Compositeur, guitariste soliste, chef d’orchestre, Samuel Strouk s’impose depuis plus de dix ans sur la scène symphonique contemporaine, par sa singularité virtuose, sa sensibilité et sa grande culture musicale. Au printemps 2026, le compositeur publie un nouvel album « Elise, mon mirage », regroupant deux nouveaux concertos comme odes à l’amour et à la paix, l’un pour violoncelle et guitare, le second pour guitare… deux nouvelles partitions enregistrés en France avec l’Orchestre National de Bretagne sous la direction d’Aurélien Azan Zielinski.
Œuvres de maturité, les deux opus marquent une nouvelle étape dans l’enrichissement et la maturation de son langage orchestral. La parution du Double Concerto pour guitare et violoncelle fait suite à la création mondiale au Zaryadye Concert Hall de Moscou, dans le cadre du festival Viva Cello (novembre 2021). L’enregistrement réalisé en France, permet aux artistes russes et ukrainiens d’unir leur sensibilité, a contrario de la guerre en cours. Dans le contexte géopolitique que nous subissons depuis 2022, l’œuvre de Samuel Strouk prend valeur de manifeste humaniste et fraternel qui enrichit davantage la profondeur des partitions.
Un film documentaire signé Charlotte Erlith (« A contretemps ») a suivi les musiciens pendant l’enregistrement de l’album à Rennes, soulignant combien le travail international et interculturel, l’échange et la musique sont plus que jamais des arguments solides contre la barbarie et la guerre…
Prolongeant son dernier album orchestral intitulé « Le rêve de Maya », Samuel Strouk développe une écriture fondée sur « la dramaturgie du temps musical ». Chaque mouvement s’inscrit dans une trajectoire expressive dont la forme est le lieu d’un récit intérieur. « À l’instar de Gustav Mahler, sa musique n’est jamais abstraite : elle se construit dans la tension, la mémoire, la transformation des motifs, faisant de l’orchestre un espace de narration à part entière. En héritier de Leonard Bernstein et de György Ligeti, le compositeur Français compose dans un langage alliant écriture contemporaine et tonalité. »
Très incarnée, révélant les forces souterraines et psychiques qui pilotent les affects, l’écriture de Samuel Strouk sait fusionner dramatisme et poésie : en témoignent les deux opus ici enregistrés.
Le double concerto « Élise, mon mirage » décrit le voyage sentimental de deux amants tissant les liens d’une vie, incarnés par le violoncelle et la guitare, dont le dialogue nourrit comme un fil conducteur le flux orchestral. C’est une ode à l’amour qui interroge le rapport entre le matériel et le spirituel. « Les émotions naissent au contact du réel pour aussitôt lui échapper : c’est le mirage, éternel et insaisissable, qui donne son souffle à l’œuvre. »
La partition exploite toutes les nuances et accents de la vaste palette orchestrale, tissant un paysage d’emblée spectaculaire, agité, au souffle souterrain profond et tragique (premier épisode « éclosion » du premier mouvement), nouant dans une intensité croissante les deux instruments solistes, en particulier dans la 2è séquence (« Révélation ») où le chant du violoncelle s’accorde à l’énergie de la guitare. Ce premier mouvement exprime une course éperdue où les deux amants s’acharnent, affirment la force de leur amour, luttent sans repos…
Plus grave et sombre encore, le 2è mouvement s’ouvre avec la plainte du violoncelle, prière enveloppée par la guitare plus amoureuse et intimiste ; le violoncelliste Boris Andrianov tire les larmes dans une partie comme enivrée, avant l’arche dramatique du Concerto (« Invocation », prière à l’invisible), qui prélude au solo suspendu du guitariste (Dimitri Illarionov), soudainement serein et d’une joie nostalgique (dans l’évocation du « souvenir d’Élise »), instant de pure magie que rehaussent encore les deux premiers épisodes du Mouvement III (« Présage », enchaîné à « Mirage »), ce dernier tableau sonore, scellant l’union des deux instrumentistes, des deux timbres comme enivrés et funambules, 2 cœurs d’un amour désormais uni.
Samuel Strouk est le soliste de l’album, du second Concerto pour guitare intitulé « Égalité », inspiré du poème éponyme de José Asunción Silva, qui interroge l’universalité de la condition humaine à travers une figure poétique de l’égalité.
Tout à fait différent du Double Concerto, le Concerto pour guitare, débute dans les profondeurs lugubres, des vapeurs étales (magnifiquement orchestrées exprimant le mystère et l’intranquillité) d’où émerge le chant de la guitare (El Emperador). Plus évocatoire encore est le mouvement central « La Calle », intime, secret, – acteur d’une méditation elle aussi suspendue, enchaînée aux climats arachnéens et enchantés du 3è mouvement (El mozo de la Esquina) à la fois voluptueux et grave. Le compositeur lui-même assure la partie soliste dans un Concerto, riche, contrasté, offrant à la guitare une partie virtuose et chantante.
Partenaire de longue date de Samuel Strouk, l’Orchestre National de Bretagne accompagne cet enregistrement sous la direction d’Aurélien Azan Zielinski, dont la lecture précise et engagée met en valeur la clarté de l’écriture, les contrastes, l’épaisseur active des séquences au fort potentiel dramatique ; sa baguette sait unifier et détailler, permettant de toujours saisir l’allant expressif des instruments solistes.
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CRITIQUE CD événement. Samuel STROUK : Concertos « ELISE, MON MIRAGE » (pour guitare et violoncelle / Dimitri Illarionov, Boris Andrianov), « ÉGALITÉ » (pour guitare / Samuel Strouk, guitare), Orchestre national de Bretagne, Aurélien Azan Zielinski (direction)
entretien
LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Samuel STROUK : https://www.classiquenews.com/entretien-samuel-strouk-classiquenews/
Le compositeur et guitariste SAMUEL STROUK qui est aussi directeur du Festival de jazz de
Maisons-Laffitte (Maisons-Lafitte Jazz Festival), fait paraître au printemps 2026, deux partitions récentes, deux concertos ; l’un pour guitare et violoncelle (intitulé « Elise, mon mirage »), le second pour guitare (« Égalité »), deux partitions qui recueillent tous les éléments d’une créativité flamboyante, inspirée entre autres par un fort sentiment de paix et de réconciliation, – malgré les conflits en cours ; sur le plan artistique, Samuel Strouk avoue sa filiation assumée avec Ligeti ou Xenakis, travaillant la matière symphonique et concertante dans le souci d’un dialogue permanent et d’une cohérence dramaturgique naturelle. Au carrefour des écritures, explorant aussi de nouveaux horizons où la technologie la plus innovante envisage de nouvelles transformations et métamorphoses sonores, Samuel Strouk ouvre des champs musicaux d’autant plus inédits qu’ils sont personnels et très aboutis. Entretien.
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Visitez le site officiel de Samuel Strouk : https://samuel-strouk.fr/
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CRITIQUE CD événement. ÉLISE, MON MIRAGE, le nouvel album de Samuel Strouk (guitariste, compositeur) – 1 cd Well Done Simone ! records – parution le 24 avril 2026 – CD CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 – prochaine critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS
AUDIO / Déjà disponible sur les plateformes :
https://bfan.link/elise-mon-mirage
VIDEO / Coulisses de l’enregistrement :
témoignages des instrumentistes de l’Orchestre de Bretagne :





