lundi 12 octobre 2026

CRITIQUE CD. WEBER : Der Freischütz, arrangements pour musique d’Harmonie (Karl Flachs, 1822). WOLF, Jean-Philippe Poncin(1 CD Ricercar 2026)

A lire aussi
image_pdfTélécharger (.pdf)

A Vienne, la tradition musicale, très active, s’appuie entre autres sur l’essor des formations légères, virtuoses, habiles, prêtes à jouer partout, dans les salons et les sites de la ville si mélomane, s’emparant des airs à la mode. La transcription dynamise les concerts ; pour preuve, cette adaptation de plusieurs extraits de l’opéra particulièrement applaudi : Der Freischütz (le franc-tireur) de Weber, parmi les plus grands succès de la scène lyrique, ce dès sa création à Berlin le 18 juin 1821. Avec Beethoven et Schubert, Weber contribue activement à l’âge d’or musical viennois de la période romantique. Pour son bicentenaire en 2026, il reste opportun de souligner l’exceptionnelle expressivité de son écriture, en particulier dans son opéra fantastique Der Freischütz. Une incandescence dramatique que n’amenuise en rien la réduction ici pour … 10 instrumentistes.

 

 

 

L’octuor à vent (hautbois, clarinettes, cors, bassons par 2) est mis en avant, ses capacités expressives, d’autant plus affûtées qu’elles sont pilotées, exploitées avec la finesse et la subtilité espérées. Der Freischütz comme Fidelio de Beethoven est transcrit très rapidement dans les années 1820, dont celle de Walter Sedlak, surtout de Karl Flachs qui ajoute à l’octuor traditionnel, les flûtes.
L’intérêt de la version défendue ici par l’ensemble Wolf (Jean-Philippe Poncin) éclaire la réussite des options choisies : comme la répartition des parties à tel ou tel instrument, défi d’autant plus difficile que la partition originelle de Weber est d’une exceptionnelle puissance orchestrale, marquée par une orchestration d’une modernité inédite (comme l’ouverture et sa fabuleuse structuration orchestrale). Flachs distribue les airs aux différents instruments, flûte, hautbois, clarinette, basson… sauf l’air mélancolique d’Agathe, dévolu à la seule, nostalgique et caressante, clarinette. Bel hommage à l’instrument dont joue l’un des proches de Weber lui-même : le virtuose Heinrich Joseph Bärmann, clarinettiste suffisamment inspirant pour lequel le compositeur écrit 2 concertos et le Concertino… Mais Weber aima transcrire lui-même ses airs en particulier pour son mécène le duc Leopold Auguste de Saxe Gotha Altenburg, en nov 1823, précisément mélodies et valse, dérivée de son lied Maienblümlein, so schön / J 117. Transcrire Weber est donc d’autant plus juste que le compositeur s’adonna à ce défi.

L’arrangement de Flachs de 1822, du Freischütz confère à cette discipline, ses lettres de noblesse ; conçu pour l’harmonie traditionnelle augmentée d’une flûte, et aussi d’une contrebasse qui double les harmoniques graves du second basson. L’usage des instruments historiques soulignent ce brio des timbres originels mais aussi l’intimité et la couleur plus psychologique de chaque aria. Avec un récent programme Weber, – lui aussi intimiste, réalisé par le remarquable ensemble également sur instruments historiques Hexaméron, cet enregistrement éclaire avec sensibilité et justesse les mondes fantastiques, impétueux du Freischütz de Weber, dévoilé sous un regard inédit (la version Karl Flachs est ainsi restituée intégralement – et corrigée pour l’enregistrement, pour la première fois). Passionnante découverte. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

_______________________________________________
WEBER : Der Freischütz, version Karl Flachs, 1822. WOLF, Jean-Philippe Poncin (clarinette & direction) – enregistrement réalisé en fév 2026 (1 cd Ricercar) – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

 

approfondir

LIRE aussi notre critique du CD WEBER par Hexaméron / Luca Montebugnoli) CLIC de CLASSIQUENEWS 2026 : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-weber-eine-welt-in-meinem-innern-tout-un-monde-en-moi-meme-ensemble-hexameron-luca-montebugnoli-1-cd-paraty/

Le programme porté par l’ensemble sur instruments anciens Hexaméron révèle un Weber méconnu, d’une pudeur fervente que les interprètes attisent avec un feu remarquable.
Belle profondeur grave du Trio dès son allegro initial, qui laisse suspendu un climat à la fois agité et tendre, passant d’un timbre à l’autre, flûte, violoncelle, forte piano ; l’hypersensibilité d’un Weber amoureux et nostalgique, enivré et presque insouciant se déploie dans le jeu dialogué des 3 instrumentistes… Il s’agit bien des visions et humeurs, sensations et souvenirs d’un voyageur intérieur

 

 

 

CRITIQUE, CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

__________________________________________________

 

image_pdfTélécharger (.pdf)
Derniers articles

CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 11 octobre 2026. SALIERI : Tarare. R. Van Mechelen, E. Pancrazi, J.-F. Lapointe, G. Blondeel, E. de Hys…...

Premier opéra mis en scène pour ouvrir la saison 2026-2027 à l’Opéra Royal de Versailles, Tarare d'Antonio Salieri lance...

Découvrez d'autres articles similaires

- Espace publicitaire -spot_img