Aucun temps mort dans ce concert de très haute tenue qui confirme l’éblouissante santé de l’Orchestre sur instruments d’époque fondé en 1991 par le chef flamand. L’acoustique de Pleyel se montre idéale pour détailler ce souci des timbres, des accents, de la motricité rythmique… Un allant riche en couleurs comme en reliefs...
Premier concert de la saison nouvelle 2008 - 2009 de l'Orchestre des Pays de Savoie. Sous la direction de Graziella Contratto, sa directrice musicale jusqu'en juin 2009, les musiciens s'accordent aux tempéraments de la pianiste Laure Favre-Kahn et du jeune violoniste Nemanja Radulovic.
Un concert de musique française par un chef qui en fut l'ardent défenseur: voilà une rencontre musicale qui ne se refuse pas. Hommage à la musique française et au classicisme: dans ce programme, Michel Plasson, ex directeur musical du Capitole de Toulouse, qui dirige la phalange niçoise, parmi ses trop rares concerts en France (seulement 4 d'ici la fin de l'année), aborde les classiques de la musique impressionniste.
Combinaison gourmande et rencontre orale avec Messiaen, Grisey, Murail et Boulez, visiblement inspirés par la magie et l'électricité du rythme et de la périodicité. "Sous l’impulsion du slam, traversez différents espaces-temps où le rythme, synonyme de changement et division chez Messiaen, devient « respirations » chez Grisey, se transforme en « souffle » poétique chez Murail, pour se métamorphoser en une « ondulation sonore » chez Boulez.
Qu'il s'agisse du Concerto pour violon, avec la brûlante, mi angélique mi furieuse jeune moldave, Patricia Kopatchinskaya, comme soliste, lancée en France par la firme Naïve, ou d'un programme purement symphonique qui allie les numéros 3 et 7, Philippe Herreweghe,...
Passion éruptive, tempérament embrasé, ivresse des contrastes, apologie de l'accent, syncopes et fièvre de vibrato... le style de la violoniste moldave, Patricia Kopatchinskaya, que le milieu appelle désormais "Patkop" comme pour désigner un "phénomène", défraie la chronique.
2008: année faste pour le compositeur officiel de Louis XIV, qui après avoir réglé la ballet de Cour, discipliné l'orchestre phare du règne, les fameux Vingt-Quatre Violons du Roy, inventé l'opéra français et réécrit le Motet à la française, mourut dans la disgrâce en 1687...
Nicolas Joel ouvre sa dernière saison au Capitole avec une oeuvre qui lui tient particulièrement à coeur : OEdipe, l'unique opéra de George Enescu créé à l’Opéra de Paris en 1936. Après Toulouse, la production toulousaine se jouera à l'été 2009, dans le cadre du Festival international George Enescu de Bucarest (programme d'ouverture, le 30 août 2009).
Pour son dernier exercice musical, à la tête de la première phalange orchestral en pays de Savoie, Graziella Contratto met en avant des valeurs qui lui sont chères car elles ont inscrit dans l'excellence, ses dernières saisons: amitié, complicité, ouverture. Au total près de 9 programmes qui sont autant d'invitations conçues comme des paysages...
Rien de plus efficace dans le cas de Tosca qu'une lecture radicale et mordante qui met en lumière (superbes éclairages): le cynisme et la manipulation, le calcul et la perversité. Tout conspire pour la mort du couple amoureux. La mise en scène réalise un sans fautes majeur, premier accomplissement exemplaire en ce début de saison lyrique 2008 - 2009. Angers Nantes Opéra peut se satisfaire d'un duo convaincant, désormais familier sur ses planches.