COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Th J Julien, le 15 juin 2019. DARIO FO. Mistero Buffo.ABEDJEAN.DALTIN. Choeur à bout de souffle.DELINCAK

8adbdfb5-2488-4656-b430-34daf6c1593dCOMPTE-RENDU, théâtre musical. TOULOUSE, Théâtre Jules Julien, le 15 Juin 2019. DARIO FO. Mistero Buffo. BACH. PERGOLESE. VIVALDI. MONTEVERDI. VERDI. ABEDJEAN. DALTIN. Choeur à bout de souffle. DELINCAK. Le nouveau spectacle de la compagnie A bout de Souffle est hypervitaminé. L’engagement des comédiens dans le texte de Dario Fo est total. Ils y croient et le montrent à voir. Comme les choristes et les chanteurs qui semblent vivre chaque mot du Crédo ou du Stabat Mater à la lettre. Le parti pris du metteur en scène, Patrick Abédjean, est de rendre hommage à Dario Fo.

 

 

A Bout de souffle
offre un deuxième souffle à Mistero Buffo

 

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Le passage du monologue originel de Dario Fo à plusieurs voix est comme diffracté avec un fou et une mort doubles. C’est à la fois habile et terriblement efficace. Les extraits sont souvent percutants mais le style a déjà pris de l’ âge. Certains emportements iconoclastes tombent à plat et la grossièreté montre trop le bout de son nez. Les musiques choisies par Stéphane Delincak, très anciennes, ne sont pas démodées, elles. Et leurs émotions sont vraies ainsi offertes au public. C’est peut être ces musiques si connues et aimées qui donnent aux mots de Fo, leur puissance expressive. Et ce chant extrêmement extraverti, que ce soit les solistes comme les chœurs, est impressionnant. Claire Lise Bouton au très beau timbre excelle surtout dans le médium et le grave de son jeune mezzo. Le baryton Martin Queval a déjà une belle autorité vocale mais surtout une grande sensibilité musicale. L’accordéoniste Grégory Daltin est magique. Capable d’une très grande amplitude de nuances, il conduit sa ligne avec une belle musicalité. La direction de Stéphane Delincak est enthousiasmante et encourageante. En un mot irrésistible et tout le monde le suit.
Coté mise en scène, Patrick Abédjean fait débuter la pièce sans solution de continuité avec la ville. Les choristes et les comédiens sont dans la salle, parlent, mangent, boivent, rient, se disputent. Les comédiens sont très engagés dans la défense du texte, nous l’avons dit. Lorsque le texte est fort, c’est enthousiasmant, quand il va vers la vulgarité c’est désagréable. Il manque une dimension de distanciation avec certains propos qui pris au pied de la lettre tombent à plat. La dimension grandiose du peuple cède trop souvent la place à une sorte de facilité grossière. C’est le Chœur qui rééquilibre tout. L’émotion la plus forte tombe sur nous dans le Stabat Mater et le chœur d’ouverture de la Passion selon Saint Jean, avec cet appel à Dieu répété inlassablement qui devient terrible.
Toute chose ayant été accomplie, il clôt la représentation dans la fascination. Les cinquante choristes sont magnifiques de tension intérieure véritablement vécue et d’une belle puissance vocale. Pourtant la forte présence des voix fragilise un peu l’accordéon qui ne peut être véritablement le grandiose orchestre de Bach. Ce spectacle hybride est néanmoins une vraie réussite, la musique permettant de recevoir un texte fascinant mais qui commence à dater. La musique elle, semble intemporelle comme véhicule d’émotions éternelles. Elle amplifie le propos de Dario Fo : Son Mistero Buffo devient giocoso-drama.

 

 

 

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Compte rendu Théâtre Musical. Toulouse, Théâtre Jules Julien, le 15 Juin 2019. Dario Fo ( 1926-2016) : Mistero Buffo. Traduction-adaptation de Toni Cecchinato et Nicole Colchat. Mise en scène : Patrick Abédjean ; Lumières : Etienne Delort ; Domi Giroud, comédienne ; Comédiens du conservatoire régional : Julin Benet, Emilie Diaz, Aude Evellier, Emile Faure, Bastien Gagnaire, Isabelle Gaspar, Ondine Nimal, Tahar-Chaouch ; Claire Lise Bouton, mezzo-soprano ; Martin Queval, baryton. Musiques de : Jean Sébastien Bach ; Giovanni Baptista Pergolese ; Claudio Monteverdi ; Giuseppe Verdi ; Antonio Vivaldi. Chœur A bout de souffle. Stéphane Delincak, direction. Photo est de © Sylvain Arki.

 
 

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