CD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018)

pigmalion rameau cd ramee korneel bernolet apotheosis critique concert cd clic de classiquenews cd critique classiquenewsCD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018). DĂšs l’ouverture, on demeure saisi par l’élĂ©gance naturelle, la ligne superbe du chant orchestral qui inscrit la partition dans la sensualitĂ© souveraine, gracieuse, – en rien maniĂ©riĂ©e, propre au rĂšgne de Louis XV
 La tenue du ciseau du sculpteur bientĂŽt Ă©prouvĂ© y est magnifiquement Ă©voquĂ©e par les instruments de l’orchestre. Quand il faut ici rĂ©ussir la prĂ©cision et l’onctuositĂ©, le dĂ©tail et l’allant gĂ©nĂ©ral – notions au centre de l’activitĂ© du sculpteur comme du compositeur, Korneel Bernolet enthousiasme par son sens des respirations, une pulsation saisissante de naturel qui aux cĂŽtĂ©s d’un soin mĂ©ticuleux des nuances, produit de facto, le miracle d’une musique aussi frĂ©missante que la vie elle-mĂȘme. Nous voici au cƓur du sujet de Pygmalion : il est bien question d’un art aussi vivant que la vie elle-mĂȘme. Beau parallĂšle qui aurait charmer Rameau pour lequel rien ne compte plus que le chant et la langue de l’orchestre.

 

 

RAMEAU revivifié : le geste nuancé, palpitant de KORNEEL BERNOLET

 

 

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Les instruments savent en particulier exprimer la nature miraculeuse de l’épreuve qui foudroie littĂ©ralement le sculpteur Pigmalion, dans son atelier : coeur touchĂ©, saisi par la grĂące qui se dĂ©tache de sa propre crĂ©ation (tendre Pigmalion, parfois trop droit et lisse de Philippe GagnĂ© ; ses aigus tendus accusent une voix limitĂ©e qui maniĂ©rĂ©e et monotone, est le maillon faible du plateau : dommage qu’il ne partage pas les nuances et accents accomplis par les instruments) ; notons a contrario relief et nuances d’un autre coeur outragĂ©, car Ă©cartĂ© : la CĂ©phise de Lieselot De Wilde, autrement plus vivante. Surgit alors la statue rendue Ă  la vie (Morgane Heyse : claire et palpitante, infiniment plus vivante et engagĂ©e que son partenaire) ; saluons de mĂȘme Caroline Weynants qui fait un Amour ardent et lumineux, Ă  la fois fragile et sensuel (« Venez aimable GrĂąces / Volez, empressez vous d’embellir ce sĂ©jour »), d’une suavitĂ© embrasĂ©e, saisie elle aussi par le miracle de la statue ressuscitĂ©e (qui est son Ɠuvre, avec la complicitĂ© de sa mĂšre VĂ©nus).

 
 

 
 

les 2 Pygmalions de Rameau et Benda rĂ©vĂšlent
 la somptueuse Ă©lĂ©gance de l’Apotheosis Orchestra

 

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Restent l’orchestre et le direction du chef et claveciniste, Korneel Bernolet, Ă  la tĂȘte de son ensemble sur instruments d’époque (fondĂ© en 2013): Apotheosis Orchestra, articulĂ©, fin, nuancĂ©, douĂ© d’une Ă©lĂ©gance filigranĂ©e trĂšs intĂ©ressante
 l’ex assistant de Sigiswald Kuijken, qui a travaillĂ© aussi avec les Talens lyriques et Joos van Immerseel, n’a guĂšre de qualitĂ©s françaises dans ce rĂ©pertoire,- plutĂŽt une candeur rafraĂźchissante qui change totalement de la tension mĂ©canique que les chefs plus connus assĂšnent ordinairement dans l’Hexagone : ici ni arrogance, ni dĂ©monstration, mais une simplicitĂ© et osons dire un naturel qui respire la musique du divin Rameau ; une comprĂ©hension Ă©vidente qui mĂȘme la fait « parler ». La tenue de l’orchestre Apotheosis est superlative, dans ces dĂ©tails instrumentaux, dans ses choix de tempi, ses silences Ă©loquents. Cependant dans sa pulsion articulĂ©e, vivace, profondĂ©ment nerveuse, de l’intĂ©rieur, jouant sur la fragmentation (cependant jamais diluĂ©e), le chef construit un Rameau somptueusement organique et architecturĂ© (Sarabande et Tambourins) ; sensualitĂ© ductile et superbement caractĂ©risĂ©e dans les 2 pantomimes (niaise puis trĂšs vive, dont la motricitĂ© et l’élan roboratif se rapprochent du sommet antĂ©rieur : PlatĂ©e de 1745 ; d’ailleurs le soliste de Rameau pour Pigmalion et PlatĂ©e fut le mĂȘme : le lĂ©gendaire haute-contre Pierre de JĂ©lyotte)
 Le chef maĂźtrise la pĂąte orchestrale ramĂ©lienne, trouve une sonoritĂ© onctueuse sans jamais sacrifier l’éloquence du discours musical : Ă  travers les danses, le gĂ©nie de Rameau, poĂšte Ă  la verve inouĂŻe s’exprime avec un brio jamais clinquant. Dommage que dans le superbe air « RĂšgne Amour », le chanteur dĂ©jĂ  critiquĂ© manque singuliĂšrement d’éclat et de vĂ©locitĂ©. On comprend que l’acte de ballet composĂ© par Rameau en moins d’une semaine ait tenu l’affiche en 200 reprĂ©sentation jusqu’en 1781. Preuve d’un indiscutable succĂšs.

AprĂšs la franchise expressive, la puissance poĂ©tique de Rameau, Pygmalion de Benda, de 34 ans postĂ©rieur (crĂ©ation Ă  Gotha en sept 1779) semble plus anecdotique, malgrĂ© une rĂ©elle sensibilitĂ© instrumentale, plutĂŽt sĂ©duisante et sombre (hautbois / bassons et cors dans l’ouverture) ; Ă  l’opposĂ© de l’Ɠuvre unitaire entre drame, chant et musique de Rameau, Benda conçoit une partition qui cherche toujours son juste Ă©quilibre entre texte parlĂ© et musique, soit un monodrame, une sorte de monologue, thĂ©Ăątral, oĂč le crĂ©ateur se parle Ă  lui-mĂȘme, soulignant l’impasse dans laquelle il est parvenu
 mais sur le plan de l’écriture, cela tourne Ă  vide, dans des formules Ă©lĂ©gantes qui soulignent la sensibilitĂ© Sturm und drang propre Ă  la pĂ©riode (autour de 1780). Le livret et le monologue de Pygmalion dĂšs le dĂ©but interroge la vacuitĂ© de son inspiration qui elle aussi est Ă  vide ! Le sculpteur se demande ce qu’il est devenu, en un gouffre introspectif absent chez le lumineux Rameau ; Pygmalion se parle Ă  lui-mĂȘme, en proie Ă  la crise artistique ; un effet de miroir dont le chef sait aussi ciseler le relief entre Ă©lĂ©gance et acuitĂ© mordante, (trĂšs Empfindsamkeit : coupe nette et tranchĂ©e, d’une articulation orchestrale lĂ  aussi comme Ă©clairĂ©e de l’intĂ©rieur). Le drame tourne sur lui-mĂȘme : pas d’air, mais un rĂ©citatif entrecoupĂ© de phrases orchestrales, subtilement Ă©noncĂ©es. Jusqu’au solo de violon qui semble enfin dĂ©velopper une idĂ©e musicale (aprĂšs plus de 20 mn de pseudo action), voire exprime l’apaisement recouvrĂ© dans le cƓur et l’esprit du sculpteur un rien agitĂ©. MĂȘme GalatĂ©e, enfin vivante, de marbre Ă  chair dĂ©sirable, qui parle en fin de partition, n’offre aucun air dĂ©veloppĂ© ; pas mĂȘme un duo pour couronner l’opus
 L’action souffre de ne pas fusionner chant et orchestre : cela devient frustrant et marque les limites du genre, embryon inabouti entre thĂ©Ăątre parlĂ© et intermĂšdes de musique orchestrale. CLIC D'OR macaron 200Difficile pour des non-germanophones d’écouter la totalitĂ© du texte, sans le soutien d’airs qui aimantent chant et orchestre. Au moins, le gĂ©nie de Rameau si l’on ne comprend pas le français, regorge d’effets dramatiques et de sĂ©quences instrumentales dĂ©veloppĂ©es, flamboyantes, superlatives. VoilĂ  qui rend peu compte de l’activitĂ© de Benda, kappelldirector Ă  Gotha Ă  partir de 1770 (et jusqu’en mars 1778). Son Ă©criture fait une synthĂšse trĂšs raffinĂ©e entre les Italiens (Hasse, Piccinni, Galuppi
) Gluck et l’élĂ©gance du style Mannheim : tout cela s’entend dans la tenue exemplaire de l’orchestre Apotheosis : lĂ  aussi nuancĂ©, expressif, suggestif.

Pour l’articulation et le relief expressif de l’Orchestre, chez Rameau principalement, le prĂ©sent cd remporte le CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019. De toute Ă©vidence, Korneel Bernolet est notre nouveau champion chez Rameau : talent dĂ©sormais Ă  suivre. Le jeune chef et claveciniste a une imagination saisissante servie par une somptueuse Ă©lĂ©gance du geste : nous n’avions pas remarquĂ© telles qualitĂ©s ni finesse depuis l’intelligence des Kuijken, Bruggen, Christie
 C’est dire. Un opĂ©ra intĂ©gral bientĂŽt ? le jeune maestro assure le continuo des prochains ARIODANTE de Haendel (Vienne Staatsoper : 8 – 15 nov) et ISIS de Lully par les Talens lyriques au TCE, Paris (6 – 10 dĂ©c 2019).

 

 

 

 
 

 

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CD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018) – En couverture, la GalatĂ©e de Falconet de 1761.

 

 

Approfondir Mieux connaßtre le chef ramélien KORNEEL BERNOLET http://www.bernolet.com

 

 

 

 

Compte-rendu, opéra. LILLE, Opéra, le 16 janv 2019. RAMEAU : Pygmalion / MONDONVILLE : Amour et Psyché. Haïm / Orlin.

Compte-rendu, OpĂ©ra. OpĂ©ra de Lille, le 16 janvier 2019. Pygmalion de Rameau couplĂ© avec Amour et PsychĂ© de Mondonville. Emmanuelle HaĂŻm / Robyn Orlin. Spectacle coproduit entre l’OpĂ©ra de Lille, le ThĂ©Ăątre de Caen, l’OpĂ©ra de Dijon et les ThĂ©Ăątres de la ville de Luxembourg, c’est une bonne idĂ©e qu’ont eu les quatre institutions lyriques de coupler Pygmalion de Rameau (1748) et L’Amour et PsychĂ© (1758) de Mondonville, qui traite tous deux de l’éternel thĂšme de l’amour.

 
 

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La premiĂšre piĂšce est un des huit ballets en un acte qu’écrivit le compositeur dijonnais entre 1748 et 1754. TirĂ© du dixiĂšme livre des MĂ©tamorphoses d’Ovide, le livret reprend la lĂ©gende de Pygmalion, amoureux de la statue d’ivoire qu’il a lui-mĂȘme sculptĂ©e. L’Amour anime la statue et le chƓur chante les louanges du dieu qui rĂšgne sur les cƓurs. La deuxiĂšme piĂšce est la troisiĂšme entrĂ©e du ballet hĂ©roĂŻque intitulĂ© Les FĂȘtes de Paphos qui est formĂ© en fait de trois ballets autonomes (VĂ©nus et Adonis, Bacchus et Erigon, et L’Amour et PsychĂ©), composĂ©s entre 1747 et 1758, et reliĂ©s a posteriori sous le titre de FĂȘtes de Paphos. Si les deux ouvrages ont une mĂȘme thĂ©matique amoureuse, ils diffĂšrent en ceci que le second est un pur divertissement, qui ne vise qu’à donner du plaisir, tandis que le second cherche Ă  Ă©mouvoir (au sens baroque du terme).
Heureusement, les deux compositeurs français sont merveilleusement servi par la direction d’orchestre : attaques prĂ©cises, clartĂ© des pupitres, osmose avec un plateau quasi idĂ©al
 Emmanuelle HaĂŻm, Ă  le tĂȘte de son Concert d’AstrĂ©e, fait des merveilles !
Las, la mise en scĂšne/chorĂ©graphie de Robyn Orlin ne restera pas dans les annales. On a trop de fois vu ce procĂ©dĂ© qui est de rĂ©aliser des vidĂ©os en live pour les projeter au mĂȘme moment sur des Ă©crans. Les incessants allers et venues de sa troupe et la surabondances d’images diverses et variĂ©es parasitent l’écoute, n’éclaire en rien les histoires qui sont contĂ©es dans les livrets, et surtout ne font jamais jaillir l’émotion. La sĂ©rie de clichĂ©s sur le monde de l’art qui illustre le ballet de Mondonville est tout simplement hors propos et parfaitement gratuite. Bref, nous nous sommes ennuyĂ©s pour ce qui est de la partie visuelle

La partie vocale sauve heureusement la mise (et la soirĂ©e !), avec d’abord un hommage appuyĂ© pour le tĂ©nor flamand Reinoud van Mechelen (Pygmalion) : belle voix claire, pure et sans vibrato, tour Ă  tour fine et puissante, Ă©lĂ©gance du style et diction parfaite du français. Statue puis PsychĂ©, la jeune soprano colorature française Magali LĂ©ger vit les Ă©mois du sentiment amoureux sans affĂ©terie, et nous gratifie de son beau timbre dĂ©licat. Avec une voix beaucoup plus corsĂ©e, parfois rauque, la chanteuse franco-canadienne Samantha Louis-Jean a du tempĂ©rament Ă  revendre en CĂ©phise puis VĂ©nus. Dans le rĂŽle d’Amour, commun aux deux ouvrages, Armelle KhourdoĂŻan fait preuve autant de sĂ©duction que d’autoritĂ©, avec des aigus aisĂ©s et un medium charnu.  Enfin, dans l’hilarant rĂŽle de Tisiphone, le baryton rochelais Victor Sicard explose en dĂ©esse (transgenre) infernale, avec une voix aussi solide que parfaitement articulĂ©e.
Grùce aux voix et à la musique, on passe au final un bonne soirée !

 
 
 

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Compte-rendu, Opéra. Opéra de Lille, le 16 janvier 2019. Pygmalion de Rameau couplé avec Amour et Psyché de Mondonville. Emmanuelle Haïm / Robyn Orlin.

 
 
 

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 15 juillet 2015. Brahms; Schumann; Schubert. Wagner; Isaac. Emmanuel Ceysson, harpe; Anneke Scott, Joe Walters, Olivier Picon, Chris Larkin, cors. Ensemble Pygmalion; Raphaël Pichon, direction.

L’Ă©dition 2015 du festival de Saintes Ă©tant centrĂ©e sur les jeunes talents, de nombreux artistes prometteurs ou dĂ©jĂ  reconnus se croisent dans l’Ă©glise abbatiale de Saintes. Nous avons dit dans une autre chronique tout le bien que nous pensions de Jean Rondeau, claveciniste et pianiste de haut vol, de Bach au Jazz; le 15 juillet au soir, c’est RaphaĂ«l Pichon et l’ensemble Pygmalion, dont il est le directeur musical et fondateur, qui se sont installĂ©s Ă  l’Abbaye aux Dames. Le jeune chef, il n’a que 31 ans, a, dĂšs 2005, centrĂ© le rĂ©pertoire de Pygmalion sur la musique de Johann Sebastian Bach (1685-1750) et Jean Philippe Rameau (1683-1764). Ceci ne l’empĂȘche pas de visiter avec talent d’autres contrĂ©es musicales, du XVIIIe siĂšcle Ă  nos jours. Et le concert de ce mercredi soir dĂ©montre Ă  quel point Pichon transforme en or tout ce qu’il touche, tant le rĂ©pertoire visitĂ©, est radicalement aussi convaincant que diffĂ©rent de celui qu’il dĂ©fend habituellement.

Pygmalion explore le canon romantique

raphael_pichonLe programme, consacrĂ© aux romantiques allemands, alterne musique instrumentale transcrite pour cors ou pour cors et harpe par le compositeur Vincent Manac’h, et musique vocale, a cappella ou en complicitĂ© avec un ou plusieurs des cinq musiciens prĂ©sents. Le challenge est d’autant plus rĂ©ussi que nombre d’oeuvres sont totalement mĂ©connues du public : canons pour voix de femmes a cappella de Johannes Brahms (1833-1897), Robert Schumann (1810-1846) ou Franz Schubert (1797-1828). Le pari est risquĂ© mais rĂ©ussi au delĂ  de toutes nos attentes : prĂ©cision, rigueur, justesse, diction excellente et direction claire, nette, prĂ©cise. Il n’y a aucune faiblesse dans les canons a cappella ni dans dans les oeuvres avec accompagnement instrumental comme le chant des filles du Rhin, tirĂ© du CrĂ©puscule des Dieux de Richard Wagner (1813-1883). Quant aux arrangements pour cors ou cors et harpes des oeuvres de Heinrich Isaac (1450-1517), de Schumann ou de Brahms par Vincent Manac’h, ils sont interprĂ©tĂ©s avec une maĂźtrise quasi parfaite de leurs instruments par les cinq musiciens invitĂ©s. Notons Ă©galement les dĂ©placements du choeur, tant sur la scĂšne que dans le choeur arriĂšre, qui ajoute une petite touche scĂ©nographiĂ©e, sympathique et attachante Ă  l’ensemble de la soirĂ©e. De la premiĂšre Ă  la derniĂšre note, le public est subjuguĂ© au point que les applaudissements, plutĂŽt timides et Ă  rebours en cours de soirĂ©e fusent en fin de concert; l’accueil chaleureux qui est rĂ©servĂ© aux artistes de ce mercredi soir est grandement mĂ©ritĂ© au vu de la superbe performance artistique rĂ©alisĂ©e.

C’est donc un concert quasi parfait que RaphaĂ«l Pichon et l’ensemble Pygmalion ont prĂ©sentĂ© mercredi soir Ă  un public plutĂŽt nombreux. D’autant plus idĂ©al que le jeune chef ressort de l’ombre, un certain nombre d’oeuvres vocales, restĂ©es mĂ©connues, de grands compositeurs romantiques allemands; et nous tenons Ă  saluer l’audace payante de Pichon qui rĂ©ussit un coup de maĂźtre digne des plus grands. En amont la prĂ©paration rigoureuse de l’ensemble vocal contribue aussi pour beaucoup au grand succĂšs de la soirĂ©e. EspĂ©rons que ce coup de projecteur sera suivi d’une publication au CD.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 15 juillet 2015. Johannes Brahms (1833-1897) : Ich swing mein horn (pour cor), Göttlicher Morpheus, Wille, wille, will, der mann ist kommen, grausam erweiseit sich amor an mir, Einförmig ist der liebe gram, quatre chants pour voix de femmes, cors et harpe op 17 ; Robert Schumann (1810-1846) : Wiegenlied (arrangement Vincent Manac’h), In meeres Mitten; Meerfay, Die capelle, Sonnerie pour deux cors; Franz Schubert (1797-1828) : Psaume XXIII Gott ist mein hirt, StĂ€ndchen, Lacrimosa son io, Coronach; Richard Wagner (1813-1883) : Le crĂ©puscule des Dieux (sonnerie des filles du Rhin, chant des filles du Rhin); Heinrich Isaac (1450-1517) : innsbruck ich muss dich (transcription Vincent Manac’h). Emmanuel Ceysson, harpe; Anneke Scott, Joe Walters, Olivier Picon, Chris Larkin, cors. Ensemble Pygmalion; RaphaĂ«l Pichon, direction.

CD, compte rendu critique. Rameau: Castor et Pollux. Pygmalion. Raphaël Pichon, direction (2 cd Harmonia Mundi).

rameau-castor-et-pollux-version-1754-raphael-pichon-pygmalion-cd-harmonia-mundi-2-cd-comptre-rendu-critique-classiquenews-juillet-2015CD. Rameau: Castor et Pollux. Pygmalion. RaphaĂ«l Pichon, direction (2 cd Harmonia Mundi). MĂȘme si elle ne manque pas d’Ă©loquence instrumentale ni de dĂ©licatesse orchestrale (la direction du chef est de ce point de vue, idĂ©alement Ă©quilibrĂ©e et minutieuse), cette lecture souffre d’un plateau de protagonistes trop disparate.  Le Castor  de Colin Ainsworth déçoit de bout en bout par un manque de soutien, des aigus contournĂ©s et un style empoulĂ© et prĂ©cieux dont les artifices dĂ©naturent le simple rĂ©citatif de Rameau. SĂ©jour de l’Ă©ternelle paix sans tenue s’effiloche, sans vrai accentuation : le chanteur reste Ă  cĂŽtĂ© et du personnage et de la situation ; mĂȘme constat pour la mezzo ClĂ©mentine Margaine : PhĂ©bĂ©, surexpressive d’un bout Ă  l’autre. Les deux solistes s’enferment dans une lecture linĂ©aire, rĂ©ductrice et finalement caricaturale de leur personnage respectif : Castor ne cesse de se lamenter, de s’alanguir mollement; PhebĂ© perd toute justesse Ă  force d’exhorter : ses imprĂ©cations rĂ©pĂ©titives s’enlisent; fautive / perfectible, leur conception mĂȘme du rĂ©citatif français qui manque singuliĂšrement de finesse comme de prĂ©cision : l’art de Rameau est ainsi, il ne souffre aucune imperfection
Meilleurs sont la Telaire d’Emmanuelle de Negri (remarqiable intensitĂ© et doloriste contenue, subtilite de l’articulation) ; Pollux du baryton Florian Sempey, mĂȘme si ce dernier affiche un timbre voilĂ© qui gĂȘne la parfaite clartĂ© de son texte. Son chant semble continĂ»ment serrĂ©, engorgĂ©.

Ambassadeur d’un Rameau ciselĂ©, Pichon dĂ©voile une remarquable sensibilitĂ© instrumentale pour la version de Castor et Pollux 1754

RĂ©ussite surtout orchestrale

Parmi les meilleures sĂ©quences celle d’HĂ©bĂ© qui ouvre la fin du IV, grĂące Ă  l’intervention de la soprano Sabine Devieilhe (rayonnante vocalitĂ©) qui diffuse ce parfum de sensualitĂ© enivrĂ©e dans l’un des tableaux les plus dĂ©licats et amoureux de tout le thĂ©Ăątre ramĂ©lien : “Voici les dieux. …” Les deux gavottes pour Hebe synthĂ©tisent tous les dĂ©fis de la partition entre respiration et flexibilitĂ© comme suspendu et portĂ© par les flĂ»tes qui doivent ĂȘtre incandescentes et d’une subtilitĂ© rayonnante. MĂȘme français tendre et superbement articulĂ© du tĂ©nor Philippe Talbot pour Mercure, et l’air victorieux lumineux de l’athlĂšte. AssurĂ©ment les piliers vocaux de cette version dont la plus remarquable rĂ©ussite se situe chez les instruments.

Danses en lĂ©gĂšretĂ© volubile et instrumentalement dĂ©taillĂ©es mais parfois courtes, tous les intermĂšdes flattent l’oreille par un raffinement instrumental prĂ©cis et Ă©quilibrĂ© qui sait nuancer dramatisme et suprĂȘme dĂ©licatesse. RaphaĂ«l Pichon pĂȘche mĂȘme par un excĂšs de retenue qui s’apparente Ă  de la froideur. NĂ©anmoins parmi les remarquables prouesses de l’orchestre attestant d’une maĂźtrise des danses entre gracieuse suavitĂ© et nerf rythmique l’entrĂ©e d’HĂ©bĂ©, surtout, gorgĂ©es de saine aĂ©ration, les gavottes pour la mĂȘme HĂ©bĂ© dĂ©cidĂ©ment inspirante (l’Ă©poux de la soprano Devieilhe serait-il portĂ© par l’angĂ©lisme suave que lui inspire sa compagne Ă  la ville ?); la prĂ©cision mordante trĂ©pidante des passe pieds pour les Ombres heureuses et la trĂšs longue ritournelle affligĂ©e pudique de Telaire au dĂ©but du V restent elles aussi irrĂ©sistibles. Comme, piĂšce maĂźtresse, la chaconne finale subtil Ă©quilibre entre abandon enchantĂ© et inĂ©luctable finalisation le tout articulĂ© et scintillant de milles Ă©clats instrumentaux …
Les choeurs sont diversement convaincants selon les Ă©pisodes. A part les hommes (Demons : Brisons les chaines), le choeur manque de prĂ©cision linguistique d’une façon gĂ©nĂ©rale, certes bons exĂ©cutants mais en retrait continu : la fĂȘte de l’univers qui clĂŽt le drame manque singuliĂšrement d’ampleur et d’aĂ©rienne majestĂ© : c’est quand mĂȘme l’apothĂ©ose des deux frĂšres Dioscures Ă  laquelle Rameau dĂ©die son final.

Version essentiellement instrumentale ou la prĂ©cision reste souveraine et sous le geste du chef affirme une dĂ©licatesse d’intonation passionnante; mais il manque le concours de solistes vrais personnalitĂ©s dramatiques et dans l’enchaĂźnement des tableaux, un sens du thĂ©Ăątre continu.

C’est donc une lecture intĂ©ressante du point de vue instrumentale, mais cette version ici et lĂ  encensĂ©e comme la nouvelle rĂ©fĂ©rence, est loin de la maturitĂ© des aĂźnĂ©s, pionniers chez Rameau et d’une toute autre inspiration : Harnoncourt ou Christie dĂ©cidĂ©ment inĂ©galables pour la comprĂ©hension profonde de l’opĂ©ra le plus jouĂ© du vivant de Rameau et aprĂšs sa mort jusqu’Ă  la chute de l’ancien rĂ©gime sous le rĂšgne de Marie-Antoinette. Si Harmonia Mundi avait optĂ© pour un disque d’extraits comme une Suite de danses, le geste affĂ»tĂ©, ciselĂ© et dĂ©licat de Pichon aurait mĂ©ritĂ© un CLIC de classiquenews, assurĂ©ment.

CD. Rameau : Castor et Pollux (version 1754). Avec Philippe Talbot (Mercure, Un AthlĂšte), Sabine Devieilhe (une Suivante d’HĂ©bĂ©), Emmanuelle de Negri (TĂ©laĂŻre), … ChƓur et orchestre Pygmalion. RaphaĂ«l Pichon, direction. 2 cd Harmonia Mundi HMC 902212.13. EnregistrĂ© Ă  Montpellier en juillet 2014

Compte rendu, concert sacré. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 3 juin 2015 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Messe en Ut, KV 427 ; Joseph Haydn (1732-1809) : Insanae et vanae curae, Motteto Hob XXI : 1/13c ; Michael Haydn (1737-1806) : Ave regina Caelorum MH 140 ; Repons Christus factus est MH38 ; Joelle Harvey, soprano ; Marianne Crebassa, alto ; Krystian Adam, ténor ; Florian Sempey, basse ; Ensemble Pygmalion ; Direction : Raphaël Pichon.

MOZART_Opera_portrait_profilLes Grands interprĂštes ont une nouvelle fois invitĂ© RaphaĂ«l Pichon et son Ensemble Pygmalion et le public est venu trĂšs nombreux. Les qualitĂ©s de ce jeune chef ne cessent de se dĂ©velopper et dans bien des rĂ©pertoires. AprĂšs une messe en si magnifique en 2013, ici mĂȘme, nombreuses Ă©taient les attentes pour cet autre chef d‘Ɠuvre, la Messe en ut de Mozart. RaphaĂ«l Pichon a choisi d’enrichir cette messe incomplĂšte par trois motets des frĂšres Haydn, amis du divin Mozart. MĂȘme si ainsi sans entractes le concert a durĂ© presque deux heures, le temps a filĂ© sans pouvoir ĂȘtre comptĂ©. Les qualitĂ©s de Pichon sont celles d‘un esthĂšte. Les sonoritĂ©s riches, variĂ©es, les nuances trĂšs dĂ©veloppĂ©es autant Ă  l’orchestre que dans les choeurs, la souplesse des phrasĂ©s soutenant les solistes, toute cette beautĂ© est mise au service des partitions pour en rendre la structure limpide. Ainsi le motet avec orchestre de Joseph Haydn al permis de comprendre la diffĂ©rence stylistique entre les deux compositeurs qui Ă©taient grands amis. Structures plus clairement affirmĂ©es chez Haydn, et sections plus opposĂ©es, quand Mozart par un geste souple fait passer de l’air d’opĂ©ra aux choeurs fuguĂ©s puis aux moments chambristes, avec une Ă©vidence confondante.

Michael Haydn est un compositeur plus proche de la sensibilitĂ© mozartienne. Ses deux Motets a capella ont une belle profondeur et une intensitĂ© troublante. Ainsi complĂ©tĂ©e par des piĂšces de choix, la Grande messe en ut devient une action de grĂące Ă  la beautĂ© du monde de la musique fĂȘtant tous les genres vocaux.

Une autre qualité de Raphaël Pichon est sa sureté de choix pour les chanteurs. DÚs leur duo, les deux dames aux timbres complémentaires offrent des moments
de grande musicalitĂ© en mĂȘlant leurs voix. Chacune dans son solo a Ă©bloui par la facilitĂ© et le rayonnement de son chant. Le “Laudamus te” de Marianne Crebassa est enjouĂ© et profond Ă  la fois. L’ “Et incarnatus est” de Joelle Harvey ouvre les portes de la musicalitĂ© chambriste la plus voluptueuse. Les deux hommes ont aussi brillĂ©, surtout le tĂ©nor Krystian Adam au timbre mozartien, mais trop peu en raison de leurs trop courtes interventions en ensembles.

Le choeur gĂ©nĂ©reux et prĂ©cis, engagĂ© Ă  la vie Ă  la mort, a Ă©tĂ© merveilleux de bout en bout, dans les doubles choeurs avec puissance, comme les moments *a capella* avec une grande dĂ©licatesse. Les Ă©changes de sourires entre les choristes et le chef disent bien la complicitĂ© qui les unit. L ‘orchestre est plein de fougue Ă©galement virtuose et prĂ©cis.

La gestuelle trĂšs souple de RaphaĂ«l Pichon permet aux arabesques de la musique de se dĂ©ployer avec une grande libertĂ©. Les moments de tension et la prĂ©cision qu’ils requiĂšrent, n’en prennent que davantage de force. Une magnifique Ă©quipe, un chef charismatique et gĂ©nĂ©reux sont les Ă©lĂ©ments de ce succĂšs, dĂ©fendant totalement des partitions revisitĂ©es et magnifiĂ©es.

CD. Rameau : Dardanus, version 1744 (Pygmalion, 2012)

CD. Rameau : Dardanus, version 1744 (Pygmalion, 2012)     …    Le ChĂąteau de Versailles inaugure avec ce double cd, sa future collection de tĂ©moignages discographiques en liaison avec sa nouvelle programmation musicale et lyrique, rĂ©alisĂ©e Ă  l’OpĂ©ra royal …

Loin de dĂ©mĂ©riter, la lecture que proposent aujourd’hui Raphael Pichon et son Ă©quipe ramĂ©lienne ” Pygmalion “, manquent indiscutablement … d’Ă©paisseur. Le dĂ©sir de se dĂ©passer, l’engagement ne sont pas en jeu mais outre les faiblesses d’un plateau de solistes nettement en deçà des joyaux de la partition, la question centrale demeure l’absence criante de ce feu inestimable qui justement fait de Rameau non pas ce musicien savant – qu’a trĂšs habilement dĂ©noncĂ© et critiquĂ© Rousseau-,  mais bien le gĂ©nie de l’opĂ©ra baroque français. Il est vrai que seuls les plus grands se sont risquĂ©s et ont rĂ©ussi : au dessus des Minkowski, Herreweghe, et aujourd hui Rousset, se situe en maĂźtre absolu, l’inatteignable autant qu’enchanteur, William Christie Ă  la tĂȘte de ses Arts Florissants. Souhaitons que pour l’annĂ©e 2014, celle des 250 ans de la mort du Dijonais, un Ă©diteur pertinent rĂ©Ă©dite l’ensemble des cd Rameau enregistrĂ©s par William Christie… car nous tenons lĂ  une somme musicale et lyrique lĂ©gendaire autant que nĂ©cessaire. Le coffret Ă©ditĂ© par Alpha apporte certes un nouvel Ă©clairage sur une version mĂ©sestimĂ©e de Dardanus … mais il ne suffit pas de jouer sur instruments anciens, de chanter dans le style historiquement informĂ©, d’Ă©toffer sa dĂ©marche d’un aspect documentaire et de recherche pour convaincre absolument. Qui prĂ©cisait avec raison qu’avant le concert, c’est “ 95% de technique et de recherche ; pendant le concert, c’est 95% de musique ! “…  ? La maxime n’a pas perdu de sa pertinence et dĂ©montre qu’ici Rameau, en rĂ©alisation finale,  reste trop scolaire. MĂȘme s’il est scrupuleusement restituĂ©.

 

 

Un Rameau encore un peu vert

 

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Or qu’avons nous ici ? Parlons d’emblĂ©e des faillites vocales … HĂ©las Bernard Richter fait un Dardanus un peu raide et pointu avec des aigus souvent tendus qui manquent malgrĂ© une indiscutable intelligibilitĂ©, de souffle et de dĂ©lire : on ne frĂ©mit en rien Ă  l’horreur sensĂ©e le/nous saisir dans ces lieux funestes qui ouvrent le IV.
MĂȘme l’Ismenor de la basse Joao Fernandes, de loin le timbre le plus savoureux des 3 rĂŽles graves (Ismenor, Teucer et Antenor), reste lui aussi strictement bien chantant si peu impliquĂ© par les enjeux rĂ©els du personnage : trop sage, trop prosaĂŻque… dommage car la voix est somptueuse. Et BenoĂźt Arnould que l’on ne cesse de prĂ©senter toujours comme la jeune basse prometteuse : son Antenor reste bien sage ; tout aussi tendu et noyautĂ© voire contraint et d’une projection confidentielle lĂ  encore. Il n’est que Gaelle Arquez qui exprime d’une certaine façon, dans chacun de ses airs souvent Ă©plorĂ©s et plaintifs, (surtout dans le rĂ©citatif libre au dĂ©but du V) les tourments d’une  ùme vĂ©ritablement Ă©prouvĂ©e … rĂ©ussissant Ă  incarner non plus un type mais un ĂȘtre de sang et de langueur, dĂ©chirĂ© et tiraillĂ©. .. au comble de la tension et de l’insupportable tragique. De loin, c’est bien la soprano qui campe une Iphise en proie au doute, d’une justesse de ton, fragile et inquiĂšte, jamais convenue ni prĂ©visible (comme peuvent l’ĂȘtre a contrario ses partenaires si convenus).
Reste que dans cette version nĂ©e de la refonte de 1744 : plus grave et tendue, noire et introspective, si cornĂ©lienne au fond, oĂč Rameau concentre son gĂ©nie sans jamais le diluer-, Pygmalion manque de dĂ©lire, de vĂ©ritĂ© ; oserions-nous dire de maturitĂ© comme de profondeur ? Le choeur ici rĂ©uni peine et pĂ©dale trop souvent, sans enclencher une action progressive.
Certes la science agile et fluide des ballets (trĂšs beau final dont la fameuse chaconne conclusive si suggestive et aĂ©rienne), la nervositĂ© des cordes en rĂ©sonance avec flĂ»tes et basson, accrĂ©ditent aujourd’hui ce collectif plutĂŽt jeune dans leur dĂ©sir de servir Rameau : d’autant que le nom mĂȘme de l’ensemble serait un hommage au Dijonais…. mais du gĂ©nie dramatique, de l’art singulier du compositeur philosophe et thĂ©oricien, nous n’avons au final qu’un maigre aperçu. Ne s’agirait-il finalement que d’un bon devoir d’Ă©cole, appliquĂ©, scrupuleux, trop respectueux …. ? Rendez-vous dans quelques annĂ©es (ou attendons ce 3eme volet dĂ©jĂ  annoncĂ© Castor et Pollux… au concert debut 2014 puis comme ici au disque ?). Il n est guĂšre qu’un seul faiseur de rĂȘves et de fulgurance s’agissant de Rameau : William Christie et ses fabuleux Arts Florissants! Autant de science de grĂące d’humanitĂ©, de passionnante poĂ©sie et de magie interprĂ©tative nĂ©e d’une complicitĂ© active depuis 30 annĂ©es ( Ă©coutez ici leur lecture d’Hippolyte et Aricie) … autant de qualitĂ©s qui nous paraissent hors de portĂ©e des interprĂštes de ce disque.
Remarque : il est dommage que le livret accompagnant et prĂ©sentant les 2 cd ne dĂ©veloppe pas l’approche spĂ©cifique des interprĂštes ; pourquoi dĂ©fendre aujourd’hui la version 1744 ? Quels apports en dĂ©coule t il ? Comment dĂ©fendre surtout une nouvelle lecture, avec quels chanteurs et quel orchestre ? De toutes ces questions passionnantes nous restons tristement orphelins.

 

 

Rameau : Dardanus, version 1744. 2 cd Alpha. Parution : octobre 2013. Solistes, ensemble Pygmalion. RaphaĂ«l Pichon, direction. Enregistrement live rĂ©alisĂ© en 2012 Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles.