dimanche 21 juillet 2024

CRITIQUE, concert. NANTES, Cité des Congrès, le 14 mai 2024. BRAHMS / RESPIGHI / RAVEL. Orchestre National des Pays de la Loire / Roberto Fores Veses (direction).

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

 

Le chef espagnol (valencien) Roberto Forés Veses, ancien directeur musical de l’Orchestre national d’Auvergne (2012-2023) et désormais à la tête de l’English Chamber Orchestra (depuis 2023), n’est pas un inconnu pour l’Orchestre National des Pays de la Loire, car Guillaume Lamas (son directeur général et artistique) a la bonne idée de le faire venir (presque) chaque saison diriger la phalange ligérienne, et ce depuis des années… 

 

 

Autant dire que le courant passe entre les deux, et cela se confirme dès la première oeuvre inscrite au programme, le fameux Concerto pour violon de Johannes Brahms, ici défendu par la violoniste japonaise Akiko Suwanai, précédée d’une flatteuse réputation après avoir été Lauréate du prestigieux Concours Tchaïkovski (en 1990). Tour à tour, exaltée, éloquente, charmeuse, la soliste subjugue par son jeu nuancé – autant que l’orchestre qui lui sert d’écrin sous la battue racée et précise du chef valencien. Au-delà d’une technique aguerrie et sans faille, c’est merveille d’entendre le lyrisme, le phrasé et les superbes nuances piano que Suwanai distille au moyen de son instrument. Si l’Adagio possède toute la suavité attendue, l’allegro giocoso nous gratifie quant à lui d’une confondante “virilité”. Il offre en bis la Sarabande de Bach dont l’ineffable poésie suscite une intense émotion parmi l’auditoire…à en juger la qualité du silence qui suit !

En seconde partie, les assez rares “Fontaines de Rome” d’Ottorino Respighi semblent donner le nom à la soirée, titrée “Parfum d’Italie”… Les Fontaines de Rome sont de loin la partie la plus délicate du triptyque imaginée par le compositeur italien (aux côtés des “Pins de Rome” et  des “Fêtes romaines”. Elles sont ici restituées dans des tempi très amples qui laissent la musique s’écouler avec calme et musicalité. Roberto Forés Veses, grand amateur de la musique française, tire la pièce vers un certain esprit Debussyste… du meilleur effet ! Et c’est avec le morceau de musique classique le plus joué au monde que s’achève le concert, l’incontournable et indémodable Boléro de Maurice Ravel, ce soir – et comme généralement… – réservé comme apothéose finale ! Et ce fameux Boléro va comme un gant aux fabuleux instrumentistes de l’ONPL. Les pupitres s’équilibrent avec naturel et les bois se montrent sous leur meilleur jour. Très présent, Forés Veses fait ressortir la vitalité rythmique de cette pièce qui nous montre que l’on pouvait encore, au XXème siècle, écrire des œuvres extrêmement tonales tout en restant moderne et surprenant.

Et pour info, ce concert sera redonné ce soir 16 mai (et également demain) au Centre des Congrès d’Angers !

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CRITIQUE, concert. NANTES, Cité des Congrès, le 14 mai 2024. BRAHMS / RESPIGHI / RAVEL. Orchestre National des Pays de la Loire / Roberto Fores Veses (direction). Photo (c) Emmanuel Andrieu.

 

VIDEO : Pablo Heras-Casado dirige le « Boléro » de Ravel à la tête du Philharmonique de Radio France

 

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