Cléopâtre de Massenet sur France Musique

cleopatre-egypte-reine-ptolemee-elizabeth-taylor-en-cleopatreFrance Musique. Massenet : Cléopâtre. Samedi 29 novembre 2014, 19h.  Un an après la création de Pénélope de Fauré sur la scène de l’Opéra de Monte Carlo, a lieu le 23 février 1914, celle de Cléopâtre de Massenet. Le compositeur était mort depuis quelques mois. L’œuvre qui met en avant les qualités de tragédienne lyrique de la cantatrice exposée dans le rôle-titre, triomphe à l’international : Chicago avec Maria Kouznetsova (1916), puis grâce à Marie garden à New York (1919). Massenet élabore un rôle tendu, déclamé, particulièrement noble et émotionnel, dessinant autant le profil de la figure politique que le portrait de la femme amoureuse…

mankiewicz cleopatre 800px-Cléopâtre_Elizabeth_TaylorPourtant en France, il faut attendre… 1990, la recréation de l’œuvre grâce à Kathryn Harries à Saint-Etienne. Depuis, Montserrat Caballe au Liceu de Barcelone en 2004, Uria Monzon à Marseille au printemps 2013 ont suivi, révélant le sens de la déclamation juste, resserrée, tragique et sombre du dernier Massenet : Cléopâtre est l’ultime portrait féminin d’une série qui en a compté de nombreux, de Thérèse à Esclarmonde, sans omettre Manon, Thaïs, ou les protagonistes altières et dignes de Roma… L’ultime scène funèbre qui comme dans la fresque spectaculaire hollywoodienne signée de Joseph L. Mankiewicz (1963) où triomphe l’éblouissante Elizabeth Taylor, s’impose ici, offre une scène lyrique particulièrement bien écrite : détruite après son amour malheureux mais passionnel avec Marc-Antoine, la reine d’Egypte s’éteint après plusieurs spasmes que l’orchestre exprime très explicitement, vértiable cœur musical de l’héroïne. Cléopâtre, beauté avec tous les ornements, telle qu’elle paraît dans les tableaux d’histoire signés par le contemporain Gérôme, peintre passionné de reconstitution archéologique emprunté à l’Antiquité (surtout romaine, l’Egypte y paraît surtout sous le filtre napoléonien pendant la Campagne d’Egypte…), inspire à Massenet un formidable opéra, riche, parfois grandiloquent, mais psychologiquement troublant voire bouleversant. Tout dépend des interprètes : que donnera Sophie Koch (voix ample et ourlée mais inintelligible) et surtout Ludovic Tézier dans le rôle de l’amant romain (le baryton français forcera-t-il sa nature pudique et intérieure pour offrir un Marc-Antoine noble, princier mais humain voire palpitant ?).

logo_francemusiqueRéponse sur France Musique, le 29 novembre 2014, 19h. Opéra en version de concnert enregistré au TCE, Paris, le 18 novembre 2014. Michel Plasson dirige l’Orchestre Symphonique de Mulhouse.

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