Camille Delaforge, directrice musicale de l’ensemble Il Caravaggio, questionne le mythe de Pygmalion / Pigmalion. Ce sculpteur démiurge qui saisit par la beauté de sa propre création, en tombe amoureux, obtenant, récompense suprême, que la pierre inerte devienne vivante et d’autant plus désirable… Quelle légende évoque mieux le propre de l’art : inventer, créer… rendre vivante et palpable, la matière de nos rêves ?
En explorant deux versions de cette histoire transmises par deux compositeurs français du XVIIIè (Rameau, Bailleux), les différentes facettes de cette légende, se dévoilent ; la séduction d’une œuvre et aussi « la place de l’art dans nos vies d’artiste », précise Camille Delaforge. « Le mythe de Pigmalion, au-delà de son premier degré qui pourrait réduire la femme à une création, est un prétexte pour sonder ce que signifie créer, ce que signifie donner vie à l’inanimé – une réflexion qui, en tant qu’artiste, résonne profondément en nous. »
Rameau livre et condense toute sa maestria créatrice dans l’acte de ballet, Pigmalion. Maîtrise de l’écriture orchestrale, symbiose entre instrumentistes et chanteurs œuvrent pour l’expressivité d’une partition unique : « L’écriture instrumentale ne se contente pas d’accompagner le texte : elle le magnifie, le prolonge, et participe pleinement à l’expression du drame ».
Rameau réserve au ténor une virtuosité rare, créant un rôle héroïque sur mesure pour les hautes-contre, à son époque, l’illustre et très talentueux Jéliote (qui crée aussi le rôle singulier de Platée). Airs dramatiques et périlleux, plaintes, haute virtuosité vocalisante, Rameau permet aux « stars » de la troupe de l’Opéra de Paris, « à leurs capacités inouïes et à la passion qu’on leur porte », de briller comme jamais (aux côtés de l’orchestre lui aussi très éloquent).
En complément la redécouverte du Pigmalion d’Antoine Bailleux, « a été pour moi une aventure inédite et captivante. Interpréter un répertoire oublié est un acte de redécouverte du patrimoine musical, mais aussi une aventure créative », précise Camille Delaforge. Lully paraît aussi dans ce programme hautement opératique. Le compositeur de Louis XIV rend hommage à « l’amour inconditionnel, par-delà les conventions sociales », point final de ce programme dédié à la figure de Pigmalion.
Le parcours musical qui se profile célèbre le geste artistique « où chaque note, chaque inflexion est pensée pour rendre hommage à l’artiste créateur, à celui qui façonne son idéal en lui donnant vie. En tant que musicien, cette quête prend tout son sens dans l’œuvre de Pigmalion, dans cette exaltation de la beauté rêvée, de la passion artistique », confirme Camille Delaforge.
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PIGMALION par Rameau et Bailleux
Il Caravaggio – Camille Delaforge, direction
Samedi 14 février 2026
Salon d’Hercule
21h | 1h15 sans entracte
distribution
Mathias Vidal, Pigmalion
Catherine Trottmann, L’Amour (soprano dans Pigmalion de Bailleux)
Laura Jarrell, Céphise
Apolline Raï-Westphal, La Statue (soprano dans Le mariage forcé)
Ensemble Il Caravaggio
Camille Delaforge, direction
Programme
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Pigmalion – Acte de ballet sur un livret de Ballot de Sauvot, créé à l’Académie royale de musique en 1748.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Les Fêtes de Polymnie : Ouverture
Les Boréades : Entrée de Polymnie
Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Le mariage forcé :
Récit de la beauté « Si l’amour vous soumet »
Antoine de Bailleux (1720 – 1798)
Pigmalion (Cantatille dans le goût italien)
critique cd
Le cd de ce programme a été enregistré pour le label CVS (parution juin 2025) – distingué par le CLIC de CLASSIQUENEWS :
CRITIQUE CD événement. RAMEAU / BAILLEUX : Pigmalion. Mathias Vidal, Catherine Trottmann, Apolline Raï-Wesrphal… Il Caravaggio, Camille Delaforge (direction) – 1 CD Château de Versailles Spectacles (mai 2025)
Ce nouvel enregistrement du label Château de Versailles Spectacles réunit deux joyaux du XVIIIᵉ siècle français autour du mythe de Pigmalion. L’acte de ballet de Jean-Philippe Rameau (1748) – considéré comme son œuvre la plus parfaite dans ce format – est associé à la cantatille inédite d’Antoine Bailleux (c. 1760), compositeur énigmatique dont la postérité n’avait retenu que quelques pièces de chambre. Sous la direction visionnaire de Camille Delaforge, placée à la tête de son ensemble Il Caravaggio, cet album transcende l’exercice de restitution pour devenir une méditation sur l’acte créateur, où la frontière entre l’inerte et le vivant s’estompe.
: https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-rameau-bailleux-pigmalion-mathias-vidal-catherine-trottmann-apolline-rai-wesrphal-il-caravaggio-camille-delaforge-direction-1-cd-chateau-de-versailles-spectacles/
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