par Mourad MERZOUKI et la Compagnie Käfig

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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« Kaléidoscope« , la nouvelle pièce de Mourad Merzouki, vient d’enchanter le public de cette 45e édition du festival Montpellier Danse – car loin du simple best-of auquel on pourrait s’attendre, le chorégraphe français signe une œuvre en soi, un spectacle d’une grande cohérence et d’une touchante générosité.

 

L’enjeu était audacieux : convoquer trente ans de création, de Käfig (1996) à Zéphyr (2021), pour en faire un seul et même souffle. Pionnier de la danse hip-hop sur scène, Mourad Merzouki aurait pu se contenter d’un florilège de ses plus grands succès. Il choisit plutôt l’intelligence du montage, soignant les transitions avec une maestria qui donne à ce voyage dans le temps une fluidité enivrante. On passe d’un tableau à l’autre, des fondus-enchaînés lumineux aux glissements gestuels, comme dans un rêve éveillé où chaque séquence répond à la précédente dans un dialogue subtil.

Ce qui impressionne, c’est la vitalité et la prouesse physique des vingt-trois danseurs qui peuplent la scène. Leur énergie est communicative, leur précision confondante. On reconnaît la patte du chorégraphe, cette façon unique de métisser le hip-hop avec d’autres mondes – la boxe dans Boxe Boxe, le baroque dans Folia, les arts plastiques dans Agwa – pour créer un vocabulaire gestuel d’une richesse infinie. Mais c’est aussi l’exploration de nouveaux territoires qui captive : des danseuses épinglées dans des liens de soie jouent avec l’apesanteur, défiant les lois de la gravité et envoyant le hip-hop vers des cieux insoupçonnés. Dans un écrin de lumières signé Yoann Tivoli, la scénographie de Benjamin Lebreton offre un écrin aussi épuré que magique. Des chutes de tapis, bruyantes et malicieuses, ponctuent les changements d’actes, tandis que des tissus légers semblent flotter comme des tapis volants, répondant à la jupe tournoyante d’une soprano, Heather Newhouse, dont la voix lyrique ajoute une couche d’émotion à cette fresque onirique.

« Kaléidoscope » est une démonstration de force, mais aussi un moment suspendu, fait de poésie et d’émotion. On y voit l’évolution d’un style qui s’est affiné, singularisé, pour devenir celui d’un auteur complet, dont la devise semble être « toujours plus loin, toujours plus haut ». Chaque tableau est une image saisissante, un fragment coloré qui, assemblé, compose un portrait généreux de Mourad Merzouki et de sa Compagnie Käfig. Et le public du festival Montpellier Danse, fidèle entre les fidèles, a répondu présent, debout, les yeux brillants, emporté par ce tourbillon d’énergie et de beauté. Une véritable réussite !

 

 

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CRITIQUE, festival. 45ème festival « Montpellier Danse ». MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 2 juillet 2025. « Kaléidoscope » par Mourad MERZOUKI et la Compagnie Käfig. Crédit photoraphique (c) Benoîte Fanton

 

 

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