A l’épreuve de l’œuvre spectaculaire léguée par le génie Beethovenien, l’Orchestre Lamoureux confirme un engagement sans faille. La 9ème symphonie « chorale » est un Everest qui dévoile les grands interprètes.
Le premier mouvement (Allegro ma non troppo, un poco maestoso) impose d’emblée une cohésion rayonnante dont le chef cultive dès le début une impérieuse énergie. L’intensité du jeu collectif, la battue sûre et précise permet que se révèle peu à peu cette musique de volonté et de conquête, au chant vindicatif, d’une irrépressible activité. En particulier se précisent comme ligne de force : la puissance et l’absolue radicalité du sentiment tragique, comme le combat coûte que coûte à le dépasser. À l’engagement des cordes répond l’éloquence continue des bois [clarinette et basson] qui a chaque séquence semble tempérer [mais vainement) la furieuse exaltation des cordes.
Le second mouvement (un vrai Scherzo) séduit par son esprit jubilatoire, d’une excitation rythmique particulièrement bien préservée : s’y distingue nettement l’admirable rebond des cordes, la présence du cor d’une constante lisibilité [dans ses notes tenues comme sa souplesse chantante]. On se délecte de la vélocité onctueuse des mêmes cordes aussi nerveuses que souples auxquelles répondent les timbales et leurs fulgurante saillies décalées [3 notes de déflagration] qui semblent vouloir perturber l’ivresse collective, ou relancer l’entrain irrépressible par un esprit de contestation facétieuse… Le chef réalise des respirations justes dans la nervosité électrique tout en relançant constamment les rebonds rythmiques. L’entrée des trombones marque enfin l’ultime jubilation, juste avant la reprise du début.
L’Adagio marque une rupture. Son climat de distance sereine et contemplative est magnifiquement introduit premièrement par la clarinette auquel se joint le cor. Attentif aux timbres, à l’éloquence active de leurs associations, le chef met en avant le jeu des binômes : basson et flûte, puis clarinette et cors… Même calibrage délectable quand le cor somptueux fusionne avec l’unisson des violons 1, associés aux pizzicati des violons 2…
Le FINALE est aussi convaincant, inscrit dans l’urgence et la délivrance finale, jalonné par les accents d’une exultation collective progressive. D’abord chef et instrumentistes explicitent le dialogue primordial entre violoncelle et bois ; ils préparent au jaillissement de l’hymne que les contrebasses d’abord semblent faire surgir des tréfonds de la terre. Chef et instrumentistes en prolongent l’espérance comme une germination qui rayonne chez tous les pupitres. L’appel de la basse (somptueuse exhortation grâce au feu noble et fraternel du soliste requis : l’impérial Nicolas Cavallier), impose à tous la prière et le manifeste de Beethoven, à partir de l’Ode de Schiller : son exhortation à la réconciliation universelle. Chaque séquence, très contrastée qui compose la fresque chorale finale est intense et d’une caactérisation qui s’inscrit dans l’urgence : s’y distingue la marche et ses couleurs militaires (grosse caisse, triangle, cymbales), avant le solo du ténor, dans la joie plus rayonnante encore auquel répond plus ardent encore, le chœur d’hommes… Tout enfle et rugit peu à peu dans l’hymne finale qui porte tous les effectifs ; le Chœur des Universités de Paris (OCUP) ne manque ni de mordant ni d’entrain, exprimant l’exaltation d’une humanité déterminée, conquérante, prônant l’amour universel (« Seid umschlungen millionen » / Millions d’êtres, embrassez-vous !).
L’Orchestre Lamoureux ne pouvait offrir meilleure clôture à sa saison 25 / 26. Découvrez la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’Orchestre Lamoureux en cliquant ici : https://orchestrelamoureux.com/






